Au delà des mers

Des aventuriers venus du monde entier découvrent une île peuplée d'étranges créatures. Humains, Elfes, Orques et Nains se lient pour la coloniser.
 
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 Enseldrir & Eámanë - Chapitre 7: Le fardeau d'une caresse divine

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Eámanë Enialis
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 7: Le fardeau d'une caresse divine   Ven 5 Juin - 0:07

Le ton badin de la plaisanterie tira un sourire à Eámanë.
Personne d’autre qu’eux deux en ce recoin de Taurë...
Il fut un temps non si lointain, ils auraient probablement tous deux rêvé d’une telle situation d’éloignement. Elle du moins!
Mais à présent...
La belle aurait pu tenter d’y songer comme à ce qu’il pouvait y avoir de plus proche à une idylle, si ce n’était pour le procès qui pesait sur les épaules d’Enseldrir.

Perdue dans ses pensées, élaborant les scénarios les plus divers quant à leur destinée, la belle ne se rendit compte que trop tard du malaise grandissant du macar.
Ce dernier, devinant son appréhension s’empressa de la rassurer. Mais plus il insistait, moins elle y croyait.
Il la fit de nouveau sourire de sa caricature typiquement elfique d’auto-dérision, mais les tracées d’inquiétude qui marquaient son front ne disparurent pas pour autant.

Lorsqu'elle le vit presque perdre son équilibre, cela en fut trop et elle ne sut tenir à frein plus longtemps sa langue!

Entêté d'un elfe!

Eámanë se précipita à ses cotés pour lui imposer son assistance, le temps de se débarrasser les mains de leurs effets et l'épaule du poids de sa besace. Mais le nêr qui ne la connaissait que trop bien, avait déjà envisagé sa réaction et l'anticipant, la repoussa le tenant à bout de bras.
Ce qui suivit, la fit reculer d'un pas, puis la cloua sur place d'effroi.
De la magie!!!

De la stupeur, l'archère passa très vite à de l'incrédulité.
Jamais elle n'aurait cru Enseldrir capable de faire volontairement utilisation d'une science tout aussi imprévisible que...

Elle sentit les premiers signes de colère monter, mais se dégonfler aussitôt lorsqu'il justifia ses raisons.
Comment ne pas l'aimer pour cela.

Harma...

La belle se soutint et se massa un instant le front d'une main, avant d'affronter le sujet d'un ton las en apparence.

La magie des elfes reste aussi un puissant danger pour ceux qui en abusent!
N'est-ce pas toi qui m'avais dit que c'était la magie qui avait détruit le faste d'Elrohir et de ses habitants?


Mais ce fut autre chose qui venait la tracasser au plus haut point.
Elle devait l'admettre et le reconnaitre. Après une telle démonstration, toutes les connaissances botaniques qu'elle cultivait depuis toute jeune lui paraissaient tellement superflues à présent.
Elle se sentit soudain si...
...si...
...inutile.

Elle se détourna de lui, soudain démoralisée et alla s'appuyer d'une épaule contre un des troncs formant la structure principale du campement, et se perdit du regard dans le vide.

Je ne suis plus ni ambassadrice, ni archère, et j'apprends tout juste ce qu'être une nis peut bien vouloir signifier.
J'ai besoin de me trouver un "rôle" Enseldrir, de me tailler une place, de me réinventer une profession adaptée à mes connaissances, à mes compétences, à ma personnalité ou...


Elle préféra s'en tenir là pour ne pas ajouter qu'elle en aurait probablement perdu la raison ou simplement le gout de vivre.
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Enseldrir Malaevoldû
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 7: Le fardeau d'une caresse divine   Lun 15 Juin - 23:25

Le nêr enleva sa chemise qu'il épousseta en amples mouvements avant de l'inspecter brièvement et de la lancer sur une branche.

Uma, la magie agnostique est en effet très mal vue chez nous. Mais les Vala nous autorisent l'usage de leur puissance depuis qu'ils ont quittés physiquement la surface du monde. Enfin… nous… certains d'entre-nous. La magie de Velaniel reste un sujet à controverse au sein de notre peuple. La force de l'expérience aidant.

Il ressentit son éloignement comme un déchirement, il ne s'agissait que de quelques pas mais son attitude en disait plus que des hurlements et des sanglots. Ses paroles trouvèrent un écho vibrant en lui. Un sentiment d'injustice qu'il lui fallait rétablir aussitôt.  

Tu es plus nis que bien de celles qui s'en revendiquent, crois-moi.

Il s'approcha d'elle, souleva une mèche de cheveux et saisit sa taille afin qu'elle lui fit face. Que de temps passé à rêver de la sentir ainsi contre-lui ?

Si Gaïanielle a veillé au retour de ton corps, tu dois avoir une partie de ses dons. J'en suis persuadé, il te reste à t'en persuader Melda.

Il saisit ses mains dans les siennes et les approcha de son visage. Appliquant les paumes de son aimée sur ses joues.

Vois mes yeux et concentre-toi dessus.

La chaleur qui en émana tira un sourire éclatant à l'ex-macar lorsqu'il se perdit dans le regard de la belle.

Gaïnielle en est persuadée elle-même ! Ne laisse personne te convaincre du contraire… Et pries-là de pardonner l'usage d'un de ses filtres les plus puissants pour soigner un nêr qui n'en avait pas vraiment besoin mais qui ne pouvait tolérer de ne pas sentir une partie de son corps en la présence physique de son aimée.
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Eámanë Enialis
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 7: Le fardeau d'une caresse divine   Mer 24 Juin - 0:00

Enseldrir n’aurait pu être à la fois plus direct et rassurant. N’étant pas de ceux qui avaient pour habitude de flatter juste par simple adulation, Eámanë ne put que pendre à la vérité de ses lèvres et s’en réjouir.

Symbole de féminité au sein de multiples cultures, la chevelure longue n’en était pas vraiment un parmi les elfes qui, tout genre confondu, les laissaient généralement pousser sans souvent les couper. 
Pourtant Enseldrir n’en semblait pas moins affecté devant celle de sa compagne, fusse pour sa couleur riche et recherchée, ou pour la texture soyeuse de ses souples ondulations irrégulières entre ses doigts, une fois propres et secs.

Quant à l’archère, elle adorait sentir le nêr choyer ses mèches d’attentions, grandes ou petites qu’elle soient. 
Existait-il d’ailleurs un seul recoin de son anatomie de jeune wendë qui ne se sensibilisait pas tambour battant sous son toucher?

De nouveau prise dans le morse de ses bras, là où elle était désormais à sa place en tout et pour tout, elle se laissa soigner l’âme.
Un léger halo rosé entourait les yeux du nêr, qui portait encore quelques séquelles de fatigue des semaines passées.
Fatigués oui, mais si doux, et faisant d’elle le centre unique de son univers !
Elle eut l’impulsion de lui dire qu’il était celui qui faisait d’elle une nis et la faisait sentir telle à chaque fois qu’il en réclamait la possession, mais n’eut pas le courage d’exprimer une pensée si effrontée en son contexte.
Quant aux dons accordés par la Déesse Mère, s’ils existaient, ils étaient encore à découvrir en ce qui la concernait.

La requête d’Enseldrir de se concentrer sur ses yeux lui tira un sourire teinté d’une étrange expression, dont elle seule sentait la source: une pointe d’embarras.
Ne s’était-il donc pas rendu compte de la nature obsolète d’une telle sollicitation?
N’avait-il pas remarqué qu’elle s’y était déjà perdue dès la minute où leur regards se firent face?
Elle s’en mordit les lèvres pour ne pas pouffer, mais ne put masquer totalement son amusement, trahie par ses paupières se plissant dans la tentative d’y résister.

Mais le visage du nêr entre ses mains exprimait enfin un brin de sérénité.
Dans ses yeux mordorés saisissants, qui pouvaient à volonté tout aussi bien séduire qu’intimider, la détermination était telle au-delà du sourire éclatant, que l’amusement disparut pour se convertir progressivement en engouement.
Elle ne pouvait que l'admirer, alors qu'au fond d'elle une joie inavouée explosait silencieusement de le voir et de le sentir à nouveau si vivant.

Enhardie en sa fierté par les derniers propos qu’il tint, la belle finit par se faire presque éhontée dans les siens.
Ses mains s'échappèrent du contrôle de celles d'Enseldrir pour venir en croiser les doigts derrière sa nuque, alors qu'un sourire aussi narquois qu'espiègle précéda sa réaction.

Le port des chemises devrait être banni pour toute la macari!
Quand je serai nommée Grande Prétresse d'Eldhunielle, j'y veillerai!
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 7: Le fardeau d'une caresse divine   Sam 27 Juin - 23:55

Les yeux perdus dans ceux de son aimée, le nêr se sentit renforcé. Les expressions de la belle contribuaient à l'aider à combattre un sentiment qu'il ne connaissait que trop bien à présent, tout autant qu'il le haïssait ; La peur.
Elle revenait.
Le regard de l'ex macar vacilla tandis qu'il répondait en tentant de donner le change sur le décollage d'un sourcil :

Grande prêtresse ?
Voyons ; d'un point de vue purement hiérarchique…outre le fait que j'en verrais personnellement bien des avantages mais hélas encore plus d'inconvénients restreignant, ce serait pour toi une déchéance d'importance : n'es-tu pas la Déesse et Tarinya qui possède à la fois mon cœur et mon âme ?


Un frisson parcourut son corps, néanmoins il s'approcha encore du visage de la belle et d'un ton aguicheur ajouta :

Ceci dit, votre hypothèse inclut-elle de me réintégrer dans des fonctions ? Et à quel grade, je vous prie, ô Valandura ?

============================

Ailleurs, dans un souterrain humide, deux silhouettes avançaient rapidement. Leurs pas résonnaient sur les parois nues du roc en des échos sinistres tels des chuchotements d'esprits dévoyés. Leur démarche était étrange, entre la solennité et l'incertitude.
La lumière d'une torche finement ouvragée et animée par la magie éclairait le chemin mais – était-ce un jeu de leur esprit ou la réalité funeste – les ténèbres qui leurs faisaient face semblaient résister avant de céder.
Enfin, une porte massive leur fit face. Une des deux silhouettes frappa le massif, s'éclaircit la voix et lança :

Au nom du grand intendant, ouvrez !

Après de longs instants, des glissements se firent entendre de l'autre coté. Au travers de la grille un judas, un œil pâle veiné de rouge darda un regard inquisiteur sur les étrangers.

Laissez passer !

Les pans de la cape d'un des visiteurs s'écartèrent devant un pli qui changea de main. Un verrou grinça et la porte pivota sans un bruit.

Il est rare vouivouivoui , très rare de voir des gens de la surface… hihihihihi
Et les temps sont incertains. Très incertains hihihi… Plus encore comme vous êtes là.


Une fiole ventrue fut transmise, un geste de remerciement d'un crâne largement dégarni marqua la transaction.
Le bouchon sauta avant de laisser place à un reniflement avide.

Hohohoho ! Du jus de groseille.
Mon préféré. Je suis gâté. Ou alors est-ce la saison ?


Les interpelés s'échangèrent un regard furtif avant que l'un deux ne lâche :

Les deux.

Une main aux longs doigts et aux ongles effilés se déploya comme une dionée avide. L'être susurra :

Un objet pour une cible à déterminer. Une trace magique. Il ricana nerveusement. Un parfum ?
Hihihihi, oh, voui... hihihihihi, un parfum....


Non : Une trace magique.

Un morceau de bois et quelques gemmes partiellement noircis changèrent de main.

Hihihihi, ho, un joli rituel, je le vois. Je vois des tas de choses. Mais je ne dois pas voir. Alors je ne vois rien. Jamais. Elles suivront la trace.

L'interlocutrice opina du chef :

On nous a dit que ça suffirait. Ce sont les restes d'un focus utilisé lors d'un rituel. Il est lié à un autre objet à proximité de la cible. Cela suffit-il ?

L'être difforme se tourna à demi, il frôla les objets d'une main tremblante et pointa un regard biaiseux et pénétrant.

Grrrr ; Compliqué, toujours avec la sombre déesse, mais on va faire avec.. ho ouiii, elles vont faire avec.
Hiihihihi.



Dernière édition par Enseldrir Malaevoldû le Ven 11 Sep - 22:56, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 7: Le fardeau d'une caresse divine   Lun 29 Juin - 0:01

Devant ce qui ressemblait à de l'incrédulité de la part du nêr, la belle releva fièrement le menton comme à vouloir dire: et pourquoi pas!
D'autre part, si un sale type tel que S'hilssyf pouvait se vanter d'y être parvenu... c'est qu'il y avait forcément une occasion pour n'importe qui avec assez de détermination et les justes connaissances pour le devenir!

Avantages et inconvénients... Certes, comme pour toute chose. Surtout s'agissant d'un rang si élevé.
Majeur le rang, majeures les responsabilités et les pressions.
Mais majeur aussi  le pouvoir... L'actuel Grand Prêtre en était un exemple éclatant!

Mmmm, Uma harmanya, tu as tout à fait raison... D'un point de vue purement hiérarchique, je suis déjà aux anges ainsi et je porte déjà une superbe couronne que je n'ai aucune intention de troquer contre quoi que ce soit venant de ce bas monde!

Ooooh le tentateur...
Ses lèvres si proches et à la fois encore trop éloignées.
Festin présenté sans être servi.
Appétit aiguisé sans être assouvi.
Leur haleine chaude se caressait mutuellement la peau du visage.
La provocation n'aurait pu être plus cristalline... ne fut-ce que pour le ton coquet du nêr.

Voyons donc Héru. Avec une carrière martiale telle que la votre, je ne vois aucun inconvénient à vous réintégrer aux fonctions qui mieux vous siéent.
Quant au grade...


Son indice vint en coin de bouche, les yeux levés vers les parties hautes de l'arbre abritant leur bivouac.

...il se trouve que je suis actuellement en manque pressant d'un mentor, figure nécessaire qui m'a fortement été recommandée lors de mon séjour forcé au temple Gaïanielite de Khamtalion. Et selon la plus fiable de mes sources d'ancienne ambassadrice... il semblerait que vous soyez originaire justement de cette ville!

Le sourire s'épanouit, son regard de nouveau sur le beau visage du nêr.

Je dois vous avouer n'avoir jamais eu l'opportunité de la visiter...
Que de fortuites coïncidences, n'est ce pas?


La belle se fit biche de son regard.

La place est toujours vacante. Pourrait-elle vous intéresser Héru Malaevoldu?

Autour d'eux, la Taurë grouillait de ses chants les plus divers, mais aucun des deux amants ne les entendaient plus depuis quelques temps déjà...
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 7: Le fardeau d'une caresse divine   Ven 11 Sep - 23:45

Cette couronne de cœur, il aurait souhaité la matérialiser pour la poser de ses mains sur la chevelure de sa belle et voir ses joyaux resplendir en écho aux lueurs de ses yeux.
Alors qu'elle faisait l'éloge de sa carrière martiale, il se redressa et haussa le menton en une parodie de fierté.
Le regard du nêr vacilla un instant devant l'évocation de sa terre natale et la douceur des yeux de la belle.

Hélas, il était peu probable que cette visite ait lieu dans les conditions idéales ; elle le savait aussi bien que lui. Il fit donc comme si les champs des possibles pouvaient s'ouvrir sous la volonté des Dieux et transformer l'improbable en réel.
Sans hésitation dans la voix il reprit l'invitation d'un ton martial et très protocolaire :

Je le suis et me porte volontaire pour cette mission !

Sa main saisit celle de la nis, il la leva et fit une révérence qui se termina en un baisemain étudié.
Son regard se fit intense et, se redressant, il glissa ses doigts entre ceux de son aimée.

Excellence, vous avez donc entrevu les murs de cette fière cité où les fondations du monde se confondent à celles de la Taurë, où les racines des arbres se mêlent à la pierre.
Là ou ses remparts de roche sombre se reflètent sur les eaux de l'Eriwen, là où les ponts qui la traversent sont des ouvrages de minéraux blancs immaculés qui rivalisent de légèreté avec les plumes des oiseaux d'hiver qui les survolent.


Il posa la palme de sa douce sur son épaule, la fit parcourir son torse.

Les gravures et l'architecture ne sont pas faites pour accueillir les voyageurs mais pour décourager les assaillants. Un monstre obscure qui sera sans pitié pour qui veut l'attaquer.
Les portes sont faites de bois et d'acier. Presque tout date de la création de la ville.


Il s'arrêta à hauteur de son cœur.

Quant à l'intérieur, ô Eámanë, il faut le voir : Même si La Perle de l'Est est d'une sobriété qui peut être qualifiée de terne par les gens de Ranewen, elle n'en reste pas moins emplie de trésors.

Il fit levier de l'avant-bras de la nis, l'attirant plus près de lui avec une telle douceur que la fermeté du geste ne pouvait être qu'un artifice sophistiqué.

D'ailleurs, les gens de Khamtalion sont considérés comme semblable à leur cité par beaucoup.

Un sourcil s'éleva comme un sourire gagnait irrésistiblement son visage :

Il va de soit qu'une visite s'impose. Quel hôte déplorable je ferais sinon, sans compter la réputation pitoyable qui retomberait sur mon clan tout entier.

Leur baiser se fit passion. De la brulure de leur corps, ils tissèrent un tableau sous le décor du crépuscule. Sur la toile de la nuit ils dessinèrent une fresque de tendresse qui se déclina longuement sous le voile pudique des ténèbres sylvestres… jusqu'au territoire des songes.

----- Loin au sud, dans les sombres recoin d'une cité elfique--------

Revenus à la surface, dans la pénombre d'une l'alcôve les deux voyageurs des souterrains retrouvèrent un peu de l'air frais qui leur manquait.
Les yeux noisette de la nis reflétèrent un rayon d'Isil. Comme toujours en de telles circonstances, la lueur qui en émanait alors émut le nêr bien plus qu'il ne saurait l'avouer. Néanmoins, ce fut un autre phénomène qui accapara sa concentration : celui de la douleur crispante que suscita en lui le souvenir d'une vision de cauchemar qu'il eut tantôt. A son corps défendant, il ne put que souffler sa question :

Luinil, ces…  créatures sont-elles issues de la volonté de Shadaliel ?

L'interpelée s'éclaircit la voix avant de déclarer :

C'est peu probable. Gaïaniel a engendré bien des abominations lorsqu'elle faiblissait. Elduniel veilla a en éliminer quelques unes tout en cherchant la paix auprès de sa sœur,
Quelques unes ont été confiées à la garde de Shadaliel.
Telle est la légende du temple.


Il se trouvait que le temple qui les abritait actuellement n'était pas lié à leur culte et que, si tous deux avaient pu le déplorer quelques instant auparavant, ils l'auraient souhaité à présent qu'ils savaient.

Et je ne crois pas que la Déesse Nocturne se lierait avec ces actes s'ils n'étaient vitaux pour le panthéon et Eldalië. Encore moins sous le territoire du culte d'Hulmidiel.

Un regard entendu et grave lui répondit. Il articula lentement :

En effet.

Une question vint naturellement à ses lèvres :

N'y avait-il pas plus de residus du rituels que les quelques morceaux confié au gardien des innommables ?

La réponse fut rapide :

Bonne nuit Beör, mon frére.

Elle fit volte face, il la regarda s'éloigner sans rien dire. La brise – pourtant bien faible - lui sembla glaciale. Il mit quelques minutes à décider de la direction de son premier pas qui fut choisi ni par sa raison, ni par sa foi.
Il est des instants fugaces qui dictent l'avenir de bien des destinées…
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 7: Le fardeau d'une caresse divine   Dim 13 Sep - 22:28

Un petit pincement au cœur se fit ressentir lorsque le macar s’adressa à elle utilisant le titre de son rang perdu d’Ambassadrice.
Dans le fond, “Excellence” n’avait eu et ne gardait à présent de valeur et de sens qu’en la voix d’Enseldrir. Il était évident cependant qu’elle en chérissait encore malgré tout une pointe de fierté inavouée.

Mais son désagrément s’évapora dès qu’il l’emmena avec lui vers le pays des souhaits et des rêves, pour l’heure prohibés, que l’on ose exprimer uniquement à deux les yeux perdus dans ceux de son autre, grands ouverts et pourtant aveugles à tout ce qui de plus matériel ne pouvait plus les toucher.
L’eldhuniéllite fit ainsi voyager l’esprit d’Eámanë entre les similitudes qui reliaient certains aspects de son corps et de sa personnalité à celles de sa ville natale, charmant une fois de plus la sensibilité de sa compagne par la maitrise irréprochable de son verbe.
Irréprochable et à la fois troublante...

Chaque analogie vit en effet sa naissance sous les doigts de la belle, au fil du grain de la peau tannée du nêr, qui la lui fit sensuellement parcourir sous la contrainte doucereuse de sa main.
Caresse galvanisante, à la manière d’un fruit longtemps défendu qui ne l’était plus.

La description qu’Enseldrir fit de Khamtalion lui ressemblait tellement dès les premiers adjectifs savamment choisis, qu’on ne pouvait s’y tromper!
Impossible de résister à l’invitation de pénétrer avec les dues précautions dans l’antre le plus cuirassé de son être, pour venir y découvrir de nouvelles facettes du joyaux le plus précieux dont il l’élut unique trésorière: son cœur.
 
Les yeux clos, la nis s’abandonna au baiser de son compagnon en se pressant un peu plus contre lui et sentit son univers tout entier s’incendier instantanément sous ses lèvres exigeantes, revendiquant leurs droits sur elle.
Ensemble, ils s’élevèrent en ce lieu privilégié où les âmes pouvaient se parler, se comprendre, se toucher et se fondre aussi librement que leurs corps, rayonnantes de toutes ces émotions et sensations exacerbées dont elles se nourrissaient pour forger de nouvelles trames toujours plus étroites leur permettant de mieux vibrer à l’unisson.

L’âme en paix alors que son corps inerte, enfin rassasié, se délectait du plaisir tout juste reçu sous le divin toucher d’Enseldrir, l’archère savoura ce moment d’étrange suspension entre l’éveil et le sommeil où seule la pensée trouvait encore la force de se manifester.

Elle savait le nêr de nouveau empli d’espoirs.
La seule mention du clan auquel il appartenait et ce sentiment d'en être encore en quelque sorte un représentant en était l’expression la plus éclatante.

Au travers de ses sens agréablement engourdis, Eámanë sentit le front du nêr se coller au velours de sa joue, sa respiration chaude et rythmique naitre et mourir dans le creux de son cou, un bras venant lui enlacer la taille pour l’attirer plus intimement à lui.

Un sourire à peine notable se dessina sur ses lèvres enflées, qui ne se relaxèrent que dans l’assoupissement le plus profond.

A son réveil le lendemain aux premières lueurs du jour, Enseldrir sentit les mains de la belle remonter le long de son dos, s’alternant ci et là à l’appui de ses lèvres autour de sa colonne vertébrale.
Caresses hypnotiques, ni trop légères ni trop lourdes, qui incitèrent le nêr à refermer les paupières pour mieux savourer cette gâterie inopinée, avant de s’assoupir à nouveau sous les mains qui vinrent pétrir avec douce et lente fermeté, les muscles deltoïdes postérieurs de ses épaules.
Cela faisait si longtemps qu’il ne s’était octroyé le droit de se prélasser de la sorte!

Ce ne fut que plus tard dans la matinée qu’Enseldrir fut réveillé en sursaut par le craquement sourd d’une branche, suivi d’un petit cri étouffé et d’un résonant splash aquatique, qui le firent maugréer dès qu’il s’aperçut de l’absence d’Eámanë.

Il pria de ne pas avoir à regretter le prix d’une journée et d’une nuit de complète insouciance!

Il se saisit de ses pantalons à l’arrachée avant de s’élancer acrobatiquement entre les branchages et s’engager pour la énième fois à la rescousse.
S’élevèrent une série d’imprécations plus ou moins colorées qui, indiquant la direction à prendre, rassurèrent aussi en partie le macar sur les conditions physiques de sa belle.
Si elle avait la force de se plaindre avec autant d’emportement, cela ne devait pas être si grave que cela après tout.

Il était à présent néanmoins plutôt curieux de découvrir la cause d’un tel tapage...
Arrivé à terre, il se sut tout proche d’elle.
Il pouvait l’entendre s’essouffler.

Le nêr écarta silencieusement le rideau de végétation, qui seul désormais le séparait du tableau qui l’attendait derrière.

Passé le premier moment de surprise, un grand sourire vint illuminer son visage, jusque là austère.
Apparemment, la demi-nis avait décidé de commencer sa formation sans lui.
Elle semblait d’ailleurs très motivée. Mais pas assez pour réussir à ses fins...

Les pieds dans l’eau jusqu’au niveau des genoux pour augmenter l’effort sur les muscles de ses jambes, l’archère s’élançait aussi rapidement que ses membres le lui permettaient à la conquête des hauteurs sylvestres surplombant la rivière, zig-zaguant entre deux grands palétuviers aux imposants entrelacs radicaux. Mais elle finissait encore et toujours par perdre pied au bout du troisième saut.

Un encouragement s’imposait.

Enseldrir jaugea les alentours, à la recherche de verdoyants tapis de nénuphars.
Ses yeux se plissèrent en une expression malicieuse dès que son regard trouva ce qu’il cherchait.

Il se déplaça discrètement, s’éloignant quelque peu de la rive avant de s’en approcher de nouveau dès qu’il fut certain qu’Eámanë ne se doutait toujours de rien, totalement ignare de ce qu’il tramait.

Tirant sur une des racines parmi les plus souples et moins développées, il l’arracha et y enfonça quelques petits cailloux au creux de chaque extrémité. Stratagème qui lui aurait permis de flotter en dessous de la surface de l’eau, empêchant ainsi d’en distinguer clairement la nature.

Il s’accroupit pour la relâcher dans l’eau, laissant le courant faire le reste.
Un rapide calcul de la distance, sans perdre de vue son artifice pour choisir le moment approprié.
Un puissant sifflement retentit soudain en Taurë, attirant l’attention de la belle.
Un geste sinueux du bras, ...évocateur.

Enseldrir vit avec satisfaction la demi-nis scruter frénétiquement la surface, puis ne put retenir son éclat de rire lorsqu'il la vit bondir soudainement hors de l'eau, oubliant ses propres limites. Il s'approcha peu souciant du regard noir qu'elle lui adressa, dès qu'elle réalisa la ruse.

S'accompagnant d'un clin d'œil:

Tu vois, il suffit juste de le vouloir réellement.


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Enseldrir Malaevoldû
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 7: Le fardeau d'une caresse divine   Lun 2 Nov - 23:57

Dans la nuit, un elfe marche d'un pas plutôt lourd. Son regard est vrillé sur la pointe de ses sandales et à sa façon de tordre ses doigts tout en marmonnant, on le sent en proie à un tourment insoutenable.

Que faire ?

Il se fige, se ronge un ongle.

Ce n'était pas un elfe… c'était quoi ?


Quelques pas vers le temple d'Ulmidiel d'où il venait.

Une telle abomination sous un temple sacré !

Il se reprend, et se tourne vers le temple d'Elduniel.

Et toutes les autres… Par les Vala ! Conservées si longtemps !

Il hésite encore. Une sandale frappe le sol.

Le pouvoir savait, il ne peut en être autrement.

Il se fige, tremble, se passe une main sur le visage, émet un sifflement de mépris. D'un pas soudain décidé, il marche rapidement vers le temple de Laurykiel.

Dans l'ombre, un œil surveille. Une lame se glisse hors d'un fourreau. Elle est sombre, comme passée à la suie. La silhouette qui la porte suit une trajectoire parallèle au nêr. Silencieusement, parmi les bruissements de la nuit, subrepticement, au milieu des ombres de la cité, elle progresse et réduit la distance qui la sépare de sa cible. Un poing se crispe, prêt à frapper un point vital, rapidement, efficacement. Mais une nouvelle fois, la cible est indécise. Elle ralentit, grommelle.

Quel idiot !

Quel culte n'était pas directement relié au pouvoir à présent ? Tous ces changements de grands prêtres survenus si soudainement n'était certainement pas un ensemble de coïncidences !

Quel imbécile ! Luinil !

La réaction du jeune nêr surprit l'assassin qui ne réussit qu'in extrémis à rester hors de vue.  Beör pivota et se mit à courir dans la direction du temple de Shadalielle.
La lame regagna son écrin. L'assassin referma le poing qui devait frapper tantôt. Les muscles de ses avant-bras firent grincer les liens de cuir qui les entravaient. Il avait tout son temps à présent qu'il savait où sa cible se dirigeait, il se fondit dans les ruelles de la ville, le pourpre se mêlant au noir …

HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHh

Le morceau de bois à demi-calciné se trouvait au centre d'un plat circulaire en métal précieux parsemé de gravures entrelacées selon un motif complexe.

Luinil le contemplait depuis longtemps déjà.

Assise en tailleur, la nis avait placé son menton sur ses avant-bras, posés à plat sur la table basse. Elle semblait plongée en une profonde réflexion qu'on pouvait deviner intense par l'imperceptible mouvement nerveux qui venait de temps en temps titiller sa paupière gauche.

Finalement, à l'issu d'un long soupir, elle se leva, se débarrassa de certains vêtements d'extérieur et se dirigea vers une vasque d'ont elle puisa quelques mesures d'eau de ses mains pour s'en asperger le visage. Alors qu'elle s'essuyait la face, la porte de son logement raisonna de coups rapprochés.

Luinil ! Luinil ! Réponds ! C'est important. C'est Beör ! Réponds, je t'en prie ! Par le seigneur de la sagesse !

La nis soupira, jeta le linge humide sur le plat et la relique et ouvrit la porte sans pour autant dégager le passage.

Il se fait tard, Maîtres des Arcanes Beör. Quel trouble voile ainsi ta voix des trémolos de la terreur ?

Le nêr força le passage sans plus de précautions.

Il n'est plus temps de ne jouer aucun rôle ! Parle-moi Luinil ! Par la puissance du seigneur des arcanes, je te commanderais presque !

Dans son élan il se retrouva bien vite face à la table basse et ses éléments suspects.
Il se reprit, ajusta son port et fit à nouveau face à son interlocutrice en disant plus doucement :

Luinil, parle-moi.

S'en suivit des échanges sincères comme jamais les deux amis n'en avaient eu auparavant. Leurs éclats de voix et leurs murmures flottèrent dans la nuit où ils se perdirent en grande partie… mais pas pour tout le monde.
Sur le rebord d'une fenêtre, une forme sombre presque invisible était en veille. Pour autant, son manège n'échappa en rien au véritable prédateur de ce soir.
Lorsque la silhouette se glissa dans les ombres pour faire son rapport à sa complice d'argent, le guerrier tira deux doigts de sa lame. Il la toucha et susurra :
finalement, tu vas te repaitre ce soir mon amie, ma sœur. Plus que de raison peut être, mais tu vas te repaitre… enfin !

HHHHHHHHHHHHHHHH

Beör sortit sans se retourner. Il fila d'un pas rapide vers ses quartiers.
Les pensées s'entrechoquaient comme des noix livrées au flux d'un torrent d'automne.
Sa foi même s'en trouvait ébranlée.
Le cerveau en ébullition sous le coup des révélations, l'elfe se fit d'autant plus surprendre par l'assaut d'un nuage noir qui le plaqua contre un mur de pierre. Le visage effrayant de son adversaire terrifia le jeune mage qui esquissa un geste de défense magique aussitôt dévié par un sort puissant d'une main grise comme la cendre.

Nous savons ! Le Grand Intendant sait ! La Tarìedhel connaît votre trahison !

L'attaque était irrésistible tant elle était prompte, ciblée et forte. Aucune des protections mentales de Beör n'était parée pour cela et elles s'effondrèrent comme un château de carte devant les yeux de son interlocuteur qui emplirent l'espace.

Nous ne sommes pas des traitres à la Tarìedhel ! Aucun de nous ne l'est !

La nuée se matérialisa en la personne d'un serviteur de la Déesse Nocturne que Beör reconnut aussitôt. Sa voix se fit douce sans que sa prise ne se relâche :

Allons ! Allons ! Nous allons en parler plus en détail à présent en un lieu plus approprié toron. Vous n'êtes pas coupable de tout, vous êtes d'abord… une victime.
Je présenterais ainsi votre Khhhh … Khhhh …


Le chuintement avait été si subtil, que le jeune mage n'en avait rien perçu. Les yeux du prêtre de Shadalielle se révulsèrent alors qu'un puissant jet de liquide chaud se projeta sur son visage. La lame coupable étincela subtilement sur un rayon d'isil. Comme un pantin désarticulé, son adversaire chuta lourdement sur le sol.

Une poigne de fer redressa le jeune nêr encore tout tremblant de son expérience, il se détendit aussitôt en reconnaissant son sauveur au travers du voile cuisant d’une goutte de sang qui maculait son œil droit.

Ah, c'est vous ! Les Vala en soient loués !

Les liens de cuir grincèrent contre les muscles d'acier, l'étreinte aurait pu passer pour amicale s'il n'y avait eu un geste rapide et une fermeté inutile.

La Tarìedhel sait comme vous l'avez bien servi. Car vous l'avez bien servi Maître des Arcanes Beör.

L'acier trempé trancha si parfaitement les nerfs du jeune nêr qu'il conserva un demi-sourire tandis que son regard se voila rapidement.

Les temps allaient devenir trop troublés et les intrigues trop complexes pour s'encombrer d'esprits faibles. Néanmoins, l'assassin accompagna le corps du jeune nêr jusqu'au plancher elfique. Il ferma ses yeux en récitant une prière à Shadalielle et à Vélaniel.

Puis, avec des gestes prompts et précis, il orienta les corps de manière à former une scène plausible. Enfin, il quitta les lieux et enleva des sur-chausses maculées de sang devenues inutiles, il les ferait disparaître dans un incinérateur dès ce soir.


----+++++-------++++++++----------

Des coups rapides contre la porte.

Seler !

La robe d'argent frôla la nis et emplit la moitié du petit vestibule. Décidément, il devenait de coutume de franchir son seuil sans en être invité !

Je me demandais si la vengeance froide que nous avons distillée est bien adaptée à notre cible.

Le ton était presque trop jovial et la voix bien plus cristalline qu’il n’était de coutume.

Faire appel aux ombres de la Sombre Déesse me semble bien disproportionné, ne penses-tu pas ?

Un œil souligné d'une poudre d'argent se leva, inquisiteur autant qu'accusateur.

Surtout concernant un de tes amis…

L’allusion directe, la temporalité de la visite, la soudaine condescendance glacée de son interlocutrice, tout indiquait la mise en scène d’une descente en règle de la police parallèle… et possiblement une invraisemblable erreur d’appréciation des forces en présence.

Non sans avoir vérifié l’extérieur et d’un geste solennel, l’hôtesse forcée referma sa porte. Ses mouvements étaient emplis de retenue et d’une esthétique hypnotique. La prêtresse à la robe lunaire ne réalisa que trop tard la subtilité de l’attaque magique.

La gorge de sa cible se garnit de glace tandis que sa vision s’obscurcissait du voile de sa Déesse. Le temps qu’elle contre le sort et regagne le contrôle de ses sens, une coupe de cristal se fracassait contre son crâne puis le poids d’un corps écrasait une arrête acérée du même bibelot contre sa jugulaire.
Lorsque sa victime cessa de ruer contre le sol, Luinil reprit son souffle. Elle ouvrit ses yeux pour découvrir un décor ensanglanté. De sang, tout en était maculé. Du visage exsangue de sa victime, ses bras, le sol, la robe, sa chemise.

La porte s’ouvrit à la volée.

Ha. Je vois que la situation est sous contrôle.

Le nêr entre d'un pas souple de panthère et referme la porte dans un geste mesuré et parfaitement silencieux.

Félicitations pour votre clairvoyance, Luinil.
Je vous rassure tout de suite : Ils n'avaient pas fait le moindre rapport encore. Les idiots !


Un reniflement méprisant souligna le propos de Seregon. Il n'était pas coutumier de ce genre de manifestation, aussi la nis l'interrogea aussitôt :

L'autre ?
Alors qu'il inspectait la pièce, le pourpre et le noir dansait autour de sa silhouette.

Neutralisé.

Un soupir de soulagement, puis la prêtresse se tourna et fit à nouveau face à l'ancien. Un souffle aussi tenu que son espoir franchit ses lèvres :

Beör ?

La tête de son interlocuteur dodelina d'un mouvement rapide de dénégation. Son regard était d'une froideur qui contrastait avec l'expression qu'il adopta tout autant qu'avec le ton de sa voix.

Je ne pouvais pas le sauver.

Elle détourna les yeux, son corps fût secoué d'un sanglot solitaire, une larme glissa sur joue de la jeune elfe alors que Seregon ne lui laissa aucun répit :

Il reste à faire notre possible.
Vous êtes un élément clé de Son dispositif, Il vous a jaugé de nombreuses fois et avec assez de certitude pour ne pas vous considérer comme une menace plausible. C’est ce qui a fait que les révélations de ce soir ne Lui seront jamais connues.


Il approcha, se baissa et posa une main amicale sur son épaule.

C’est aussi ce qui doit nous assurer de votre engagement et de votre valeur. Ce dont personnellement je ne doute pas.

De ce simple contact, la nis sentit renaitre son énergie et sa volonté. Elle acquiesça. Il reprit :

Protégez-le, j'efface tout des évènements de ce soir.
Changez-vous, et lavez-vous avec cette fiole.
Trouvez un endroit sûr, ne revenez pas avant l'aube.


Lunil prit le flacon et disparut au coin d'une alcove, lorsqu'elle réapparut, rien de ce qu'elle avait vécu ne paraissait plus ni sur ses vêtement, ni sur son expression, ni sur ses mains.
La nis emballa les restes du rituel dans le linge mouillé qui les recouvrait. Elle salua d'un mouvement de tête le nêr qui rependait une poudre aux reflets mauve sur le sol ensanglanté et le corps. Il dit en guise d'adieux :

Ne vous laissez pas capturer.


Dernière édition par Enseldrir Malaevoldû le Sam 4 Juin - 23:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 7: Le fardeau d'une caresse divine   Sam 4 Juin - 0:35

Une fois descendue de son perchoir, le contact avec l’eau n’apaisa que partiellement l’emportement que la demie-nis sentit monter en elle après avoir pleinement prit conscience des circonstances qui la menèrent à se surpasser.
Elle était à présent certaine d’être soumise à un entrainement éducatif en bonne et due forme. Enseldrir avait juste omis d’informer la directe intéressée de son début, ainsi que de ses conditions...

Elle avait beau se dire qu’il l’avait ainsi dupé pour la pousser plus loin qu’elle n’aurait jamais eu l’audace de le faire de ses propres forces, cela ne calma pas sa soif de vengeance, purement ludique lorsqu’il était impliqué, pour l’embarras tout de même infligé.
Et ce, malgré le résultat pourtant positif.

De plus, il lui avait déjà fait le coup auparavant, bien que pour d’autres raisons. Pourquoi donc se priver!

Une lueur que le macar ne connaissait que trop bien fit étinceler le regard d’émeraude de la jeune wendë, dont l’intensité se renforça d’un léger sourire en coin de bouche à peine perceptible.


Dernière édition par Eámanë Enialis le Sam 4 Juin - 22:56, édité 11 fois
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 7: Le fardeau d'une caresse divine   Sam 4 Juin - 0:42

Le contact était subtil, tellement qu'il ne s'éveilla que partiellement, le temps de comprendre l'identité de l'auteure des arabesques sur sa peau. Sa chair entonna un chant lascif sous les doigts de sa belle, soumise à son tempo et à la moindre de ses sollicitations tactiles.
Il ne sût que tenter une parole de bien être qui se termina en une onomatopée gutturale.
Par une curieuse magie, le voile du sommeil le regagna alors que toutes les voix de l'éveil chantaient la venue du jour. Un sommeil lourd et réparateur comme jamais.
Son second réveil, la quête de la demi-nis, la farce dont elle fût victime, tout ceci ne laissa qu'un trait de feu dans l'esprit du nêr lorsqu'il se trouva face à l'éclat d'obsidienne de son regard.

D'une phrase de démonstration, le jeune nêr conclut la leçon. Il nota cependant un fait particulier et troublant sans parvenir à l'identifier clairement.
Alors qu'il en était à cette réflexion, la cible de sa farce se laissa retomber souplement dans l'eau. Le regard tout aussi furibond, elle marcha vers lui en traçant à travers les flots en des tourbillons sonores.

Oh toi ! Espèce de... de…

La nis se courba et plongea ses bras dans la mare, elle en ressortit des poignées de boue. Réalisant ce qui allait arriver, le nêr protesta et se mit à courir en zigzagant le long de la berge.

Oh, non non non, ce n'est pas convenable de jeter des trucs à la tête des gens !

Il fuit, mais la gerbe fût bien trop éparpillée pour qu'il puisse tout éviter.
Un gros impact sur son pantalon, quelques-uns sur son torse et un petit au coin de son nez furent les dégâts de la rafale.
Le rire du nêr lui tira toute l'énergie et la volonté de fuir plus avant, elle le rattrapa et le déséquilibra aisément.
La chute fût douce et la lutte, une comédie dont chacun connaissait son rôle. Néanmoins, la nis se positionna stratégiquement à califourchon sur sa 'victime' et minauda :

Ho, tu as une petite tache de boue, là. Attends, je vais l'enlever.

Une main maculée vint étaler plus largement les alluvions sur le visage d'Enseldrir bientôt rejointe par une deuxième qui compléta bien vite le masque bourbeux.
L'ex-neuna protesta avec toute la puissance du verbe du Peuple Premier :

Ha ! Non ! Tu… Pthuh ! C'est… Mmmmrbl !!!

La nis n'en eut cure, elle continua jusqu'à ce qu'il parvienne enfin à lui immobiliser les poignets et ne se démonta pas pour autant :

Mais enfin, j'ai lu dans un livre que c'était bon pour la peau !

L'elfe crachota quelques fragment :

Ha oui ? Alors merci.
Un p'tit bisou ?


Eámanë, d'une impulsion des deux mains sur le torse du nêr tenta de se relever, une expression de dégoût feint sur le visage.

Ha non, beurk !

Il la renversa soudainement.

Quelle déception, moi qui pensais demeurer irrésistible à tes yeux.

Il approcha sa face souillée du visage de la nis qui tourna la tête, dans la lutte, il frotta sa joue à la sienne, puis l'autre. Leurs rires étaient entrecoupés de protestations réelles ou feintes de chaque protagoniste.

Tu vois ? à présent nous sommes sur un plan d'égalité,

Il s'écarta à nouveau et leurs yeux se rencontrèrent derechef. Le ton qu'il employa alors était trop solennel pour correspondre à l'instant :

Je me doutais qu'un jour tu te détournerais de moi car je ne serais plus digne de toi.
Ce jour est-il déjà arrivé ?


Leurs souffles répondirent l'espace de quelques instants. Il ajouta :

Quand à toi, tu seras toujours une source d'inspiration pour mon cœur.

Ses yeux plongèrent dans ceux de la nis et leurs lèvres se frôlèrent, se cherchèrent avant qu'il se redresse et lance d'une expression désabusée :

Nan, mais là, c'est moi qui veux plus finalement.

Il se releva souplement et s'éloigna rapidement. Elle étouffa un juron dans une langue étrangère et s'élança à sa poursuite.
La montée vers le campement fût aussi chaotique que possible, de feintes en précipitations, de prises en glissades, les deux amants se retrouvèrent sur la plateforme improvisée.
Enseldrir se saisit d'une gourde et se lava brièvement. L'eau coulait encore sur visage lorsqu'il présenta le récipient à son aimée.
Elle s'approcha en roulant des hanches, un air concentré et mystérieux à la fois composait son expression. Elle dit :

Je n'ai pas bien compris : tu ne veux plus quoi ?

Il la laissa réduire l'espace qui les séparait et leva la gourde. Elle ferma les yeux. L'eau coula sur le visage de la belle, nettoyant les traces de boue. Il rit et déclara d'un ton pédant :

Les nuances de l'Elfique ; Je n'ai pas dis que je ne voulais plus, mais que je voulais plus.

Les doigts de l'Elfe effacèrent les dernières traces de salissures. Son cœur chavira irrésistiblement lorsqu'elle ouvrit les yeux.

Encore plus.

Ils s'embrassèrent enfin et s'enlacèrent irrépressiblement.

Enseldrir chancela.
Une pulsion. Intense.
L'étreinte fût brisée.
A nouveau un contact fort, il recula et se dirigea vers un sac duquel il tira une bourse.

Attend ! Je…

De la bourse, une pierre tomba dans sa paume. Une gemme de vision.
Une voix, comme un hurlement chuchoté au sein même de son esprit. Il la connaît mais ne peut pas l'identifier. Pourtant, il la connaît.

Enseldrir ! Éloigne-toi ! ELLES VIENNENT …


L'objet pulse d'énergie et se brise en deux. Il le lâche et une image le submerge, tous les poils de son être se dressent. Il se retourne vers Eámanë qui ne semble pas tout comprendre à ce qu'il se passe. D'un bond il prend quelques affaires : la boite des fioles, une bouteille d'huile, un petit paquet de cuir, ses protections d'avant-bras et enfin il attrape au vol la main de sa belle avec une violence inhabituelle à son égard.
L'air se charge d'énergie. Leur souffle devient brume. Un vent glacé les enveloppe. Sans même regarder derrière eux, l'ex neuna se précipite le long d'une branche large, il pousse la nis dans le dos mais elle a compris : quel qu'en soit l'issue, il faut fuir !

Il faut le vouloir réellement Eamanë ! Maintenant !

La nis fit autant que son corps et que son esprit lui permirent de faire, l'impulsion désespéré qu'elle prit alors et celle que lui ajouta Enseldrir en la poussant renforcèrent son élan… mais ce n'était largement pas suffisant. La branche la plus proche était inatteignable.
Enseldrir s'en rendit compte bien trop tard, mais rien n'était pire que ce qui se trouvait derrière eux, à leur poursuite.
Ils sautèrent.
Le rameau que visait désespérément Eámanë s'éloignait de sa main, mais elle resta concentrée dessus. Il se plia et et se tendit. Elle put le saisir et ralentir sa chute avant d'amortir le choc de ses jambes contre le tronc gigantesque de l'arbre voisin. Elle le lâcha aussitôt et amortit souplement son arbrissage sur la branche voisine.
Une fois stabilisée, la nis chercha Enseldrir du regard. Il était plus bas et chutait encore en frappant les branches des jambes et des bras afin de ralentir son élan. Enfin, il put saisir un point fixe et se stabilisa. Aussitôt, il avisa la nis :

Eamaë ! Descend ! Vite ! Aussi vite que tu peux !

Elle acquiesça et repéra rapidement les points stratégiques de son mouvement, mais alors qu'elle allait s'élancer, un chuintement étrange lui fit lever les yeux vers le campement. La Taurë était devenue étrangement silencieuse.
Ce qu'elle vit lui glaça le sang d'horreur : une araignée gigantesque, plus grosse qu'un cheval se tenait dans les lieux qu'ils venaient de quitter. Son corps et ses longues pattes étaient comme de jais luisant sous la lune. Une aura sombre en émanait et faisait se racornir les feuilles vertes autour d'elle qui finissaient par tomber privées de vie.
La créature la repéra. Entre ses pattes, elle fit basculer son abdomen rebondit vers la nis. Le nêr hurla :

EAMANE !!

La nis tourna le regard et plongea vers le sol suivant le chemin qu'elle avait repéré, elle sentit l'impact des projectiles pesants qui se collaient le long de son passage derrière elle.

Pendant ce temps, à l'aide d'un briquet à amadou l'ex neuna alluma une étoffe plongée dans le goulot de la bouteille d'huile. Avant que la nis ne l'ait rejoint, il lança son projectile embrasé qui vint cueillir une cible massive qui déjà se balançait entre les deux arbres.

Proie des flammes, le hurlement que la créature produisit réveilla les créatures de la Taurë qui fuirent avec force piaillement le lieu maudit.
Au dessus de l'ex-ambassadrice qui arrivait au niveau de son aimé, une forme incandescente heurta le tronc et rebondit. Le pendule repartit en arrière, et les deux amants virent passer l'arachnide géant qui brûlait en agitant ses pattes frénétiquement.  
Lorsqu'enfin, elle cessa de remuer et qu'elle ne produisait plus qu'un faible chuintement, Enseldrir et Eámanë se rejoignirent. Le temps de s'enquérir de leur santé mutuelle le couple, comme fasciné, regarda le corps de leur prédateur - maintenant immobile - qui finissait de se consumer.
Mais derrière, d'autres formes avançaient. Au moins trois autres arachnéens maudits suivaient le premier. L'ex neuna articula :

Vala !

Au dessous une voix ordonna :

Première vague, envoyez !
Deuxième vague… envoyez !
Troisième vague… envoyez !


A chaque ordre, une volée de flèches sifflantes de rage s'envola vers les créatures de la nuit. Dardées de traits elles refluèrent aussitôt.

Enseldrir et Eámanë descendirent aussi vite qu'ils le pouvaient. Lorsqu'ils arrivèrent au sol, les salves étaient terminées et les araignées en fuite. Ils soufflèrent et attendirent leurs sauveurs.

Un son lourd, la terre semble en trembler. L'ex macar l'identifie immédiatement. Un rictus réflexe gagne son visage tandis qu'il se redresse, le regard plein de défit et de fierté. Bientôt des formes émergent de la végétation dans un ordre et une chorégraphie parfaite.
Armures étincelantes d'écailles de couleur cuivrée et de bandes d'acier lustrées, casques enveloppants gris et mats, artefacts fins ouvragés d'or et fait d'acier massif, délicats et pourtant robustes à l'extrême.
Lames vibrantes, et longues, tout comme leurs poignées, effilées et sourdant de sombre magie, elles paraissaient avaler la vie tout autour.
Huievari !
La fine fleur de l'infanterie de ligne d'Eldalië.
Un officier avança. Il désigna l'ex neuna et interrogea d'un ton ferme :

Etes vous Enseldrir Malaevoldû, jadis Macari Formenya Neuna ?

Le nêr inclina légèrement la tête en réponse et dit :

Uma, je le suis. Et je reconnais Orghanyian Telvien, Capitaine de la Garde de Jade.

Son inclinaison s'accentua en un salut de respect. Il connaissait son interlocuteur depuis ses classes, ils avaient fait le mur ensemble et partagés bien des menaces depuis. Mais le temps n'était pas aux souvenirs personnels.

L'officier durcit son verbe et esquissa un regard à son second qui fit lui-même un geste subreptice. Deux soldats se placèrent de chaque coté du jeune elfe, la main sur l'arme à demi-tirée.

Répondez seulement aux questions qui vous sont posées, vous êtes à présent un inquiété de Laurykiel, agissez comme il se doit !  
Enseldrir Malaevoldû ! Vous êtes convoqué par la volonté du Peuple Elfe. Préparez votre départ immédiatement, prenez ce que vous souhaitez et que vous pouvez transporter.
Au nom du Quendetar et de son représentant le Grand Intendant, moi, Orghanyian Telvien  guide des boucliers de la tempête, ai ordre de vous conduire au temple de Laurykiel en la Sublime afin que vous y soyez jugé par le pouvoir des Vala.


Entre ses dents, son interlocuteur marmonna :

Le devoir devant, le devoir va et vole comme un aigle…

C'était une chanson de l'académie, une des plus irrespectueuses que les jeunes recrues se refilaient sous le manteau.

…………….

Le devoir devant, le devoir va et vole comme un aigle,
Le devoir va et vole, dans l'air il trouve un support.
Le devoir va et vole, qu'une plume tombe et il chambole,
Qu'une aile se plie et il se trouve sur le dos, en tort.


-------------

L'officier lui lança un regard furibond :

L'ignores-tu vraiment ? Les Huevari ne sont plus, tout comme les archers et les macari. Emportés par le vent du changement !
N'as-tu donc aucun ami qui tienne assez à toi pour t'informer des changements radicaux qui adviennent à ton peuple ?


Le regard d'Enseldrir transperça son interlocuteur pour se perdre dans le néant.

La Tarìedhel ?

Le garde se tourna vers un de ses subordonnés qui lui tendait un dossard noir et jaune aux symboles de Laurykiel.
Il l'enfila à l'ex-macar en plaçant sa main sur son épaule au passage. Ses yeux étaient soudain emplis de compassion. Le ton de sa voix se fit moins dur.

Nul ne sait toron. Beaucoup s'en inquiètent.

Enseldrir ne dit mot. Un regard échangeait plus de cœur et d'âme tandis que la langue ne distillait que posture.
Il chercha la main d'Eámanë et la serra fort.

Hanta, jeune nis de votre passage en ces lieux maudits. Je vous sais gré d'avoir partagé votre viatique mais j'aurais dû vous informer de ma condamnation par Eldalië. Pardonnez-moi et que ce grief soit porté en plus de mon cas, car je reconnais tout.

Alors qu'elle commençait à répondre à l'étreinte de sa palme, l'ex-neuna se retira subitement. Il lui fit un clin d'œil et se détourna.
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 7: Le fardeau d'une caresse divine   Sam 4 Juin - 23:01

L’archère s’en était pourtant fait l’habitude. Elle avait beau s’acharner, Enseldrir aurait toujours su comment retourner n’importe qu’elle situation en sa faveur, d’une manière ou d’une autre et avec une maîtrise qu’elle n’aurait probablement jamais égalé, malgré toute la bonne volonté pour y parvenir.
De plus pour parvenir à ses fins, il n’hésitait pas à jouer de son charme qu’il lui savait irrésistible. Mais en ce conteste, elle ne pouvait certes lui donner tort. Elle en faisait tout autant quand cela lui convenait.

Quand cependant il fit allusion à la possibilité qu’elle ne l’abandonne un jour, bien qu’avec espièglerie, un petit pincement lui serra le cœur, son esprit ne faisant qu’un tour et ré-invoquant les paroles de sa mère pour la mettre en garde des conséquences de son ingénuité: n’oublie surtout jamais que dans chaque plaisanterie, il y a toujours un fond de vérité.
Le manque d’assurance d'Eámanë fut immédiatement balayé par la douceur des mots qui suivirent et le velouté des lèvres fuyantes du nêr, bravant les ultimes retenues de sa part.
Mais alors qu'elle en savourait déjà la promesse, il se rétracta, la laissant péniblement sur sa faim, après avoir bafouillé une excuse qu'elle n'entendit qu'à moitié, les sens obnubilés d'anticipation.

Provocation!
Tout ceci n'était en fait que de la provocation pure et simple, qu'il poussa un cran plus loin encore en se détachant et s'éloignant d'elle, sachant bien qu'elle ne se serait pas faite prier pour relever le défis qu'il lui lança du regard.

La belle eut bien sûr un mal fou à le talonner, mais il fit preuve de fair-play s’attardant brièvement ci et là tandis qu’il serpentait avec agilité d’une branche à l’autre en directions abruptement changeantes.
De plus, le divertissement était tel qu’Eámanë en perdit souvent la concentration, entre un rire et le suivant alors qu’il allait jusqu’à lui faire croire que cette fois était la bonne, se laissant frôler à l’arrache. Le bougre!

Lorsqu’ils rejoignirent enfin leur alcôve où tout autre distraction se préparait, ce fut une demie-nis définitivement conquise qui s’abandonna à l’étreinte de l’ex neuna, mettant fin à une compétitivité qui ne vit ni gagnant, ni perdant.

L’archère laissa s’échapper un petit gémissement de protestation lorsqu’il s’arracha de nouveau à elle. Mais toute réprobation mourut sur ses lèvres devant l'expression visiblement troublée du macar. Elle observa avec curiosité chacun de ses gestes, puis reconnu la gemme qu’elle lui avait offert, flamboyant de tous ces éclats, indiquant une menace bien trop proche pour être ignorée.

La demis-nis eut tout juste le temps de se surprendre du sort de cette dernière, alors qu’Enseldrir l’entrainait déjà vigoureusement au dehors des lieux après s’être emparé du stricte nécessaire pour leur survie.

Fin des jeux!
La belle ne chercha même pas à savoir ce qui mena le nêr à un tel état d’alerte pour le pousser à fuir de telle sorte. Tout ce qu’elle comprenait était que cela ne pouvait être rien de bon et que leurs vies en dépendait surement.
Puis elle le ressentit à son tour, ce gel qui paralyse les malheureux qui s'en laissent envoûter et dont elle avait uniquement entendu parlé jusque là.  De la magie!!!

Dans la tentative désespérée de s’éloigner du danger le plus rapidement possible, sous les incitations du macar aussi vives qu'angoissées, elle glissa dangereusement plusieurs fois, sans toutefois perdre l'équilibre, les muscles encore chauds et bien étirés suite aux exercices de la matinée. Mais pas assez pour s'échapper.
Ses bras étaient si fatigués après tous ces efforts...

Puis le vide devant eux qui ne leur laissa guère le choix.
Un saut, impératif.

Guidée uniquement par son instinct de survie, elle atterrit sans trop savoir par quel miracle sur un tronc où elle put reprendre le contrôle de son corps, mais se retrouva seule!

Haletante, frénétique, elle repéra enfin le nêr qui l'intima de le rejoindre au plus vite.
Son élan fut brisé par une sensation de péril si prépondérante, qu'elle fit l'erreur de se retourner pour lui donner une forme. Ce qu'elle vit lui glaça le sang dans les veines.

Elle reprit sa fuite, plus motivée que jamais, prête à se jouer la sauvegarde de son propre cou plutôt que de succomber à la créature cauchemardesque qui hanterait surement ses prochaines nuits, si elle venait à lui survivre. Chaque secousse sous ses pieds lui indiquait avec effroi qu'elle se rapprochait d'elle.
Puis vint cet épouvantable hurlement d'agonie, suivi d'une fine pluie d'étincelles dont la beauté mal s'accordait à la macabre descente aux enfers du maudit arachnide.
Seulement voilà... il n'était pas venu seul!

Terendul !
Lui toujours aussi fidèle à son neuna!

Ce fut le premier nom qui effleura l'esprit de la jeune wendë au son d'une première de trois ondées de flèches qui sifflèrent en quête de leurs cibles, permettant au couple de se mettre définitivement hors de danger.

Déçue de découvrir son erreur quelques minutes plus tard, elle n'eut aucun mal à cacher aux nouveaux arrivés son désenchantement, tant elle était reconnaissante d’être encore de ce monde.
Sa joie ne fut cependant que de courte durée une fois les présentations faites.

Par sarcastique ironie du destin, Enseldrir se heurta à son tour au manque absolu de concession typiquement elfique qui le distingua jadis.
Rien n'y fit malgré son attitude respectueuse envers son interlocuteur, qu'il semblait connaitre. Ce dernier resta comme... de glace.
Du moins jusqu'à ce que l'ex neuna ne mentionne la reine pour s'enquérir de son sort.

La belle était restée silencieusement aux cotés du macar, observant et jaugeant attentivement chaque acteur de cette scène mal écrite qui venait de mettre fin à leur idylle tout juste retrouvée. Totalement ignorée de tous jusqu'à ce qu'il ne lui prenne la main pour s'adresser à elle...

...tel qu'il l'aurait fait avec une étrangère.

Prise au dépourvu, la surprise qui s’afficha sur son visage, alors que tout contact fut brusquement rompu entre eux, ne fit que renforcer aux yeux des escortes du macar le stratagème que ce dernier venait savamment de mettre en scène avec sagacité pour la sauvegarder de l’évidente intransigeance de leur chef.
Elle n’osait d'ailleurs penser aux conséquences pour tous deux s’il venait ne serait-ce qu’à suspecter une quelconque accointances entre eux.

Encore tremblante sous l’effet de l’adrénaline, trempée jusqu’à l’os tel que l’était son amant, le visage pâle et visiblement sous le choc suite à leur mésaventure qui venait de prendre fin, la demi-nis balbutia son désarrois.

Je... Je... Je ne me sens pas très bien je le crains... lâcha-t-elle à l'égard du chef de troupe.

Ce dernier fit signe de s'approcher à un jeune garde qui obtempéra instantanément.
Sa constitution reflétait pratiquement celle d'Enseldrir.
Plutôt grand, avec une musculation plus développée que d'accoutumée pour un elfe. Son regard bleuté et froid tranchait nettement avec la chaleureuse couleur rousse de ses cheveux.

Seler, Dalandar se chargera de vos besoins les plus immédiats jusqu'à ce que les dispositions les plus judicieuses soient prises dans le respect de votre situation.

Hanta Héru Telvien. Ceci dit...

L'archère se pencha vers lui et chuchota pour que nul autre ne puisse entendre.

Non pas pour m'occuper d'affaires qui ne me regardent nullement Héru Telvien, mais... vous avez bien mentionné le Quédentar ainsi que le Grand Intendant il me semble. Puis-je donc en déduire que vous vous apprêtez à prendre le chemin pour la Capitale?

Devant l'hésitation du nêr, elle se fit plus insistante.

Je dois moi-même m'y rendre pour y recevoir ma consécration au culte Gaianiellith, et après ce qu'il vient de se passer aujourd'hui... je ne pourrais espérer en une protection plus experte et souhaitable que la vôtre et celle de vos gardes.

Le nêr fronça le front, visiblement mécontent de cet imprévu qu'elle représentait. Mais pauvre de lui, il n'eut pas le choix!
Piégé par ses propres fonctions, par son sens aigu du devoir, par la force de ses principes, ainsi que par l'obligation de protection envers chaque membre d'Eldalië en danger et auquel il prêta serment, il se vit contraint, à regret, de consentir à sa requête.

Soit Seler, Dalandar deviendra donc votre escorte pour le trajet à venir.

Puis s'écartant de coté, il l'invita d'un bras à suivre l'elfe désigné.

La belle inclina révérencieusement son visage pour le remercier une deuxième fois avant de s'éloigner, désormais talonnée de près.
Ce qui, dans le fond, n'était pas une nouveauté pour elle...
Un sourire vaguement triomphant. Une petite victoire qui lui réchauffa le cœur.

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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 7: Le fardeau d'une caresse divine   Ven 17 Juin - 22:55

Au loin le chant d’un geai commençait.

Le guerrier posa sa main sur la frêle épaule d’Eamanë, qui se retourna surprise par ce geste peu coutumier.

Seler, dit-il en cherchant son regard, vous avez dit ne pas vous sentir bien ?

Sans retirer sa main, il exerça une pression plus forte infligeant un rictus de douleur, ce qui lui fit lever les yeux vers le guerrier.
Le contact visuel fut établit, le sort était lancé…
Le guerrier pénétra l’esprit de la demi-elfe.

Dans son esprit:
Seler, merci de me laisser entrer dans votre esprit, je suis ici pour vous protéger de vous-même et de ceux qui nous épient

L’éclat des yeux bleus du guerrier se fit de plus en plus intense, elle pouvait voir là une différence de puissance.
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 7: Le fardeau d'une caresse divine   Lun 20 Juin - 23:23

Alors même que l’archère se réjouissait de son propre stratagème, le touché soudain de l’elfe la tira brusquement hors de sa zone de confort.
Dalandar ne tarda pas une seconde et profita de son état passager de surprise pour tenter de s’immiscer entre ses pensées et souvenirs.

Totalement prise au dépourvu, elle finit par se rebeller violemment à son intrusion, mais pas aussi rapidement qu’elle l’aurait souhaité, permettant au nêr de lui voler plus qu’elle n’aurait jamais voulu partager avec lui, un parfait inconnu!

Au travers de la demie-nis, il fut projeté dans le plus profond des désespoirs, son esprit enfermé dans le corps d’une adolescente en pleurs et moralement brisée.
Puis il se surprit à frémir de peur de tout son corps, encerclé de loups féroces qui auraient pourtant du s’apaiser en sa présence...
Enfin, il sentit ses poumons bruler en quête d’oxygène, et le métal froid d’une double lame elfique lui trancher la gorge sans voir la main qui la brandissait.
Le gout ferreux d’un sang copieux qui n’était pas le sien lui emplit la bouche jusqu’à lui en donner la nausée...

Ce fut à ce moment précis que la demie-nis, complètement bouleversée, une main à sa gorge, le repoussa avec une force mentale qu’il ne put contraster malgré son niveau pourtant élevé de maîtrise du psionisme.
Il fut abruptement éjecté comme une loque tel qu’il ne l’avait jamais été auparavant, au-delà de la porte de son esprit désormais hermétiquement fermé à toute nouvelle tentative de communication télépathique.

La belle quant à elle, n’était pas certaine de ce qui venait de ce passer.
Il l’avait juste touchée et elle fut plongée dans une espèce de catharsis, victime de régressions dont elle se serait largement bien passée!

Qu’est ce que...?

Elle le dévisagea avec une ostensible méfiance.
S’en suivit le début d’une vilaine migraine, la toute première de sa courte vie, ainsi que la révolte de son estomac dont une légère nausée s’empara.
Pratiquement à bout de force pour avoir utilisé toutes ses énergies pour le repousser, elle chancela, résignée aux lois de la gravité qui l’attiraient déjà vers le bas.
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 7: Le fardeau d'une caresse divine   Dim 26 Juin - 0:05

Loin au sud....

Une main se rétracte de douleur. Le morceau de bois à moitié calciné explose et se consume dans l'air en un millier de particules de braises.
Luinil s'affaissa d'épuisement.
Il avait été si ardu d'envoyer un message basique.
Le canal qu'ils avaient construit pour accéder à l'esprit de l'ex-Neuna de la Macari Formenya était tellement sécurisé et sans empreinte magique qu'il en devenait extrêmement difficile à atteindre sans le soutien des autres participants au rituel.
Au moins, elle avait pu transmettre à Enseldrir l'information essentielle qui pouvait lui donner une chance d'échapper à un destin aussi horrible qu'immérité.

Elle contempla la chair de sa paume qui rougissait et se cloquait.

Une blessure magique qu'aucune cure qu'elle connaissait ne ferait disparaître rapidement.
Elle se précipita dans la salle d'eau, versa une fiole d'huile parfumée et enroula sa main dans un linge immaculé.
La nausée la gagnait déjà. Elle hoqueta dans une vasque. Les larmes lui vinrent aux yeux mais seules quelques glaires souillèrent la surface de porcelaine.

Déjà, des coups fébriles tonnaient contre la porte de la pièce.

Prêtresse de la Lunaire Luinil ! Par ordre de la Grande Prêtresse de Shadalielle, ouvrez !

-----Non loin de là...-----

La scène du crime était balisée par une cohorte de garde de la ville de Rhaneywen. L'aube pointerait dans une au deux heures, mais les badauds était déjà légion.
Un crime de sang ! Dans la Capitale ! Les Fils de la Sanglante ? Un nécromancien infiltré au sein de la Taurë sacrée ? Le retour des danseurs masqués de la Rouge ? Une créature magique issue d'un rituel oublié ? Les regards se tournent sur un temple, proche. Celui d'Hulmildiel.

Soudain, un groupe fend la foule. De pourpre vêtu, son autorité suffit à le laisser gagner les abords du dispositif de sécurité sans qu'il ne soit ralenti.
Arrivé devant le responsable du groupe de milicien, l'un des protagonistes tendit une missive officielle. Elle se déroula au bout de son bras tendu, des liens de cuir grincèrent contre sa peau.

Seregon, enquêteur mandaté par le Grand Intendant sur cette affaire de meurtre. Où est le corps ?

L'officier en charge inspecta la missive. Le sceau ne laissait aucun doute.

Je suis Eargarien Sereni, capitaine de la garde des quartiers officiels de Rhaneywen. Il semblerait qu'il y ait deux corps, Heru  Seregon. Et un incendie qui pourrait nous en révéler d'autres à quelques pas d'ici. Un groupe est en train de maîtriser le sinistre.

L'enquêteur en charge franchit le cordon de sécurité, il s'adressa à son escorte :

Mettez vous à la disposition du Capitaine !

Puis il plaça des sur-chausses sur ses bottes et avec beaucoup de précautions et de mouvements de tête, inspecta les lieux et les corps. Après quelques instants, il appela :

Capitaine Eargarien Sereni ?

L'officier se présenta sans oser s'approcher :

Oui Heru Seregon ?

Dites à vos sapeurs d'intervenir avec la plus grande prudence, s'ils ne sont pas couverts par un mage, faites-les regagner un espace sécurisé. Je crains que le feu que vous cherchez à contenir soit l'œuvre d'un esprit élémentaire guidé par un traitre à notre peuple. Cela risque d'être fatal à vos troupes.

Le nêr s'inclina rapidement, signe qu'il avait compris la valeur de son interlocuteur et l'urgence de la requête.
Il lança quelques ordres et une estafette s'élança bientôt, ventre à terre vers le lieu de l'incendie.

-----Au nord-est, au lieu de confinement --------

L'échange entre Eámanë et son 'escorte' laissa une impression étrange dans l'esprit de l'ex-Neuna. Un instant fugace qui le laissa extrêmement mal à l'aise. Il décida de rompre ce qui pouvait l'être en lançant un ensemble composé d'un sac comportant de nombreux documents et une sacoche rigide servant de réceptacles à quelques fioles vers le Huevar.
Dans toute autre circonstance, jeter un objet vers un autre elfe est un geste grossier. Dans l'armée, c'est un geste admis. Cependant, un inquiété de Laurykiel n'est pas un membre de l'Hossë.

Tenez escorte Dalandar! Ceci est à cette noble nis.


Aussitôt le mouvement réalisé, l'ex-Neuna fit mine de se rendre compte de son audace et s'inclina :

Veillez accepter mes excuses pour ce geste escorte Dalandar, ceci ne se reproduira plus. Je suis resté trop longtemps hors de la civilisation.

Le regard qu'il avait en se relevant était profond et pénétrant. D'aucun l'aurait trouvé tranchant.
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 7: Le fardeau d'une caresse divine   Jeu 30 Juin - 0:17

L’escorte rattrapa le sac de la noble nis comme si de rien n’était tout en soutenant le regard du Neuna.

Merci de cette noble considération et de ces informations, j’en oubliais presque mes devoirs. dit-il avec un large sourire.

Il prit soin de mettre de côté le sac de la nis, puis se mit à fouiller dans sa cape.

Voilà, oui voilà je l’ai.

Il sortit un vieux livre de cuir noir à la reliure étincelante. On pouvait à peine distinguer le titre de l’ouvrage, les reflets du soleil sur les fins fils d’argent qui dessinaient les lettres renvoyer un éclat glacial.    

Tenez Neuna Enseldrir, cet ouvrage vous est remis par le temple d'Hulmildiel, suite à la demande du Grand Conseil et du juge magistrat Galadas pour votre procès à venir. Je vous ai consigné les pages les plus pertinentes à votre situation. Je vous conseille de prendre votre temps dans la partie lexical pour le vocabulaire propre.

Il lança avec désinvolture le livre en direction du Neuna, alors que personne ne pouvait observer ses mains. L’escorte utilisa le langage des signes que tout guerrier se doit de connaitre pour la communication silencieuse.
"Il y a un petit cadeau pour vous sous la reliure intérieur. Des forces vous veulent mort. Prenez garde et que les Vala vous viennent en aide."

Il se retourna en direction du commandant de l'expédition d'une pirouette gracieuse.

Hanta Héru Telvien, je m’occupe de la Nis et des soins pour la remettre sur pied ainsi que du rapport au Grand Conseil pour l'informer de votre arrivée. Vous pouvez partir nous vous rattraperons.
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 7: Le fardeau d'une caresse divine   Mar 5 Juil - 23:34

D'abord un peu décontenancé et pourtant rasséréné de voir un Huievar agir avec autant d'empathie, l'ex-Neuna se barricada à nouveau sous un masque impassible lorsque Dalandar lui lança à son tour un ouvrage qui semblait bien précieux !

Etait-il un mage que le Grand Intendant aurait chargé de leur perte ? Etait-il un allié que la folie pouvait préserver de sa destinée probable ? … toutes les autres hypothèses affairant à la santé mentale de son interlocuteur s'entrechoquèrent dans la tête du jeune inquiété de Lorikiel avant qu'il ne finisse par réagir en captant le livre d'une main peu amène. Lui aurait-on envoyé un anchois faisandé qu'il n'aurait agit avec plus de méfiance.

Alors seulement, les gestes de l'escorte prirent un sens dans l'esprit d'Enseldrir.
Les signes du langage tactique étaient très spécifiques et assez peu fournis.
"Il y a un objet inconnu. Vous avez une couverture. Prenez l'intérieur. L'ennemi est fort pour vous neutraliser. Attention. "
La suite était aussi peu claire. "Les Vala vous soient favorables ! " ou "Un sort vous soutient "

L'ex-Macar répondit aussi discrètement que possible dans la même langue :
"Presque compris"  "Je prends l'intérieur"  " Je fais gaffe"
Il esquissa un quatrième geste, se figea subrepticement et finit par "laissez tomber"

Le volume et sa reliure luisante lui pesait déjà.

Lorsque Dalandar s'adressa à son supérieur, celui-ci haussa les deux sourcils de surprise. Il s'approcha avec un regard réprobateur vers certains de ses autres subordonnés qui réagissaient avec un peu trop de désinvolture. Enfin, parvenu à une distance qui permettait une communication sans oreilles indiscrète il siffla :

Bouclier Dalandar, je comprends que la nouvelle –relativement récente- des changements qui nous impactent tous soit de nature à vous retourner l'esprit, mais je compte sur votre discipline pour intégrer nos nouveaux titres dans votre mémoire et pour reprendre les notions de hiérarchie tels qu'elles vous ont été enseignées au sein de notre académie et lors de vos premières classes dans mon unité.
Je suis le dépositaire de la mission. Nous la menons à bien. Vous le faites avec nous.
Et ... ha, oui : je donne les ordres.
Suis-je limpide Toron ?


La main gantée qu'il posa sur l'épaule de l'escorte était comme la palme d'un tuteur, réconfortante et ferme.
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 7: Le fardeau d'une caresse divine   Sam 9 Juil - 21:14

Heureusement, la grande forêt offrait d’innombrables troncs d’arbre contre lesquels trouver un appui stable.
La demi-nis s’adossa à l’un d’eux, les yeux fermés en attente que le malaise passe pour pouvoir reprendre le contrôle physique de ses muscles affaiblis.
Quelques minutes suffirent à faire l’affaire.

Lorsqu’elle rouvrit les paupières, son regard tomba sur sa sacoche entre les mains de son escorte désignée. Ce qui ne manqua pas de raviver une nouvelle fois son irritation.
Juste assez pour lui redonner une jolie couleur rosée aux joues, ainsi qu’un essor renouvelé d’énergie.

Elle se dirigea d’un pas assuré dans sa direction, et profita consciemment du fait qu’il se trouvait en état de réprimande pour la lui arracher violemment sans qu’il puisse réagir.

Indifférente à la démarche de rétablissement d’autorité qui était en train de prendre place, elle n’hésita pas à s’immiscer pour y ajouter une couche!

Où avez-vous appris vos manières Heru Dalandar, en taverne en compagnie de Yrch peut-être?

Le regard peut accommodant de la belle passa de Dalandar à son supérieur à deux ou trois reprises avant de se retourner pour s’éloigner, les laissant nouvellement face à face. Dans le fond, si l’un manquait totalement de tact, l’autre en était tout de même son direct responsable!

Sous le regard de tous, elle fit une petite halte, offrant le profil de son visage raffiné, lançant par dessus son épaule à l’attention du plus haut gradé:

Heru Telvien, je vous serais extrêmement reconnaissante si vous pouviez courtoisement prévoir dès que vous le retiendrez possible, l’établissement de notre campement nocturne en proximité d’un point d’eau.

Elle fit mine d’observer avec dégoût les vêtements souillés qui lui collaient désagréablement à la peau.

Je ne peux me présenter en ces conditions en Son Temple.

Puis elle se mêla au reste de la troupe en attente que l’ordre de départ soit enfin donné.


Dernière édition par Eámanë Enialis le Sam 14 Jan - 1:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 7: Le fardeau d'une caresse divine   Jeu 28 Juil - 8:56

Au moment où sa main se posait sur le Toron, le sort fut lancé, leurs esprits fusionnaient.

Sur un ton las et glacial tout en douceur et tranquillité:
Maître vous savez trop bien qui commande… notre Grand Intendant, le Grand Conseil et les Vala.

Il connaissait les capacités du Toron que trop bien vu qu’il fut son élève à l’académie, mais à chaque fois il était surpris par la prise de contact mental.

Vous êtes le seul de cette escorte à qui je peux faire confiance, aucun des membres de l’unité fait partie de vos effectifs habituels, je me trompe? Leur faites-vous confiance, leur tourneriez-vous le dos ?  

Si nous reprenons les faits, vous avez eu une convocation de notre grand intendant pour vous confier la mission de venir quérir le Neuna.
A votre surprise je me suis greffé à votre groupe dans le but de remplir ma mission d’information.
Si nous n’avions pas forcé le rythme, qu’aurions nous trouvé ?
Un cadavre dans un cocon, deux cadavres ?
La demi-nis est-elle l’invocatrice de la créature ou la proie de l’arachnide?
Et le Neuna un intervenant extérieur ?

Pour ma part, on nous a envoyé avec trop d’empressement, en insistant sur l’itinéraire proposé à rallonger.
A cette heure-ci, nous aurions découvert le cadavre du Neuna dans un cocon sans cet empressement.
La question est: qui a les compétences pour invoquer de telles créatures et qui l’utiliserait pour commettre un assassinat? Et dans quel but ?
Que fait une demi-nis à cet endroit? une amie ou une ennemie? Au comportement du Neuna, je dirais une inconnue dans l’équation.
Pour avoir des réponses, il me faut examiner la dépouille de l’arachnide à la recherche d’information. Ne soutenez-vous pas mon raisonnement ?


Soudain, Dalandar se sentit dépouiller du sac de le Demi-Nis et ne put lutter contre cette action dans son état de contact mental avec son mentor.
La chance d’obtenir des informations de ce sac vint de lui échapper.

Son mentor, sentit une vague de gêne et de questionnement monter comme un orage violent.
Par protection, Dalandar rompit rapidement le contact mental pour ne pas affecter l’esprit de celui-ci.

La remarque cinglante le la nis lui fit une douche froide. Il reprit le fil de ses pensées.
Il enverrait dès ce soir un rapport de la situation au temple d’Hulmidiel.

Tenez Heri, une fiole de soin pour vous remettre de votre état de fatigue.

Il tendit une petite fiole bleuâtre, sertie d’argent à la demi-nis, mais elle lui tournait déjà le dos.
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 7: Le fardeau d'une caresse divine   Sam 14 Jan - 0:49

Enseldrir s'éloignait déjà sous l'escorte de deux Huevar lorsqu'il perçu la détresse de son aimée du coin de l'œil.

Instinctivement, ses sens et son esprit de macar s'activèrent révélant aussitôt les possibilités autour de lui.
Une pierre effilée : un missile ou une arme de premier choc.
Une liane pendant négligemment : un moyen de parer et contrôler une attaque, un enchevêtrement contre des poursuivants.
Cette branche : un appui afin porter un coup décisif et un levier pour se propulser hors d'atteinte.
Une plante au latex irritant : recrachée, elle pourrait tenir tête à beaucoup et lui faire regretter d'avoir une langue…

Les possibilités étaient infinies autour et les macari, s'ils n'étaient pas au niveau des troupes de choc d'Eldanië, connaissaient les ruses et les stratagèmes qui faisaient d'un groupe restreint -et véloce-, un ennemi redoutable lors d'une guérilla.  

Mais le temps n'était pas venu. Il esquissa un temps d'arrêt. Son escorte se figea et se tint prêt à tout. Sans sortir leur lame, les soldats ajustèrent leur baudrier d'une main, l'autre s'apprêtant à dégainer. Ils étaient largement hors de portée d'une attaque directe. L'ex neuna tourna doucement la tête vers l'un et l'autre sans esquisser un pas ni bouger les mains. Son sourire n'était qu'apaisement. Son mouvement lui permit de couvrir les 360°, il observa tout.
Puis il se baissa soudain souplement dans les fougères.
Les deux gardes n'eurent le temps que de tirer deux pouces d'acier avant qu'il ne se relève, une minuscule tortue terrestre à la main et une mine attendrie au visage.

Des bottes renforcées de métal contre une carapace encore fragile : un tableau qu'il me faut refuser de voir.

Il glissa le reptile entre deux rochers massifs puis reprit sa place.

A nouveau, il se baissa rapidement dans les fougères. Derechef, les soldats défouraillèrent.
Lorsqu'il se redressa avec un livre à la main, ils rengainèrent lentement.
Sur un ton de fausse excuse, il lâcha :

J'avais laissé tomber mon bouquin.
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Enseldrir & Eámanë - Chapitre 7: Le fardeau d'une caresse divine
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