Au delà des mers

Des aventuriers venus du monde entier découvrent une île peuplée d'étranges créatures. Humains, Elfes, Orques et Nains se lient pour la coloniser.
 
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 Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout

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Eámanë Enialis
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout   Jeu 17 Oct - 17:33

Le shadallielite savait parfaitement que de sa seule présence au sein de la Macari, il aurait définitivement compromis l’entrevue à venir entre la demi-nis et le Grand Prêtre d’Eldhunielle, ainsi que toute démarche entreprise jusque-là, pour l’obtention de sa naturalisation elfique.
Ainsi en fin de journée, il profita de la dernière halte prévue avant de rejoindre leur destination finale pour s’assoir avec le couple le temps de se désaltérer et de leur présenter ses salutations.

En se levant, il attira le corps de l’archère au sien, exaltant le semblant de sa fragilité de sa propre carrure.

On ne peut revenir sur ses pas pour changer ou effacer ce qui fut, mais le temps qu’il nous reste est toute autre affaire.

Il l’éloigna de lui à bout de bras pour plonger son regard dans le sien et Valkhyria regretta déjà la caresse de ses doigts effleurant son visage et la douceur de ses lèvres chaudes posées sur son front pour l’assurer d’un chuchotement que tout se passerait pour le mieux, selon le vouloir des Vala.
Sensible au chagrin qu’il sentit monter en elle, Gwerfaël s’empressa de sourire et d’ajouter :

Ne t’inquiètes surtout pas Eámanë, ce n’est point un nouvel abandon. Je ne serai jamais loin.
Je ne l’ai jamais été.

Cependant il me faut régulariser ma propre position au sein d’Eldhalië et seulement ensuite je pourrais enfin remplir sereinement mes devoirs de géniteur tel que je l’ai toujours souhaité depuis ta naissance.


Trop émue et totalement impréparée à cette nouvelle et précoce séparation qu’elle aurait dû prévoir, la jeune femme se contenta de reconnaitre le bien-fondé de ses propos d’un signe de tête qui se baissa, résignée.
Et pour ne pas trahir l’apparition de larmes qu’elle savait enfantines, mais qu’elle ne put réprimer malgré tous les efforts de ce monde, elle se détacha et prétendit s’affairer en rangeant sa gourde ainsi que celle du neuna, laissant les deux elfes entre eux.
L’oreille tendue, elle en garda néanmoins les silhouettes au bord de son champ de vision.

Aucun mot ne fut prononcé. Ils n’en ressentaient guère le besoin, leurs regards se suffisant.
Dans l’un, les vœux d’une réussite et de bonne continuation. Dans l’autre, le respect, la gratitude et la muette requête de préserver la sauvegarde de sa fille qu’il savait entre des mains qui ne pouvaient être meilleures.
Seul l’échange d’une poigne vigoureuse et appuyée de leurs avant-bras tel qu’ils l’avaient déjà fait une première fois au temple de la Sombre Dame et dont elle ne pouvait avoir mémoire, en scella l’entente.

La belle s’immobilisa et se pinça un coin de lèvre inférieure pour résister à la tentation de pivoter le visage et observer le dos de son père qui s’éloignait déjà pour disparaitre sans jamais se retourner, lui-même imperceptiblement conditionné par sa propre souffrance.

La spectatrice se sentit à son tour épiée.
Elle leva des yeux d’émeraude humides vers la source de son dérangement, croisant les nobles et charitables pupilles de Vorondil, dont elle balaya la vue d’un revers de manche tout en faisant disparaitre les perles de sa faiblesse. Puis elle redressa son port, car ce n’était certes pas le comportement approprié auquel on s’attendait de la part d’une ambassadrice. Et moins encore celui d’une wendë appartenant au peuple premier.

Ce soir-là Enseldrir dut pousser leur marche vers l’Est bien après le coucher d’Anar, afin d’éviter une zone infestée de nuisibles, dangereuse aussi bien pour la vie de la diplomate kheyldarienne que pour celle de ses macari.
Terendul semblait avoir une attention toute particulière pour la sécurité de la compagne de son supérieur qui, à la tête de sa troupe, imprimait une cadence expédiée tout en s’assurant de la maintenir plus ou moins confortable pour elle.

Alors qu’ils cherchaient enfin un emplacement pour y passer le restant de la nuit, les elfes se mirent tous en alerte les uns après les autres sans que la demi-nis ne puisse en soupçonner les raisons.
Instinctivement, elle se rapprocha du neuna.

Enseldrir, que se passe-t-il ?

Le nêr décida qu’il était temps pour Valkhyria d’apprendre à reconnaitre les signes révélateurs au sein de la Taurë, si différente des forêts auxquelles elle était habituée depuis sa naissance, afin qu’elle puisse se défendre plus aisément en cet environnement encore bien trop hostile pour elle.
Il fit passer son bras gauche autour de sa taille pour l’enserrer à lui et la contraindre ainsi à suivre son mouvement lorsqu’il s’accroupit pour lui indiquer d’un doigt une trace moins évidente que d’autres, et qu’elle n’aurait pu discerner autrement qu’en s’y baissant, n’ayant pas la vue nocturne dont la race elfique pouvait se vanter.

Des intrus Melda. Des atani…

Enseldrir se releva sans desserrer son étreinte autour de son corps pour la soutenir alors qu’elle en fit autant.

Reste ici, je ne serai pas long.

Il s’éloigna de quelques pas sous le regard préoccupé de la belle, avant de se retourner comme pour une ultime recommandation. Son visage se fit sévère et le ton de sa voix catégorique.

Eámanë, ceci est un ordre !

Un sourcil monté la défia de toute contestation qui ne vint pas… Pas verbalement du moins !
Puis d’un signe de tête, il désigna parmi ces subalternes une nis archère à laquelle, de par son geste, il venait d’assigner la protection de sa dulcinée ainsi que la responsabilité de son obéissance.

N’en finirait-il donc jamais de la traiter comme une poupée de porcelaine en ce genre de situation ?
Ses yeux d’émeraude étincelèrent d’une lueur à la fois capricieuse et pugnace qu'elle plongea dans ceux de son amant avant d'en briser le contact et pivoter de son corps, les bras croisés à sa poitrine en forme d'assentiment, accordé certes, mais de très mauvaise grâce.
Les expressions de son visage ainsi que ses postures étaient un livre ouvert qui ne se démentait jamais, totalement fidèle à ses pensées !
Le macar en sourit, mais loin de son regard pour qu’elle ne puisse ne serait-ce qu’envisager de remettre en question son autorité.

La belle, la moue aux lèvres, attendit de le voir disparaitre entre les hauts branchages, puis d’adressa à l'archère.

Nous ne devrions plus être si loin de l'axe d’intersection avec la ville de Gardebreuils désormais. Si ce sont des humains, il est donc presque certain, étant donné notre position, qu’il s’agisse de Kheyldariens.

Il me faut absolument les voir et savoir à qui nous avons à faire !


Devant l'hésitation de son interlocutrice, elle insista.

Aucun d’eux ne pourrait me reconnaitre. Et quand bien même s’ils savaient de mes stratagèmes pour me faire passer pour un homme, ils n’ont jamais vu mon visage !

Valkhyria porta instinctivement sa main à l’unique partie de son corps pouvant la trahir parmi les elfes : une oreille menue et gracieusement arrondie…


Dernière édition par Eámanë Enialis le Jeu 17 Oct - 23:31, édité 3 fois
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Enseldrir Malaevoldû
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout   Jeu 17 Oct - 18:25

Des traces, lourdes et maladroites, écrasant les pousses fragiles. Des bottes, humaines, probablement Kheyldariennes. Trois traces.
Un autre piégeur d’animaux ? La patrouille se met en chasse, l’éventail largement ouvert des éclaireurs a tôt fait de repérer une autre marque distinctive.
Une odeur. Persistante lourde. De la viande qui cuit… qui brule même. De nature à attirer les prédateurs sur une distance considérable.
Une lueur. Un feu fournit qui projette les silhouettes distinctes en contre-jour. Cible parfaite pour une attaque de nuisibles.

Enseldrir se glisse tel un serpent dans les hautes branches.
Des sons. Le langage des humains d’Ythoria.
Aucun doute possible il s’agissait bien d'humains. L’un d'eux faisait une ronde, le neuna s’immobilisa, ne connaissant pas le degré de perception de l’intrus.
Puis, dès qu’il bricola son équipement, le macar se glissa tout aussi subrepticement hors de vue et de détection.

Il prit son livre magique et en feuilleta les pages avec attention.
Aucune dérogation pour le Royaume de Kheyldar à part ‘Aaron de Delfort' sur liste blanche...
Une missive fut expédiée.

Le nêr se ré équipa de son armement, son regard avait la dureté de l’acier lorsqu’il donna ses ordres aux elfes de son groupe dans le langage muet de la Macari. Chacun savait ce qui allait suivre. Ils y étaient préparés.

Ce fut une ombre solitaire comme issue de la nuit elle-même qui se matérialisa sans bruit dans le campement. Un elfe en armure d'éclaireur, un arc rangé dans un étui en bandoulière et une double-lame en main.

Je suis Enseldrir Malaevoldû, Macar du Peuple Elfe. Vous êtes sur le territoire sacré de la Taurë. J'exige de voir vos laissez-passer !

Autour, dans les arbres, les compagnons invisibles du neuna se préparaient à faire tomber l'acier d'Eldhalië.

Celui qui semblait être le plus haut gradé des trois se fit en avant pour répondre pacifiquement en langue elfique, affirmant que leur présence avait été requise par le Grand Prêtre d’Eldhunielle en personne et avec lequel ils avaient rendez-vous à la lisière, qu’ils ne s’étaient pas rendus compte d’avoir passé de plusieurs lieues.

S’imaginant peut-être que ceci aurait suffi à lui garantir la totale coopération du nêr, l’homme déposa son paquetage à terre et en extrait plume et missive tout en informant son interlocuteur elfique qu’il se devait d’informer son commandeur de leur rencontre.

Enseldrir savait qu'il était risqué de sous-estimer la traitrise d'un atani, Terendul lui avait longuement expliqué qu'il fallait y prendre garde. En tout temps. A toute heure. Ils sont changeants.

Je ne consens pas à vous laisser émettre un message car en cette heure et en ce lieu, vous êtes les prisonniers de la Macari Formenya.

Sachez qu'il y a en ce moment plus d'arcs bandés que vous pouvez en concevoir la possibilité. D'autres sont informés de votre localisation et de la violation de la chair de la mère que votre présence constitue et font route pour vous intercepter.
Par chance, vous n'êtes pas classé au même niveau que les Slaads renégats car alors vous seriez…


Un mouvement sur sa droite, brusque, sans que rien ne le laisse présager. Des flèches décochées, nuée mortelle et pourtant hésitante…

GEL !

La voix du nêr porte, elle n'a pas besoin de plus car la grêle, déjà, avait consumé son énergie de mort.
Certains macari avaient décochés leurs traits lorsque l’un des deux acolytes accompagnant le paladin avait tenté une esquive malencontreuse.
Une des flèches était profondément enfoncée dans son torse, encore aucune partie vitale n'était touchée. Le sang était versé. D'autres étaient fichées dans le sol, semonces inutiles destinées au réaffutage et au rééquilibrage.

Là-haut, dans l'obscurité et au couverts des feuilles, les tireurs avaient déjà rechargé et gagné des postes de tirs différents. Mécanique parfaitement huilée destinées à une seule chose : l'éradication des intrus. Rapide. Sans trop de douleur.

Au sol, le jeune neuna raffermit sa poigne sur sa double-lame d'Eldhunielle. Elle vibra d'un son sourd, comme un tonnerre lointain.

Par les Vala ! Ne faites rien, ne bougez plus ! Dites-le à vos compagnons s'ils ne comprennent pas la langue de leurs amphitryons improvisés afin qu'ils n'en deviennent pas des hôtes malheureux !

Le Paladin avait vu le sang d'un des siens. En tant que protecteur, il ne laisserait probablement pas impuni un tel affront.
L'arme du neuna, aux lames bleutées, se porta en arrière. Elle pouvait être encore létale ou salvatrice mais ne demeurait plus une menace directe.

Paix, Paladin du juste. Aucun trait ne tombera plus si vous vous conformez à mes dires.
Plus : Les soins vous seront disposés si vous les réclamez.


Une main se leva, elle avait la fragilité d'un oiseau tout en paraissant posséder la force d'un troll. Paume vers le haut, invitant à la tempérance et à l'ouverture.
Ainsi exposé, en armure d'éclaireur, le neuna semblait bien vulnérable… seul son aplomb surprenant et son verbe pouvait encore donner le change.

L'aura du peuple premier né irradiait de lui car il savait que l'Archère était à ses côtés.

Je rédigerai une missive. Immédiatement. Et vous attendrez, vous tous, que cette affaire soit éclaircie.

Deux macari vinrent supporter l'ordre ainsi donné, leurs lames brillèrent à la lune sans que la menace ne soit directe. Leur supérieur confia une missive à une piomelle à la coiffure complexe tandis qu'un nêr proposa son aide à la blessée.

Le plus jeune, et apparemment aussi le plus hargneux et irresponsable des trois atani, s’interposa entre l’elfe et cette dernière, brandissant stupidement son arme vers le macar, ce qui ne fit qu’exacerber le degré de tension déjà fortement poussé au-delà des limites convenables.
Il fit plonger sa main libre dans la sacoche où il gardait les missives les plus importantes. Il en ressorti un document soigneusement pliée. La délicatesse de l'écriture suffit à en dénoter le trait purement elfique.

Voici la missive du Grand Prêtre d'Elduniel nous invitant à ce rendez-vous et à cet endroit même ! Souhaitez-vous déclencher une guerre entre nos deux contrées ?

Une menace sous-entendue qui ne plut pas du tout au Neuna lorsque le Paladin en eut terminé de traduire les propos de son second.
Se voyant ainsi nier tout secours offert par orgueil mal placé, l’acolyte touchée finit par exhaler derrière lui son dernier souffle.


Dernière édition par Enseldrir Malaevoldû le Jeu 17 Oct - 23:57, édité 3 fois
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Eámanë Enialis
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout   Jeu 17 Oct - 20:44

Devant le regard de la nis qui se fit impassible et résolu à accomplir les ordres impartis et totalement ignare du drame qui se consumait non loin des frontières, la demi nis fit l’acte de se mettre en chemin, désobéissant clairement une fois de plus aux siens !
Mais son escorte se vit le loisir de la remettre en ses rangs subtilisé par une figure, dont elle reconnut immédiatement l’identité.

Le nêr, enveloppé des pans de sa cape pourpre n’eut pas la bonté de se présenter à Valkhyria, dont il ordonna la conduite vers la frontière à ses quelques accompagnateurs après s’être assuré qu’il était bien en présence de l’ambassadrice Kheyldarienne. Il tint néanmoins à la rassurer, affirmant qu’aucun de ses confrères atani ne lui aurait porté mal.

Confuse, ne sachant comment interpréter les dernières paroles de l’elfe, la belle se tourna vers son escorte qui d’un signe de tête lui indiqua d’obtempérer sans discuter. Ce qu’elle fit donc.

Lorsque les derniers fourrés s’écartèrent sur le campement Kheyldarien, Valkhyria sentit ses veines s’évider de leur sang, reconnaissant le visage de son ancien supérieur. Le paladin instructeur et ex commandeur de la nouvelle armée Ythorienne Tolgath Degiliar.

Le Grand Prêtre s’identifia enfin et tout fut clair.
Victime une fois de plus de la trahison elfique, bien que cette fois le tout se joua parmi les plus hautes sphères des respectifs royaumes.

La belle se sentit dépassée par les évènements. Le droit sur sa propre vie ou sa mise à mort revendiquée au-delà de sa volonté et de son libre arbitre.
Son regard d'émeraude se refléta en celui de son traitre vers lequel elle se tourna, en quête de réponses.

J'ai... j'ai renié le Dieu derrière lequel mon peuple cache ses cruautés et sa soif de pouvoir et je suis prête à le faire une seconde fois en leur présence si vous deviez me le demander. Que devrais-je faire de plus pour prouver ma foi aux Vala !

Elle fit une pause, cherchant à s'expliquer elle-même comment une simple missive avait-elle pu déclencher tant de folie. Perdue pour perdue, elle ne se fit plus aucun scrupule de ménager ses mots.

Je ne saurai deviner les raisons vous ayant poussé, vous le représentant d’Eldhunielle, à m'attirer ici sous de faux prétextes pour me livrer à eux, vous souillant les mains de sang en amenant la mort au sein de la Taurë.

L'elfe aux traits raffinés et sévère gardait son expression impénétrable.

Ce que je peux vous dire, c'est que tout ceci a commencé avec une requête envoyée à Hiril Dolinaeth pour lui demander la possibilité d'un tutorat, me permettant de suivre la voie illuminée des Vala et de Gaïaniel à laquelle j'aimerai consacrer jusqu'aux derniers de mes jours.

Arpenter le Saint Domaine le long des frontières sous l'escorte de Heru Enseldrir a ouvert la porte sur une vérité dont seule mon âme était consciente jusqu'à présent. Depuis, je ne désire qu'à en suivre le sentier.


Puis sa voie se brisa...
Mais pas à ce prix-là...

Sa tête baissa
...Pas à ce prix-là.

Une voix, une sentence... Puis une main elfique se posa sur son épaule pour la pousser vers son destin.
L'archère kheyldarienne l'écarta d'un geste de bras, se rebellant à son toucher.

Lachez-moi !

Se tournant vers un macar Formenya, elle lui présenta ses poignets joints.

Je m'en remets à l'Hossé, prête à répondre de toute accusation qui me sera reconnue.

Je demande à ce que mon immunité diplomatique soit respectée, comme l'indiquent les lois établies par le Peuple Elfique lui-même et qui me furent envoyées par le biais du Diplomate Undoniel en les textes du Codex Universel de la Diplomatie.

Ces articles furent récemment soumis au conclave Kheyldarien et signés par nos deux royaumes.


Le Grand Prêtre resta imperturbable à sa requête, ordonnant une nouvelle fois la remise de la demi-nis entre les mains des siens, mais les premiers soupçons de sédition se manifestèrent entre les macari l’accompagnant. Une nis, portant l’emblème du rang de commandant archer, questionna le comportement du représentant de la Louve sans se préoccuper de l’assemblée tant elle en fut outrée.

La Voix d'Elduniel qui n'est ni Ambassadeur Suprême, ni un membre de la diplomatie, ne peux s’imposer au-delà de nos institutions.
Et la Voix d'Elduniel ne peut non plus se substituer à Laurykiel, qui seul peut décider de la Justice.


La nis fit une brève pause, s’accordant un soupir.

Vous confondez peut-être notre religion avec celle des atani, absurdement monothéiste, alors qu’Eldhalië prend toutes ces décisions dans la concertation et la pluralité de la sienne.
Ici, vous outrepassez clairement vos prérogatives. Cette initiative de contraindre cette demi-nis à retourner au sein de son peuple ne vous appartient aucunement et ce, en vertu des Lois Sacrés d'Eldalië.
Nul elfe n’est censé les ignorer ou en disposer à sa guise.


La nis archère s’approcha de Valkhyria en s’interposant entre elle et l’ex Celeg-Sael qui s’apprêtait à se saisir des bras joints de l’ambassadrice pour l’obliger à se plier aux vouloirs du Grand Prêtre Sheylsif.
Son expression se fit compatissante en se posant sur l’ambassadrice kheyldarienne.

Bien qu’elle désire le devenir, elle n’est pas encore une Quendë et sa valeur aux yeux de l’Ambassade semble bien différente de la vôtre puisque celle-ci lui a relâché le droit de séjourner sur nos terres.

Son regard embrassa chaque elfe présent à tour de rôle.

Seule l’ambassade à le pouvoir de changer ce droit. Pas nous et vous en êtes tous tout à fait conscients.

Le regard du nêr se fit dur et hautain.
Il fouilla parmi ses missives pour en extraire un document qu’il jeta aux pieds de la Kheyldarienne, tout en gardant les yeux sur la nis qui avait osé défier son autorité.

Son rang d’ambassadrice a été révoqué officieusement par le Cardinal en personne depuis quelques temps déjà. Elle n’a plus aucune excuse valable pour continuer à fouler nos territoires.

Si la nouvelle de sa perte en grade la déconcerta, la jeune femme n’en fit rien paraitre à ses accusateurs. Forte de la connaissance des Lois du Codex, sa voix ne montra aucun fléchissement lorsqu’elle reprit parole en sa défense.

Selon l’article onzième du Codex de la Diplomatie, je continue à bénéficier de l’immunité diplomatique tant que je n’aurai pas franchi saine et sauve la frontière séparant nos peuples et ce, malgré la perte de mon titre entre temps.
Toujours selon les Lois de ce même Codex, l’article quatorzième du troisième chapitre affirme que seule la justice du pays hôte peut me condamner selon le respect de l’immunité diplomatique qui n’est due.
Certes ni vous, et moins encore mes confrères.


Se rapprochant de Sheylsif, le regard empli de dégout, elle murmura entre ses dents pour son ouïe uniquement :

Gaïaniel se tord probablement de répulsion en ce moment même, devant un serviteur de l’Archère prêt à livrer par tous les moyens une aspirante disciple entre les mains de bourreaux assoiffés de sang, tortures et buchés, et dont vous connaissez parfaitement les mœurs.

La voix du commandant archer mit fin à toute altercation.

Heri De Delfort, en tant que représentante la plus haut gradée de l’Hossë présente ici, et au vue des réclamations avancée par votre royaume d’origine ainsi que de votre appel aux Lois sacrées du Codex Universel, je vous arrête pour être remise aux décisions des Autorités Diplomatiques de notre pays.

Vous serez maintenue en détention jusqu’au jour de la sentence concernant votre statut.


En signe d'assentiment, la demi-nis confia son arc et son carquois à celle qui seule semblait détenir la sagesse de son rang, alors que l’elfe aux couleurs pourpres continuait de contester l'autorité absolue de l'Hossë aux frontières.

Astélia, êtes-vous consciente de ce que vous êtes en train de faire. Les éphémères sont bien connus pour leur impatience. Laissons-les s’occuper des leurs si ce n'est là que le prix bien dérisoire à payer pour éviter un accident diplomatique.


Dernière édition par Eámanë Enialis le Ven 18 Oct - 0:39, édité 7 fois
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Enseldrir Malaevoldû
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout   Jeu 17 Oct - 22:52

Le simple souhait de la part des autorités Kheyldariennes suffisait-il donc à faire naitre de telles dissensions au sein du peuple elfique ?
Le paladin kheydarien s’en réjouit intérieurement et en profita pour unir sa voix à celle du Grand Prêtre.

Ne laissez pas le sort de cette…

Il dut faire un énorme effort pour ne pas traiter ouvertement l’ex ambassadrice d’hérétique et laisser paraitre tout le dédain qu’il ressentait à son égard.

…kheyldarienne diviser l’unité de votre peuple. Nous ne demandons que l’opportunité de pouvoir vérifier sa foi, quitte à ce qu’elle passe par le rite de l’anathème, si tel sera son choix.

Bien qu’à présent, nous soyons aussi dans l’obligeance de réclamer justice pour notre compagne ayant péri par flèches elfiques. Qu’Enseldrir Malaevoldu réponde de ses actes !


Ce que le neuna fit sans tarder.

L'acte de mort est placé sous ma responsabilité, je n'ai nul envie de m'en défaire.
Car je suis l'autorité ici.
Les troupes autour s'y réfèreront. D'un geste.

Vous étiez les intrus dangereux jusqu'à la remise de cette missive.


Il agita le papier signé de poing par le Grand Prêtre, leur laissant entendre une promesse dévoyée.

Il se tourna finalement vers un macar, lui glissant quelques mots à l'oreille. Vorondil croisa son regard, incrédule mais les yeux du neuna ne laissaient pas de doute. Il hésita et s'inclina avant de disparaître dans les fourrés.

L'elfe continua :

Quand à la loi, elle me donne plein pouvoir sur des intrus. Je ne vous ai pas fait abattre à vue parce que les armes que vous arborez sur vous trouvent encore un faible écho de sympathie en moi.
Néanmoins, les réactions qui peuvent laisser entendre un acte offensif sont punies de mort. Ce qui aurait été également le cas pour vous qui brandissez vos armes au sein de la sylve millénaire. Tel est le code des macari depuis des millénaires.
C'est donc d'une double grâce dont vous venez tous de bénéficier.


Sous le verbe, la tension restait. Le nêr ne cherchait pas à provoquer directement les soldats qui lui faisaient face. Au contraire, son ton se maintint respectueux malgré la position en pleine infraction des Kheyldariens. Néanmoins, il resta sur ses gardes les plus vives.

Ne vous y trompez pas, vous me devez la vie vous qui errez sur des terres dont vous ne comprenez rien. Et je pleurerai la mort de votre compagne avec le macar qui a tiré la flèche.

Son dernier souffle de vie est une tragédie pour nous. Nous ne tuons jamais par plaisir. Jamais.


Dans ses yeux passèrent les mots qui raisonnèrent fortement dans son esprit. "Nous ne sommes pas des Keldariens !"

L’arrivée de la demie-nis accompagnée de l’ancien Celeg-Sael et d’une seconde troupe de l’Hossë, poussa le Neuna à deux ou trois imprécations qu’il formula silencieusement, mettant fin à ses revendications.
La situation se faisait de plus en plus délicate. Le destin de la belle de plus en plus incertain. Ses devoirs de protection de plus en plus épineux.
Il se sentit en partie soulagé lorsqu'Astélia unit sa voix à ses propres pensées en s'exposant en première personne, forte des lois divines, dont elle s'avéra fervente observatrice.

Mais cela, ainsi que la farouche auto-défense dont fit preuve Valkhyria, ne pouvaient assurer un épilogue sans ultérieur déversement de sang. Enseldrir en était parfaitement conscient.

Les macari se rangèrent aux ordres du Commandant archer. Dans les cimes, un éclaireur veillait, hésitant entre suivre l'une ou veiller sur l'autre et inversement.

Le défi étincelant dans les yeux du neuna avait enfin fait émerger en surface le mépris et l’arrogance du paladin. Il avait reçu l’ordre direct du cardinal de ramener l’hérétique pour être exécutée publiquement à Gardebreuils et par Dieu le Très Juste, il ne rebrousserait pas chemin sans !

Sachant que les paroles qu’il prononcerait auraient mis le feu aux poudres, Tolgath s’adressa à Sheylsif en langue kheyldarienne, surprenant les elfes qui furent ainsi mis en grande partie à l’écart de leurs échanges.

La mission qui nous fut confiée est celle de ramener cette Kheyldarienne parmi les siens, car sa foi envers son Dieu semble être corrompue. Et notre actuelle situation me laisse supposer que les pires craintes de notre Conclave paraissent confirmées.

En ce qui me concerne, je ne peux concevoir qu’une de nos compagnes puisse renier jusqu’à l'existence du Sévère, tout comme sa toute-puissance sur sa misérable vie. Mais s’il en est ainsi, elle devra en répondre pleinement et en personne devant son peuple et en présence de ses dirigeants.

Le rituel d'anathème s’imposera alors pour qu’elle puisse renier définitivement Kheyldar. Elle se verra dépouillée de tous ses dons par nos prêtres.


Le paladin pris soin de ne pas détailler que cela se ferait dans la souffrance et la douleur, purificatrices des âmes souillées. Puis qu’elle serait finalement brûlée pour que nulle trace de son existence ne persiste en son Saint Royaume, car tel est le vouloir et la loi auxquels nul Kheyldarien ne peut se soustraire.

Je vous demande donc une fois de plus : finissons-en ici et une fois pour toute.

Le jeune Neuna observa les hautes instances et d'incrédulité, un sourcil se haussa puis rejoignit son jumeau dans un froncement que peu pouvaient encore témoigner d'avoir vu.

Ecœuré par la connaissance des sévices auxquels les humains avaient l’audace de soumettre leurs propres compatriotes, ce fut au tour d’Enseldrir de surprendre ses interlocuteurs.
Bien que son accent s’avéra fortement marqué des inflexions de la langue elfique, les mots n’en restèrent pas moins abruptes et compréhensibles.

C'est donc ceci !
Voici la cause des fumées lourdes qui s'élèvent difficilement au-dessus de l'ancienne cité de Gardebreuils. Celles de vos buchers ! Dévoyée à présent aux cultes immondes de ceux qui brûlent leurs frères encore vifs.
Peuple prometteur… mais déjà dégénéré.
Je comprends à présent pourquoi le Grand Intendant vous qualifie "d’inférieurs". 
Il a raison, vous l'êtes. Tellement que s'en est vertigineux.


Puis s’adressant au Grand Prêtre, il éleva sa voix afin que tout elfe puisse entendre.

Lorsqu’un arbre croît, ses branches s’élancent vers le ciel.
Si l’équilibre de leur pousse est préservé, le végétal s’en trouvera plus haut, majestueux et épanoui.
Mais si une branche s’écarte trop et se renforce plus que ses sœurs, alors elle met l’ensemble en péril. L’arbre se penche, sa croissance est freinée, ses racines souffrent. Que surgisse une tempête et il s’écroulera.

Il en est de même pour Eldhalië. À mon sens, ne pas le voir est une maladresse. L’ignorer est une erreur. Le favoriser est une faute.

Alors que le chaos s’étend en dehors du Domaine, il n’est pas question de se rendre vulnérable par des dissensions internes. Les Vala ne le permettront pas.

La stase et la loi de Laurykiel sont encore les voies suivies par la Tarìedhel. Si des elfes se dressent contre Elle, alors ils sont contre moi selon le serment fait au Quendetär, qui est aujourd’hui valable pour son héritière.

L'Hostalë est la voix des six et celle d'Heldalië.
Aujourd'hui, quels sont encore les membres présents de cette institution ?
La reine ?
Le Tacticien Suprême ?
Le Grande Prêtre d'Hulmildiel ?
La Grande Prêtresse de Shadalielle ?

Qui manque-t-il encore ?
Quelles branches ne portent plus de fruits ?
Car la situation est grave si on livre une demi-nis à un pays non-allié telle une offrande, sachant qu'elle sera torturée.


Il souffla pour lui-même : 
Heldalië.
Ils sont en train de t'éventrer et de vendre tes organes. Pour le pouvoir ? Pour la gloire ? Pour quelle autre futilité ?
Plus que les lois, ils n'obéissent même plus à l'esprit des lois.


Il reporta son attention sur le paladin et sa double-lame vibra lorsque sa main raffermit sa poigne dessus, prête à frapper pour protéger de sa vie, ainsi que de celle de ses macari, celle d’une demi-nis qu’ils avaient peu à peu appris à considérer comme une seles égarée ayant retrouvé son chemin auprès des siens.
Son sourire se fit dédaigneux. Il ricana :

N'oubliez pas les frusques de votre compagne en repartant, elle doit certainement en avoir besoin !


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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout   Dim 1 Juin - 10:19

Admiration, fierté et tristesse se mêlèrent dans le regard ébahit de Valkhyria. Les yeux rivés sur son amant, un sourire timide et attendri étira brièvement le dessin tremblant de sa bouche.
Quand avait-il pris le temps d’améliorer de la sorte ses connaissances de la langue Ythorienne !

Mais le réconfort qu’elle en éprouva fut tout aussi fugace. Elle se savait perdue. Elle pouvait en lire autant dans les yeux du Grand Prêtre qui, fort de son autorité que nul n’oserait contester par les armes, s’avança vers elle avec l’intention de la consigner lui-même entre les mains des intrus, si tant il en fallait pour se débarrasser enfin d’elle.

Cartes changeantes du destin…
La demi-nis faisait donc trembler jusqu’au Grand Intendant ! Elle ? Celle que ce dernier avait surnommé l’inférieure… !?!
Elle en fut presque flattée, si ce n’était pour la situation devenue aussi fragile que du cristal.

Détenteur de la Voix d’Eldhunielle… Sheylsif en avait visiblement perdu la dignité dès la minute où il décida de la condamner au sort dont il connaissait toutes les implications.
Comme beaucoup d’elfes avant lui, le nêr aux traits raffinés se fit plaisir de faire étalage de la supériorité de sa race. Etroitesse de la pensée intelligente.
Il fit gronder sa voix, d’un ton qui se voulut absolu.

Assez !

Ignorant toute plaidoirie en faveur de la demi-nis, il s’empara de son bras pour l’entrainer avec lui.
Un petit gémissement de douleur s’échappa des lèvres de l’archère. Il savait lui faire mal, mais ne fit rien pour contrôler la force naturelle dont tout elfe était doté.

Chaque pas la rapprochant vers les Kheydariens fit s’évanouir lentement le peu de sang-froid auquel elle cherchait désespérément de s’accrocher. Torture psychologique précédant celles du corps qui lui furent promises.
Lorsqu’ils passèrent devant le neuna, fièrement dressé face aux hommes de loi de ses futurs bourreaux, son regard vola naturellement vers son visage.
Elle n’émit aucun son, pourtant dans son esprit, il pouvait entendre résonner le cri silencieux de son corps braqué en une sorte de supplication muette, implorant son aide alors qu’en état de détresse, on la livrait à l’ennemi.

Le Grand Prêtre ne lâcha la prise autour de son bras endolori que pour la pousser devant lui vers le paladin et son acolyte.

Heri De Delfort, il vous est donné la possibilité de faire un choix.

Renier sa foi kheyldarienne, encore et toujours.
Rien n’aurait pu être plus facile à accomplir pour elle en ce jour et la présence de ses confrères ne pouvait être plus parfaite!

Permettez-moi, Valandur.

Elle pivota et s’éloigna de lui de quelques pas pour faire face aux siens, tout en gardant une considérable distance de sécurité de son ancien capitaine d’armée et de son jeune accompagnateur qu’elle ne connaissait pas. Il semblait frémir d’excitation sur place devant ce qu'il considérait probablement son trophée, tel un puceau à ses premières amourettes !
Elle s’adressa donc à Tolgath, le sachant plus aigu et sensé que son compagnon de route. Du moins, du peu qu’elle pouvait se remémorer.

Sire Degiliar....

Elle éprouva une étrange sensation de parler à nouveau de vive voix sa langue maternelle après tant de temps passé en Taurë. Elle ressentit une émotion bien plus profonde qui la dérangea énormément: celle du rejet !
Rejet de leur présence, de leur vision. Jusqu’au rejet de leur existence qui lui était devenue insupportable.

Elle détourna le regard pour fouiller dans sa besace à la recherche du foulard aux couleurs de la Keldarie, qu’elle avait pour habitude jadis de porter noué à la ceinture ou autour de son bras lors de ses déplacements.
Elle l’étendit de toute la longueur de son bras devant les yeux des deux intrus. Puis avec une satisfaction qui n’eut de prix, elle le déchira sous leurs regards avant d'en lâcher les deux lambeaux qu’elle piétina dans la poussière sous l'une de ses bottes de quelques mouvements rotatifs de la cheville.

Le message était clair et cristallin et n’aurait pu être équivoqué. Par personne.

Je suis certaine que je pourrais compter sur vous pour faire parvenir ce message au Cardinal.

La belle se tenait droite et fière devant le paladin. Ce dernier pouvait percevoir la détermination absolue dans le vert intense de ses prunelles. Une pointe de défis peut-être. De l’insolence, surement.

Cela me permettra d’économiser de ma plume et de mon encre, bien trop précieuses pour être gâchées de la sorte.
Dites-lui que ce n’est pas uniquement -votre- Dieu que je renie, mais l’intégralité de la patrie qui m’a, malheureusement pour moi, vu naitre.
Ajoutez aussi, je vous prie, que c'est pour moi une délivrance.


Elle baissa ses yeux sur les bouts de tissus souillés à ses pieds, le dédain visiblement affiché sur les traits de son visage. Elle tourna ensuite les talons pour se remettre sous l’aile du Grand Prêtre d’Elduniel.

Valandur…

Et elle attendit, s’en remettant par son biais à la décision du Grand Conseil elfique, en signe de soumission à la Voix d'Elduniel.


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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout   Dim 1 Juin - 10:55

Le cœur du nêr battait à ses tempes au point qu'il pouvait le confondre avec les tambours de Camthalion tonnants au lointain. Sa garde ne fléchissait pas.

La langue des humains écorchait autant ses oreilles qu'elle l'avait fait avec sa gorge.
Les atani reprirent leur discours, salves lancinantes d'autosatisfaction complaisantes dans la joie de voir mourir.
Ô, qu'ils étaient grands ces guerriers !
Ô, certes, ils savaient donner la mort et ne la redoutait pas.
Mais dans leur monde, c'était plus la vie qu'il fallait redouter tant elle était dévoyée par leur foi et par là même vouée à l'absurde tournoiement de l'esprit dans la geôle étroite de leur dogme proche du nihilisme.

Raisonnements étriqués aux accents abscons qui les mènent à la folie.
Peut-être était-ce cela qui faisait leur force face à la non-vie?
Ils vénéraient tant la mort et la souffrance que vivre éternellement dans un tel état ne les effrayait pas.

Valkhyria fit sa réponse au Grand Prêtre d'Elduniel. Sans surprise pour le neuna.

Par le verbe et le geste.

Cette provocation supplémentaire adressée aux Keldariens pouvait déchainer leur violence car leur foi était atteinte.
S'adaptant au changement de position de sa belle, le macar modifia ses appuis.

La demi-nis retourna auprès du Valandur de l'Archère, la voix d'Elduniel se faisant un rempart que renforçait la présence des macari alentours.

Au-dessus des épaisses frondaisons verdoyantes qui en cachaient la présence, les nuages commencèrent à se gonfler rapidement, l’air se fit lourd et chargé d’humidité et le ciel vira dangereusement au gris sans préavis, laissant elfes et humains ignares de son mécontentement.

Le Grand Prêtre d'Elduniel se tenait entre le neuna et le Keldarien. Bref, entre ce qui pouvait ressembler le plus à une cible pour le premier aux yeux du second.
La sagesse du peuple premier ne pouvait qu’échapper à l'avachie des atani.
Cependant, la menace directe ne vint pas de l'inflexible membre des forces elfiques.


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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout   Dim 1 Juin - 11:29

Si le paladin respecta le choix de la demi-nis, il n’en fut pas ainsi pour son second qui, aussi rapide qu’un éclair, se rua vers l’avant pour s’emparer de l'archère par la force.

Devant l’immobilité du Grand Prêtre qui ne s’y opposa pas, ils surent que la demi-nis leur serait rendue.
La satisfaction s'affichait déjà sur les visages Kheyldariens. Le sourire victorieux du jeune acolyte empreint d’un dédain qu’il ne prenait pas même la peine de dissimuler, fut plus qu’il n’en fallut pour faire renaitre en Valkhyria une ultime étincelle de rébellion. Brusque fut sa réaction lorsque la main de ce dernier chercha à se refermer autours de son bras pour s’en assurer l’obéissance.

La rage au corps, excédée par la profonde déception, poussée par l’exaspération, l’adrénaline gorgea ses muscles. Elle pivota de l’épaule éludant sa poigne et profita du même mouvement pour lui meurtrir une joue d’une main dont les doigts se plièrent et se firent rigides pour se transformer en de menaçantes griffes sous le regard interloqué de tous…

…Sauf un.

Enseldrir se préparait à une intervention. Une possible parmi tant d'autres, mais qui demeuraient envisageables malgré la silhouette du Grand Prêtre qui s'interposait partiellement devant l'agresseur.

Valkhyria éprouva quant à elle l’immense plaisir de sentir l’épiderme du chevalier s’accumuler sous ses ongles, tandis que de vilaines trainées rougissantes finirent par en mettre en évidence le passage.
S’avantageant de l’effet surprise engendré, elle le repoussa brutalement, laissant le poids de son armure faire le reste pour le déséquilibrer. Puis elle se rua instinctivement vers l’unique elfe dont elle pouvait espérer un brin de clémence.

L’archère plongea la désespérance qui inondait ses yeux d’émeraude dans ceux du neuna. Il y trouva tant d’expectation qu’il sentit son âme se déchirer dès que leurs pupilles se croisèrent.
Un signe envoyé des profondeurs insondables du désespoir. Une lueur de vie que le nêr aurait voulu voir s'étendre comme Anar, pour brûler tous les mécréants en ses alentours, les incinérant d’un éclair viride.
De son point de vue, elle n’y rencontra que désolation, qu’il fit rapidement disparaitre derrière ses paupières avant de les rouvrir sur un regard aussi déterminé et tranchant que l’acier effilé de sa double-lame.
Le regard froid d’un prédateur entrainé à tuer sans aucun remord, du moins en apparence.

Que se passait-il ?
Pourquoi ce retour si… glacial !?!

Un simple signe circulaire de son indice et suivant l’ordre silencieux du Neuna, la Macari Formenya se referma en un cercle protectif et impénétrable autours du couple.
Acier et volonté tous deux trempés aux feux inflexibles des frontières faisaient maintenant face aux autres parties.
Fanatisme détourné par leur leader, la grande majorité des elfes ne se laisserait pas écarter de ce qui semblait être leur devoir.

Enseldrir fit chanter son arme dans les airs une unique fois d’un geste parfaitement calculé avant de la laisser choir au sol, une de ses extrémités souillée d’écarlate.
Il fit ensuite de son corps un coussinet douillet au centre duquel il accueillit amoureusement celui tremblant et endurant le manque d’oxygène de l'élue de son cœur, pour en accompagner la chute qu’il savait imminente.

Son instinct premier, dicté par les sentiments profonds et immuables qu’il éprouvait à son égard, et peut-être aussi un peu par égoïsme, fut celui de tamponner la blessure mortelle pour ralentir le flux de sang et la garder encore faiblement palpitante de vie quelques secondes de plus contre soi…
Il se fit violence pour ne pas y céder.
Elle appartenait à Shadaliel depuis l’instant où sa lame trouva sa cible et repousser la paix de ses sens aurait été un affront non seulement envers Elduniel et ses enseignements, mais aussi devant le tout Panthéon des divinités elfiques.

Avec le corps de son aimée qui faiblissait dans ses bras, le cœur du nêr s'effondra en une lente implosion douloureuse. Il ne pouvait cependant laisser paraitre la moindre souffrance devant le regard déclinant de la belle ensanglantée.
Il avait connu la mort. Une mort terrible : celle par le poison.
Il savait donc combien chaque seconde avant l’inévitable pouvait s’allonger infiniment, torturant de terreur l’esprit de sa victime.
Il ne pouvait plus rien pour la vie qui s’échappait rapidement de son corps. Mais doutant fortement que la jeune femme d’un âge pour lui si tendre ait vécu cette expérience auparavant, il pouvait au moins adoucir son trépas.

Les genoux solidement enfoncés dans le terrain fertile de la Taurë, il soutint le buste de l’archère assez élevé pour joindre son front au sien en ce geste d’affection devenu habituel entre eux lorsqu’ils cherchaient un réconfort mutuel.
Il enveloppa de sa main la sienne, qu’il enserra contre lui. Elle s'y agrippa redoutant l’instant qui lui aurait ôté toute force pour la garder.
Le regard d'Enseldrir était éperdu d'amour face à celui de Valkhyria qui se voilait petit à petit.
L’agonie dont le Neuna lui fit grâce ne dura effectivement que de courtes secondes. Juste le temps de quelques tentatives de happer l’air que ses poumons réclamaient péniblement. Inutilement.

Melda, oh Melda, ...Sssh...

Sa voix s'éteignit dans sa gorge. Il aurait tant voulu lui dire, il n'en avait plus le temps.

Étouffant dans la saveur ferreuse de son propre sang, la mort survint enfin, toute trace d’énergie quittant silencieusement le corps de la jeune femme.
Malgré cela, plus bruyante et éloquente que tous les mots qu’elle ne put prononcer, une perle de salinité s’échappa et roula le long d’une joue dès que tous ses muscles se relaxèrent en une inertie totale et définitive.

Enseldrir baissa les paupières sur le regard fixe et assombri de ses pupilles dilatées, donnant enfin à ses traits la sérénité qu’elle ne connut jamais de son vivant.
Alors l’émotion du nêr afflua sous un fleuve de larmes tandis que son visage luttait sans succès pour ne pas laisser son désespoir s'afficher...
Les éléments se déchainèrent. L’écho du tonnerre fit taire jusqu’au chant des oiseaux les plus lointains.
Gaïaniel, généreuse et prévenante, lui vint en soutient lui faisant don de la discrétion qu’il bramait, mélangeant son chagrin aux gouttes de pluie battante qui fouettèrent subitement son visage avant que celui-ci ne puisse déclarer sa peine ouvertement.

Non loin de là, perché en hauteur, partagé entre la haine pour les uns et une nouvelle admiration pour le jeune Neuna, un Shadalyellite se sentit faillir devant la tournure qu’avaient pris les événements causant la perte de son enfant et se réfugia dans ses prières pour ne pas se laisser emporter par les mauvais sentiments typiquement humains auxquels il fut soumis pendant de longues années.

Un vent frisquet se leva, s’engouffrant entres les feuillages, ébouriffant les mèches, écartant les nuages.
Enseldrir souleva le corps inerte sous les derniers rayons dorés du couchant et s’éclipsa entre les épaisseurs de la dense végétation elfique.
Il fut suivi par les plus fidèles de ses macari une fois qu’ils s’assurèrent de l’éloignement des kheyldariens de leurs frontières, sachant que leurs confrères en auraient fait autant maintenant que la demi-nis autour de laquelle les plus infâmes s’acharnèrent d’un côté comme de l’autre, n’était plus.
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout   Mar 10 Juin - 23:33

Le temps de la préparation du corps et de quelques gestes sacrés, la cérémonie fut conduite dans l'honneur et l'émotion. La terre que les elfes ne fouillaient qu'en de rares occasions était remise en place méticuleusement. Les rochers déplacés avaient regagné leur site. Les jeunes pousses dardaient à nouveau leurs feuilles vers le ciel. Le lieu était magnifique : sur cette colline protégée par les frênes en surplomb de l’immense forêt qui s'étendait à l'ouest. Non loin de là, un vrombissement à peine perceptible signalait la présence d'une ruche d'abeilles géantes.
D'un pas lent, la cohorte de macari s'ébranla vers l'est, vers Camthalion. Un chant funèbre s'éleva. Sans tristesse, l'improvisation mettait en valeur les qualités de la disparue ainsi que des traits marquants de sa personnalité.
Son engagement, sa douceur, sa lignée reconnue, sa fragilité, sa force, ses colères, ses joies, sans pudeur, elles furent comptées en elfe antique.
Resté en arrière, Vorondil surveillait son chef. Il avait pleuré pour lui, se demandant quel combat intérieur pouvait rendre Enseldrir si distant alors que tout s'écroulait autour de lui. L'arme maudite du macar dévoué semblait frémir dans son dos en réponse à celle qui avait donné la mort récemment et dont l'acier noir semblait absorber la lumière des Eleni : la double-lame du neuna, sagement remise dans son étui.
Alors qu'il allait s'enquérir de l'état de son leader, Vorondil sentit une poigne ferme le retenir par l'épaule alors qu'un chuchotement lui donnait un ordre péremptoire :

Laisse-le !

D'un mouvement brusque, le garde se dégagea de l'étreinte. Ses yeux croisèrent ceux de l'éclaireur en un éclat de défit.

La paix soit sur ceux qui ont perdu leurs sentiments dans les limbes de leur esprit.

Un regard glacial lui répondit.
Un haussement d'épaule et le garde fit volte-face, rejoignant les autres macari.
Terendul observa son chef, forme indistincte sous l'averse qui dardait tout alentour de sa colère humide.

Neuna ? Il est temps.

Enseldrir se tourna à demi, sous la pluie tout se mêlait. Il adressa un bruit indistinct de gorge pour signaler qu'il avait compris.
Quelle force fallait-il soudain pour se tourner ? N'y avait-il aucun devoir qu'il serait resté là encore longtemps. Mais il fallait se mettre en route.
Lentement, lourdement, comme s'il était revêtu d'une armure atan, le jeune macar fit face à son second.

Uma, Terendul. Uma.

Les deux silhouettes s'éloignèrent, disparaissant sous le rideau de pluie qui tombait aussi dru que les traits de l'Hossë sur des hordes ennemies.

Sur la tombe improvisée, une plante juvénile oscillait sous l'assaut incessant des lourdes goutes qui la frappait. Malgré le soin apporté au comblement de la tombe, elle était replantée de travers.
Dans un bruit sourd, la terre s'effondra alors légèrement, comme si un volume avait soudainement disparut sous la surface.

Enseldrir fût le seul à entendre le grondement étouffé. Il marqua un temps d'arrêt, les sens aux aguets, fronçant les sourcils. Puis, sans se retourner, il reprit soudainement sa marche d'un pas plus léger, incertain de ce qu'il avait perçu mais confiant en son espoir…
Derrière lui, au-delà du mur d'eau, une jeune pousse faisait danser ses feuilles sous l'impulsion de la pluie. Elle était droite à présent et la terre devenue plus meuble sous ses frêles racines lui faisait envisager son avenir sous de meilleurs auspices…  



Malicia a écrit:
Quelques jours plus tard, une messagère Kheyldarienne discutait avec son amie elfique :

Tu sais, je crois que je vais devoir partir un peu.


L'Allutrus s'inquiéta aussitôt :

Ha ? Partir partir ? C'est à cause de ce qui est arrivé à ta maîtresse ?

L'Alcamandrelle soupira tristement.

Oui, je crois que ce sera long.

Son interlocutrice s'agita un peu, mimant les espaces entre des deux petites mains au rythme de ses descriptions.

Mais tu ne veux pas dire long comme un long trajet, hein ? Sinon, ce serait déjà fait le temps de le dire. Tu veux dire, long comme le fait d'attendre que son géant ait fini de rédiger une missive avec sa plume qui traine dans l'encre. Donc un truc 'looooooonnnnng' et pas juste 'long' c'est ça ?

La mine pâle et défaite, Zéphira acquiesça faiblement.

Oui, c'est bien ça.

La magicienne renchérit :

Mais long comment ?

Son amie orpheline marcha mécaniquement et la prit dans ses petits bras. Leurs énorme tête rendait difficile l'étreinte mais elles y mirent toute leur âme.
Sa vois émue finit par lâcher :

Au moins… un an !

D'une voix pleine de force, Malicia affirma :

Ca ne va pas être facile, mais je tiendrais car je t'aime beaucoup Zéphira ! Un an, ça me va !

Devant l’air interloqué de son amie, Elle douta soudain.

Heu… attends juste une pitite minute, hein ?

Elle zouffa et s’enquit auprès d’Enseldrir :

Heu... dis voir : un an c’est bien quand le grand disque jaune plein de chaleur et de lumière se couche là et reviens là hein ?

Le doigt pointé désigna le sud puis le nord.

Le neuna soupira et finit par répondre :

Non, Malicia. Un an c’est lorsque la neige fond puis revient après l’éclosion de la vie, la douceur des nuit puis la chute des feuilles de la Taurë.
Un an c’est aussi long que ça.


L’Allutrus eut l’air complètement abattu.
Une larme enfla au bord de chacun de ses yeux. Elle bougonna :

Voui, ben les géants, ils ont des notions qui…. Ben qui craignent. Voilà !
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MessageSujet: Re: Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout   

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Enseldrir & Eámanë - Chapitre 6: Oser le tout pour le tout
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