Au delà des mers

Des aventuriers venus du monde entier découvrent une île peuplée d'étranges créatures. Humains, Elfes, Orques et Nains se lient pour la coloniser.
 
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 Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout

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Enseldrir Malaevoldû
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout   Lun 24 Sep - 0:05

Malicia a écrit:
L'Allutrus saisit son énorme tête entre ses mains :

Pfff, ha nan mais t'as pas bien compris là : Si jamais tu utilises l'effigie du vénérable ancêtre contre un des autres (vénérables ancêtres aussi) je ne pense pas qu'ils s'en sortent.

Ensuite, elle fit les cents pas en frappant une paume du tranchant de son autre main :

Ma magie additionnée au pouvoir incommensurable de celui qui a subit l'étrange sort d'annihilation du clan des Flammedargent tout en conservant une forme… bah, heu… elfoïde, crois moi : rien ni personne sur ce Domaine n'en viendrait si facilement à bout.
A la limite un Grand Prêtre de Velaniel ; mais il roupille comme la plupart des Grands trucsmachins alors…


Le tranchant finit dans l'angle d'un coude et la paume pivota par-dessus une épaule.

Après, si tu te vantes de ça devant d'autres géants, c'est sûr qu'ils vont vouloir me tanner le cuir plutôt que de comprendre l'étendue de mon talent !
Et en plus mon propre géant il aura des problèmes… pis la tienne aussi du coup.


Elle dodelina en martellant :

Nan nan nan : c'est pas une bonne idée de s'vanter.
Tu as raison, on va faire profil bas quelques temps. Jubilation ou pas…


Malicia sourit à son amie et ajouta d'un ton joueur :

On zouffe alors ? La première arrivée en haut de la flèche du palais de l'Empereur de Kohr est une piom mouillée !


Zouf ! Ni une ni deux, la piomelle elfique détala vers le nord-ouest.
Aussitôt partie, elle était de retour au même endroit :

Ben, tu viens ? il fait encore jour là bas, c'est rigolo : il y a une fête ou un truc dans le genre.

Re-Zouf !

Intérieurement, le nêr s'injuriait copieusement.
La culture atan de son aimée ne l'avait pas conditionnée à agir comme une elfe.  

Son visage s'épanouît cependant lorsque la demi-nis cita les noms génériques des fables qu'elle avait en mémoire.
Les titres étaient tous alléchants,
moins que les lèvres qui les prononçaient cependant,
mais il y en avait un qui lui convenait particulièrement.
Ayant définitivement effacé toute trace de l'épisode précédent,
Sans vergogne il minauda effrontément :

Mmmm


Avant de dériver vers un élan qui se pouvait dicté par Lorikiel lui-même :

Choix attirants tous autant,
car insondables de sagesse,
dans les verbes  s'y cachant.
Voyons, deux sont pleins de promesses,
Sans compter "l’oiseau d’argent"
qui pour triste qu'il soit tel une geste,
par son titre m'attire tellement.
Mais ce soir je manque de liesse,
en regard aux récents évènements,
il a coulé par trop de tristesse,
qu'en ajouter mon cœur s'en défend.
Puisse ton esprit le prendre de vitesse,
et ainsi libérer mon âme qui attend.
Un peu de baume et de gentillesse,
sur elle tu répandrais en apparaissant,
encore telle une merveilleuse déesse,
devant mon regard d'amant.
Tu ne crains nulle détresse,
car je serais là à chaque instant,
Pour éviter que tu ne te blesses.


Il est des recettes que les premiers nés utilisent pour sortir d'une situation chargée d'émotion : celle des vers en elfe antique en était une des plus simples. A présent, son élan épuisé tout comme son souffle, Enseldrir fit un geste ample. Ses mots étaient tendres comme son regard apaisé.

Choisis, mon aimée : " Le médaillon d’Itarillë" ou " Le jeune Enialis ".


Il ne souhaitait pas donner le sentiment de manipuler Valkhyria. Même si c'était le cas. Par contumace, Gwerfaël ne lui laissait pas le choix.
Il jura de se faire moine d'Ulmidiel si son action nuisait à son amour… non sans frémir aux deux possibilités. Son esprit aussitôt le tira de cette ornière en se promettant que, si ce malheur arrivait, il ensevelirait vivant le père de la Keldarienne sous un monceau d'ouvrages anciens.
Les lumières dansantes de leur foyer se reflétaient dans leur regard. Se placer de l'autre coté du feu n'était pas un choix sans conséquences : il était proche et pourtant inaccessible, accessible mais impalpable, visible et immatériel à la fois sous les volutes de fumée et les ondes de chaleur.


Dernière édition par Enseldrir Malaevoldû le Dim 1 Juin - 20:52, édité 6 fois
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Eámanë Enialis
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout   Dim 30 Sep - 23:00

Zéphira a écrit:
La petite Halkamandrelle faillit s’étouffer dans la tentative de ne pas pouffer devant le geste si peu…
…conventionnel de son amie.

Lorsqu’ensuite l’Allutrus zouffa et revint immédiatement pour lui exprimer son impatience, Zéphira la retint le temps de lui faire part de son appréhension.

Je ne suis jamais allée à Khor, mais j’en ai souvent entendu parlé.
Les Atani ! Des grands bavards comme il y en a peu…
trancha-t-elle.

Les rumeurs prétendent que leurs meurs sont quelque peu… comment pourrais-je dire… heu …immoraux.
Es-tu certaine que nous n’allons pas encore nous mettre dans une fâcheuse situation ? Car cela ne me semble pas être la meilleure des propositions pour garder profil bas.

Concentration sur les rimes, diversion nécessaire.
Efficace pour garder l’équilibre retrouvé.
La belle n’aurait su définir si de ses mots, le nêr insuffla en elle de la tendresse, de l’admiration ou de la fierté. Ce qu’elle savait, c’est juste qu’arrivée à leur expiration, elle s’en retrouva chaleureusement débordante.

Par réflexe, le comportement atan qui venait de déstabiliser le macar de façon si imprévue, fut le même qui vint lui redonner cette stabilité totale qu’aucune nis n’aurait pu lui garantir avec autant de certitude à défaut de cette même culture leur imposant le controle de soi.
Les traits si expressifs de Valkhyria et ses prunelles vertes se mutèrent sous les siennes du reflet de ses émotions, fidèles comme toujours au baromètre de ses humeurs.

Devant l’enfant craintive quittant le corps de la ravissante femme dont il était tombé amoureux, les yeux d’Enseldrir brillèrent de cette flamme qui illumine le regard de ceux dont les cycles furent consacrés entre autres au culte de la perfection et de la beauté.

Passant ainsi en revue les titres au travers d’une première élimination pour laisser le choix final entre deux d’entre eux à Valkhyria, le macar offrit à la demie-nis un plaisir supplémentaire au-delà de celui purement poétique. Une occasion que la belle saisit illico.

Aujourd’hui et en vue des choses, je n’ai plus de doute sur l’origine purement elfique de ses deux contes. Elles font partie de l’héritage de mon p…

Valkhyria détourna son regard sur les flammes du foyer.

…Gwerfaël.

Notant qu’elles baissaient en leur intensité, elle se leva pour y ajouter un peu du ramage qu’Enseldrir avait soigneusement accumulé à porter de main pour la soirée.

Qui mieux qu’un elfe pour les raconter à une gamine de quelques cycles se refusant de fermer les paupières aussitôt que souhaitable ?

Elle reprit place près du feu en réduisant l’espace les séparant.
Si de son côté le nêr prédilectionnait le contact visuel frontal, Valkhyria beaucoup moins en ce genre de circonstance, lui préférant plutôt la proximité rassurante d’un corps familier. Surtout si elle devait en quelque sorte dévoiler de nouvelles facettes de sa personne.

Le récit du jeune Enialis est, de tous, celui que je préfère.
C’est une histoire qui parle de persévérance et de courage et qui se termine étrangement par un passage que je définirais typiquement humain.


Un léger sourire de biais vaguement chargé de malice fit son apparition.

Mon pauvre géniteur en est probablement arrivé très vite à un point de saturation tant je l’ai harcelé pour qu’il me la relate encore et encore. Pourtant…

Le regard de Valkhyria se fit aussi lointain que l’étaient ses mémoires.

…il ne s’est jamais refusé.

Bref! C'est donc l'histoire d'un jeune elfon nommé Enialis, originaire d'un petit village du Nord-Ouest d'Elrohir. Kil... Quil... heu...
Je suis désolée, mais j'ai toujours eu une certaine difficulté à retenir le nom de cette petite communauté, ce qui m'intéressait de cette histoire était tout autre chose.


Dernière édition par Eámanë Enialis le Mar 23 Juil - 10:26, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout   Mar 2 Oct - 0:07

Malicia a écrit:
Bah, à Khor, ils disent des mots les uns à la suite des autres… blablablablabla et pis après, ils font des bruits étranges et la musique s'élève. Bon, rien de comparable aux sons équilibrés des elfes. Ben nan hein ?
Mais pour se faire oublier, il n'y a rien de tel !


Elle fit une moue grotesquement exagérée, comme pour souligner qu'elle saisissait parfaitement l'allusion... mais aussi beaucoup trop pour laisser croire qu'elle la comprenait réellement.

Immouraux ? Ben j'en sais rien ! C'est rigolo, il y a des gens qui font dzagdzag dans un coin et d'autres qui font dzoughdzouh dans l'autre. Mais nous on s'en fiche on vise plus haut !

Le doigt pointé au dessus de sa coiffure, Malicia laissa parler son enthousiasme débordant en quelques gestes vifs :

Je te dis : la flèche du palais. Aller, hop ! Pffff, des piomelles, profil bas… n'importe quoi !


Zouf ! Un tourbillon de feuilles encadra la silhouette fantomatique de l'Allutrus tandis qu'elle disparaissait vers une destination lointaine et haut perché tel un ange surplombant la cité du vice.


La demi-nis réduisit l'espace les séparant. Celui-ci même qu'il avait tant peiné à établir quelques temps auparavant. Mais s'il gagnait à nouveau sa proximité, il perdait le contact direct avec son regard.

Le choix était celui qu'il avait escompté ! Son coeur se mit à battre plus vite, comme il l'aurait fait lors d'une chasse, sauf que sa proie ne devrait trouver qu'avantage en sa capture.

Il sourit en retour à l'émotion de la belle. Emotion qu'elle renierait certainement pour l'instant mais qui gonfla l'espoir du nêr d'une bouffée supplémentaire.

Oh, il me tarde d'entendre cette conclusion. Mais n'allons pas trop vite, dans une fable, chaque élément est sujet à bien des méditations… surtout si son origine est elfique.

Il hésita à se risquer sur un terrain bien périlleux. Puis il céda malgré tout sa conscience étant éclipsé par son instinct :

Khildandë. Il s'agit probablement du village de Khildandë.
Une communauté aux marches du domaine qui fût souvent la proie des attaques de la folie de l'extérieur.

Mais je te coupe dans ton élan, je te prie de bien vouloir me pardonner. Ceci ne se reproduira plus.
Je suis dorénavant  pendu à tes lèvres magnifiques, que les paroles qu'elles laisseront passer soient des cygnes de cristal prenant leur envol à la surface de mon esprit.

Encore une fois, Enseldrir se retint de chercher le contact avec son aimée. Il y avait une partie du chemin qu'elle devrait trouver seule.
Il pria Ulmidiel qu'il en soit ainsi, et Shadaliel de l'aider à trouver sa voie.

Lançant un morceau supplémentaire de combustible dans le feu comme pour donner raison aux derniers gestes de l'ambassadrice, le macar attendait la reprise du récit. Ses sens étaient en éveil épiant les alentours mais ses yeux ne semblaient vouloir quitter la Kheyldarienne.


Dernière édition par Enseldrir Malaevoldû le Dim 1 Juin - 20:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout   Mer 3 Oct - 0:08

Enseldrir avait raison. Pourquoi précipiter les choses alors que cette soirée s’annonçait plus douce de minute en minute. Il se mêlait si rarement de ses affaires privées ou de son passé…
Toute personne ne le connaissant pas pour le nêr splendide qu’il était aurait pu confondre son extrême discrétion avec de l’indifférence. Mais pas elle.
Elle comprit au fil du temps et de leur fréquentation que c’était sa façon de respecter son individualité tel qu’il aimait avant tout préserver la sienne.

Ceci ne fit qu’augmenter le plaisir tout particulier qu’elle ressentit pour cette évolution comportementale aussi imprévisible qu’extraordinaire.
En prolonger les effets ne pouvait que leur faire du bien, apportant un pilier de plus aux fondations déjà solidement fortifiées de leur couple.
Elle aurait donc pris son temps le long de la narration, tel que le fit souvent avant elle Gwerfaël en ajoutant de nouveaux détails supplémentaires ci et là pour en renouveler la fraicheur.

C’est bien de la ville de Khildandë dont il s’agit en effet.

La belle ne put en confirmer l’exactitude sans se demander si le nêr connaissait déjà cette légende.
Selon ses propres convictions, elle devait être assez populaire si elle avait réussi à franchir l’isolement dont les kheyldariens furent victimes pendant de si longs cycles.
Mais la pronation par laquelle l’elfe l’incita à continuer et son intérêt lui parurent si sincères qu’ils finirent par la convaincre du contraire. Tant et si bien qu’elle en chassa l’idée même.
La culture millénaire des elfes était si vaste…
De plus, le macar était originaire de Camtalion et ce conte n’appartenait pas à la société Haute-lame au sein de laquelle il grandit et fut instruit.

J’aurai probablement encore besoin d’ultérieures interventions de ta part…
J’étais si petite.


Elle inclina le visage d’un air vaguement penaud.
Rien ne l’avait préparée à cette soirée si atypique et son assurance s’en ressentit.
Le demie-nis reprit son récit se concentrant sur les mots et sur sa propre voix en attente que l’agréable sensation de sérénité prenne progressivement place pour s’installer définitivement.

C’était en 1356. L’hiver fut particulièrement froid et rigide cette année-là.
Les premiers flocons de neige avaient fait leur apparition un peu plus tôt que prévu, recouvrant la Taurë de son manteau blanc dès le début de la seconde lune de la saison du crépuscule.


Quelque chose vint troubler Valkhyria dès la reprise.
Son instinct se mit soudain à résonner faiblement sans raison apparente, mais elle ne lui accorda que peu d’attention, le jugeant comme étant une erreur d’évaluation sensorielle dictée par les premiers signes de fatigue.

Et c’est justement lors d’une de ses incursions que cette histoire se déroule.

Il ne manquait plus que quelques semaines au terme de la saison de la nuit.
En fin de matinée de ce jour-là, la famille du jeune Enialis était commodément regroupée pour le repas lorsque de perçants cris d’affolement se succédant retentirent de tous côtés au dehors de leur habitation, jetant le silence autour de leur tablée.

Valandil, son père, se leva immédiatement talonné par le jeune elfon, qui désobéit ouvertement à son ordre imparti de ne pas bouger. Le premier armé de son arc, le second de sa curiosité émoustillée, ils se figèrent brièvement sur le pas de la porte devant le spectacle cauchemardesque qui se déploya sous leurs yeux.
Neri et nissi, quelques-uns tenant leur progéniture si rare et précieuse entre les bras, prenaient la fuite entre les branchages avec une frénésie incontrôlée devant une horde de Yrch assoiffés de violence. Ils avaient réussi, on ne sait par quel moyens, à passer au travers des maillons de la Macari par le Sud-Est.
Ils étaient trop nombreux pour que la pacifique population de Khildandë puisse s’en défendre.
Il leur fallait donc tout abandonner.

Bien qu’il en connaissait l’existence ainsi que la brutalité, Enialis n’avait encore jamais vu un orque de sa courte vie et se rendit vite compte que l’instruction reçue n’aurait jamais pu subvenir à cette lacune avec autant d’efficacité que l’expérience personnelle offerte par cette atroce situation.

Son père le repoussa vers l’intérieur avec plus de brusquerie qu’il n’en aurait fallu avant de refermer et bloquer l’entrée d’une poutre qui n’aurait suffi qu’à en ralentir l’intrusion.
Il regroupa rapidement des provisions tout en dictant ses instructions.
Quelques minutes plus tard, suivant l’exemple de leurs congénères, il quittèrent les lieux passant par les frondaisons pour faire perdre leurs traces et se dirigèrent vers les montagnes de l’Est dans l’espérance d’y trouver rapidement un abri les isolant définitivement de la folie meurtrière des Yrch.

Malheureusement, leur petit groupe de trois fut rattrapé par une tempête qui en ...paralysa la progression... …et …et ils subirent…


La fuite, l’agression, la survie malgré la gravité de ses blessures qui le laissèrent une nuit entière au bord du trépas pour être retrouvé le lendemain matin par un chevalier. Un riche seigneur Kheyldarien de la race des atani…
Les rumeurs tournant autour de Gwerfaël depuis toujours et auxquelles elle fut exposée dès sa jeunesse la plus tendre firent enfin brèche en son esprit, lui tirant une exclamation purement humaine qu’elle s’était bien gardée de prononcer depuis l’ultime de ses nombreuses déceptions théologiques.

Oh mon dieu !

Valkhyria, visiblement abasourdie, étira fébrilement son corps faisant levier sur ses mains et genoux. Elle allongea un bras pour s’emparer de la bandoulière de sa besace qu’elle tira ensuite vers elle.
Elle fit rapidement passer entre ses doigts toutes ses missives diplomatiques jusqu’à remonter à la dernière qu’elle reçut depuis la mairie de Khernos.
Elle déplia le document sachant déjà ce qu’elle y aurait trouvé : 28 danurmos 1356, date d’enregistrement de l’adoption d’Adrian De Delfort, alias Gwerfaël, alias…

Enialis !

La belle, assise sur ses chevilles, sentit toutes ses énergies quitter son corps, assommée par cette révélation qu’elle portait inconsciemment en elle depuis si longtemps.
Elle tendit distraitement le message au macar sans même se retourner.

Et dire que j’ai toujours eu l’évidence sous mon nez à portée de main et que je détenais la vérité avant même de découvrir les mensonges ainsi que mes origines elfiques !

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Enseldrir Malaevoldû
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout   Jeu 4 Oct - 0:24

Un immense soulagement. Ce fût ce qu'il ressentit en écoutant la belle reprendre son récit.
Ses froncements de concentration suivis de la lisse plénitude du plaisir de raconter, la forme changeante de ses lèvres cachant puis dévoilant l'éclat de l'ivoire de ses dents, l'étincelle des souvenirs et le pétillement de l'inventivité qui se reflétait dans ses yeux, rien de tout cela n'échappa au nêr attentif à la moindre expression de la demi-nis.

Il fit un signe de sa main tendue appuyé par un mouvement de la tête ; approbation à son invitation à d'antérieures corrections de la légende et incitation à poursuivre.

Fussent les souvenirs de son aimée qui vinrent la troubler dès le début de la légende ou d'infimes réminiscences d'un passé qui s'éclairait à peine ? La Kheyldarienne fût un peut ébranlée puis elle reprit derechef sa narration, aiguisant encore un peu plus l'envie qu'avait Enseldrir de la prendre dans ses bras et de la sentir vibrer tout en la soutenant dans cette expérience. Mais pas encore. Pas maintenant.

Même lorsque la voix de son aimée chancela encore, il se borna à la soutenir de son regard alors que les muscles de ses avant-bras jouaient sous l'impulsion du mouvement des ses mains qui elles, ne semblaient avoir encore renoncé à rien.

Il frémit dès les premiers mots car ils annonçaient ce qu'il combattait lui-même depuis des cycles. L'incursion de la violence gratuite de l'extérieur au sein de ce qui devait être le sanctuaire de la race première.
La peur, l'horreur devant la brutalité insensée d'une race dégénérée. Une faiblesse de la déesse créatrice et néanmoins des enfants de Gaïaniel tels qu'il devait les honorer.
Le macar avait depuis toujours détesté les Yrchs. Sa haine avait subit bien des fluctuations au fil des années, mais jamais aussi rapidement qu'en cette soirée.
Car si au fil de l'histoire, le neuna eut beaucoup de mal à intégrer l'ingérence du peuple de la force dans la paix du Domaine, le nêr en lui sût se ranger à l'inéluctabilité des tragédies qui finirent par conduire à la venue de Valkhyria. Et à ce qu'elle était pour son bonheur à lui.

Les exclamations de l'Ambassadrice ne pouvait avoir qu'une signification : le plan de Gwerfaël touchait son but.
Le macar ressentait pleinement la difficulté de son rôle dans cette manipulation orchestrée par un autre mais consentie par lui qui se trouvait à présent plus coupable que héro.

Enseldrir prit le document sans même y jeter un œil.

Enialis…


Souffla-t-il.
Il ne pourrait jamais avouer sa perfidie…
Le pourrait-il ?
Il le devra !

La main porta la lettre sous son regard, il aurait pu y figurer une caricature du Grand Intendant réalisée par une Picapelle que ceci n'aurait rien changé.

Comprends-tu ce que tu continuais à refuser de voir.
Comprends-tu à présent l'admiration que j'ai pour Gwerfaël dès que j'ai appris son histoire ?
Comprends-tu à quel point il a souffert ? Ici et là bas, avec toi ?
Sauras-tu combien je t'ai trahie ?
Sauras-tu à quel point je t'aime ?

Le nêr s'approcha à genoux, il effleura le coté du visage de la belle d'une main incertaine avant de la couvrir d'un regard inquiet.

Valkhyria ? ça va ?

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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout   Sam 6 Oct - 1:30

Désorientée, la demie-nis ne réagit pas immédiatement à la douceur du geste chétif d'Enseldrir, dont l’infime chaleur du touché dut se frayer passage entre une multitude de flashs et souvenirs.
Ceux-ci frappèrent la totalité de ses sens, ne leur laissant que trop peu de répit pour lui permettre d’en analyser les informations avec logique.
Tous les faux pas commis, les jugements …et les rejets.
Elle en avait élevé et solidement cimenté les murs de son propre cachot qu’elle confondit pour une tour d’ivoire.

La caresse du nêr réussit à pénétrer le flux incontrôlable de ses remembrances, brisant enfin leur emprise.
Son évidente préoccupation poussa la belle à acquiescer de la tête par automatisme avant même que les mots prononcés ne prennent forme et signification en son esprit pour en être assimilés.
Se posant à son tour la même question, Valkhyria se sentit de nouveau catapultée dans ce tourbillon de sensations et d’émotions contrastantes et finit par céder sous leur poids.

Non, pas vraiment…

Le regard de la kheyldarienne vint plaider asile dans l’ébène mordorée des yeux du macar.
Enseldrir. Seule constance. Faisceau de lumière en toute cette noirceur.
Il était si proche à ses côtés qu’il lui suffisait de pivoter sur sa taille et de faire basculer son corps pour chavirer à l’encontre du sien et s’en laisser submerger.
Ce qu’elle fit, aussi naturellement que l’impulsion lui vint.
Pouvoir bénéficier du creux de son cou pour y enfouir son visage et ses remords, du cercle de ses bras pour y purger ses fautes et sa faiblesse, de la force de son étreinte pour y retrouver un brin de dignité et de courage, de l’authenticité de son amour pour parvenir ensuite, si possible, à se pardonner…
Privilège unique, inestimable. Devenu viscéralement vital.

La belle s’évertua d’abord à se désengager d’une partie de ses responsabilités par les justifications.

Les commérages étaient si nombreux et si variés ! J’entendais des fois les gens chuchoter à mon passage, lors des rares occasions qui m’obligèrent à me rendre en ville.

Certains prétendaient que l’enfant, fils d’un couple de serviteurs des De Delfort, fut abandonné mourant par ses parents après avoir été sauvagement battu car maudit par Le Très Juste.
D’autres, qui ne l’avaient probablement jamais rencontré en personne pour en connaitre la race, affirmèrent qu’il fit un pacte avec les ténèbres pour garder sa jeunesse. Ou encore, pour être instruit sur les arts obscurs, d’où l’explication de sa longévité à laquelle je n’ai jamais cru.
À tort.

Son tempérament réservé ne fit qu’accroitre l’activité exacerbante de toutes ces mauvaises langues.
Mais à mes yeux, il était l’homme généreux ayant pourvu à nos besoins par amour pour ma mère. Un maigre, mais fiable substitut du père qui nous avait abandonné.
Ainsi, je devins rapidement sourde à ce genre de médisances gratuites…

…jusqu’au jour où je découvris sa paternité.


Valkhyria se blottit plus étroitement contre le macar, se réfugiant un peu plus au centre de cette palpitante source de chaleur qui émanait de son torse. Alcôve de chair, d’os et de tendresse.
Elle était à présent prête pour affronter l’auto fustigation dont elle se fit violence.

Depuis, je n’ai jamais cessé de le haïr de toutes mes forces, refusant tout contact avec lui dans le but de lui rendre la pareille.
J'ai espéré ainsi le meurtrir à son tour aussi profondément que je le fus moi-même.
Dans mon esprit, rien ne me paraissait assez blessant ou assez douloureux pour les fautes que je lui reconnaissais et j'ai longtemps alimenté cette conviction pour ne pas céder.


Tant de choses, de petits détails prirent enfin leur juste valeur.
Les remords s’accumulèrent faisant gonfler les premières larmes qui vinrent humecter la peau du nêr.
Ce fut inévitable.
Dans sa voix, la colère de ses privations se mélangea à sa douleur.

De sa part, pas une seule tentative d'excuse ou d'explication.
Je n'ai reçu que son silence à l'exception d'une note m'exhortant à la réflexion et m'invitant à revenir, car serait arrivé le jour où nous le regretterions amèrement tous les deux et…

…et …et palsambleu s’il avait raison !


La culpabilité reprit son droit chemin, adoucissant ses tons.

Il n'a jamais cherché à défendre sa position et j’ai interprété ce manque de réaction comme une admission tacite de culpabilité, ce qui ne fit qu’accentuer la haine à son égard.

Tant d’incompréhensions trouvèrent enfin leurs motivations.
Toutes, sauf une : l’abandon.
Elle eut beau disséquer chaque passage de ce qu’elle crut être l’une des plus superbes légendes elfiques jamais racontées, elle n’y trouva pas la réponse qu’elle cherchait depuis si longtemps.

La belle se détacha juste assez pour relever la tête et sécher d’une main discrète une première joue, puis la seconde, sans pour autant quitter l’étreinte d’Enseldrir.

Jamais il ne fut question de mariage dans l’histoire d’Enialis. Ni d’adultère.
Mais comme toute fable qui se respecte, elle se termine par "Et ils vécurent heureux et de leur amour naquit une petite fille".


Elle se toucha inconsciemment le bout du nez de son index tel que Gwerfaël avait pour habitude de faire avant d'ajouter "aux cheveux caramel et aux jolis yeux verts", ce qui avait le don de la faire sourire de plaisir à chaque fois.

Le trésor le plus précieux accordé des Dieux, disait-il.
Pour cette raison j’ai tant de mal à comprendre...
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout   Mer 10 Oct - 0:47

Les iris smaragdins de la belle avaient une telle transparence en ces moments que le macar en eût le vertige.
Ce qu’il y voyait bouleversait le nêr de deux manières : Au premier plan, la souffrance morale de son aimée transperçait l'être elfique comme une lame de glace, tourment empathique aussi inévitable que prévisible.
Au second, la douleur sourde du remords insinué par la trahison et la manipulation s'insérait comme un venin dont il était le seul pourvoyeur. La dose augmentait dans le cœur du nêr à mesure que Valkhyria voyait en lui un soutien indéfectible.

Le premier contact avec ses larmes fût si intense qu'il faillit sursauter. Elles laissaient une trace douloureuse sur sa peau comme si elles étaient de lave.
Mais les paroles de la demi-nis furent un baume sur ses peines. Elle venait de renforcer d'un souffle de voix la puissance de ses convictions.
Les mouvements de la Kheyldarienne sur son visage, la mimique qui transparaissait dans ses propos confortèrent Enseldrir.

La légende n'est peut être pas claire sur ces derniers points. Mais nul doute il y eut beaucoup d'affection entre deux êtres. C'est ce qui compte avant tout.
Ensuite, et au-delà de toute limite atane, l'amour qu'il te porte est incommensurable.

Oui, c'est un être de grande conviction que ton père, indéniablement.
Son attachement pour toi est tellement grand qu'il n'a pas su faire ce qui aurait été incompréhensible pour une petite fille : tenter de t'expliquer. Au lieu de cela, il a laissé grandir en toi un sentiment qui t'a mieux préparé au monde Kheyldarien plus qu'aucune leçon n'aurait pu.
Mais tout ceci avait un prix…


Comment lui dire ? à présent… comment lui dire ?
Impossible. Le plan qu'il avait établit avec Gwerfaël n'incluait pas ce genre d'évènements.

… pour vous deux.

Le nêr prit le visage de la belle entre ses mains et en parcourut certaines courbes du frôlement de ses doigts.

Voici ce qu'il en résulte ; Un présent que les Valar dévoilent aux yeux de ceux qui peuvent y percevoir la beauté de son âme….

Il aurait voulu l'embrasser et ajouter '… et de son corps.' Mais il se contenta de rester ainsi à la contempler un long instant suspendu.

C'est une très belle légende, Valkhyria. Une de celle qui forge bien des destinées. Il est probable qu'elle ne soit pas encore terminée et que d'autres lignes doivent encore s'inscrire.


Il sourit et ses lèvres frémirent derechef de ne pas être autorisées à cueillir le fruit de celles de son aimée.

C'est un rare privilège. En fait je n'en connais aucun en Eldalië qui pourrait se targuer d'un tel pouvoir.

Il effaça délicatement de ses pouces les minuscules traces qui restaient des pleurs de la demi-nis.

Il en est de même pour ton besoin de comprendre. Je crois qu'une personne serait probablement en mesure de t'expliquer…



Dernière édition par Enseldrir Malaevoldû le Jeu 11 Oct - 23:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout   Jeu 11 Oct - 23:45

L’alignement sans réserve d’Enseldrir en faveur de Gwerfaël troubla considérablement la demie-nis.
Ceci dit, le macar était un elfe avec plus de deux siècles d’expériences derrière lui qui parlait d’un congénère qu’elle n’avait en fait jamais connu pour ce qu’il était en réalité, malgré leur étroite consanguinité.
De plus, n’étant qu’indirectement concerné par leurs conflits, il pouvait voir les choses de façon plus impartiale.

Valkhyria eut néanmoins du mal à accepter la justification de l’abandon comme étant une longue leçon de vie impartie. Et si, comme Enseldrir l’affirmait, ils furent deux à en payer le prix, Gwerfaël avait eu le loisir de pouvoir choisir de s’en acquitter. Pas elle!

Son corps se tendit prêt à se conformer à la protestation qu’elle sentit monter, mais le nêr ne lui en laissa pas l’occasion, dissipant tout ressentiment de la chaleur de ses paumes.
Elle eut un mal fou à soutenir son regard, son âme n’étant peut-être plus aussi belle qu’il semblait le croire. Dans ses yeux, l’engagement de l’aider à ajouter les lignes manquantes à la légende entamée par ses parents.

Les paroles finales du nêr n’auraient pu être plus claires et transparentes. Tout autant que les sous-entendus qu’elles laissaient transparaitre.
Seul Gwerfaël possédait la réponse qu’elle cherchait et Valkhyria qui brisa volontairement tout lien entre eux se devait de faire le premier pas pour tenter de les recoudre…
Enseldrir ne fit qu’ajouter sa voix à l’écho de sa conscience.
Pourtant la première impulsion de la kheyldarienne fut celle de bloquer l’idée même de redonner à son père le pouvoir de la férir. Une excellente excuse pour ne pas devoir faire face à ses propres bavures.

J’ai… j’ai besoin de temps.

C’était son orgueil qui, trop fier et indigné, le lui réclamait.
Le même qui vint la soutenir de sa force, se nourrissant de rancœur pour grandir. Il s’élevait à présent terriblement haut entre elle et la vérité et le surmonter demandait un effort titanesque qu’elle n’était pas certaine de détenir. Tout allait trop vite.

Ce soir-là, la demi-nis eu du mal à trouver le sommeil.
Sa conscience la torturait plus qu’elle ne pensait pouvoir le supporter et continuerait à le faire tant qu’elle n’aurait pas reconnu à Enseldrir le droit de connaitre le reste.
Comme si cela ne suffisait pas, elle avait beau tenter de faire taire ses pensées, elle n’y parvenait pas et son esprit revenait incessamment sur le même nom, encore et encore : Anundra.
Elle y pensait si fort que le macar pouvait en ressentir les épaisses vibrations.

Enseldrir… ?

L’hésitation qu’il perçut dans la voix de sa douce poussa le nêr à l’encourager d’un: hum ?

À… à propos de la nis Anundra...

Elle hésita une seconde fois avant de continuer, scrutant presque craintivement toute expression sur le visage d’Enseldrir pouvant la dissuader d’aller plus loin.

Était-elle importante pour toi ?

La belle se rendit de suite compte de l’absurde rhétoricité de son interrogation et se reprit immédiatement.

Quelle question idiote ! Bien sûr qu’elle l’était.
Ce que je voulais dire, c’est: l’était-elle plus que d’autres ?


Dernière édition par Eámanë Enialis le Mer 13 Mar - 19:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout   Lun 15 Oct - 23:37

Un sourire attendrit accueilli la requête de la belle : Uma, elle aurait du temps, pas trop car la situation de Gwerfaël exigeait un peu d'empressement.
Le nêr se sentit soulagé de ne pas avoir à 'passer aux aveux' alors qu'il ne s'y était guère préparé.

Shadaliel accueillit que bien tard les rêves des deux amants. Les bruits nocturnes incessants qui emplissaient la forêt millénaire qui les entourait n'en étaient pas la cause. Enseldrir sentait la préoccupation de son aimée. De plus, il devait lui-même préparer son esprit à méditer sur la manière la plus adéquate pour amener la fille à rencontrer son père… et par là, lui avouer sa perfidie à lui.

L'Ombre nocturne saurait lui apporter les réponses dont il avait besoin… mais la demi-nis ne trouvait pas la quiétude de l'esprit.

Lorsqu'elle l'interpela, il ne se douta pas le moins du monde du sujet qui la tracassait. Aussi, il se contenta de lui répondre simplement d'un 'hum' ensommeillé.

Anundra était une nis magnifique.
Une de celle qui ne devrait pas trancher de fils de vie.


Puis il réalisa que la question la Kheydarienne était tout autre. La vie de couple dans la culture atane intégrait des notions qui échappaient pour la plupart au neuna, il en connaissait les grandes lignes cependant.

Lorsqu'elle a rejoint le domaine de Shadalielle, j'ai perdu une macar de grande valeur.
Plus que cela, une nis qui resplendissait de par son charisme et sa beauté.
Mais elle n'a jamais  partagé ma couche si c'est que tu veux savoir.


Si elle l'avait fait, elle n'aurait pu avoir une grande importance dans ma vie… à moins que l'un de nous ne quitte d'Hossë. C'est une règle que je me suis fixé…

Il se tourna pour faire face à la demi-nis. Le hamac tangua doucement. Il tendit un bras et, d'une simple traction sur une corde de suspension, supprima le mouvement perturbant.

J'ai depuis enfreint un autre crédo : celui de ne jamais laisser mon cœur influencer une des missions qui m'est confiée.


Dans le lointain, une créature lança une série de cris rauques brefs et plaintifs. Un cervidé ? Un grognard ? Impossible à dire le macar n'en tint d'ailleurs aucun compte.

Son doigt qui allait toucher le bout du nez de la belle dévia de sa trajectoire au dernier instant. Evitant ainsi le geste paternel, la touche délicate effleura les lèvres de Valkhyria ; ailes de papillon laissant une trainée de lave sur leur passage.

La garde d'une Ambassadrice d'une nation voisine est extrêmement importante. Mais là, je crois que j'ai tellement dépassé les limites de ma propre discipline qu'il n'y a plus vraiment de règle valable en ce domaine.


Devait-il l'interroger à son tour sur un élément de son passé ? Il préféra s'en abstenir et profiter de l'instant présent et de ceux à venir.

Dans mon cœur, il n'y a que toi.


A nouveau, il se déplaça. Son visage s'imprima sur l'oscillation un ciel étoilé tandis que son regard se perdait dans la brillance nocturne des yeux de la belle.

Aucun souvenir ou quelconque élément du passé ne viendra de son reflet émousser la lumière de ta présence. Personne n'a jamais eu la place que tu occupes dans ma vie.

Son majeur refit un passage sur les lippes pleines de la demi-nis. Cette fois la caresse se fit presque insupportable tant elle était intense par sa douceur.

Ceci, c'est ce que je ressens lorsque je suis près de toi sans te toucher et je sais quel unique remède peut l'apaiser.

Lentement, il approcha et leur baiser éclipsa la brillance des eleni réunies.

Sagement ils reprirent leur place et s'endormirent enlacés, l'un et l'autre enivrés de leur propre souffle.

Le lendemain, tandis que Valkhyria faisait le plein des gourdes à une source limpide, le neuna envoyait quelques missives.
L'une était destinée à Gwerfaël et elle contenait un descriptif détaillé de l'endroit où il pourrait laisser un éventuel message.
Malicia ne laissa rien paraître lorsqu'elle entendit le nom du destinataire, se précipitant vers son but avec enthousiasme –après avoir psalmodié au dessus de la missive- mais à son retour, elle regarda son géant avec défiance. Cette attitude ne tînt guère plus longtemps qu'un battement de cils lorsque le macar lui tendit un morceau de Lembas grillé. Elle disparût avec son butin quand la Kheyldarienne refit son apparition.

Après un repas rapide, les amants reprirent la route qui menait à Khamtalion. Enseldrir avait escamoté son insigne de neuna pour ne laisser que celui de macar.
Il demandait à Valkhyria de se couvrir d'une cape légère dont la capuche éclipsait la quasi-totalité de son visage aux autres voyageurs. L'austérité froide du gardien des frontières qui l'accompagnait suffisait à tenir à l'écart les importuns les plus curieux.
Un garde d'escorte qui conduisait une personnalité vers la Perle de l'est… voici ce que les quidams gardaient en mémoire lorsqu'ils les croisaient.
Leurs campements étaient suffisamment éloignés de la route principale pour éviter d'être dérangés. De rares créatures des bois vinrent flairer leur piste.
Un daim curieux qui secoua ses bois de dépit de voir ainsi son territoire traversé sans vergogne.
Une louve inquiète qui murmura à ses louveteaux en apprentissage de presser le pas.    

Ainsi, ils cheminèrent jusqu'aux anciennes terres du clan Hautelame… la vison du versant escarpé d'une colline émergeant soudain de la sylve, sous la lumière d'Anar faiblissant. Les nuages se faisaient lourds au nord et des éclairs en illuminaient occasionnellement le ventre. Enseldrir dit :  

Cet endroit est assez à l’écart de Khamtalion pour être… disons… dangereux. Surtout avant l’éveil de la Taurë.
Il était déconseillé de s’y rendre surtout lorsqu’on est encore un hina.
Bien entendu, l’interdit… Enfin, tant qu’il semble déraisonnable d’enfreindre des conseils avisés, les plus jeunes sont imprudents.

Le neuna grimpa d'un pied si agile qu'il semblait savoir tout de ce lieu : L'emplacement de chaque rocher, les branches des arbres les plus accessibles... cependant les plus récentes pousses lui paraissaient inconnues et freinaient sa fascinante progression. Partout où c'était nécessaire, il aidait Valkhyria à franchir les obstacles ou il attendait qu'elle le rejoigne. Il paraissait impatient d'arriver à un endroit particulier, situé en hauteur.

Je t'ai déjà parlé de ce lieu.


Il pointa un index vers un hêtre majestueux.

C’est là que je l’ai rencontrée.
Eldalótë.


Le regard du neuna se perdit dans ses souvenirs.

Installée face au nord sur cet arbre, elle chantait sous une pluie d’automne, froide et perçante.
Une complainte triste et belle, envoutante et poignante, comme peuvent interpréter ceux qui laissent leur âme s’exprimer alors qu’ils se croient seuls.
De temps à autres, le son doux de son ocarina poursuivait la mélodie quand sa voix n’avait plus la force de porter ses paroles.

La langue qu’elle utilisait était étrange. Un mélange d’elfe moderne mêlé d’accents du passé. C’était tellement fascinant que j’ai cherché à m’approcher pour voir son visage. L’indécence de mon geste m’aurait valu bien des regards de désapprobations s'il y avait eu des témoins.
Les branches étaient glissantes, mes mains engourdies par le froids, mais je réussis assez bien à me dissimuler. Autant qu’il était possible pour un hina cherchant à échapper à une Huinévar aguérie par des centaines de cycles de combats.


Devant le regard interrogateur de Valkhyria, le macar fit une pause dans son récit :

Les Huinévar, fiers et versatiles, puissants et rapides, ils étaient les troupes de choc de l’Hossë. Beaucoup venaient de Khamtalion.


Puis il continua :

Je n’ai jamais su d’où elle venait précisément. De Rhaneywen peut-être, mais le Domaine n’avait que peu de secret pour elle.
C’était une escrimeuse hors pairs. Elle avait été Guérisseuse pendant des dizaines de cycles avant de devenir Huinévar puis Maître Huinévari au temps de Serindë, la reine qui avait engagé ses troupes loin du Domaine.
Après un combat contre des Slaads, elle avait perdu certaines mobilités de son bras d’arme. Elle en a alors changé, devenant une des plus fines ‘pattes gauches’ de l’Hossë et un bouclier à toute épreuve.

La nis avait été confinée à la garde du domaine lorsque le fléau déferla sur Adama. Elle en avait beaucoup souffert alors que l’honneur qui lui était fait de garder les frontières du nord était grand.
Ne pas être partie avec les membres de son unité, ne pas être morte à leur coté, maudite comme eux, telle a été sa charge la plus lourde.
Un seul nêr s’en était retourné. Voronwë de Khamtalion.
Mais il n’était pas revenu seul… ses souvenirs avaient altéré sa raison et Shadalielle a combattu à ses cotés durant des mois. Le soutien d’Eldalótë au quotidien pendant un demi-cycle ne l’a pas aidé à regagner sa conscience.
Il est mort soudainement après un délire plus violent que les autres. Dans ses dernières larmes il lui a plu de voir de la reconnaissance et de l’amour…
Lorsqu’elle m’a raconté ceci, je n’ai pas eu le cœur de lui demander ce qui lui permettait d’en être certaine. Elle devait bien le connaître… trop bien le connaître… et cela transparaissait clairement au travers des vapeurs d’hydromel.

C’est pour cela qu’elle chantait.

Je l’ai donc rencontrée lors de mes jeux sur cette colline. Je crois qu’elle s’y trouvait elle-même en souvenir de Voronwë.
Elle m’a beaucoup appris.

Eldalótë a disparu dans un nuage de neige. Seule.

Nul ne sait réellement ce qu’il est advenu d’elle. Elle a disparu dans les montagnes du sud-Est, à la poursuite d’une troupe d’yrchs qui revenaient d’un raid en Taurë.
Si elle les a rejoint, il n’y a nul doute qu’elle a du en emmener quelques uns avec elle.


La mâchoire du nêr se crispa.

Il me plait de le croire.

Lorsque plus rien ne laissait espérer son retour, il y eut une cérémonie à Rhaneywen en sa mémoire. Je suis resté longtemps après sur la place. Puis, la nuit tombée, j’ai repris le chemin de Khamtalion.  


Il eût un sourire triste et ému.

Je ne l’ai jamais pleurée.  Elle ne l’aurait pas toléré.
Mais lorsque le vent joue avec les hautes branches, je me laisse guider par lui et son étreinte berce mon âme tandis que ses bourrasques sèchent mes yeux.

Chaque fois que je passe à nouveau sur cette colline, je fais un grand feu pour qu’Eldalótë puisse le voir depuis les montagnes. Et je regarde un coucher de soleil en pensant à Voronwë.
Nulle tristesse en cela.


Les épaules du nêr se relâchèrent, il fit face à la belle qui ne perdait rien de ses paroles ni de ses gestes. Le regard du macar avait une profondeur inquiétante, entre la folie et la foi désespérée.

Je dois en faire de même cette nuit, ici même.  

Il se leva brusquement et entreprit de collecter mécaniquement tout ce qui pouvait constituer un combustible acceptable.

Veux-tu m'aider dans cette tâche ?


Traduction des noms : Eldalótë (fleur des elfes) Voronwë (l’inébranlable)


Dernière édition par Enseldrir Malaevoldû le Mar 15 Oct - 9:35, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout   Mer 17 Oct - 23:40

Les premiers éloges que l’elfe réserva à Anundra avec sereine placidité furent accueillis sans surprise par la demie-nis. 
Neuna minutieux, exigeant, dévoué corps et âme à son peuple, il était logique de penser qu’Enseldrir se serait entouré uniquement de remarquables macari s’accordant à son tempérament. Chacun d’eux tout aussi admirable en ses compétences individuelles pour complaire le rigorisme avec laquelle il les dirigeait.
Anundra ne fit pas exception.

Le superlatif utilisé pour en commémorer les qualités physiques par contre firent naitre la conviction qu’ils furent amants avant même qu’Enseldrir ne puisse le démentir. Ce qu’il fit presque immédiatement et de façon si directe en affirmant qu’elle ne connut jamais le bonheur de recevoir ses faveurs charnelles, que Valkhyria s’en retrouva doublement gênée. Trop pour réussir à s’excuser d’avoir été si indiscrète.
Elle se sentit rougir comme une pivoine jusqu’à la pointe des cheveux et fut extrêmement reconnaissante à la nuit pour son don d’uniformiser toutes couleurs aux différentes tonalités de gris, oubliant cependant que ce n’est pas parce que l’on ne voit pas soi-même qu’il en soit autant pour tous…

Entre préceptes et crédos, le macar en avait plusieurs.
Quelques-uns pour le moins d’une certaine outrance. Ainsi… elle se devait de considérer sa mise en pension forcée du corps des gardes d’escortes une double aubaine.
Valkhyria ne put cependant s’empêcher de se demander si, arrivés au stade actuel de leur liaison, Enseldrir aurait fini par renoncer à sa carrière militaire ou prétendre ses démissions si cela n’avait pas déjà été fait pour elle.
Existaient-ils d’autres principes tout aussi considérables pouvant venir se mettre au travers de leur relation ?
La belle se rendit subitement compte qu’elle ne connaissait encore que trop peu des opinions du nêr.
Pourquoi fallait-il qu’il soit si hermétique !

Le dodelinement du hamac brisa le cours de ses pensées, alors qu’Enseldrir fit basculer avec une adresse presque nonchalante la discussion sur le couple qu’ils formait depuis qu’il enfreignit ses propres normes comportementales.
Aurait-elle du éprouver un brin de culpabilité se sachant amplement fautive d’avoir poussé le nêr à rompre la rigide conformité de ses règles professionnelles et privées ? Probablement.
En était-il ainsi ? Pas le moins du monde.
Surtout lorsque tendresse et désir se mélangeaient avec une telle intensité dans son regard mordoré en se posant sur elle. Sentiments qui virent naitre leur écho silencieux dans celui de la belle quand il fit d’elle la reine unique et irrécusable de son cœur d’elfe.
Ses paroles coulèrent aussi puissantes et indélébiles que lave sur roche, leur tison enflammant sans bruler, leur douceur apprivoisant sans assujettir.

Trop émue pour répliquer avec autant de grâce, elle camoufla l’acuité de ses émotions sous un voile d’ironie.

C’est parce que… Parce que je t’exaspère tant ? murmura t’elle lascivement d’une voix à peine audible.

La demi-nis sentit le sourire qui se dessina sur les lèvres d’Enseldrir avant même de le voir apparaitre.
Pour toute réponse, il l’effleura une deuxième fois la sachant démunie, profitant de sa faiblesse pour émoustiller ultérieurement son désir qu’il se promit de ne pas soulager cette fois. Il la priva ensuite du peu de souffle qu’il lui restait encore d’un baiser qui n’avait certes pas la saveur de l’antidote dont il parlait, et le monde chavira simplement dans l’oubli.

Malgré l’affolement de ses sens, elle finit par se lover paisiblement contre lui, ajustant la douceur de ses courbes à la tonicité des siennes pour mieux se laisser envouter de la chaleur naturelle de son corps lorsqu’ il l’enlaça de ses bras, qui vinrent se refermer fermement autour d’elle.
L’instant préféré de toute sa journée.
Celui où bercée par sa respiration profonde et plus ou moins régulière, elle sentait d’avoir enfin trouvé sa place.

Le lendemain, ignare de ce qui se tramait dans son dos par correspondance entre Enseldrir et Gwerfaël et revigorée de la conversation tenue la nuit précédente, ce fut avec un entrain plus palpitant que d’habitude que l’archère s’acquitta de l’une des tâches qu’elle préférait parmi toutes celles dont elle prit la charge. Le ravitaillement d’eau.
Elle s’y attardait toujours un peu plus que nécessaire pour s’enrichir du chant apaisant de la source dont elle puisait de quoi remplir leurs gourdes et profitait de cet instant privilégié de paix pour quelques soins d’hygiène additionnels.

Les précautions supplémentaires qui furent prises avant de reprendre le chemin vers la perle de l’est une fois leur repas terminé, ne pouvait lui indiquer qu’une chose : la ville ne devait plus être très distante.
Pourtant, les pas d’Enseldrir qu’elle talonnait tant bien que mal, sans dédaigner son aide chaque fois qu’il le lui offrait, les menèrent vers toute autre destination.

Bien sûr qu’elle se souvenait de ce lieu qu’elle savait particulièrement spécial pour lui.
Elle se souvenait entre autre qu’il avait exprimé à haute voix le souhait de pouvoir cueillir l’occasion de l’y emmener un jour. Mais elle ne s’attendait certes pas à ce qu’il fasse de son jardin secret, leur première étape avant même de se rendre à Khamtalion, faisant passer l’entretien avec le Grand Prêtre d’Eldhunielle en second plan.
Valkhyria découvrit ensuite assez rapidement les raisons pour lesquelles le nêr était si attaché à ces lieux.

Enseldrir captiva entièrement l’intérêt intacte de la demi-nis, toujours aussi vif et friand lorsqu’il s’agissait de lui révéler quelques rares confidences de plus touchant son enfance, sa jeunesse ou ses expériences personnelles.
À chaque fois que cela arrivait, sans exception, elle se calait en un mutisme presque religieux en attente de recevoir la perle de sagesse qu’il avait pour habitude de lui réserver entre les lignes.
Conseil précieux qu’elle attendit en vain cette fois, alors qu’il relatait l’histoire d’un amour tragique qui ne manqua pas de toucher les cordes les plus sensibles de son âme.

Que de similitudes…
Elle aussi s’était battue contre la folie qui rongea progressivement l’esprit de la personne qui lui fut la plus chère au monde. Elle aussi n’avait pu la sauver de ses démons, qui finirent par venir à bout de son affaiblissement malgré les efforts qu’elle fit pour deux. Elle aussi avait dû en faire le deuil… sans jamais y parvenir entièrement.

Trop de similitudes pour ne pas sentir à nouveau s’ébrécher les bastions de la forteresse qu’elle avait érigé autour de sa désolation, de façon à ce qu’elle ne puisse la détruire à son tour.
Un nœud douloureux se formait déjà au fond de sa gorge. Ainsi, elle se concentra sur les paroles du nêr pour trouver la force de refouler les larmes.
Prit dans ces propres réminiscences, il ne s’aperçut pas immédiatement du bouleversement qu’il venait de déclencher.

Lorsqu’il eut terminé, la demi-nis avait réussi à regagner un peu de son aplomb. Du moins en apparence.
Elle n’aurait pu être plus flattée qu’elle ne le fut quand il lui demanda son aide. Pourtant, elle ne put prononcer mot, se contentant d’acquiescer de la tête en souriant d’un sourire extrêmement tiré qui s’arrêtait à ses lèvres. Ses beaux yeux visiblement tourmentés.

Sous le regard scrutateur du neuna, la lumière du jour devint subitement trop crue et intense malgré l’ombrage des frondaisons. La rapidité avec laquelle elle chercha à s’en soustraire, se baissant à son tour pour faire mine de récolter de quoi constituer un foyer, ne fit que confirmer son état de malaise

…Melda… ?!

La chaleur de la main qu’il allongea pour venir la refermer sur la sienne qui tremblait considérablement et la douceur avec laquelle il l’enveloppa pour en calmer les frémissements firent voler en éclat les ultimes résistances de la belle avec la puissance d’un bélier.
Valkhyria aurait su faire face à de l’indifférence par de l’indifférence. Mais la tendresse dont Enseldrir vint la soutenir et qu’elle savait pure et sincère, en fut plus qu’elle ne put encaisser.
Désormais il n’était plus question de devoir trouver le courage d’exprimer ce qui pesait sur elle. Seul suffit le besoin, devenu insupportable, de délivrance.
Une épreuve pourtant si pénible qu’elle ne fut capable de la surmonter qu’à demis mots entre les sanglots qui secouèrent subitement ses épaules.

Je n’avais que seize printemps. Ils… Ils était cinq d’entre eux, rendus fous par l’alcool.

Dans sa paume, le nêr sentit les doigts de sa compagne se crisper pour s’enfoncer dans la mousse qui recouvrait le sol.

Je… Je pouvais la voir …et l’entendre les supplier entre ses larmes, impuissante. Cela ne fit qu’augmenter leur excitation !

Elle marqua une pause, incapable d’aller plus loin.
Ceci dit, fort des indices et des bouts d’information qu’il avait déjà obtenu lors d’une précédente conversation, ainsi que de sa rencontre avec Gwerfaël, il n’en fallut pas plus au nêr pour arriver à l’inévitable et logique conclusion : violences physiques perpétrées sous le regard innocent d’une adolescente…
Il en éprouva subitement un épouvantable haut le cœur.

Je t’en supplie Enseldrir, ça fait si mal. Je t’en supplie !

Sa voix ne fut qu’un souffle laissant transparaitre sa lassitude.

Demande de soutient ? Prière de ne pas la contraindre à rentrer dans les détails ?
Enseldrir n’aurait su le dire.
Mais pas un seul instant elle n’avait tenté de se libérer de sa prise pour se recroqueviller sur elle-même, tel qu’elle le faisait habituellement en de telles circonstances.
Empli d’espoirs, le nêr se fit plus résolu.
Ses doigts remontèrent lentement le long du bras de la demi-nis, l’effleurant à peine pour éviter tout recul de sa part. Puis ils se refermèrent fermement à la hauteur de son épaule, de façon à l’attirer à lui avec une détermination qui n’autorisa aucune opposition.

Ainsi lovés, il l’aida à retrouver son calme, dont elle brisa d’elle-même ensuite le silence, sans pour autant changer de position. Elle ne se sentait pas encore en mesure de soutenir son regard.

Chaque cycle le même rituel… Cela t’aide-t-il à faire abstraction ?


Dernière édition par Eámanë Enialis le Jeu 16 Mai - 1:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout   Dim 24 Mar - 1:34

Ici, sous la lueur du couchant occultée par quelques nuages égarés, le visage de la belle donna une image nouvelle. Fascinante et terrifiante toute à la fois. Mais n'avait-il pas tout mis en œuvre pour en arriver là ?
Etait-ce la braise renvoyée par ses yeux, trop étincelante pour n'en être qu'un simple reflet ?
Etait-ce la couleur cendreuse de sa peau, trop pâle pour n'être que la projection du crépuscule ?
Tout indiquait qu'elle accusait l'impact de ses révélations bien au-delà de ce qui était envisagé… bien au-delà pour un elfe.

L'expression faussement rassurante que son aimée chercha à se donner ne fit que resserrer l'étreinte des doigts osseux du regret autour du cœur du nêr. Qu'avait-il fait ? Qu'avait-il brisé ? Lui pardonnerait-elle ? Se le pardonnerait-il ?

Elle vacilla et brusquement, mécaniquement, se mit à collecter des matériaux combustibles au sol. Tout dans son attitude était tellement dissonant ! Le macar écourta rapidement la distance qui les séparait puis il cueillit la main tremblante de la Kheyldarienne en plein vol fébrile. Prise entre son étreinte et le sol de la Taurë, rose glacée soumise à une bourrasque d'été, la palme de Valkhyria fondit à son contact, retrouvant ainsi la chaleur et la tendresse dont il souhaitait tant l'envelopper tout entière.

…Melda… ?!


Glissa-t-il d'un souffle inquiet.
La demi-nis fût secouée d'émotions irrépressibles qui saisirent le neuna en son âme au point où son corps même se crut en devoir d'en faire l'écho en se contractant jusqu'à la douleur.
Lorsque la main de sa douce fit de même, Enseldrir sût qu'il devait se détendre et initier un mouvement qui donnerait au récit de la belle toutes les chances de se dérouler sans autre retenue.

La signification des mots prononcés par l'ex-Ambassadrice ne parvenaient qu'avec un grand retard à la conscience du neuna. Son récit était trop étranger aux repères du nêr aussi, il crut d'abord qu'il s'agissait d'un raid des Yrchs avant de comprendre son erreur.
Des humains !
Des créatures dévoyées, sans discernement.
Ainsi, les plus orthodoxes des membres d'Eldalië avaient raison !
Une bouffée de pure haine raciale déferla dans les veines du macar avant de disparaître aussi soudainement qu'elle était apparue.
Il y a des corrompus et des égarés dans toutes les races. Les elfes eux-mêmes n'en étaient pas dénués, hélas.
Par une soudaine bouffée d'empathie qu'il ne pouvait contrer, les yeux du disciple d'Elduniel se couvrirent d'un voile humide. Il aurait voulu chasser ce souvenir de la mémoire de son aimée, le faire se déliter dans l'éther d'un simple mouvement du bras, comme on chasse une mouche.
Mais il devait la laisser avancer encore, laisser grandir la douleur libératrice comme on l'aurait fait en ôtant une pointe de flèche profondément enfoncée dans des chairs.

Elle éludait toujours une partie de la vérité : Ce qui l'avait empêché d'intervenir. Mais ceci n'était pas important ; seul le souvenir de sa souffrance, de son impuissance à faire cesser l'indicible l'était en dehors de toute la notion de lien familial qui se trouvait être bien différente en Eldalië.

Le silence soudain, laps de temps qui permit à une partie de l'esprit d'Enseldrir de faire l'analyse et tirer les conclusions des informations maintenant relâchées tandis qu'une autre partie s'inquiétait du mutisme subit de son aimée.

Lorsque les deux parties se rejoignirent, ce fût une telle déferlante d'émotions que le nêr dût en contrôler l'énergie par le souffle de la méditation d'Elduniel… jusqu'à ce qu'elle l'appelle à l'aide.
Là, la maîtrise que le Disciple avait de la voie d'Elduniel ne pouvait plus lui donner aucun support…
Là, il n'y avait plus que son cœur mis à nu et son amour livré au supplice.

Si ténue soit-elle, supplique venue du tréfonds un passé infernal, la voix de Valkhyria ébranla la détermination monolithique de l'enquêteur elfique. L'attitude de la demi-nis conforta Enseldrir lorsqu'il se décida à soutenir physiquement son corps.
Elle semblait si fragile lorsqu'il la serra contre lui qu'il ne put l'étreindre autant que son instinct lui dictait de le faire d'autant plus qu'elle pouvait à tout moment décider de le repousser.
Alors vint une question, si éloignée de la précédente intervention qu'elle ressemblait à une diversion mais il lui sembla qu'elle demandait une réponse sans détours.
Il prit une voix adaptée au message qu'il avait à transmettre. L'espace d'un court laps de temps, il craignit de feindre et de manipuler puis il se laissa guider par la voie de la Sentinelle.

Il n'y a pas d'abstraction. Rien qu'un espoir infime et improbable auquel l'âme s'attache et au travers duquel je m'efforce de maintenir les plus beaux souvenirs qu'il me reste d'Eldalótë.
Grâce au pouvoir hypnotique qu'ont les flammes sur mon esprit, je projette les instants de complicité et de bonheur.
C'est un culte païen. En cela, il en devient presque honteux. Mais je n'ai encore jamais eu à m'en défendre.


Il berça sa douce dans l'espace resserré de ses bras, mouvement captivant qui pouvait la préparer à la suite.

Veux-tu que je t'aide à y voir de tels instants ? A recouvrir les moments d'horreurs par le souvenir des jours et des années de bonheur partagés? Des rires et de l'insouciance ? De ce qui reste dans les esprits sous la bénédiction de Shadaliel ?
Car c'est ainsi que les êtres aimés et disparus souhaiteraient que nous nous souvenions d'eux.

Dans les feulements du feu, j'entends le chant Anundra se jouant du vent et se moquant affectueusement de ses compagnons qui lui pardonnaient immédiatement tant son talent était grand.
Dans la danse des flammes, celle d'Eldalótë, élancée vers les cieux. Libre et fluide mais toujours mortelle pour ceux qui n'y prennent garde.
Dans la chaleur des braises, la puissance de la volonté de Galithrandir et la brillance de ses yeux lorsqu'il riait de ses propres plaisanteries en entrainant ses camarades.


Le rythme des mots de fit différent. Citation étrange comme si l'inspiration l'avait tout d'abord établit en elfique ancien et que l'hésitation le faisait traduire :

Ce rituel païen, ici n'élude rien.
Des aspects il révèle, et toujours rappelle.
Au travers d'étincelles, dansantes abeilles,
Prolonge les destins, adoucis les chagrins.

Ni conte ni éloge, juste des souvenirs,
Remords il déloge, sans personne trahir.
Mystère de la dame, lumière dans la nuit,
D'un coup dans les flammes, le cœur d'épanouit.


Lâchant le dos de Valkyria et saisissant ses épaules, Enseldrir s'écarta juste ce qu'il fallait pour chercher un regard en face du sien.

Un grand feu, voilà ce qu'il faut. Cette nuit. Ici même. Veux-tu m'aider dans cette tâche ?


La répétition de la question, le demi-sourire de tendresse, les yeux encore humides de compassion, rien ne pouvait rencontrer décemment un refus.
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Eámanë Enialis
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout   Mer 1 Mai - 18:51

Épancher ses larmes et peines sur l’épaule d’Enseldrir fut si libératoire…

De son côté, le neuna savait de ne pouvoir déposer en offrande aux pieds de sa compagne la paix qu’elle souhaitait atteindre. Et il l’aurait surement fait si seulement cette aptitude lui avait été accordée par les Valar, qui en étaient uniques maitres absolus.
Cependant, il avait la faculté de par ses expériences personnelles et de par son éducation bicentenaire de l’aider à tracer un sentier aux pentes adoucies qu’elle aurait pu emprunter à sa guise pour y parvenir. Ce qu’il fit.

Il se rendit compte qu’en cet état, Valkhyria n’était pas encore prête pour la Grande Forêt, ni pour Eldalië…  
Les elfes n’avaient que peu d’indulgence pour les étrangers, surtout les plus faibles, dont ils se débarrassaient avec froide cruauté. Les lois naturelles de la Taurë, bien moins encore.
Étant donné qu’elle seule serait destinée à arpenter la voie vers sa propre sérénité, et ce, en comptant pour la plupart du temps uniquement sur ses propres moyens, hormis le support de son étreinte berçante il ne fit rien de son verbe pour atténuer la douleur qui la tenaillait, la souffrance étant le plus effectif des fortifiants.
Il l’aurait guidée pour qu’elle réussisse à la canaliser et avec le temps, la neutraliser par le contrôle de ses émotions.

En quête de chaleur, la demi-nis poussa son front contre la joue d’Enseldrir, se laissant aller aux dodelinements qu’il lui imposait tout en soupirant d’appréciation tandis qu’elle sentit fondre comme neige au soleil les tensions qui s’étaient emparées de ses épaules, alors que son esprit lui, aurait voulu s’opposer à ses premières paroles, qui l’enfoncèrent un peu plus profondément dans la trappe émotionnelle de laquelle elle se sentait prisonnière.
Heureusement, au-delà de son charme, de son charisme naturel et de sa beauté sauvage typiquement taurëenne, Enseldrir savait s’il le voulait comment inspirer un état de bien-être peu commun auquel il était difficile de s’opposer, nonobstant la délicatesse du sujet ou de la situation qu’il avait à affronter.
Désormais certain qu’aucune illusion ne viendrait s’insinuer entre les lignes prometteuses d’espoir qu’il lui livrerai ensuite, le nêr fit de nouveau place au quendë intentionné et amoureux et se munit de vers pour venir en aide au neuna.
Le ton de sa voix se fit plus lent et doux. Son élocution plus raffinée, presque éthérique.

C’est ainsi que l’écrin de sagesse elfique s’ouvrit enfin non pas sur une, mais sur une multitude de petite perles précieuses dont la belle aurait pu se servir pour sevrer son âme d’une bonne partie de ses afflictions.

Lorsqu’il fit appel pour la seconde fois à l’aide de sa compagne pour la mise en place du foyer évocatoire, il sentit son cœur renaitre devant le faible sourire qui étira enfin docilement ses lèvres.

Plus tard ils savourèrent la tranquillité nocturne, assis l’une dans les bras de l’autre prêt du feu, la demi-nis adossée au torse du nêr. Leurs regards plongés dans le vide crépitant des flammes qui s’embrasaient de plus en plus joyeusement les enveloppant de la douceur apaisante de leur chaleur, ils méditaient silencieusement, chacun de leur côté.

Un clair de quasi pleine lune pour retrouver le visage d’un être cher éloigné ou perdu.
La danse hypnotique des flammes pour anesthésier les maux de l’âme…


Valkhyria laissa trainer sa voix, pause nécessaire pour trouver les justes mots pouvant exprimer correctement ses pensées.

Le feu n’est-il pas lui aussi un don de Galmaniel tout comme l’est l’air qui renouvelle le souffle vital de chacune de nos respirations, ou comme la terre sombre et riche qui nourrit les racines voraces de la Taurë, ou encore l’eau qui en étanche la soif ?

La question n’était que rhétorique et n’attendait aucune réponse de la part du serviteur de la Louve, si bien qu’elle poursuivit.

S’il en est ainsi, cette….

Par délicatesse, l’archère évita volontairement de reprendre l’utilisation du terme -honte- qui à son gout avait pris une saveur décidemment bien trop excessive dans la bouche d’un elfe.

…gêne que tu éprouves en faisant recours à cette pratique pour honorer la mémoire d’Eldalótë et de Voronwë et qui n’est peut-être pas aussi païenne que tu sembles le croire, n’a plus raison d’être.

Abandonnant le nêr sur cette dernière réflexion, elle couvrit de ses avant-bras les siens, comme pour vouloir en renforcer l’étreinte réconfortante autour d’elle et se laissa chavirer sous son effet sédatif.


Zéphira a écrit:
Tandis que le couple sombrait enfin dans la sérénité du sommeil dont ils avaient tous deux grandement besoin, leurs respectives piomelles, totalement insomniaques, se confiaient l’une à l’autre des commérages irrépétibles qu’elles auraient probablement oublié au terme de chaque sujet écoulé.
En pleine conversation, Zéphira s’interrompit brusquement, les sens à l’affut.

Humm, nous avons de la compagnie et je pense savoir qui c’est.
Surtout Malicia, quoi qu’il advienne, contrôle-toi et tiens moi le jeu. Compris ?


Puis l’Halkamandrelle zouffa sans attendre le consentement de l’allutrus, qui se retrouva seule, plus éberluée et intriguée que surprise.
Lorsqu’elle rejoignit son amie, celle-ci dictait ses leçons d’un air hautain et d’une voix un poil courroucé à un piom appartenant au lignage des Lurkins, réputés pour leur nature farouche.

Ce n’est pas parce que l’on est Maire de Khamtalion ou messager du dit Maire que l’on peut se permettre de déranger à tout heure du jour ou de la nuit rien de moins qu’une Ambassadrice !

Les traits de son visage se relaxèrent et un sourire y fit naissance.

Ceci dit, sachant que cela fait longtemps qu’elle attendait une réponse à sa correspondance et connaissant l’importance toute particulière qu’elle y attache, je serai plus qu’honorer de m’offrir volontaire pour lui remettre le message, première chose dès son réveil. Promesse de piomelle.[/b]

Elle tendit ensuite sa petite main, bien résolue à s’approprier du document coûte que coûte et par tous les moyens qu’une piomelle pourrait imaginer.
Devant l’hésitation de son interlocuteur, Zéphira rapprocha son visage à deux pouces de son nez, plissant méchamment les yeux, un rictus diabolique déformant sa bouche en un sourire malveillant.

J’en déduis qu’avant ton départ pour cette mission, personne ne t’ait mis au courant du fait que nous, piomelles kheyldariennes de rang diplomatique, avons le pouvoir d’enflammer toute chose d’un simple regard.

Cette affirmation fut accueillie par le -Oh!- de détresse de l’allutrus, qui d’effroi se prenait déjà les joues entre les deux mains, donnant ainsi un degré de crédibilité inespérée aux menaces qui venaient d’être lachées. Zéphira en profita immédiatement pour forcer ultérieurement la main du Lurkin.  

Qu’en serait-il de toi si la rumeur de ton incapacité à porter à terme une tâche aussi simple que celle de délivrer une missive, venait à parcourir les rues de Khamtalion ?

Le piom s’apprêtait déjà à contester l’injustice à laquelle elle le soumettait, mais devant la mine de plus en plus déconfite de Malicia, il se ravisa.
Cette dernière était d’une pâleur extrême qui contrastait de façon bouleversante avec le noir corbeau de sa chevelure et pour la première fois, le Lurkin prit conscience qu’il était possible pour l’un d’eux de souffrir de sueurs froides.

Après avoir soupesé rapidement les pros et les contres entre vérité ou bluff finement orchestré, le piom finit par se convaincre que le jeu n’en valait pas les risques. L’important était de livrer le message. La piomelle kheyldarienne avait donné sa parole à laquelle il savait qu’elle n’aurait jamais pu se soustraire.

Première chose dès son réveil.

Renchéra-t-il de son indice autoritaire, pointé sur elle avant de s’éclipser pour réapparaitre dans un des couloirs de la Maire avant même que le document qu’il avait lâché ne touche terre.
L’Halkamandrelle se baissa pour le récupérer et fit une grimace tout en l’époussetant.

Pff ! Quelles manières !
A présent il ne lui restait plus qu’à consigner le message à musse-pot à sa maitresse sans éveiller le nêr qui l’enlaçait. Mission pratiquement impossible, même pour une piomelle aussi ingénieuse soit-elle. Enseldrir aurait surement ouvert les paupières dès qu’il sentirait bouger la demie-nis de façon insolite entre ses bras. Pourtant, elle finit par sourire satisfait, chaque problème ayant sa solution.
Elle se serait simplement contentée de ne pas éveiller ses soupçons sur ce qui se tramait exactement.

Malicia la vit disparaitre à nouveau sans souffler mot.
Quelques secondes plus tard, de bruyants craquements de rameaux secs, suivit de chuintements vinrent rompre l’harmonie nocturne de la Taurë et la qualité du sommeil du nêr, qui fit basculer délicatement sa compagne sur un côté pour s’éclipser en direction du tapage.
Lorsque l’Halkamandrelle devina son approche, elle rejaillit entre les mèches latérales près de l’oreille de l’archère.


Zéphira a écrit:
Hey! Allez, réveille-toi j’ai vraiment pas l’temps !
Tiens, c’est ce que tu avais hâte de recevoir.


Sans attendre son reste, elle retourna auprès de son amie une fois le document passer entre les main de son légitime propriétaire.

Jamais je n’aurai pensé faire marcher ton géant tel que je l’ai fait avec son garde !


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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout   Dim 19 Mai - 0:06

Un rameau ramassé. Et un autre qui rejoignit le fagot transporté.
Un regard échangé. La douceur d'un velours donnée en offrande : < Aie confiance.> < J'ai confiance.> < Je crois en toi.>
Un sourire d'abord engageant, rassurant. Puis imperceptiblement, malgré l'apparente solennité de l'instant et la tension émotionnelle plus qu'évidente, leur complicité prit le dessus malgré eux et leurs lèvres s'étirèrent pour figurer le bonheur de l'instant.
C'était bien ainsi. Tout était bien. Tel que cela devait être.
Ils soulevèrent la même branche, hésitèrent l'espace d'un clignement d'œil avant de tirer chacun de son coté en une parodie de lutte pour la suprématie. Les prémices de leur rire moururent aussi vite qu'ils étaient apparus lorsque leurs yeux se croisèrent – âmes en quête d'une réponse – leur sourire s'effacèrent, la force de leur main sur le bois mort décrut. Le neuna fit un pas rapide vers son aimée, ajustant le morceau de bois parmi ceux qu'elle portait déjà tel un cadeau tandis qu'il se payait en retour d'un baiser à moitié chaste.

Leurs nez se frôlèrent, jouèrent un moment de leur contact affriolant puis, soudain essoufflés, les deux amants hésitèrent, se jaugèrent. Enfin, le macar tendit le menton en deux endroits :

Huh, et si nous nous répartitions l'espace ? Tu collecterais ici, tandis que je ramasserais là bas ?

C'était une supplique plus qu'un ordre même si l'apparence pouvait en laisser croire l'inverse.

Le frôlement d'une main, le renoncement d'une pupille scellèrent le contrat entre eux et ils purent ainsi assembler un brasier tel qu'on n'en vit aucun en ce lieu en plusieurs dizaines de cycles.
Aussitôt allumé, l'amoncellement de combustible gémit et grinça sous l'assaut combiné de la volonté dévorante des flammes et de l'énergie infinie du vent.

La radiance du feu darda les alentours de ses traits cuisants.
Les jeunes pousses aux environs s'effacèrent après avoir tant combattu, victimes d'une soirée ; Frênes, chênes, hêtres, et noisetiers ; de la noirceur froide le la terre, elles avaient trouvé leur chemin ; grâce à l'énergie léguée par leur aïeux millénaires, elles avaient lancé leur offensive sans doute, sans hésitation vers la lumière. Celle là même qui sous une autre forme les faisait se racornir et courber, renonçant à leur avenir prometteur et aux cieux qui les attirait tant. Leurs feuilles à peine formées s'étiolant en de minces cendres emportées au sein de l'éther et de la nuit. Celles qui auraient pu se targuer de rivaliser avec les géants d'aujourd'hui se trouvaient précipités dans le néant au nom d'un phénomène si temporaire et tellement injuste.

C'était un aspect de cette cérémonie.

Un effet de bord qui, même s'il n'était pas désiré, ne pouvait être ignoré d'un elfe élevé dans les préceptes de la race première qui gardait la Grande Forêt depuis la nuit des temps.
Enseldrir manifesta sa conscience en une prière qui ne prit que quelques instants. Gaïaniel, Shadaliel y trouvèrent la marque de la dévotion d'un quendë et la reconnaissance du renoncement à une part d'éternité vivante pour une parcelle de bienfait relatif dans les âmes de deux êtres fragiles.

Maintenant rassemblé dans une douce étreinte emprunte de solennité, les amants laissèrent leur conscience voguer librement. La voix de la demi-nis s'étira tel un chat trop longtemps assoupit, son frôlement bienveillant flatta l'oreille du nêr. Enseldrir leva son regard vers Isil, l'astre qui avait soutenu la force de leur amour lorsqu'ils avaient été éloignés l'un de l'autre.

Uma Melda.


C'était un encouragement à continuer, ce qu'elle fit après un moment de silence.
Il allait intervenir, pour apporter des précisions sur le feu et la correcte –au sens elfique- affectation au Valar Elduniel par sa force de faux du renouveau ainsi qu'à la prédominance de Shadaliel pour ce qui touchait aux défunts, quand il réalisa le sens exact de ses paroles.
Aussi, au lieu de procéder à une récitation des préceptes des cultes sous une forme de démonstration dogmatique, il s'efforça de voir les choses sous un angle nouveau. Un angle qui ne remettait pas en cause les fondamentaux des enseignements.
Au-delà de la doctrine qui ne saurait rien concéder des interprétations possible, le nêr dut se rendre à l'évidence : Le feu chauffe tout comme Anar qui est une incarnation de la Déesse Mère. Le réconfort qu'il procure alors est lui aussi en rapport avec la douceur de La Mère.
Mais pour ce qui était d'éluder la 'gène' qui marquait le neuna lors de la cérémonie païenne, rien n'y fit.

Voraces… elles le sont Melda.
Elles le sont bien plus depuis quelques cycles. Si les Vala nous prêtent la force et la ruse elles finiront par nous engloutir tous. Nous appartenons à la Taurë.

La lumière qui pénétrait dans l'espace de ses pupilles irradiait au sein de son imaginaire, ses autres sens s'en trouvaient affectés aussi et l'illusion devenait intense.  

Ils sont tous là. Sens-tu comme ils nous aiment ?
La chaleur d'un sourire, l'étincelle d'un regard, le pétillement d'un rire, la douceur d'une étreinte. Qu'importe. Un souvenir. Doux et aimant. Rien ne vaut cela. Rien au dessus ni pour nous ni pour eux.
Vois Valkhyria. Vois, entends et… dors.


Le fil de voix du macar devint murmure sans qu'il ne soit possible d'ignorer l'intonation inimitable que lui donnait la naissance d'un sourire…

Malicia a écrit:

Me contrôler ? Pfff, mais ho, hé, hein ?

Après s'être remise de l'incongruité de la demande, la messagère zouffa à la suite de son amie, restant cependant à distance de ce qui se tramait. (Ben oui : ne lui avait-elle pas demandé de se contrôler ?)
Un autre Piomel ? OK… un elfe qu'elle connaissait déjà sans pouvoir remettre la main sur son nom. Ce qui n'était vraiment pas nécessaire sachant qu'elle l'aurait probablement oublié ou transformé en deux secondes.

La menace d'inflammation que l'inconscience de Zéphira lui fit prononcer effara la pauvre Allutrus. Avec la puissance de l'ancêtre pendue à son cou, il n'y avait aucune place pour le bluff : Si l'infortuné Lurkin ne courbait pas l'échine devant le pouvoir brandi par la Kheyldarienne, il allait y avoir une odeur de cramé dans l'air bientôt.
Mais l'infâme chantage ne suffisait pas. Il fallait que son amie englue sa cible dans une autre intimidation qui, si elle n'était pas aussi effrayante, n'en demeurait que plus terrifiante pour un Piomel bien né : La missive orpheline. L'outrage suprême. Malicia  manqua de faire exploser l'émail (et oui, les jeux de mots ne sont par interdit dans le royaume des Piomels!) de ses petites quenottes tant qu'elle serra ses mâchoires de dépit.

La racine de ses cheveux la picota quand elle senti les regards de l'halkamandrelle et du messager du maire se planter dans le sien. Inflexibilité et détermination froide des humains zinzins du nord d'un coté et appel au secours d'un allié – au demeurant fort sympathique - que tout portait à encourager et défendre… tout… tout… mouais, nan, mais ça à la limite son neuneu de géant aurait pu y croire mais là quand même, le pouvoir (de persuasion, uniquement) se trouvait du mauvais coté.
Bref, la messagère gothique approuva du chef, des yeux, des gestes et de la mimique toutes les paroles de son 'amie' Kheyldarienne.
Après-tout, il n'y avait pas de missive déchirée…

Une fois le Lurkin effacé, l'expression sournoise de Zéphira ne se dissipa qu'un court instant. Il faillait reconnaître qu'elle avait de la suite dans les idées…


Enseldrir ouvrit un œil. Sur le qui vive.
Quel qu'en soit la raison, quel merveilleux pouvoir était à l'œuvre lorsqu'il s'éveillait contre sa belle ? L'univers tournait alors autour d'eux. La nature bruissait du tempo de leurs deux cœurs.
Jusque là, la nuit avait été des plus tranquilles. La chaleur de sa douce l'attirait comme un aimant, mais il devait s'en séparer. Doucement. Pourquoi ? Ha, et bien il y avait une manifestation auditive à proximité qui semblait extrêmement étrange.
Le macar se glissa le plus souplement possible hors du hamac. Sa main trouva sa double-lame qui chuinta imperceptiblement lorsqu'elle la sortit de son fourreau en un geste de torsion de son poignet
La demi-nis protesta dans son sommeil. Il murmura un souhait qui devint une promesse :

Là, ce n'est rien Melda, juste un rêve rien de plus.
S'il te plaît rendors-toi, tiens ta conscience camuse.


Curieusement, il semblait plus détendu qu'à son habitude en de telles circonstances. Etait-ce la possibilité de voir Gwerfaël surgir d'un bosquet ?
Ce ne fût pas le cas. Et le neuna s'en trouva fort dépité.
Les feuillages agités fébrilement, les crissements des brindilles cassées éparpillées là étaient manifestement les indices d'une présence qui se voulait évidente. Mais où était le père de son aimée ?
Un sifflement incongru attira son attention. Ici, au dessus.

Malicia a écrit:

L'air de rien, Malicia était assise sur une branche, ses jambes se balançant dans le vide, elle sifflait une mélodie improbable et regardait vers le ciel couvert de nuages.

Dis voir ce ne serait pas la grande grognarde là ?

Le nêr soupira en regardant le voile gris qui s'étirait à perte de vue.

Sans aucun doute, Malicia. Sans aucun doute. On voit clairement les petites élendil qui la composent. Voyons, derrière ce gros nuage là il y a Aliothis. Et ici, manifestement c'est Dubhaï. Elle se cache toujours, la farceuse. Serait-ce Mizarë occultée par la brume ?
Trêve de plaisanterie, finaude ! Où est-il ?


Malicia a écrit:


L'Allutrus fondit immédiatement n'en tenant plus sous l'inquisition inflexible de son géant :

Hu hu hu ! Ben qui ça 'il' ? Elle est avec sa maîtresse mais je ne sais rien du 'il' ! Ben j't'assure, hein ? Juré !  

Le regard et le sourire entendu du neuna ne laissa guère de doutes à sa Piomelle.

Pffff dis-moi pas que j'ai gaffé !


Elle croisa les bras et pivota autour de la branche jusqu'à se retrouver pendue par les jambes.

Cochon pendu, si j'bouge, j'suis foutue ! Je ne dirais plus rien. D'ailleurs je n'ai rien dit qui puisse te mettre sur une quelconque piste et ce n'est pas ma faute si t'es trop perpsychiatre !

Elle maugréa :

T'façon, je ne parle que chauve-souris à partir de maintenant. Vala !


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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout   Mar 21 Mai - 23:41

En un premier temps, la demi-nis encore à moitié endormie crut rêver de sa piomelle venant gâcher son repos au beau milieu de la nuit. Curieux mirage de l’esprit qui lui, ne dormait jamais.
Elle s’apprêtait d’ailleurs déjà à refermer ses paupières pour sombrer à nouveau dans le néant de l’inconscience dont celle-ci l’avait hypothétiquement arrachée, quand elle se rendit compte d’être l’unique occupante d'un hamac dans lequel elle ne se souvenait absolument pas de s’être hissée…

Le déchainement de ses sens subitement propulsés en alerte déclenchèrent un fulgurant passage de l’état somnolent à l’éveil total, la sollicitant à se redresser trop brusquement pour son bien. Le branle bascula dangereusement, la surprenant et l’obligeant à se cramponner à ses rebords pour ne pas se retrouver victime d’une lamentable chute vers le sol.
Ce ne fut que lorsque son cœur se reprit de ses palpitations qu’elle s’aperçut de la missive qui gisait sous son corps en attente d’être lue.

Elle ne reconnaissait pas le sceau protégeant son contenu des yeux indiscrets, mais le document avait tout l’air d’un message réservé à l’ambassadrice. Elle le brisa en soupirant sa résignation avec un fatalisme aussi las qu’elle. Puis elle recouvra toutes ses énergies dès les premières lignes, en réalisant qu’elle tenait entre les mains une réponse inespérée qu’elle avait cessé d’attendre depuis, …depuis…
Elle ne s’en souvenait même plus !

Le frémissement de buissons proches la prévint du retour imminent du nêr au bivouac.
Elle se dépêcha donc de faire disparaitre la missive là où seule une femme pouvait la cacher, l’enfonçant discrètement en se contorsionnant une ou deux fois pour la faire descendre le plus profondément possible en son décolleté. Puis elle tira fébrilement sur les extrémités de sa veste avant d’en caresser rapidement le devant pour s’assurer de son lissage parfait avant de se rallonger en tournant le dos à la direction d’où se serait manifestée la silhouette d’Enseldrir.

Elle ferma les yeux dans l’espoir de lui faire croire de dormir encore, malgré les dynamiques oscillations du hamac. Ne pouvait-elle pas avoir changé tout simplement de position durant le sommeil ?
Elle ne put cependant s’empêcher de se raidir de culpabilité lorsqu’il la rejoint et l’enlaça en épousant ses courbes.
Incapable de trouver la paix, partagée entre anxiété et excitation, son assurance se fit moindre et précaire. Devait-elle continuer sa démarche ? Était-ce juste ? Elle n’aurait su répondre, mais il était toujours temps de revenir sur ses pas si elle le désirait. Encore fallait-il le vouloir.

La missive reçue et dont Valkhyria ne fit jamais mention, déclencha un nouveau flux de correspondance durant les jours qui suivirent et duquel elle s’occupa avec une discrétion qui ne lui ressemblait pas.
Une autre bizarrerie intrigua Enseldrir. Depuis, elle ne cessa de lui poser quotidiennement la même question, bien que sous formes différentes:

Sommes-nous encore loin des portes Nord de Khamtalion ?

Jusqu’au jour où sa réponse se fit enfin négative.

Cet après-midi là, la belle fit part au macar d’un rendez-vous semi-diplomatique avec une nis peu sociable et experte en botanique, qui avait fini par accepter de l’accompagner dans ses recherches pour l’aider à l’identification de certaines plantes dont elle avait besoin.
Malheureusement, il n’aurait pu les accompagner sous peine de déclencher son refus.

Je serai probablement de retour en fin de journée, à temps pour te donner un coup de main pour le repas du soir.

Tu vas me manquer…
fit-elle en s’approchant assez de son visage pour flirter ouvertement du regard sur ses lèvres.

…Mais juste un peu ! ajouta-t-elle en s’éloignant rapidement pour disparaitre entre les fourrés, le laissant sur sa faim.

Lorsque Valkhyria fit retour deux heures plus tard au campement, elle n'était pas seule et le neuna retint sa respiration tant le choc de découvrir qui l'accompagnait fut considérable.

Il ne fut pas l'unique à se pétrifier sur place.
La nis se figea à son tour, une expression d'incrédulité venant façonner les traits de son visage.
Elle fut la première à réagir et assez négativement, au plus grand désarroi de la belle.

Je ne sais pas à quel genre de mascarade vous aimez vous prêter Heri, mais celle-ci n'est certes pas à mon gout!" fit-elle, tournant déjà les talons pour s'éloigner.

Attendez! s'écria l'archère, la rattrapant et la surpassant pour se parer devant elle et empêcher sa progression.

Avant de prendre une décision que nous regretterons probablement tous, je vous supplie de bien vouloir m'accorder votre écoute. S’il vous plait.

L'hésitation de son interlocutrice encouragea la demi-nis à poursuivre avec sa plaidoirie.

Je ne pourrai jamais m'excuser assez auprès de vous pour vous avoir attirée ici sous de fausses prétentions et avant de continuer, sachez que votre fils est totalement étranger à cette initiative.
Ceci dit, je ne pouvais en toute conscience agir autrement. Je…


La voix de Valkhyria chuta de plusieurs crans, se faisant plus douce et feutrée, manifestement imprégnée des profonds sentiments qui la liaient au neuna.
L’archère soupira, laissant retomber ses bras le long de son corps, toute trace présomptueuse d’arrogance ou d’orgueil quittant sa posture, sa voix baissant en un susurrement.

…je lui devais bien cela.

La kheyldarienne avait appris à maitriser depuis l’enfance l’efficacité de la puissance d’une vérité crue et prive de louvoiements appliquée à un point de faiblesse. Celui le plus vulnérable d’une mère au-delà de toute race d’appartenance ? L’inné instinct maternel.
Jamais elle n’aurai souhaité blesser la nis d’aucune manière, mais elle n’avait pas le choix, le temps à disposition et les circonstances lui étant averses. C’était dans le fond un mal mineur pour un bien supérieur.
Ce n’était dans le fond que la vérité.

Il m'a été confié que la vie d'un macar affecté à la protection des frontières n'était souvent guère plus longue que celle d'un atan…

Le coup porté toucha sa cible en son centre de plein fouet avec une simplicité quasi désarmante.
La jeune femme fit une pause pour permettre la mère d’Enseldrir de se reprendre de la brutalité des implications insinuées. Elle en profita elle-même pour faire chavirer son regard par-dessus l’épaule de la nis vers la silhouette du nêr, qui s’était muré de son silence. Ou était-ce le contrecoup d’un choc  d’incrédulité…
La vérité encore et toujours.

Elle fit passer une main entre les mèches latérales de sa chevelure pour les soulever vers l'arrière, attirant par ce geste l’attention de Löeren sur la conformation qui le plus caractérisait sa physionomie allochtone: une petite oreille au sommet arrondi.

Vous savez mieux que moi ce qu'un Eldhuniellite est tenu à faire lorsque son chemin croise celui d'un étranger, qui plus est si celui-ci a franchi illégalement les frontières d'Eldalië, tout en transgressant une de ses lois les plus sacrées en se maculant du sang de certaines de ses créatures…

À l'évocation des circonstances qui caractérisèrent leur rencontre, l'archère croisa à nouveau les pupilles du ner encore empreint de regrets mêlé à une pointe de vergogne sur Enseldrir. Non seulement pour la suppression des animaux, mais aussi pour la situation délicate dans laquelle elle plongea le macar suite à cet acte.

Pourtant, me voici devant vous, la mort m'ayant été épargnée non pas une, mais trois fois grâce à lui.

Pour ma part, je n'ai aucun doute en affirmant que sous la cuirasse du neuna Eldhunielhite…  c'est inéluctablement le cœur compassionné d'un Gaïanielite inconscient de l'être ou trop têtu pour l’admettre, qui bat rythmiquement pour répondre au chant de la Taurë.


Elle s’empara d’une main de la nis pour l’enfermer chaleureusement entre les siennes et lui transmettre ainsi l’étendue de sa gratitude.

Vous l'avez élevé et guidé lors de sa croissance. Il a grandi au sein d'une famille vénérant la Mère… Comment pourrait-il en être autrement?

Puis contre toute attente, elle prit la nis par les épaules pour l’obliger à pivoter sur ses talons et faire face à son fils.

Ainsi je vous demande: auriez-vous vraiment la cruauté devant l'état actuel des choses et en le regardant droit dans les yeux, de nier à votre fils cette opportunité de réconciliation offerte après plus d'un demi-siècle de séparation, qui fut j'en suis certaine aussi douloureuse pour vous que pour lui?

L'archère savait d'avoir utilisé des propos directs et parfois plus forts qu'il ne l'aurait fallu. Mais elle savait aussi qu'il n'y aurait probablement pas une seconde occasion. Elle sentit donc le cuisant devoir de jouer le tout pour tout, priant mentalement Shadaliel enfin qu'elle puisse guider judicieusement le choix de la nis, éclairant de son flambeau divin, le chemin trop souvent obscur et tortueux de la vérité.

Servir l’Hossë n’est pas forcément synonyme de tuerie ou de froide inflexibilité. Certains, comme Enseldrir, y sont destinés par les Valar pour y faire la différence. J’en suis l’évidence même en chair et en os.

Valkhyria recula de plusieurs pas, soudain intruse entre deux elfes qui avaient bien trop de temps à rattraper pour s’en incommoder.
Tout avait était dit. Il ne restait plus qu’à attendre la décision.


Dernière édition par Eámanë Enialis le Ven 12 Juil - 1:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout   Mar 28 Mai - 23:39

Le macar revint après avoir laissé le temps à sa piomelle de renoncer à vivre la tête à l'envers. Ce qui n'était pas une mince affaire s'agissant d'une Allutrus extrêmement convaincue que ses pieds indiquaient la direction du sol quelque soit sa position.
Moins encore lorsque cette dernière s'évertuait à répondre à ses questions en ouvrant tout grand la bouche sans émettre aucun son et qu'elle zouffait de-ci-de-là en portant ses mains en cornet telles des oreilles géantes en se cognant à tout ce qui n'était pas trop dur pour sa tête.
C'est à dire pratiquement tout.
Sauf un rocher en granit, épargné de peu…

Le spectacle à la fois navrant et désopilant de la piomelle ne fit pas pour autant disparaître l'impact de ses révélations précédentes. 'Elle' était avec sa maîtresse. Et ce n'était pas pour rien qu'il se trouvait écarté…

Instinctivement, le macar se dirigea à toute berzingue là d'où il venait.
Evitant les branches qui semblèrent alors érigées en obstacles depuis des lustres juste pour ralentir sa progression, ce qu'elles ne parvinrent que peu à réaliser.
Lorsqu'il regagna leur campement de fortune, le neuna ralentit son allure, réalisant qu'il n'avait aucun but réel pour agir ainsi.
A l'approche du hamac il s'arrêta et regarda son aimée dont le corps s'étendait langoureusement dans l'espace libre. Se baissant souplement, il rengaina son arme dans un geste fluide puis sourit et inspira longuement tout en s'étirant vers le ciel.
Enfin, alors qu'il allait user d'une technique subtile pour regagner une place qui lui cuisait déjà d'avoir quitté, il remarqua l'infime bercement d'une corde de soutien.
Sa poigne se ferma alors sur le cordage et après un court instant, il se glissa à nouveau tout contre sa dulcinée.

L'accueil fut des plus déconcertants : telle une lande balayée par les vents du nord, elle frémit tout en feignant le sommeil profond.
Ainsi il n'était plus tout à fait le bienvenu.

Les hamacs elfiques avaient bien des propriétés, mais rien qui puisse remplacer la froide praticité d'un lit lorsque le contact n'était pas souhaité. Aussi, il ajouta quelques mouvements de plus afin de trouver le bon compromis en terme de position tout en avalant la phrase de retour qu'il avait pourtant soigneusement composée.
Son esprit s'étira sur les propos décousus de l'Allutrus tandis que son épaule brulait de la proximité de son aimée. Elle avait probablement fait un point avec sa piomelle – convocation ou irruption- mais rien qui ne pouvait être partagé.
Les yeux du nêr refusaient de rester fermés. Sa conscience tournait et retournait les évènements cherchant la faille dans la cuirasse de leur opacité. L'éperon du doute se construisait petit à petit, lame cuisante dont Enseldrir n'avait que faire.
Sa main gauche se souleva alors et dans un élan qu'il contrôlait par une force au-delà de toute résistance, elle vint se poser sur la courbe de la hanche de la belle. Le contact était une délivrance et un réconfort. Sa paume trouva la tiédeur au travers des étoffes, ses doigts décelèrent la douceur et la plastique affriolante de la demi-nis. Ces sensations se joignirent à la puissance de son amour et ensemble, elles réduisirent à néant toute forme de méfiance. La conscience -pourtant exacerbée- du nêr se délita tandis qu'il trouvait le sommeil en reprenant une position si naturelle ; enlacé étroitement à sa dulcinée la chaleur de leur deux corps se répondant à l'infini…

Ensuite, au fil du temps que dura leur voyage, le nêr se vit contraint de développer encore plus le voile devant sa conscience.
Il ne devait pas chercher à savoir ce qui était exigé par sa tâche, contraint par sa foi, hurlé par sa logique et finalement tut par son amour.
Les chemins étaient difficiles à traverser pour la demi-nis. Elle fut malmenée par la végétation, bousculée par les racines et agressée par quasiment tous les êtres vivants. Tout portait à croire que la  protection de la Taurë était forte sur les terres du clan Hautelame.
Patiemment, précautionneusement et -malgré tout- passionnément, le macar facilita la progression de l'ambassadrice, lui fit éviter les pièges, écarta les dangers d'un revers de la main ou de sa double-lame.

Ils ne croisèrent personne. Loin des chemins, leur progression était aussi lente que sûre de ce point de vue.

Harcelé quotidiennement par l'Ambassadrice qui semblait impatiente de toucher au but et de voir les murs de Khamtalion, le nêr fût décontenancé par le rendez-vous si soudain qu'elle prétendait avoir. Le prétexte était plausible mais quelle experte pouvait être connue de sa belle – suffisamment  pour convenir d'une entrevue… sans lui. – ?
La Grande Erudite Herinäisil Meldanava. Qui d'autre ! Elle qui avait déjà prétexté rechercher des plantes et ainsi justifié son irruption dans un campement de la Macari.
Et elle ne requérait pas sa présence ce qui ajoutait du crédit à sa supposition : Si l'ancêtre voulait manipuler Valkhyria et l'utiliser comme une source de renseignement, elle trouverait certainement la présence d'Enseldrir malvenue !
La colère couva brusquement dans le cœur du neuna mais la voix de sa dulcinée en apaisa instantanément la cuisance (*), son parfum et sa proximité soudaine attisèrent un au autre feu. Elle promettait un retour… il y comptait bien. Néanmoins, la crainte d'une intrigue qui pourrait mettre la Kheyldarienne dans les plus grands dangers mua sa colère en un sentiment bien plus difficile à endosser.

Elle était déjà partie qu'il humait encore son sillage entêtant.

Prends bien garde à toi Melda.


Finit-il par dire alors qu'elle était largement hors de porte de voix. C'était une prière bien plus qu'un conseil.
Les bras du macar, inutiles, pendaient en tirant douloureusement sur ses épaules. Après un interminable laps de temps, il regagna l'alcôve qui contenait leur équipement au creux d'un arbre difforme et s'écroula en position du tailleur.
Il médita ainsi. Longtemps avant de se décider à bouger en détendant les muscles de son dos d'un ample mouvement.
Il allongea un bras et cueillit son sac de voyage. Après avoir farfouillé un peu, il sortit un assemblage de deux plaques de bois précieux et laqué décoré d'un symbole épuré représentant deux grues prenant leur envol.
Motif d'or, plumes de braise et fond de nuit.
Les liens complexes qui tenaient l'ensemble avaient des failles que des doigts de l'elfe eut tôt fait de déceler et les brins inutiles n'empêchèrent plus l'ouverture de l'écrin.
La qualité du papier par rapport à celle des plaques qui le protégeaient  jura instantanément à ses yeux non qu'elle était inférieure ou supérieure mais elle était différente… étrangère… Atan.
La missive d'Anaëlle destinée à Gwerfaël. Celle qui expliquait tout du renoncement, à la douleur. Le sacrifice d'une famille sur l'autel d'un dieu vain (**). La lettre qui devait tout résoudre entre un père et une fille.
Autant de choses que le neuna ne pouvait que difficilement imaginer et qui pourtant devait être expliqué et présenté. Une mission impossible dont il s'était chargé. Il s'en trouvait à présent bien embarrassé. Et plus cette histoire durait, plus il se disait qu'il avait du prendre un mauvais coup sur la tête pour avoir accepté ça. (***)

"Juste un peu." Sourit-il en réalisant la portée des paroles de la demi-nis.

Plus tard, alors qu'il avait grimpé aux arbres les plus élevés des abords, découvert les gites de la faune alentours, chanté de la voix de l'apaisement devant une araignée gante dérangée en plein ouvrage avant de faire prudemment demi-tour devant le sifflement courroucé de la tisseuse, ramassé de quoi alimenter le feu du soir et collecté deci delà de quoi agrémenté le repas du soir. Des asperges sauvages fines et vertes, de l'ail des ours, des cœurs de pissenlits, quelques feuilles de hêtre, il détaillait le tout en prévision d'une recette improvisée, s'apprêtant à faire griller du Lembas avant de l'émietter en crumble sur les deux assiettes de feuilles garnies de salades variées présentées avec le plus grand soin quand le son d'un pied léger foulant le sol à proximité aiguisa tout à coup tous ses sens.
Son arme n'était pas loin.
D'un bond, il l'aurait dégainée et si son adversaire était déjà engagé, il pourrait lui lancer l'étui afin de dévier un assaut.
Son arc était à portée également mais il n'aurait jamais le temps nécessaire pour tendre sa corde, ouvrir le carquois, sortir une flèche, l'encocher… non, sauf à l'emporter et fuir, ce n'était pas une option.
Entretenue avec un soin récent et suspendue à une structure improvisée son armure ne serait d'aucun secours : il prendrait trop de temps à l'ajuster.
Un second pas apaisa son esprit : il reconnaissait sa démarche. Elle était de retour.
Il allait la taquiner à propos de sa promesse de participer au repas du soir dont les préparatifs étaient déjà bien engagés quand il perçut une présence supplémentaire. Discrète, la personne qui l'accompagnait semblait léviter sur le sol du Domaine. Son pas léger et pourtant sûr se mua soudainement en un claquement sourd. Celui d'une biche incertaine frappant du sabot devant une situation dont elle ne parvenait pas à saisir la teneur.

Enseldrir fit face à l'apparition et son visage refléta –tout à fait indécemment pour un elfe- sa stupeur.
Son sang reflua.
Ses pensées s'entrechoquèrent en marge de sa conscience surchargeant ses capacités de traitement émotif.

Son regard égaré allait de l'Ambassadrice du Royaume de Kheyldar à l'ombre de son passé.
Ainsi, c'était ça ! Tout cette intrigue, ce mystère était en fait une sorte de… L'imagination du nêr ne parvint pas à trouver en cet instant l'enchainement de ses idées.

La suite des évènements s'enchaîna plus vite que le neuna ne pouvait la suivre. Aussi il se réfugia dans un mutisme total et un masque de cire.
Elduniel. La Déesse lui donnerait la force de faire face à ce qui allait suivre.

'Mascarade' ! N'était-il jamais question de rien d'autre ?

Enseldrir faillit reprendre Valkhyria lorsqu'elle interpela son interlocutrice d'un ton implorant. Elle avait tort sur un point essentiel : ils ne seraient pas nombreux à regretter le départ de cette dernière. Mais par égard envers sa belle et la masse de travail et de passion qui trouvait sa concrétisation ici, il renonça à intervenir avec la morgue qui lui venait naturellement aux lèvres.

Alors que la cueilleuse désirait manifestement retourner à sa tâche, la demi-nis s'interposa fermement.
Une agression, rien moins que cela. C'était une agression d'un membre suprême de la diplomatie voisine contre une quendu. Certes, d'un point de vue atan, il n'y avait rien de franchement choquant mais pour un membre du peuple premier, ceci était d'une indélicatesse rare.
La qualité de son interlocutrice, le ton de la supplique, l'extraordinaire force de conviction que cette jeune humaine dégageait et – devait-elle se l'avouer – une dose de curiosité fit que Löeren attendit la suite sans pour autant masquer sa désapprobation et son sentiment de spoliation… ce qu'elle devait faire en pareil cas, mais ce qui en ajoutait tout autant.

Le regard hautain qu'elle lança à la Kheyldarienne ressembla en tout point à bien d'autres… trait de culture plus que de race.

Le contact non-souhaité de ses mains sur les sienne ne fit qu'en ajouter. Des mains d'archère, pourtant délicates mais bien moins polyvalentes dans leur souplesse et leur force comparée à celles d'une cueilleuse. Ses propos qui lui semblaient décousus, la contrainte sur son corps, l'obligeant à faire face au macar… tout ceci était trop !

Sa voix s'éleva, maitrisée et souple dans les bruits de la fin du jour. Elle s'incorporait dans l'espace comme le charme chantant d'une source qui avait toujours été là. Douce et mélodieuse et pourtant si… froide.

Je n'ai rien à dire ou à justifier sur des évènements passés qui demeurent dans une sphère qui vous est hors d'atteinte.
La vie de ceux que vous nommez les elfes n'a de sens que par les Vala. Que leur existence soit courte ou interminable, telle est leur essence.

La patience issue de la sagesse millénaire d'Eldalië anima la nis en la muant en une pédagogue improvisée :

Ce qu'un Eldhuniellite a à faire ou non face à une souillure du Domaine n'a rien à voir avec le devoir d'un membre de l'Hossë. L'un épargnera ce qu'un autre devra terminer. Plus que la méthode, la finalité est différente. L'une est immuable, l'autre est affaire de politique.
Vous devriez en comprendre les grandes lignes.

Ce n'est pas le fait d'épargner des vies qui donne un sens profond à vos actes, même si Gaïaniel anime votre âme avant tous les autres, c'est le sens ou non de le faire. Les cueilleuses de Gaïaniel tuent tout autant que les chasseurs de la saison du crépuscule du clan Hautelame. En réduisant les ressources disponibles, elles précipitent le déclin des mères, la faiblesse des pères et la mort de générations.
Aucune ressource de la Taurë n'est autre chose que de la vie en devenir. En la collectant, nous tranchons des membres, effaçons des êtres, éradiquons des lignées entière.

Presque toutes les races du Domaine sont liées à cette voie. Y compris la notre.
Car si nous avons le pouvoir de tout prendre de tout collecter et de nous réserver le reste, l'ensemble ne saurait tenir sans ce qui nous est directement indispensable.
L'équilibre doit être préservé.

Et cela ne peut être le cas si nous n'en faisons pas partie.


Un regard vers l'un et l'autre des ses interlocuteurs, qualité dont le nêr se trouva malgré-lui honoré, puis elle reprit :

Quand à l'éducation des jeunes quendë, vous ne semblez pas en avoir correctement appréhendé le fonctionnement. Une fois sevré, ils sont donné au temple qui présida a leur   Vestalë et éduqués dans les dogmes des Vala. Fraternité d'une génération, paternité et maternité d'un peuple entier.

Il est malheureux que votre escorte vous ait laissé vous fourvoyer ainsi.


Enfin elle se tourna et s'adressa ostensiblement au neuna :

Ceci est une comédie au-delà de toute mesure. Un outrage.

Voilà qu'une Atan issue de la race des exploiteurs sans vergogne de la Mère me donne des leçons ?
Eux qui pressent le sol pour en extraire encore plus de nourriture ? Eux qui déforment les paysages et dévoient les races présentées par la Déesse afin de dévorer leurs entrailles lorsqu'elles ne sont plus que des marchandises asservies ?
Eux qui ont transformé le tout en une course suprême pour le profit ou une soi-disant grandeur viennent ici au cœur du clan Hautelame pour me dicter un mode de conduite qui leur semblerait plus 'convenable' ?
Qu'ils soient emportés par leurs propres déchets comme leurs paroles le sont par mon mépris !


Le ton dédaigneux de la nis fut tranché par un cingle aussi aiguisé qu'une double-lame :

Mère !


Enseldrir se redressa. Son aura gagna en force alors qu'il boutonna au dessus de l'insigne de macar, celui du neuna révélant ainsi plusieurs choses à nouvelle venue ; Il n'était pas rétrogradé comme elle aurait pu le penser, mais en plus, il devait être chargé d'une mission d'escorte qui se voulait la plus discrète possible – qu'elle qu'en soit la raison - . Sa voix même fût changée alors : D'un ton sans répartie possible il apostropha :

Ramasseuse d'yávië (*****) Löeren Malaëvoldû !


Aussitôt, la cible de son appel se figea. D'une main experte, le jeune nêr épingla le second ajout à ses identifiants qui le fit se draper d'un voile de noblesse et de détermination.
Son regard devint aussi froid qu'un blizzard hivernal.

Il n'est pas honorable de paraître si futile devant une représentante officielle d'une nation alliée à la cause de notre reine !

Enfin, alors que sa génitrice marquait le coup devant son aplomb, il ajouta plus sereinement :

Créatrice,


Il s'inclina profondément et d'un ton humble poursuivit :

Les dieux m'ont redonné deux vies depuis notre dernière rencontre.
Valkhyria m'a donné la troisième.

Les préceptes sont ce qu'ils sont. Mais la vie n'a de sens que par le vécu, ni les écrits des sages ni les dogmes ne peuvent rivaliser avec la force des sens, les sentiments, et plus encore de la conviction de ce qui est bien.

Les abeilles elles-mêmes font-elles du miel pour régaler la race première ? Les châtaigniers fournissent-ils leurs fruits uniquement afin de nous aider à passer l'hiver ?
Je suis certain que certaines voix dans le culte même de Gaïaniel le prétendent. Mais vous qui êtes au plus près du cœur de la mère, vous savez ce qu'il en est réellement c'est ce pas ?
Vous savez qu'il n'en est rien !
La vision manichéenne que peuvent avoir certains n'est pas celle des Vala. Elle ne l'a jamais été même dans les temps les plus durs.

Il est bon que vous sachiez que l'Ambassadrice sait un peu de la langue ancienne, que la raison de tout ceci est la force d'un amour, que Valkhyria De Delfort est aussi Valkhyria Enialis –du nom de son père- et que la foi de Gaïaniel parcourt son âme et son cœur. Que ce dernier l'emporte souvent mais que ceci n'est pas un défaut. Bien au contraire.


Il posa un genou à terre.

Aussi certainement que les rayons d'Anar vous laissent ressentir la puissance du mien.


La main de la nis se porta instinctivement au collier qui pendait à son cou et que les pans ouverts de sa tenue de travail ne parvenait que partiellement à dissimuler. (*****)
Le collier d'Enseldrir !!!!

La nis eut un regard profond pour chacun des amants. Réalisant la portée des propos, les signes et les attitudes.
Elle dodelina de la tête. Soupira et déclama soudain d'un air lointain et si présent à la fois :

Un cœur est une pierre, lourd il est à porter.
Un cœur est un souffle, les âmes fait s'emporter.

Par la Déesse de vie, je ne sacrerais rien.
Car à bénir ici, je vois bien qu'il est vain.

Rien qu'Elle n'ait déjà fait, par Sa loi la plus forte.
Une mère s'effaçait, pour Une autre en sorte…


Elle s'avança et de l'adresse de ses doigts fit apparaître deux objets hors de sa besace. Elle les confia au neuna en touchant ses cheveux.

Portez ceci. Vous serez plus discrets à présent.


Les insignes de ramasseurs du printemps étaient déjà usés par les lustres d'affectation. Mais dans la paume du nêr, ils brillaient tels les joyaux d'une couronne royale car c'était courir un risque sans pareil que de les mettre ainsi à disposition.

Pense juste à ce qu'est la Déesse.
Fondamentalement
et à ce que cette union signifie.
Profondément.


D'un sourire, Enseldrir balaya les conseils et sous-entendus. Il était loin au dessus de ça. Et Löeren le perçut alors. Elle frissonna imperceptiblement. Lentement, à geste mesuré elle salua le disciple d'Elduniel, l'Ambassadrice du Royaume de Keldar et regagna la quiétude apaisante des bosquets du Domaine. La Taurë sembla alors infinie. Elle était loin de l'être.


(*) Bon, ça n'existe pas comme mot. Pourtant, ça devrait. Ben voilà, je le revendique.
(**) Attention : à lire à la fin !  Bon, c'est un dieu vain… une sorte de jeu de mot avec vingt Dieux ! c'est nul ? Heu… p't'et'. Mais si je n'étais pas fier, je ne ferais pas un (**)… pas vrais ? Cré vingt Dieux ! ^^
(***) En fait, (pour ceux qui suivent) nous sommes d'accord qu'il en a pris quelques-uns. Mérités pour la plupart
(****) Automne : une ramasseuse d'automne est un titre élevé dans la hiérarchie des ramasseuses de Gaïaniel, apte à gérer des ressources des trois saisons et en passe de maîtriser leur parfaite conservation.
(*****) Ce collier est fait d’œil du tigre (pierre polie). Œuvre de son fils qu’elle garde cachée mais dont elle laisse souvent la chaleur l’envahir lorsqu’elle l’expose aux rayons d’anar.


Dernière édition par Enseldrir Malaevoldû le Mar 11 Juin - 23:12, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout   Sam 8 Juin - 0:55

Zéphira a écrit:
L’Halkamandrelle, avait tout juste eu le temps de se matérialiser pour constater la présence du neuna auprès de Malicia avant de bond-zouffer rapidement plus loin, afin de ne pas se faire repérer.
Elle attendit silencieusement son départ en assistant, tapie dans l’herbe, à l’une des scènes les plus mystiques qu’elle n’eut à observer depuis qu’elle avait fait connaissance de l’allutrus.
 
De sa position initiale, qui vit quelques-unes de ses boucles de cheveux noirs corbeau s’échapper de leur attache, elle se mit à virevolzouffer de façon si étrange et peu naturelle qu’elle se fit méfiante et lança un regard noir sur le macar, qu’elle suspecta d’abus par influence de chantages.

Lorsqu'il s'en fut, elle rejoignit son amie, la scrutant d'un 
œil franchement accusateur.

Comment peux tu lui permettre de te traiter de la sorte !
Ça marche comment ? Il fait claquer ses doigts et tu sautes ?

De quoi te menace-t-il exactement ?

Se pouvait-il que la première impression qu'elle eut du neuna fut la bonne : "Enseldrir cœur de glace"
La terreur peut paralyser. L’incertitude peut paralyser. Les remords aussi, avec ou sans propension à la résipiscence. 

Löeren s’était avérée si disponible et accueillante dès l’instant de leur rencontre que Valkhyria avait inconsciemment fait la grave erreur d’écarter jusqu’à l’idée de la séparation raciale existant entre elles, négligeant ainsi totalement les conséquences d’une telle remise de confiance.
Elle se rendit compte subitement que ce fut le besoin exacerbé d’un retour à une certaine normalité qui la poussa à interpréter l’amabilité de la nis avec bien trop d’euphorie.
Normalité à laquelle elle n’avait eu droit qu’en de très rares occasions durant les deux derniers cycles.
Normalité qu’elle devait uniquement aux efforts d’un elfe pas comme les autres.

À aucun moment l’archère n’avait donc envisagé ensuite, ne serait-ce un seul instant, qu’une plaidoirie visant à rapprocher un fils à sa mère ou plutôt une mère à son fils, puisse se transformer en une telle manifestation de haine et de jugements, bien qu’elle en avait déjà fait l’expérience et plus d’une fois.

Le ton cinglant et les propos fondamentalistes de Löeren lui firent l’effet d’une douche si froide qu’elle en fut profondément abasourdie. Avant qu’elle ne puisse s’en rendre compte, elle se sentie dépouillée de tout ce qui la différenciait de ses concitoyens kheyldariens, ne trouvant aucune justification pouvant contrecarrer ses affirmations.

Oui, la culture elfique était encore hors d’atteinte pour elle et peut-être le resterait-elle à jamais.
Oui, elle commençait à comprendre, bien qu’avec beaucoup de mal, les grandes lignes séparant les affaires purement politiques du reste.  
Oui, elle était consciente de l’importance de l’équilibre, qu’elle-même faisait de son mieux pour en respecter la fragilité.
Et non, elle ne réussissait pas ou probablement ne voulait pas se résoudre à assimiler le concept d’abandon, peu lui importaient les raisons ou les prétextes.

Mais la nis fit les dégâts majeurs lorsqu’elle incrimina Enseldrir de ses propres carences.

Non, non, non… Cela ne ressemblait en rien au scénario qu’elle s’était rejoué deux cent fois pour se convaincre d’agir pour le meilleur !
Elle s’était résolue à l’idée de devoir passer la soirée, voir même les jours suivants restant à l’écart pour permettre à mère et fils de renouer officieusement les liens déchirés d’une relation qui s’était ébréchée depuis de si longues années.
Alors qu’elle tramait cette réunion, maintes et maintes fois elle avait imaginé lors de ces deux dernières lunes cet instant magique où, la larme à l’œil, elle se serait éclipsée devant leur embrasse en se nourrissant de leur joie mutuelle. Elle en éprouva aussi parfois une pointe d’envie teintée d’un fond d’amertume pour sa propre situation.

Le passage de l’elfique à l’elfe antique ne lui épargna que les détails, mais il n’y avait pas besoin de posséder une grande intuition pour donner un sens complet aux quelques mots significatifs qu’elle réussit à capter ci et là.

Une Atan. Était-ce donc là tout le problème ?
Aurait-elle réagit différemment si une nis et non pas une mi sang dont elle ne pouvait suspecter la paternité elfique, l’avait amenée à son fils ?
L’orgueil d’un elfe venait-il avant toute autre chose ? Avant même les liens sanguins ?

Valkhyria sentit autre chose se briser en elle. Une autre illusion, bien mois récente mais beaucoup plus vive tant elle avait influencé ses choix et décisions. Un vide de plus qu’il lui faudrait combler tôt ou tard.

Elle devinait qu’Enseldrir n’appréciait guère ni le ton, ni la tournure qu’avait pris cette confrontation.
Si d’un côté sa réaction mit un terme au carnage verbal, de l’autre il fit tressaillir l’archère. Les choses semblaient s’être détériorées bien au-delà de toute réparation et c’était de sa faute !
Peut-être aurait-il était plus judicieux de laisser les choses telles qu’elles l’étaient, l’indifférence probablement plus acceptable et supportable que la désaffection.

Pourtant, ce qui se déroula ensuite sous ses yeux la désorienta.
Lequel des deux elfes impartissait ses leçons à l’autre ?
Et quel fut l’élément déclencheur qui surprit l’un tout en adoucissant l’autre alors que le silence régnait pourtant souverain à ce moment-là ?
Plus étrange encore, ce regard que l’archère aurait juré être compassionnée lorsque la nis la dévisagea à nouveau brièvement avant de reporter son attention sur Enseldrir.

La kheyldarienne pendait désormais littéralement de chacun des mouvements de la nis, une lueur d’espoir brulant intensément dans son regard d’émeraude dès qu’elle se rendit compte que cette dernière se tourna vers son fils en allongeant le bras pour élargir enfin un premier geste affectif, tout en lui remettant entre les mains quelque chose qui parut réconforter le nêr.

Des insignes !
Valkhyria n’en connaissait ni le grade, ni la provenance, mais ce qu’elle comprenait c’est que la mère d’Enseldrir les lui confiait pour les aider tous deux.

Elle se réprouva mentalement pour avoir négligé ses études de l'elfe antique depuis quelques temps. Que n’aurait-elle pas donné pour appréhender l’étrange changement de comportement de Löeren, qui ne cessa d’ailleurs de la surprendre par la suite.

Comment ? Elle s’en allait déjà ?
La demie-nis la salua à son tour, incertaine des résultats obtenus. Positifs ou négatifs ?

Ce ne fut qu’en observant la silhouette de Löeren s’engouffrer dans la luxuriante végétation de la Taurëe pour y disparaitre que la demie-nis se rendit compte d’être restée seule avec Enseldrir bien avant les prévisions envisagées dans son tableau de marche.

De ses sens qui s’aiguisèrent sous l’effet d’une nouvelle décharge d’adrénaline, elle le sentit quitter son immobilité pour se déplacer en sa direction et …déglutit.
Le départ prématuré de sa génitrice la prit totalement au dépourvu. Elle n’eut donc le temps de préparer aucune excuse valable pouvant la prédisposer à l’affronter.
Elle n’avait pourtant pas le choix et il ne lui restait désormais qu’une seule conduite à adopter : accepter les choses telles qu’elles se présenteraient, tout en faisant son possible pour limiter les dégâts.

Valkhyria se força de pivoter sur elle-même pour lui faire face, le visage rougissant, le cœur battant et le cerveau tétanisé d’effroi lorsqu’elle le dévisagea, sachant qu’à rien n’aurait valu la tentative de sonder l’humeur de ses pensées au travers du regard sombre et indéchiffrable qu’il avait pour habitude d’afficher en de telles circonstances. Elle aurait probablement dégluti une deuxième fois, si seulement cela ne venait à compromettre l’apparence stable de sa contenance.

Elle aurait voulu protester qu’ils n’étaient peut-être pas si bien assortis que cela si chacune de ses initiatives prises ou de ses paroles proférées semblait les hérisser l’un l’autre, ou ensemble face à d’autres.
Mais elle n’osa pas formuler les mots qui lui vinrent à la bouche et auxquels son cœur refusait absolument de croire. Le temps qu’elle en censure la montée suffit au nêr pour écourter toute distance et se pencher vers elle, l’intensité de son expression impassible perçant jusqu’au plus profond de son être.

Elle baissa les yeux, penaude et fermement convaincue d’avoir abusé de sa confiance au-delà des limites consenties en se mêlant de ses affaires intimes qu’elle savait sacrées pour lui.
Les faibles sifflements de la brise au travers des feuillages parurent redoubler et ne firent que souligner le silence de plomb qui les entourait et qui lui devint insupportable.

A… Avant que tu ne dises quoi que ce soit… sache que je suis sincèrement désolée.
Je sais parfaitement que je n’avais aucun droit de me comporter ainsi et de faire ce que j’ai fait.


Sous le regard impénétrable du macar qui avançait juste assez pour maintenir une distance écourtée constante à chaque fois qu’elle reculait d’un pas, elle se raidit de plus en plus mal à l’aise.

Je… je n’avais aucune intention de… de trahir ta confiance sur la base de confidences si personnelles…

Puis à la grande surprise d’Enseldrir qui se garda bien de l’exhiber, elle se fit soudain défiante, soutenant son regard avec aplomb.

Et puis je n’ai fait que suivre les conseils de la Grande Érudite. Tu l’as toi-même entendu affirmer qu’il n’était jamais bon d'errer sans famille !

Un léger plissement des paupières du nêr la fit hésiter, puis bafouiller de plus belle.

J’ai… j’ai agi par impulsion… Oui, c’est ça, par impulsion. Je…

Enseldrir happa bruyamment l’air par ses cavités nasales.
Allait-elle se taire enfin de son propre gré ? Ou devrait-il employer les grands moyens qu’il savait infaillibles pour y parvenir…


Dernière édition par Eámanë Enialis le Mar 23 Juil - 10:27, édité 27 fois
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout   Mar 11 Juin - 23:07

Löerien était hors de vue. Seule, l'infortunée conspiratrice restait face au visage de marbre du macar.
 
Malgré l'attitude et la contenance qu'elle tenta d'afficher, malgré la chaleur qui lui vint au visage, dès qu'elle s'exprima sa confiance reflua comme une fleur de cerisier soumise à un retour d'hiver, prémices du printemps vaincus par un gel soudain.
 
S'immiscer au sein de son jardin secret alors qu'il lui avait confié ses états d'âme les plus profonds, comploter contre sa volonté à lui et monter un stratagème des plus discutables pour en arriver à une confrontation indésirable. Pouvait-elle douter d'avoir trahi sa confiance ? Elle avait fait bien plus que cela : Avait-elle mesuré un soupçon le risque qu'elle leur faisait courir alors qu'ils s'échinaient depuis des jours à prendre des chemins détournées et qu'il s'efforçait de camoufler leurs identités ?
 
Avec le toupet ensuite de citer les dires d'une pensée antédiluvienne par l'entremise involontaire de la Grande Erudite d'Ulmidiel.
 
Toutes les charges s'accumulaient et alimentaient le dossier du procureur devant le tribunal de la conscience du neuna…
 
Tout ça, tous ces cruels retournements de lame dans des plaies vives, dans quel but accusée ?
Le juge suprême se bornait à attendre la réponse à cette question, juché sur le monument de sa foi redevenue si vive qu'il ne pouvait plus l'éluder ou la dévier. Après la réponse à cette question, alors il y aurait jugement.
 
L'impulsion, bien entendu voici le moteur de tout l'ensemble !
L'avocat, lumineux, donna une réponse laconique :

'Par amour.'
 
Voix paisible dans un univers de cacophonie et tergiversations logiques et dogmatiques il réduisit, en deux mots, la structure de la pensée de tout un être à néant. A la place, se dessina l'énergie flamboyante qui émanait des pupilles de Valkhyria, deux océans de lumière comme on peut en voir les jours où Anar baigne les frondaisons de la Taurë en la saison de l'Aube.
 
Après avoir inspiré longuement l'air par ses narines, il expira en de brèves et étranges expectorations, rire et sanglots mêlés. Le tendre sourire qui se dessina sur ses lèvres contamina l'opacité de son regard qui changea imperceptiblement mais sans équivoque possible. Ainsi, elle n'avait pas perçu la portée de ce qui venait de se passer !
 
Te pardonner ? Non… Car pour moi ton action - si insensée soit-elle d'un point de vue objectif – a changé le goût du Lembas. Il est hors de question de revenir à sa version antérieure : Trop salée ou trop sucrée, trop sèche ou trop mole. Jamais plus jamais.
 
Il porta ses mains autour du visage de son aimée, coupe de chair que ses doigts ne pouvaient compléter entièrement car, par moitié, ils s'efforçaient de garder les insignes sacrés de Gaïaniel en leur entrelacements.
 
Astre de candeur infinie ! … par la force de ton cœur tu as su faire en sorte que des lustres de louvoiements et de principes soient réduits à néant en l'espace de quelques gestes. Ma mère et moi venons de renouer ce qui était tranché. Ce n'est qu'un pas, certes. Mais quel pas !
 
Il rit ; de bonheur et gagné par une allégresse qui surprit la cible de sa danse tournoyante.
Alors, s'interrompant soudainement il ajouta en un entrelacement de langues :

Je ne parviens pas à faire l'analyse correcte du jour bénit et maudit de notre confrontation.
Il est béni tu le sais bien car notre rencontre à une saveur qui ne tournera pas à l'amer tant elle est intense et belle. Ce jour, alors que la lame de la justice elfique se tenait prête à donner la mort, mon cœur t'a reconnue immédiatement d'un simple croisement de regards. Sans pour autant le comprendre, je le ressentais. Sans savoir l'expliquer, je revoyais cet instant encore et encore.


Ce jour maudit car j'aurais tout aussi bien pu mettre fin à une vie qui maintenant me semble le seul avenir possible. Et ce, au nom de ce que jamais j'aurais osé penser renier. Pourtant, ceci me semble si naturel à présent.
Des dizaines de cycles à confronter l'organisation du Peuple Elfe à la philosophie et aux lignes directrices de Gaïaniel.
D'innombrables textes appris, ressassés, disséqués, intégrés inlassablement pour finalement se voir persuadé par deux yeux l'espace d'un éclair.
Comment en pourrait-il être autrement ?

Ainsi, il poursuivit sans transitions :

Ce qui est beau est forcément bénéfique… Et tu es si belle, Melda !

Que mon âme se consume si ma foi ne se joint pas à ton sillage dans le ciel.
Que mon corps se brise à l'instant si je ne baise pas tes lèvres en un contact éternel,
Que ma voix se déchire maintenant si je ne loue pas la justesse de ton jugement,
Et qu'enfin rien ne passe plus par mes yeux s'ils ne coulent à présent, reconnaissants.

Ses yeux plongèrent dans ceux de Valkhyria et s'y maintinrent le temps de terminer distinctement l'ensemble des prédictions. Dans le désordre.
Ainsi, concluant un baisé salé qui était à la fois chaste et troublant, le macar à bout de souffle glissa :

Hanta Valkhyria.

Les distinctions ayant disparu dans certains plis de la tenue du militaire, il fit de ses mains ce que tout nêr amoureux pouvait pour rendre hommage aux courbes de sa dulcinée. Son corps frémissant traduisait la confusion et le soulagement. Tout ceci devait l'avoir soumise à un stress émotionnel d'une terrible ampleur. Enseldrir s'efforça donc de le réduire, détendant les muscles, faisant circuler le sang et éveillant les perceptions, la magie de l'instant opéra sur eux deux.
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout   Ven 14 Juin - 23:39

La belle ne pouvait déchiffrer les pensées de son compagnon, pourtant elle pouvait en ressentir toute la force négative tant l’air semblait vibrer de sa colère et de sa déception inexprimées.
Si puissantes que ses propres regrets, profonds et sincères, lui parurent modiques et vains.

Gwerfaël n’avait pas menti lors de leur rencontre, lorsqu’il confia au neuna que rien n’aurait pu le préparer aux surprises que l’amour d’une atan lui aurait réservé.

Cet épisode en fut un exemple flagrant.

Due à la tournure des phrases choisies par l’eldunielite et malgré le sourire prometteur qu’il afficha subitement la laissant plus confondue qu’autre chose, l’archère sentit le monde se dérober sous elle de pied en cap lorsqu’il commença par un refus de lui accorder son pardon.

Jamais, pas même dans la plus sombre des prévisions qu’elle avait jusque-là anticipé, il ne fut question de perdre son affection et de payer le prix d’une erreur de leur relation amoureuse. Surtout si ce fut la première grosse faute commise à son égard.
Impossible pour elle de se résigner à une telle éventualité !

Mais en amour, supplier était un comportement auquel elle refusait de se courber, car mal il s’intégrait aux ingrédients nécessaires pour s’octroyer le droit au bonheur.
Elle préférait de loin rester à jeun plutôt que de se contenter de miettes amères qui n’auraient jamais pu ni su rassasier l’exigence viscérale qu’elle avait de partager à ses côtés la vie qu’il s’apprêtait à lui nier.

Elle se mura donc dans le silence, livrée au désespoir, se demandant que faire ensuite pour survivre à cette famine qu’aucun expédient ne saurait interrompre définitivement.
Elle en périrait.
Surement.

À petit feu.

Ce ne fut qu’après choc, le visage enfoui entre les paumes de l’elfe, qu’elle assimila enfin qu’il s’agissait simplement d’une introduction purement elfique à la gratitude et aux remerciements qui suivirent.

Ainsi, le stratagème qu’elle avait mis en place s’était avéré effectif !

Valkhyria sentit s’amoindrir tout le poids du monde qui avait maintenu jusque-là les muscles de ses épaules en tension.

Ses facultés de raisonnement encore trop embrouillées par l’inattendu revers de situation, elle fut incapable d’évaluer cette rencontre peu orthodoxe sous ses différentes facéties et ne put déterminer quelle fut l’étincelle qui dissocia l’échec de la réussite.
Mais devant la jubilation du macar, tout perdit son importance, hormis le sourire qu’il lui offrit et dont l’éclat aurait facilement pu rivaliser avec la brillance de l’astre du jour.

Son état de solitude familiale était à présent histoire ancienne.
Il était satisfait et heureux.
Rien d’autre ne comptait plus aux yeux de la belle.

Une grande partie de la lassitude et du découragement qui accablaient s’évapora instantanément, faisant place au reflet de la joie du nêr. L’archère s’en laissa inonder alors qu’elle l’enveloppa de cette chaleur envoutante à laquelle elle aspirait quotidiennement par petites doses depuis qu’ils formaient un couple.


Quand en évoquant l'épisode de leur rencontre, Enseldrir l’invita de ses propres impressions à le suivre dans un passé bien trop récent pour se faire oublier, la demie-nis s’abandonna aux émotions contrastantes qu’elle éprouva elle-même ce jour-là.

Comment aurait-elle pu effacer cet instant propice qui força l’union de leurs pas sur un même chemin, bien que l’image qui marqua le plus ses souvenirs fut tout autre.

L’euphorie du nêr était telle que Valkhyria n’eut le cœur de le contredire sur les qualités bénéfiques de tout ce qui aurait pu s’intégrer aux canons elfiques de beauté, si exigeants et inflexibles.
Surtout après qu’il ne l’ait placée entre ses choix premiers.

Après quoi, il toucha son âme, enflamma ses lèvres, et à cet instant précis, seule existait pour elle la passion qui la précipitait vers lui.

De ses caresses, il désamorça toute crainte pouvant miner le recouvrement émotif de la demie-nis qui, une fois bien calée entre ses bras, exprima le soulagement qu’elle en éprouva en renforçant son étreinte autour de lui, comme si rien ne pouvait en combler pleinement l’espace.
Elle le fit laissant son cœur s’exprimer en toute liberté au travers du voile cuirassé de timidité dont il se protégeait constamment, sans jamais s’exposer entièrement.

Enseldrir, tu as marqué ma mémoire bien avant cela. 


En partant de l’arrière d’une oreille, l’archère fit glisser avec légèreté le bout de ses doigts incrédules le long des pentes naturelles de chair exposée.

Tu n’étais alors qu’une silhouette sombre et mystérieuse. Une légende de mon enfance s’opposant aux dernières lueurs d’Anar.
Le temps d’un ultimatum et tu avais disparu, me laissant là, à la fois effrayée et captivée par cette brève vision qui me parut sortie tout droit de mes propres fantasmes.
D’ailleurs, je crois devoir te faire un aveu...


Elle hésita.

 
…je t’imaginais beaucoup plus grand.
 
Elle ne put s’empêcher de sourire avec espièglerie avant de reprendre sa version des faits là où elle l’avait interrompue.

Lorsque quelques jours plus tard, accompagné de ta patrouille tu me mis aux arrêts, je reconnu immédiatement ce timbre de voix qui obséda les rêves de plusieurs de mes nuits précédentes.
...Je l’aurai reconnue sans hésitation entre plusieurs milliers.


Elle soupira de bien-ètre, avant d’enlacer son cou pour entrelacer leurs regards.

Harma, je ne saurais définir avec exactitude le concept d’éternité, mais je sais d’en avoir découvert la saveur pour la toute première fois à Aurodreth.

Elle l'embrassa à son tour.

...et chaque jour depuis.


Tous deux ressentaient le sentiment étourdissant de connaitre le principal l’une de l’autre, sachant désormais ce qu’ils voulaient et s’attendaient de leur relation.


Dernière édition par Eámanë Enialis le Dim 7 Juil - 18:27, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout   Dim 16 Juin - 23:58

Le cheminement d'une caresse qui se perdit sur sa nuque illustra un passage fugace et pourtant marquant. Ceci précédait le récit d'une rencontre que la demi-nis maîtrisa parfaitement. La culture elfique gagnait en elle. Ce constat rendait le nêr encore plus heureux de l'instant.

Valkhyria le surprit encore en reprenant le concept d'éternité tel qu'il l'avait exprimé en elfe antique avec une justesse telle que rien ne l'aurait distinguée d'une érudite issue du peuple premier. Même si elle n'avait l'assise conceptuelle pour en appréhender toutes les facettes, son aimée avait la faculté unique de pouvoir créer ce moment et ceci, aux yeux d'Enseldrir, valait toutes les bibliothèques.

Après que la belle eut conclu son intervention par un baiser soyeux, illustrant par une délicieuse réminiscence un passé récent, le neuna haussa un sourcil.


Comme s'il revenait sur un aspect qui lui avait échappé à la première écoute, d'un air songeur il lança : 

Plus grand ! Ah oui ?


Et bien louons donc Gaïaniel qu'il n'en soit rien. Cette hauteur me convient à merveille. Elle met à portée la lumière d'émeraude qui baigne mon cœur et autorise la cueillette des fruits de tes lèvres sans d'autre effort que celui de te serrer dans mes bras.
 

Ce qu'il illustra aussitôt, vérifiant par la démonstration la portée pratique - et particulièrement agréable - de sa théorie.

Le baiser dura au point qu'ils en vinrent à échanger leurs souffles. Puis, alors que l'éternité leur échappa encore, l'intensité des étoiles de leurs iris se répondirent à l'infini.

Alors que tout semblait si solennel, le nêr dispersa une partie de leur félicité d'un sourire en coin :

Sombre, mystérieux et grand… Finalement, une fois que le jour me fait face, je ne suis plus si sombre, mais j'espère avoir gardé une part de mystère… et – qui sait ? - un soupçon de grandeur ?


Se perdant dans les replis de la tunique de la belle, ses mains attentionnées firent jaillir un soupir surprit que le macar capta aussitôt comme une récompense volée qui finit par rendre en partie en ces paroles :

Enfin, je compte bien faire tout ce qu'il faut pour continuer à obséder tes nuits !


Il n'y avait peu de promesse de cet ordre qu'Enseldrir était prêt à rompre et aucune qui mettait en jeu son aimée. Il s'employa donc à respecter celle-ci, avec application et dévotion.

Shadaliel présida à nouveau à leur nuit. Les amants lui rendirent un vibrant hommage.
Dans la tendresse d'une étreinte, la douleur délicieuse d'un frôlement, la douceur libératrice d'une caresse. Paradoxes et paroxysmes se jouèrent de leurs corps pour les laisser à la fois éreinté et sereins sous les piaillements d'allégresse des oiseaux qui accompagnaient l'aube.
Leurs esprits apaisés parvinrent à faire mentir leur corps à l'unisson jusqu'à ce que la réalité d'Anar darde sa présence au fond de leurs orbites. Alors, d'un commun accord ils reprirent chacun leurs sens, s'extirpant de la nuit et de la félicité d'une communion qu'ils cherchèrent bientôt à reprendre sans vraiment y parvenir, La Déesse Nocturne se jouant de leurs sentiments et de leur désir dans un balai enivrant.

Soudainement, alors que rien ne le laissait à penser le macar se figea. Il semblait écouter un son lointain. Un sourire étrange gagna son visage tout entier. Expression qu'il ne parvint que partiellement à maitriser alors qu'il se tourna vers la demi-nis :

Une fête se tient bientôt. Il faut que tu voies ça !
Le clan Hautelame célèbre la fin de la saison de l'aube.


Il prit la main de son aimée et fila aussi vite que la végétation le leur permettait.

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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout   Dim 7 Juil - 23:56

Enseldrir l’enveloppait déjà de ses bras lorsque la demie-nis le vit approcher avec lenteur mesurée son visage au sien, sans jamais quitter du regard ses lèvres qui rosissaient déjà d’anticipation à la seule pensée de ce qui se produirait inéluctablement sous peu.
Il s’arrêta à quelques millimètres de son but, relevant ses yeux pour les plonger dans les profondeurs de ses pupilles en dilatation, laissant le temps aux picotements du désir d'y prendre naissance et d'y croitre avant de revenir sur sa cible pour s’en approprier.
Une vague déferlante de plaisir fit frémir la bouche de la belle sous celle du nêr, qui entama ainsi sa moisson* sur un terrain qui se révéla aussi riche que généreux.

Valkhyria ne put ensuite en croire ses oreilles.
Le macar était-il réellement aussi incertain qu’il le prétendait quant à l’opinion qu’elle se faisait de lui ?

Enseldrir semblait ne pas suspecter, ne serait-ce que minimement, qu’aux yeux des humains, le mystère était une constante dont il bénéficiait juste de par la race à laquelle il appartenait. Mystère qu’en outre il n’hésitait pas à alimenter de semi-révélations emplies de non-dits, plus rares qu’uniques et toutes aussi frustrantes qu’attrayantes.
Maigres bouchées de la complexité de sa personnalité, dont s’aiguisait l’appétit de la fervente curiosité de la Kheyldarienne.

Entre les humains subsistait une autre étrange et inconsciente conviction.
Celle qui prétendait que la grandeur physique d'une personne représentait souvent un paramètre de mesure liée à ses possibilités de succès en de nombreuses circonstances.

Balivernes !
Bien qu'Enseldrir fusse déjà considéré de stature imposante parmi les siens, il ne l'était surement pas à l’échelle des atani, sauf…
Sauf sous le regard adorateur d'une demi-nis pour laquelle encore à ce jour, chaque chose devenait petite et insignifiante autour de son aura. De sa seule présence, il semblait bouleverser toute les lois naturelles de la gravitation, parvenant régulièrement à lui faire quitter terre des pieds avec moindre effort.

Ce qu’il fit d’ailleurs et de façon plutôt implicite en glissant ses mains sous les pans de tissu en quête de douceur charnelle, faisant mourir de son toucher la réponse qu’elle se préparait à lui fournir avant qu’elle ne puisse la formuler. Modus operandi auquel la belle se retrouvait généralement vouée à l’échec de plus en plus habituellement.

Mais la provocation finale du nêr la secoua de son impassibilité, entre un supplice et deux caresses. 

Il ne s’agit plus… Mmm !!!
…désormais d’obsession Harma, mais de hantise !


Ce soir-là, Enseldrir s’assura qu’aucune inhibition ne vienne tempérer ou freiner l’ardeur de leur lubricité.
Prolongeant à loisirs leurs préliminaires, ils s’adonnèrent sans contraintes à leurs respectives nécessités vénériennes, s’interrompant souvent pour retarder le dénouement inéluctable d’une soirée improbable.
L’accouplement de deux amants follement amoureux, se berçant à l’illusion d’avoir l’éternité devant eux.

Le mouvement d’éveil du macar pressé contre elle, la douce sensation de balancement du hamac brisée par la clarté d’un nouveau jour venant l’aveugler dès qu’elle desserra paresseusement ses paupières… Quelle heure pouvait bien-t-il être ?
À en juger par l’état encore agréablement engourdi de ses muscles, bien trop tôt.

La fraicheur qui caressait les zones de peau dévêtues entre les rabats entrouverts de sa veste lui tira un sourire. Dans son impétuosité pourtant extrêmement contrôlée, Enseldrir ne s’était pas donné la peine de la dénuder entièrement, ne dévoilant que ce qu’il retint indispensable à son pèlerinage, transformant la nuit passée en une ode à la sensualité.

La chaleur du bras du nêr l’enlaçant à lui avec possessivité ne l’aidait certes pas à sortir de sa léthargie.
L’archère s’étira donc voluptueusement, prête à se laisser nouvellement dériver vers l’inconscience. Mais elle se sentit soudainement entrainée dans le vide hors de leur couche, la taille fermement emprisonnée entre les mains solides de l’elfe, un cri aigu de surprise perçant le silence.
Lorsque ses pieds touchèrent délicatement terre, Valkhyria parut essoufflée, mais totalement éveillée, les yeux grands ouverts de perplexité.

Qu’elle mouche avait bien pu le piquer dès le matin !?!

Une… une fête de printemps ?

Reprenant le contrôle de ses esprits, elle se couvrit d’un geste vif dès que l’elfe relâcha sa prise pour se rhabiller et se chausser. Ce qu’elle fit à son tour, se laissant gagner par l’humeur radieuse d’Enseldrir, qui l’entraina avec élan, lui laissant tout juste le temps de récupérer sa besace.

La gaité du couple se fit ludique en leur course, qui se révéla extrêmement vivifiante après autant de semaines passées sous les effets contraignants du stress.
L’idée de passer une journée entière ensemble, dans la plus totale insouciance… L’archère en ressentait déjà le cœur léger.
La magie d’une autre soirée passée à Aurodreth lors de la fête des glaces vint émoustiller ses attentes...


* Moisson : bien qu’au sens propre du terme, moisson soit directement liée à la récolte de céréales, en son sens figuré il est synonyme de récolte abondante… ^^  (Grand gourmand va ! …ou fin gourmet ?)  XD
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Enseldrir Malaevoldû
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout   Ven 12 Juil - 1:17

Après une course éperdue qui les porta un peu plus au nord, le macar trouva enfin un point haut. Il résista à l'envie qui faisait vibrer ses os de monter jusqu'à la cime d'un arbre. Au lieu de cela le couple gagna l'extrémité d'une roche qui pointait vers le vide tel la proue d'un navire avide de conquête.
Alors, Enseldrir relâcha son étreinte et resta un court instant les bras ballant. Enfin, il tendit une main ouverte, à la fois un appel et une injonction au silence.

Ecoute ! Ecoute !


Le vent souffla…. Il n'y avait que le vent.

La demi-nis avança alors jusqu'aux cotés du nêr. Leurs cœurs résonnaient à leurs oreilles, vestige de leur ruée improbable, sous la chaleur d'un nouveau jour qui baignait tout sur leur flanc droit.
Puis, après un temps interminable, leurs sens s'affûtèrent.
La vibration sembla venir le la terre elle-même. Lent, sourd, régulier il pouvait s'agir d'une illusion née de leurs propres corps, mais le rythme était tellement étrange qu'il laissa un vide insondable lorsqu'il s'interrompit.
Le neuna fit face à la belle, saisissant ses épaules dans les mains, il plongea un regard étrangement hagard dans le sien et déclama :

C'est l'appel !  
Ce n'est pas une fête du printemps ; c'est la fin de la saison de l'aube !
Un hymne à Elduniel !
Il faut que tu voies ça !


Il perdit son sourire et les yeux du Disciple d'Elduniel brillèrent un peu plus lorsqu'il ajouta d'une voix profonde :

Il faut que tu ressentes ça !


Sa bouche s'ouvrit, ses iris cherchèrent un appui et son esprit renonça d'un souffle :

C'est indescriptible.


Ses lèvres s'étirèrent dévoilant l'éclat de l'émail et la cruauté supposée d'un peuple de légende.
Regardant à nouveau vers le point d'où le son semblait provenir, Enseldrir soupira :

Demain avant l'aube. Demain à l'heure où blanchit la Taurë nous partirons. (*)
…Si tu le veux bien.
En attendant, il y a bien des endroits ici qui attendent ta visite depuis si longtemps. Peux-tu les faire languir encore ?

Dès lors, les instants se transmutèrent sous la magie de la Grande Forêt.

Les marécages inquiétants firent oublier leurs eaux d'une noirceur insondable sous la fascinante danse des grands serpents qui crevaient la surface et glissaient leurs anneaux dans un entrelacement de corps bien trop dérangeant pour laisser leurs observateurs de marbre.

Les étendues d'eau claire laissaient percevoir la vie aquatique – perches et écrevisses qui fuyaient dès que les troupeaux venaient s'y désaltérer.

Le neuna sollicita le concours de sa Piomelle dévouée lorsqu'ils furent installés sur une haute branche d'un aulne d'une zone de marécage. La feuille dont elle se chargea avait tout d'une missive prioritaire à destination de l'oiseau moucheté qui venait de se poser non loin de là, dans la vallée qui s'étalait sous eux.
Effrayé par l'apparition soudaine de l'Allutrus qui brandissait un morceau d'arbre, le volatile d'abord interloqué s'envola en hurlant tous les signaux d'alertes qu'il avait appris des siens. Ainsi, il déclencha un envol massif de milliers de ses congénères qui avaient fait escale aux alentours. Bruissements subtiles des ailes qui se firent assourdissants par leur nombre, le spectacle envoutant du balai aérien se renouvela changeant sans cesse de direction et de sens sous une impulsion que rien ne pouvait prévoir.
Rien d'autre que la volonté inébranlable d'une messagère dévouée qui s'efforçait de remettre un message d'une importance primordiale passant d'une plume à l'autre à la vitesse de l'éclair et avec la légèreté d'un nuage. Spectacle magique et majestueux, la forme serpenta et se ramassa, s'étendit et s'affina, force du nombre cherchant à tromper un adversaire qui pourtant ne pouvait l'être cette fois ci.
Salto, double-salto, pirouette, virage à droite, vrille et passage en force ; Tant d'ingéniosité subtile déployée qui lui fit se demander si sa cible n'était pas finalement qu'une sorte de poulet un peu crétin. Supposition erronée que le susnommé tint à démonter aussitôt en s'en prenant à coups de becs affutés contre la coiffure de l'infortunée Malicia.
Dans un mouvement étrange d'une grande intensité, l'escadrille innombrable se retourna sur elle-même comme un gant formant une trombe d'énergie vrombissante qui se retrouva lancée contre… un des leurs portant une feuille dans son bec -qu'une main assurée lui avait glissé subitement - et qui ne trouva alors que le temps de dire : Côt ?

(*) Ha ! Victor ! Tu es le meilleur !
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Eámanë Enialis
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout   Ven 12 Juil - 23:49

Aiguisant ses sens pour répondre à la sollicitation du macar, elle le perçut enfin elle aussi. Ce vrombissement sourd et léger, qui pénétrait pourtant jusque sous la peau de par sa cadence.

Enseldrir n’était certes pas le genre d’individu à se mettre dans tous ses états pour quoi que ce soit. L’archère se vantait d’ailleurs d’être parvenue à découvrir plusieurs facettes de sa personnalité au fil de leur relation et dont l’unicité ne faisait que se renforcer avec le temps.

Elle connaissait le macar-Neuna totalement dévoué à son devoir. Le quendë admiratif sans réserve des beautés de la Taurë. L’elfe culturellement inspiré capable de calmer et de faire vibrer son âme de ses rimes raffinées. Le nêr ludique qui semblait ne jamais se fatiguer de l’égayer de ses lutineries, transformant chaque moment s’y prêtant en une agréable occasion de distraction. Ainsi que l’amant attentif, passionné et intentionné, qui venait de se fixer l’objectif un poil prétentieux de hanter le restant de ses nuits !

Mais elle n’avait encore jamais assisté à cette nouvelle transformation de lui, ni ne l’avait jamais ressenti aussi manifestement fébrile pour quelque chose auparavant.
Pour la toute première fois, Valkhyria le vit littéralement frémir d’anticipation aussi impatiemment qu’elle était habituée à l’être elle-même pour trois fois rien.
Preuve en était qu’il appuya répétitivement sur le fait qu’elle ne pouvait manquer d’y assister d’un - Il faut que tu voies ça ! -

Lors d’un bref instant cependant, cela se rapprocha presque à une transe en apparence, dont il se reprit immédiatement pour le plus grand soulagement de la belle.

Elle observa le paysage qui s’offrit à elle.

J’avoue que cela fait un certain temps en effet que, par manque d’autre alternative, je tente de visualiser de mon imagination ce à quoi peut ressembler la ville qui t’a vu naître, ainsi que les zones limitrophes qui ont contribué à forger le nêr se tenant à mes côtés aujourd’hui.

Tu n’en parles pas très souvent…


S’agissant d’une festivité de Khamtalion honorant la Louve, la belle se surprit à se demander si, malgré les tensions le long des frontières Nord de la Grande Foret, une partie de la Macari Formenya se serait joint également à cette célébration.

Mais avant qu’elle ne pût assouvir sa curiosité quant à la présence de Vorondil et Térendul, Enseldrir l’entraina nouvellement au travers d’une zone marécageuse et peu réconfortante pour les gigantesques créatures ondoyantes et visqueuses qui y séjournaient.
Aussi fut-elle bien contente une fois commodément perchée sur l’aulne, coude à coude.

Le ciel prit soudain vie et un spectacle supplémentaire de toute beauté se révéla aux yeux de l’archère, la poussant à revenir sur un épisode qu'elle n’avait pas eu la force de partager avec Enseldrir lorsqu’elle en avait eu la possibilité.

Lors de l'entrevue au Temple de Galmaniel, lorsque la Valandur m'a demandé de lui faire découvrir la Grande Forêt à travers mon cœur et mes sens, j'ai parlé d'harmonie et d'équilibre, de beauté et de perfection, tel que je l'avais déjà fait avec toi. Bref, j'en ai parlé comme étant la plus majestueuse des créations des Valar.

Elle sourit, puis se mit à jouer nerveusement de ses doigts avec l'un des lacets de sa veste, le tortillant et faisant mine de le tirer pour le resserrer un peu de façon à éluder la chaleureuse intensité des prunelles du nêr qu’elle sentait fixées sur elle.

Et devant celui de la Taurë, c'est ton nom qui surgit dans mes pensées.
Ainsi, face à un tel spectacle, comment pourrais-je douter de leur existence à chaque fois que mon regard se pose sur l'une ou sur l'autre? Comment la Valandur a-t-elle put à ce point…


Les piaillements changèrent subitement de registre, interrompant la phrase de la demi-nis à peine entamée, les obligeant tous deux à reporter leur attention sur l’épaisse nuée de volatiles, qui se referma agressivement de plus en plus compacte autour d’en des leurs.

Enseldrir, que… que se passe-t-il ?

La pauvre bête qui ne pouvait rien devant leur nombre, se vit condamnée à subir les coups de bec de ses assaillants les plus proches.

Un comportement bien trop familier aux yeux de la belle, habituées aux meurs obtus des kheyldariens, mais qu’elle n’aurait jamais imaginé voir se dérouler en Taurë.
Un signe des Vala ? Un appel à la prudence et au renouvellement de leur méfiance ?
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout   Mar 16 Juil - 0:00

L'oiseau victime collatérale de la vindicte qu'il avait lui-même provoqué en réponse au harcèlement de Malicia descendit en vrille dans un nuage de plumes. Nuage qui n'était qu'en infime partie constitué de ses plumes à lui, ce qui lui permit de réaliser un atterrissage – assez lamentable mais efficace- sur un rameau fleurit.
Le volatile secoua son bec plusieurs fois afin de faire tomber la feuille qui collait à sa langue. Puis il lissa ses plumes pour les remettre en ordre avant de lancer une série de pépillements,  sifflements et caquetages qui furent repris par l'ensemble de ses congénères en une cacophonie assourdissante.

Cette éruption sonore délogea les deux amants qui quittèrent précipitamment leur refuge après qu'Enseldrir ait répondu à la dernière question de son aimée d'un laconique : 'Oups'

Dévalant l'arbre puis une partie de la colline, le couple se trouva arrêté par la forme reconnaissable d'une messagère en pétard :

Malicia a écrit:

Bon alors, bien évidement, la missive est délivrée. Mais franchement je veux bien aider, me décarcasser, user de mes pouvoirs incommensurables pour adresser les messages de mon géant à moi, mais là !
Pff. J'ai jamais eu un accueil comme ça !


Puis d'un air accusateur elle demanda :

Dis, concernant cette livraison, t'es bien certain que tu ne t'es pas trompé de destinataire ? Parce qu'il y en avait deux ou trois qui avaient l'air autrement plus malin dans le tas !

L'échange de regards à demi-inquisiteurs finit par conduire les interlocuteurs de la piomelle à pouffer

Bon, je vois rien n'est sérieux, tout est sujet à plaisanterie comme toujours avec vous ! OK, m'en fiche !

Dans le même mouvement elle fit demi-tour et lança une main ouverte en arrière, signe de mépris. Puis, se ravisant, la petiote se retourna de nouveau et menaça d'un index péremptoire :

Mais ça va se payer… double lembas grillé ce soir ! C'est à prendre ou à … nan ! C'est juste à prendre !
Le macar céda bien vite. Les paumes au niveau du visage, il déclara solennellement :

Entendu Malicia. Promis.


La messagère satisfaite se dandina fièrement le nez en l'air avant de disparaître étrangement. Le neuna se tourna vers son aimée, il força un sourire avant de dire :

Elle me fait souvent ce genre de chantage mais il ne prête jamais à conséquence. En l'occurrence, il suffit de couper une tranche de Lembas en deux pour faire deux tranches… et le tour est joué !

Sous la dardance des iris d'émeraude, il se courba soudainement en deux et se masqua le visage.

Non ! Ne me regarde pas comme ça ! Je fonds ! hargh ! Quelle douleur !

Il franchit d'un pas la distance qui les séparait et ils purent à nouveau échanger leurs respirations, le masque de ses mains se retournant comme par enchantement pour parcourir d'un frôlement le visage de la demi-nis. Alors il murmura, usant de toute son expertise dans la tenue de la voix :

Rassures-toi, l'oiseau n'a rien… ou très peu. Cette race connaît les terres des falaises du nord qui ferme les plaies et calme les douleurs.

Car ainsi il plait aux Valar.

Je n'ai pas voulu cette douleur mais ce qui a été à l'origine de tout ceci, je le revendique. La suite est une conjonction de faits que je ne pouvais prévoir. Ni l'adresse de ma piomelle, ni la conjonction des énergies d'un vol, ni la niaiserie d'un des leurs.

Car ainsi il plait aux Valar.

Je protège la Taurë dans son ensemble et elle me protège dans son ensemble.
Mais je reste un membre de la race première, ceci est une vérité absolue. Mes décisions restant force de loi en son sein.

Car ainsi il plait aux Valar.

Voilà la vérité de nombre d'entre-nous. Nombre qui s'élève même aux plus hautes instances de notre peuple –Le tien et le mien- Ceci répond-il à ta question interrompue ?

Il s'agenouilla et plaqua sa joue contre le ventre de la Kheyldarienne :

Mais ce n'est pas la mienne. Et jamais ce ne le sera.
Je sais que ton pardon sera celui de Gaïaniel.

Je n'ai pas passé beaucoup de temps en ville dans ma jeunesse et depuis je tente autant que possible de l'éviter.
La plupart de ce temps libre s'écoula entre les rouages du moulin que mon père dirigeait et l'accompagnement des Cueilleuses de Gaïaniel.

Je suis prêt à te décrire les frôlements et cliquettements des uns et les chants et danses des autres si tu le souhaites.

Il se releva de la pointe de ses pieds et vint à hauteur des lèvres de la belle.

C'était un compliment des plus inconvenants que celui que tu vins de me faire. Extrêmement perturbant pour le nêr tant il est vrai que tu n'en a pas découvert beaucoup d'autres dans le plus simple appareil, ou me serais-je fourvoyé ?
Et enfin – et surtout – bien injuste pour la Grande Forêt, à moins que tu n'ais pas été assez guidée pour la découverte de l'une et trop de l'autre ?

La bouche d'Enseldrir échappa une première fois à l'assaut de proximité de Valkhyria. Une fois, puis deux :

Ha ! …. Ha ? …

Puis, alors que l'Ambassadrice l'attirait avec force contre elle, il se plia à sa volonté…
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Eámanë Enialis
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout   Lun 22 Juil - 0:12

Oups… !?! - répéta la demi-nis, à la suite du nêr aussi bien verbalement que physiquement, manifestement interloquée mais incapable de le jauger, cherchant à lui emboiter le pas tout en réalisant que c’était l’expression qu’elle-même utilisait lorsqu’elle en avait combiné une de trop aux effets inattendus, pour ne pas dire désastreux.
 
Depuis le soir précédent, Enseldrir ne cessait de l’entrainer, de la pousser et de la balloter en tous sens, sans vraiment rencontrer beaucoup de résistance de sa part, elle devait se l’avouer. Tant qu’il faisait d’elle le centre de ses attentions…
 
L’archère était consciente que toute adepte Gaïanielite aurait dû probablement se sentir un brin outragée de la tournure que venaient de prendre les choses. Mais comment aurait-elle moralement pu s’en ressentir alors qu’il se prodiguait tant, elle ne savait par quels moyens, dans le but de l’épater lors de la visite des lieux qu’il considérait son chez-lui.

Déjà une fois, sur la route les menant vers la Sublime, il avait agît plus ou moins secrètement pour lui offrir ce magnifique envol de papillons colorés qui resterait à jamais agréablement gravé dans sa mémoire.
Bien qu’alors ce fut pour lui remonter le moral plutôt que de chercher à l’éblouir à tout prix.

Le visage tiré de la piomelle du macar, visiblement altérée, mit brutalement fin à ses réflexions.


Zéphira a écrit:
L'Halkamandrelle, qui n'avait pas quitté son amie des yeux une seule seconde, ne voulait croire à cette mise en scène à laquelle elle venait d'assister. Le macar ne se contentait plus de menacer sa piomelle verbalement, et venait de passer ignominieusement à l'acte avec une tentative de meurtre! Un piomicide!!!

Ooooh mais l'elfe se faisait de sacrées illusions s'il pensait qu'il réussirait à s'en tirer à bon marché. Elle avait tout vu et savait!
Elle veillerait constamment sur Malicia et se tiendrait prête à lui venir en aide pour toute éventualité.

Ce qui ne semblait pas être le cas en cet instant même. L'Halustrus avait enfin retrouvé une pointe de caractère. À la bonne heure! Ainsi que la promesse inespérée d'une double ration de lembas! Juste ce qu'il leur manquait pour calmer leur faim plus tard.

La petite kheyldarienne s'imaginait déjà. l'eau plein la bouche, en train d'enfoncer ses dents dans la chaleur croustillante et moelleuse de cette galette elfique et soupira. L'heure du repas du soir était encore si loin qu'elle devait se contenter de son imagination pour le moment...

Zéphira se laissa transporter paisiblement par ses rêveries qui furent malheureusement anéanties pratiquement à leur naissance.

Rah, la mauvaise gouape! La moitié d'un lembas que l'on devra ultérieurement diviser entre nous deux!

Elle zouffa et réapparut auprès de sa copine l'air colérique. Alors que son amie rayonnait de plaisir pour ce qu'elle prenait pour acquit, elle broyait ostensiblement du noir en silence. Elle ne pouvait même pas se soulager de sa rancœur avec Malicia sans la blesser en apprenant d'avoir été trahie à ce point. Par respect de leur amitié, elle garda donc ses lippes closes.
Mais tout de même, menacer était un fait, mais toucher au lembas d'une piomelle, cela en était sincèrement de trop!
Le regard de la belle ne s'offusqua que très rapidement avant de faire place au sourire devant l'air penaud d'Enseldrir. Elle aussi avait quelques fois enfreint une ou deux promesses à l'égard de sa propre messagère dans le but de calmer les eaux.
Regard bref, mais suffisant pour le faire réagir au-delà de l'imaginable.

Bien que le macar commença par la rassurer sur le sort de l'oiseau avec la tendresse qu'elle lui connaissait, ce qui suivit lui fit l'effet d'une demi taloche!

Comme il était prévisible, il ne s'excusait pas le moindre du monde, bien au contraire. Ce qui ne surprenait plus la belle depuis belle lurette. Dans le fond, il appartenait depuis sa naissance à la gente masculine et, comme si cela ne suffisait pas, elfique aussi. Un concentré naturel de fierté et d'orgueil. Deux traits qui mal s'accompagnaient avec trois petits mots aussi élémentaires que "je m'excuse" ou encore "je suis désolé". Impossible donc de le lui reprocher. Inutile pour l'archère de s'en froisser. Cela se déroulait en suivant tout bonnement une normalité absolue.

Cependant, elle appréciait de moins en moins cette espèce de panégyrique, qui ressemblait trop à ce dont elle était habituée à ouïr en kheyldarie de la part des croyants les plus fervents et obtus, lorsqu'ils étaient incapables de trouver de meilleures excuses.
Si y être confrontée en présence de ses propres concitoyens la rebutait au plus haut point, l'entendre de la bouche d'Enseldrir l'anéantissait carrément! 
Après trois cycles passés à ses côtés, de force et de gré, elle n'en revenait simplement pas et eut l'impression de se retrouver soudainement devant un étranger.

Était-il vraiment en train de revendiquer la responsabilité de cet imprévu, tout en espérant réellement de se laver la conscience de toute culpabilité de quelques : ainsi il en plait au Valar !?!
L'archère secoua négativement le chef comme si cela pouvait en quelque sorte en repousser ne serait-ce que l'idée.
...L’air de chez lui ne lui faisait peut-être pas tout ce grand bien en fin de compte... !

Peut-être était-ce là une vérité aveuglément suivie par grand nombre d'entre eux jusqu'au sein des plus illustres personnages de tout royaume, mais nombre et rang n'en établissait surement pas la moralité. 
Que cherchait-il à prouver et pourquoi maintenant.

En la confrontant sur un thème si délicat et épineux, Enseldrir était surement conscient qu'elle ne pourrait le contester sur ce genre de propos sans se maculer d’une faute aussi grave que le blasphème. Nul ne pourrait le faire.
C'était une technique qui fut maintes fois utilisée pour la faire taire. Mais puisse-t-elle brûler aux enfers si elle lui aurait permis de s'en servir lui aussi contre elle. Il avait demandé son opinion et il l'aurait!

Enseldrir...

Les plis austères de son front disparurent aussi rapidement qu'ils y firent surface, alors que le nêr se laissa tomber sur ses genoux, la prenant au dépourvu. Totalement. Une fois de plus...

Elle apprit ainsi qu'ils se ressemblaient bien plus qu'elle n'aurait osé l'espérer et ce depuis le plus tendre de leurs âges respectifs et elle en exulta intérieurement avec une joie difficile à contenir.
Instinctivement une de ses mains vint se plaquer dans le dos de l'elfe pour le serrer à elle, tandis que l'autre se faufila entre les mèches de ses cheveux, lui indiquant l'importance qu'elle attachait à cette aveu et lui transmettant le bonheur qu'elle en éprouvait.

Lorsqu'il se dégagea de son étreinte pour lui faire de nouveau face, c'est un regard reluisant d'estime et d'admiration qui l'accueillit.
Pourtant à rougir ensuite ce fut elle, martyre de son franc parlé.
Elle éluda intégralement ses propos quant à son "degré de connaissance" en terme d'esthétique physique elfique.

La beauté est, par heureux hasard, un concept parmi les plus subjectifs que je connaisse, bien que... je dois reconnaître que le mot subjectif semble perdre une grande partie de sa définition lorsqu'il s'agit du peuple elfique... 

Elle ne put ne pas le dévorer des yeux tout en exprimant son ressenti et encore moins résister à cette force d'attraction physique qu'il venait de déclencher si habilement. Ses lèvres étaient à portée des siennes, clairement en attente d'attentions.

Ha !?! Comment cela Ha ! 

Valkhyria hésita une seconde avant de tenter à nouveau. 

Le nêr instigateur se nia une seconde fois, de la ludique insolence vibrant au fond de ses pupilles rieuses. La provocation fut immédiatement relevée et eut l'effet désiré sur l'impulsivité de la demi-nis.

Neuna Malaevoldu ! 
Il me semble tout à fait opportun de vous rappeler que je reste une ambassadrice de Son Royaume tant qu’il n’en sera décidé autrement par les autorités compétentes.
Ce qui fait donc de vous encore et toujours le garde de mon corps!

Et puis restons franc-jeu, le voulez-vous bien?
Cela fait maintenant deux jours que vous me privez impunément de mon souffle. Il est grand temps à présent pour moi de le reprendre, n'est-ce-pas?

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Enseldrir Malaevoldû
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout   Sam 27 Juil - 0:57

Malicia a écrit:


Et voilà ! Un simple message délivré avec quelques difficultés et hop ! Double portions !

Le poing fermé de l'Halutrus laissait pointer deux doigts tendus en 'V' de la victoire.
Devant le regard furieux de son amie, Malicia chercha à la rassurer :

T'inquiètes pas va ! Je partagerai équitablement avec toi : On a une double part. Donc c'est deux parts. Et bien je m'engage à de donner deux demi-parts.

Fier de son raisonnement et de sa manifeste intégrité, la petite messagère se dandina d'avant en arrière en balançant ses bras en rythme avant de laisser se rejoindre ses mains en un frottement de joie anticipée.

Et ouaip ! Héhéhé ! Miam !

Votre excellence est entendue. Les forces vives de la Macari présentes en ce lieu sont à votre service.  

Il tourna la tête à gauche puis à droite.

Ha, une chance pour moi, je crois bien être le seul disponible, Ambassadrice de Son Royaume Valkhyria De Delfort.

Son étreinte se fit plus ferme.

Merci de m'avoir rappelé mon devoir. Je compte bien resserrer la garde et veiller à ce que votre corps de manque de rien.
Je ne peux rien promettre pour votre souffle. Il devrait y en avoir plusieurs et j'espère qu'ils s'enchaineront… encore et encore.
Voyons déjà s'il est possible de le retrouver…


Tout d'abord, le baiser se fit ludique, les amants se cherchaient, s'échappaient. Puis leurs rythmes s'harmonisèrent et leur passion gagna en intensité.

Enseldrir ouvrit une boucle et son équipement toucha le sol. Une attache de plus et la majeure partie de son armement le rejoignit.
Il en fallut bien peu pour que le couple s'abatte aussi parmi les fougères et les hautes herbes, effrayant au passage une grenouille verte marbrée de noir.

Plus tard, alors que le repas du soir était terminé et que Valkhyria était partie recueillir un peu d'eau, le neuna rédigea un court message. Extrêmement concentré, l'elfe finit par appeler sa fidèle messagère qui se matérialisa immédiatement.

Cette missive est de première importance Malicia. Je sais que la puissance de ta magie est au-delà de l'entendement des Elfes de notre temps, mais je te prie de veiller à ce que son destinataire en prenne bien compte. Ne le quitte pas avant qu'il ne l'ai fait veux-tu ?


Malicia a écrit:


S'étant emparée du pli bien avant la fin de la phrase du macar, la messagère avait entamé un rituel complexe et franchement chaotique. Elle s'interrompit cependant pour dire :

Bah, bien sur que je vais le faire avec toute la conscience qui sied à une Piomelle de haute… heu de grande… de très… heu… à une Piomelle, ça suffit. Ce n'est pas la première fois que je le livre celui là !
Il n'a pas de Lembas, mais il est très poli et respectueux… lui !


Le zouffage fût bientôt suivi d'un deuxième signalant le retour de la petiote. A peine le macar avait-il eu le temps de rassembler leurs affaires pour le bivouac et d'évaluer une dernière fois le lieu choisi, à l'abri de tout passage et loin des territoires de chasse.

L'Halutrus déclara d'un ton blasé avant de disparaître dans les bosquets :

Vala, c'est fait ! ' Pas eu besoin de lui glisser dans le bec…  
Ouais, bon, je sais : trop facile, pas de lembas, il n'y en a plus pour demain… ok.


La nuit, domaine de prédilection de Shadalielle, règne encore.
Son pouvoir décline cependant, elle va laisser le pas à quelque chose d'autre.
Une ferveur anime soudainement tous les êtres. Oiseaux, insectes, rongeurs, daims, cerfs, sangliers, loups, renards et écureuils se mettent en marche et semblent danser en apparaissant et disparaissant dans les toutes premières lueurs de l'aube.
Les oreilles se dressent, les nez s'agitent, les pattes farfouilles ou tâtonnent tandis que les yeux tentent de percer le voile de la sombre dame.
Là ; un mouvement se dessine ! Aux alentours ; une odeur tarde ! Ailleurs ; un son raisonne. ! Ici ; un glissement s'échappe !

Rien de bien extraordinaire en somme au sein de la Taurë, si ce n'est que de toutes part les elfes affluent. Leurs vêtements sont plus austères, leur démarche plus sauvage, moins aérienne que pour les groupes croisés lors de la fête des glaces des mois auparavant. Différence de clan, de culture.
Interrompant et bousculant tout ce qui autrement leur paraitrait une source inépuisable d'observations fascinantes, les voici silhouettes devenues la cible de leurs cibles.
Les sons effrayants, les effluves exotiques, la masse mouvante, les vibrations même du sol chassent tous les hôtes de la Grande Forêt aux environs d'un impératif élan.

Comme appelés par une force irrésistible, des groupes entiers avancent solennellement en procession mais pour plupart ils dansent et chantent des airs ésotériques dans lesquels se joignent la joie franche et aérienne – eau fraiche et air mêlés - et la plus cinglante darde des guerriers – de feu cuisant et de terre forgée – de telle sorte qu'il est impossible pour la demi-nis d'en comprendre la teneur réelle ou même d'en percevoir l'ombre de la moindre signification. Tout ceci lui donne le sentiment d'être au milieu de la gigue des fous, que rien ne saurait la préserver de cette frénésie insane, rien sauf la main ferme et gantée du macar Formenya qui l'accompagnait.
Oui, ces elfes étaient différents et l'Ambassadrice réalisa soudainement un détail qui lui avait échappé et que lui révéla un rayon de lune : Si aucun ne portait de masque, certains avaient le visage peint !
Enseldrir fendait la foule furibonde avec la force et l'inexorable détermination qui aurait sied à l'étrave d'un navire sur les flots déchainés.

Vêtue des meilleures étoffes, encapuchonnée de telle manière qu'il était impossible de voir ses traits, la nis que le militaire accompagnait paraissait de rang élevé. Leur mission ne semblait pas devoir tolérer le moindre retard, aussi, les Quendi leur laissaient le passage libre dans la bousculade générale. Ainsi, rares étaient ceux qui heurtaient le corps de Valkhyria et s'ils en étaient les malencontreux coupables, ils en prenaient souvent fait et cause après s'être confondus en excuses, l'escorte grossissant alors jusqu'à devenir un coin robuste fendant le chaos.
Alors que la puissance de la construction organique devenait intolérablement repérable, Enseldrir missionna certains éléments par de bref ordres - Impolitesses qu'il savait être acceptée par devoir, mais qu'il adoucit néanmoins d'un mot de remerciement sincère – afin de disperser l'ensemble et de les laisser à l'anonymat qu'ils n'auraient jamais du quitter.

Dans la cohue, une main escamote des insignes, les remplace par un autre avant d'en faire de même sur un manteau vierge. Des reflets verts, un éclat de jaune le sigle des cueilleurs de Gaïaniel.

Dans l'obscurité partielle, le regard de l'Eldunielite croisa celui de la belle, il lui fit un sourire rassurant.

La discrétion est de mise à partie de maintenant. Evite d'enlever ta capuche et…

L'expression du nêr changea, il dévisagea son aimée en inclinant un peu la tête sur un coté la détaillant avec une sorte d'étonnement.

Valkhyria, le vert de cet insigne te va à ravir, je suis à deux doigts de me convertir et de décider que l'univers entier devrait en faire de même.

Redevenus anonymes, le flux de Quendi les repris.


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