Au delà des mers

Des aventuriers venus du monde entier découvrent une île peuplée d'étranges créatures. Humains, Elfes, Orques et Nains se lient pour la coloniser.
 
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 Eámanë Enialis (Valkhyria)

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Eámanë Enialis
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MessageSujet: Re: Eámanë Enialis (Valkhyria)   Ven 20 Juil - 23:09

CHRONIQUES:
Chapitre 25 :
Épistolat II: Un pas au delà de l'amitié
Image: Quand la force de l'attraction...


Montagnes du Nord: 13 Rastel du 1551ème cycle

Les yeux de la jeune femme pétillèrent d’émerveillement et de félicité, quand couvrant la distance qui les séparait, Il lui ajusta une délicate fleur de montagne entre les mèches, abattant les dernières barrières de formalité existantes encore entre eux en la tutoyant de sa voix suave. Les cheveux bruns de l'ex-lame légèrement ébouriffés lui donnaient un air coquet qu’elle ne lui connaissait pas et elle dut se retenir pour ne pas y passer les doigts de façon à y mettre un peu d’ordre.


- Viens, nous sommes attendus à l’Epistolat. La doyenne m’a fait part de ton acceptation en ces murs. Il me tarde de te dévoiler les beautés de ce lieu.

Étourdie par le nombre de sensations qui se succédèrent avec trop de rapidité, Valkhyria eut du mal à enregistrer le sens de ses paroles et ne sortit de sa torpeur que lorsqu’elle sentit le chaleureux contact de sa main se refermer sur la sienne pour la guider vers le grand portail de l’Epistolat. Puis les choses se précipitèrent soudainement quand le soleil fit place à d’énormes nuages sombres. Ils firent éclater toute leur colère sur les deux jeunes, les obligeant à prendre la volée pour se mettre à l’abri de la pluie torrentielle qui s'abattit en rafale.
Sans relâcher sa poigne, Nirannor entraina ainsi la jeune femme de ses longues enjambées la forçant de courir pour adapter son allure à celle de son compagnon et lui faisant pousser de temps à autres des petits cris d'excitation qui vinrent enrichir l’exubérance de leurs âmes de la résonance de son hilarité.

Une fois à l’abri du déluge sous le porche du cloitre, Nirannor se tourna vers Valkhyria, dont le visage était rayonnant bien qu'elle était trempée jusqu'à l'os. L’eau ruisselait toujours le long de ses joues, y collant quelques mèches de sa chevelure. Sa robe n’avait pas perdu de son éclat, mais imbibée d'eau de pluie, elle s’était resserrée sur son corps, valorisant ultérieurement les délicates sinuosités de celui-ci. Le mestre marchand, prit pas un sentiment dont il ne put maîtriser les effets, baissa instinctivement la tête pour couvrir les lèvres mouillées de son amie.

Sa bouche caressa celle de sa compagne avec hésitation en un premier temps, puis se fit plus chaude et audacieuse lorsqu'il sentit le corps de sa partenaire se relaxer contre lui.
Séduite par la douceur de son baiser et incertaine que ses jambes ne puissent la soutenir une minute de plus, Valkhyria fit timidement glisser ses mains le long de son torse pour s’agripper au tissu de son chemisier, faisant pousser au mestre un gémissement suffoqué de plaisir sous le touché de ses doigts fins. Doux Kélidar, se surprit Nirannor, la belle était donc si inconsciente dans son ingénuité, qu'elle ne se rendait compte du troublant supplice auquel elle était en train de le soumettre?

Derrière eux, Serindë et Zéphira, cachées à l’abri d’un coin de mur, observèrent cet échange avec grand intérêt, la première étirant son cou autant que ses petits muscles le lui permirent tandis que la seconde sautillait frénétiquement par dessus le dos de sa congénère dans la tentative d’avoir un aperçu plus commode de la situation. Elle en fit tant et si bien qu’elle finit par s’étaler bruyamment de tout son long sur les dalles froides laissant s’échapper une plainte qui suffit à surprendre les deux épistoliers. Ils se séparèrent brusquement, comme foudroyés par le retour à la réalité. Nirannor lui sourit enfin sans jamais quitter des yeux le tendre visage de l'archère, tandis qu’elle sentit ses joues s’empourprer violemment lorsque la raison reprit le dessus.

Au loin déjà, des cloches sonnaient, appelant les Enfants du Juste à leur devoir, indiquant le début de l'office de résurrection qui ne pouvait être omis par aucun des étudiants sous peine de radiation.

La belle se lissa nerveusement le devant de sa robe ruisselante, ne sachant plus que faire de ses mains, puis se gratta ensuite la gorge pour éveiller ses cordes vocales dont elle en avait oublié l’existence!


- Je… heu… je ne peux me présenter ainsi vêtue et dans un tel état. Bien que l’idée ne m’enchante guère, c’est Sir Aaron de Delfort qui a obtenu l’autorisation de pénétrer entre les murs de l’Epistolat…, il me faut donc trouvé un endroit où pouvoir me changer en toute discrétion.

Reprenant petit à petit ses esprits, Nirannor lui tendit la main, puis d'une voix douce, lui souffla quelques mots:

- Viens, suis-moi. Les dortoirs des hommes ne sont pas distants. À cette heure, nous ne devrions rencontrer personne et nous pourrons nous changer tranquillement. Pressons le pas, nous ne devons attirer l'attention de la doyenne.

Ainsi, il entraîna son amie en toute hâte qui se laissa guidée docilement entre les corridors cheminant les dédales du bâtiment. Arrivés à la dernière bifurcation séparant la zone femme de celle des hommes, des bruits de pas se firent entendre, se rapprochant dangereusement de leur position, les contraignant à se figer un court instant. La belle pâlit instantanément tout en replaçant sa capuche sur la tête, visiblement apeurée et n’ayant pour une fois aucun désir de combler sa curiosité. Elle se fit aux cotés de l’ex lame, se cachant instinctivement à moitié derrière son épaule gauche, conditionnée par un profond besoin de protection face à cette situation accidentelle.

Elle s’était tant et si bien préparée pour cette journée de retrouvaille et voilà qu'il risquait à présent de payer le prix de sa coquetterie. Elle venait d'arriver et elle était déjà exténuée, trempée et se rendit compte en levant son regard sur le beau visage de Nirannor que, par absurdité, elle n’eut pas encore l’opportunité de lui dire simplement "Bonjour".
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Eámanë Enialis
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MessageSujet: Re: Eámanë Enialis (Valkhyria)   Ven 20 Juil - 23:30

CHRONIQUES:
Chapitre 26 :
Épistolat III: À la chaleur d'une cheminée
Image: Dangereux brasier


- Montagnes du Nord: 13 Rastel du 1551ème cycle -
(Moins de 16 ans, s'abstenir de la lecture: contenu pour lecteurs avertis pouvant heurter la sensibilité des plus jeunes.)

Les cloches de l'Epistolat résonnèrent nouvellement poussant l'inconnu à s'arrêter quelques instants sur place.
Les deux lames se tenaient tapies le long du mur, juste derrière l'angle, n'osant respirer en attente de connaître auditivement ses intentions.
Tous deux se laissèrent échapper un profond soupir de soulagement lorsqu'ils entendirent le danger s'éloigner dans la direction opposée.
Malgré une situation délicate, Nirannor ne put s'empêcher de porter son regard sur les formes aguicheuses de la belle avant de s'emparer une dernière fois de sa main pour couvrir la courte distance qu'il leur restait à parcourir vers la sauvegarde.

Arrivés devant la première des chambres du dortoir masculin, le mestre en entrouvrit la porte, y passa la tète pour s’assurer que celle-ci était vide, puis se fit de coté pour faire entrer devant lui la jeune femme avant d’y pénétrer à son tour, fermant à clé le bâtant d’une double tournée.
Quand il se retourna vers elle, elle avait déjà fait glisser sa capuche sur son dos pour libérer sa toison humide qui avait bouclé en de belles vagues souples et dont la couleur s’était quelque peu assombrie sous l’effet de l’eau de pluie. Elle reprenait son souffle tout en se débattant avec la fermeture de son col, voulant se débarrasser de la cape. Quand elle réussit enfin à la dégrafer, elle la laissa glisser à terre, ignare de la provocation voilée que ses simples gestes impliquaient devant son compagnon. Quand leurs yeux se croisèrent, sa bouche s’étira en un superbe sourire, totalement privé de malice.


- Cette fois, nous avons frôlé de peu la catastrophe. fit-elle en hochant la tête.

Mais voyant que Nirannor ne souriait absolument pas pour des raisons bien différentes de celles qu'elle imaginait, elle se fit elle même plus sérieuse, convaincue que l’intensité de son regard était dû à un silencieux reproche pour le danger auquel ils venaient d’échapper.


- …quelle impardonnable erreur de ma part d’avoir ainsi sous-estimé la situation… je… heu… je suis vraiment désolée… je ne m’attendais pas à être admise le jour même à l’Epistolat… Je… hum, hum… non seulement j’ai mis en périple mon identité, mais aussi… Enfin je veux dire…

Elle bredouillait et elle en était consciente, mais c’était si dur pour elle, si rebelle et indépendante, d’admettre ses fautes et ses faiblesses. Pour se faire courage, elle parcouru mentalement les évènements encourus: son arrivée, l’accueil chaleureux qu’il lui réserva, la course effrénée sous la pluie, le poids de ses lèvres sur les siennes…

- Tu… Tu aurais pu être radié par ma faute… fit-elle tout en cherchant du regard un point quelconque d’intérêt dans la chambre, lui permettant de fuir les prunelles sombres de son ex mentor.

Sa vision s’arrêta sur le foyer se trouvant dans l’angle droit de la salle, où des morceaux de bois carbonisés encore rouges de chaleur apparaissaient sous les cendres. C’est à ce moment qu’elle se rendit compte de greloter perceptiblement de froid.

À la dernière remarque de Valkhyria, Nirannor pensa que même si dans le cas présent, sa place à l’épistolat avait pu être remis en cause, il n’aurait pas agit différemment.

Un dernier tintement de cloche indiqua que la prière allait commencer et les deux ex lames ne pourraient arriver à temps.

Sans dire un mot, il s’approcha de la belle et l’amena par la main près de l’âtre qui émanait une douce chaleur, insignifiante comparée à la sensation incendiaire qui remonta le long du bras de l'archère lorsque les doigts du mestre se refermèrent de manière possessive autours des siens.
Depuis que Valkhyria le connaissait, Nirannor avait toujours été distant dans ses relations sociales, tout en restant fortement amical. Peu habituée à cette métamorphose, elle avait du mal à concilier les réponses excessives de son corps à chaque fois qu’il s’approchait trop d’elle, l’effleurait ou la touchait.


- Déshabilles toi et réchauffes toi, sinon tu risques d’attraper du mal. fit-il sur un ton imperceptiblement autoritaire,

Sans attendre la moindre réponse, il se dirigea vers de grandes armoires qui se trouvaient à l’autre bout de la pièce. Ouvrant l’une d’elle, il en sortit des tuniques, haut de chausses et chausses qu’il étala sur un des lits se trouvant à ses côtés. Puis, un à un il les déplia pour trouver un ensemble correspondant aux mesures de la belle. Une fois trouvé, il les prit et s’approcha de la cheminée et s’empara d’une chaise pour les y poser dessus.

La dernière phrase prononcée par son ex mentor la fit pâlir à nouveau. Elle vit son ami fouiner dans l’armoire pour lui fournir un change adéquat aux lieux, comme si le fait d’aider sa compagne alors que celle-ci devait se dévêtir en sa présence était la chose la plus naturelle du monde.
La seule personne, à part sa mère, qui avait eu le privilège de la voir entièrement nue, fut son ami d’enfance Kélyan, avec lequel elle avait partagé un amour fraternel d’une totale innocence et passé de joyeuses journées de baignade dans les eaux fraiches de la rivière qui traversait la petite propriété que son père avait offert à son amante pour lui permettre d’élever leur enfant en toute tranquillité, loin du château et de son épouse. Mais ceci fut avant que son adolescence ne transforme les formes droites et rigides de l’enfance en de douces et sinueuses courbes féminines. Ce fut aussi avant le jour funeste lors duquel sa mère fut sauvagement violée.

Elle se retourna de manière à se positionner dos à lui pour commencer par se débarrasser de ses bottes et faire glisser à terre ses dessous qui avaient entre temps absorbé une partie de la moiteur de ses vêtements. En se redressant, elle fit ensuite remonter ses bras le long de son dos vers le magnifique corset qui enveloppait et épousait fidèlement la longueur de son tronc. Elle ferma les yeux, voulant chasser le sens d’oppression que la présence si proche de l’ex lame générait, mais les rouvrit aussitôt sentant toute sa bravoure lui échapper sous les pieds quand elle réalisa en touchant les lacets étroitement serrés, qu’il aurait fallut s’y prendre à deux pour s’en dégager.


- Ho, mon Dieu! se laissa-t-elle échapper en un murmure.

Elle essaya tout de même de s’attaquer frénétiquement aux lacets, arrivant à l’inévitable conclusion que ses efforts étaient inutiles. Ils s'avérèrent solidement noués et fixés à leurs petits crampons et elle avait beau prier et maudire, rien n’y faisait!


- Je crains… de ne pouvoir y arriver sans aide dit-elle d’une voix à peine audible, tandis qu’elle se sentait rougir jusqu’à la racine des cheveux.

D’un mouvement peu assuré, elle fit passer sa soyeuse toison de feu à l’avant, découvrant ainsi sa nuque et ses épaules nues et délicates, pour faciliter à Nirannor l’accès à son corset. Puis Valkhyria laissa retomber ses bras le long de son corps serrant les poings contre le tissu de sa jupe, tandis que l’attente qui paraissait interminable aiguisait tous ses sens.

Le regard de Nirannor suivait les zones de peau ainsi découvertes. Le temps semblait s'être arrêter tout autour de lui et seul le crépitement du feu venait altérer le silence qui enveloppait les deux épistoliers. Incapable d'émettre le moindre son, le mestre marchand sombrait dans un état second. La requête de Valkhyria provoqua chez l'ex lame des réactions non avouables. Ses mains tremblèrent légèrement devant ses frêles épaules dénudées alors qu'il s'attarda à dénouer le corset.

Répondant à l'instinct le plus primitif qu'il soit, Nirannor ne put résister. Il inclina lentement le visage pour déposer un léger baiser sur une de ses épaules, remontant le long de celle-ci jusqu'à ce que leurs joues se caressent. Le parfum doux et délicat de l'épiderme dévoilé réveilla d'autres sens chez l'épistolier.
Puis, alors que ses mains se rapprochèrent de la hauteur de ses reins, le vêtement récalcitrant tomba d'un coup, laissant Valkhyria dans une nudité totale. Il ne put stopper ses émotions et prit la belle par la taille, la faisant tourner lentement vers lui.

Perdu dans les abysses de la tendresse, Nirannor ne sut plus ce qu'il faisait. Il ne contrôla ni ses gestes, ni ses pensées et se laissa emporter par cette lame de fond que l''on appelle Amour.
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MessageSujet: Re: Eámanë Enialis (Valkhyria)   Ven 20 Juil - 23:37

CHRONIQUES:
Chapitre 27 :
Épistolat IV: Lorsque cœur et corps s'opposent.
Image: Peur charnelle


- Montagnes du Nord: 13 Rastel du 1551ème cycle -
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Valkhyria retint son souffle quand elle sentit l’envoutante tiédeur des mains de Nirannor se propager le long de sa colonne. Ses doigts frôlèrent involontairement à plusieurs reprises la peau veloutée de son dos qui se révéla progressivement aux yeux du mestre au fur et à mesure que le tissu s’écartait à chaque fois qu’il parvenait à libérer les lacets d’une de leurs attaches.
Elle ne put s’empêcher de tressaillir légèrement, étouffant un gémissement de surprise lorsque les lèvres de son compagnon vinrent se poser avec une infinie délicatesse sur son épaule, faisant éclater un flot surprenant de petits frissons qui grimpèrent avec impertinence le long de son cou et dont le mestre suivit la trace jusqu'à se retrouver joue contre joue.
Sa respiration se fit plus profonde, plus rapide et ses poumons se dilatèrent presque douloureusement, exigeant une quantité d’air vraisemblablement supérieure à celle qu’ils pouvaient humainement contenir.

Puis elle sentit les panneaux du corset de sa robe céder subitement avant de glisser le long de ses hanches pour atterrir autours de ses pieds. Elle aurait voulu se baisser pour faire remonter le tissu sur ses formes totalement exposées, mais se pétrifia dès qu’elle sentit les bras de son mentor lui encercler la taille pour l’obliger à se retourner face à lui.
Captive du magnétisme masculin qui l’enchaina malgré elle à son regard, elle y découvrit le désir fiévreux qui enflammait ses pupilles sombres et qui menaçait de les consumer tous deux le long d’un chemin sans retour.

Nirannor laissa ses résolutions se dissoudre comme neige au soleil et incapable de résister une minute de plus, il baissa lentement la tête vers le visage de la jeune femme pour s’emparer de sa bouche en un baiser des plus chauds.
Il s’attarda longuement sur ses lèvres tremblantes qui s’empourprèrent délicieusement sous son habile assaut. Il dégusta quelques instants leur plénitude, se laissant transporter par leur irrésistible volupté et ne rencontrant aucune résistance de la part de sa compagne, il se fit plus audacieux et se fraya passage de sa langue.

Valkhyria, submergée par la puissance des sensations qu’il lui faisait découvrir, entrouvrit ses lèvres pour mieux l’accueillir, tandis qu’elle fit passer une main derrière sa nuque pour s’agripper à lui et prolonger l'étonnant plaisir qu'il lui procura.

Sans briser l’exquise intimité de cette union, le mestre lui flatta les reins de caresses lentes et langoureuses, débordantes de tacites promesses. Les quelques mois passés loin des forges et des champs de bataille avaient permis la guérison complète des lésions et des ampoules que Nirannor avait collectionné sur les paumes de ses mains durant les longues périodes d’apprentissage artisanal et de combats. Elle en savoura pleinement toute la douceur le long de sa croupe tandis que son cœur se mit à battre la chamade avec une telle force contre ses côtes, qu’elle le soupçonna prêt à exploser à tout moment. Il se gonfla d’une joie unique et irrépressible quand elle se rendit enfin compte que l’amitié qui les liait depuis presque un cycle, avait muté quelque part en cours de route, en une émotion des plus nobles et des plus généreuses.

Malgré la soudaine révélation de ses propres sentiments envers cet homme pour elle exceptionnel, la logique lui hurla froidement de fuir son étreinte. Mais son corps refusa catégoriquement de coopérer, prisonnier d’une famine suprême et inexplicablement vorace qui dépassa sa force de volonté. Il vibra spontanément sous chacune des caresses du mestre et se cambra vers lui par reflex à la recherche d’un soulagement aussi primitif que primordial. Son confrère n'avait pas encore eut le temps de se changer et bien que ses vêtements fussent encore humides, cela ne la découragea aucunement. À travers le textile adhérant de sa tunique, elle sentit la chaleur émanant de son torse l’envouter avec prépondérance, la leurrant à se réfugier plus profondément dans son embrasse protectrice.

Les frissons qui secouèrent la belle la faisant frémir sinueusement entre ses bras revigorèrent l'excitation de Nirannor qui, n'y tenant plus, renforça l’enlacement autour de sa taille fine pour annuler toute distance restante.
C’est ainsi que le corps de la jeune épistolière épousa intégralement celui de son partenaire et que la partie inférieure de son bassin vint se plaquer contre la rigide et imposante virilité de ce dernier.

Tout allait vite, trop vite… Le choc fut immédiat, inattendu et son instinct reprit instantanément le contrôle de ses muscles. Elle se libéra en repoussant brusquement son compagnon pour s'en éloigner. Puis elle empoigna la tunique que le mestre avait sélectionné pour elle et s'en couvrit le corps. Dans l’élan, elle vint se placer derrière la chaise pour prévenir de cet obstacle, toute nouvelle invasion de son espace vital.
Le mestre n’appartenait absolument pas à cette triste catégorie de libertins ou de dangereux pervers courant le royaume à la constante recherche de nouvelles proies.
Avec le temps, il devint un point de force et de support d'où puiser courage, foi ou sérénité selon l'occasion. Mais ce soir-là entre les murs des dortoirs de l’épistolat, elle découvrit qu’il se convertit aussi en sa plus grande faiblesse. Confrontée à celle-ci, elle se surprit totalement démunie et ne sut que faire à part fuir pour s’en protéger. Jamais elle n’envisagea devoir un jour affronter ses démons face à l’homme qui fut capable d’accéder secrètement et si silencieusement à son cœur.

Il fallut quelques minutes à Nirannor pour se ressaisir de ces quelques moments de folie amoureuse et reprendre le dessus de ses sens. Quand l’épaisse brume qui avait enveloppé sa raison se dissipa enfin, la belle était déjà hors de sa portée, tremblant aussi violemment qu’une bête sauvage traquée. Les secousses qui animaient son corps, la pâleur de son visage ainsi que l’expression apeurée de ses grands yeux d’émeraude eurent le même effet d’une claque. Pourtant il ne fit aucune erreur d'interprétation, de cela il en était certain. Elle répondit à ses avances avec une ferveur égale à la sienne, se laissant intoxiquer par la même appétence dont il fut victime.
Femme effrontée et impulsive envers son entourage, brave et souvent intrépide jusqu'à l'imprudence sur les champs de bataille, cela ne lui ressemblait guère. Jamais il ne la vit en un tel état auparavant.
Une peur si viscérale ne pouvait être engendrée par l’effroi qui accompagne parfois l’innocence, se dit-il, ce n’était d’ailleurs pas de la simple frayeur qu’il surprit dans le regard de son amie, mais une véritable terreur, celle d’une femme devant un homme sexuellement excité…

Son passé lui était encore complètement inconnu, mais il commençait à se poser de sérieuses questions quant au choix de son identité et aux raisons qui la poussèrent à se cacher avec tant d’ardeur.

Nirannor, d'abord hagard devant cette réaction, dut se résoudre à ne pas en comprendre le sens car là, l'expérience ne pouvait lui venir en secours.
Ne voulant la blesser d'avantage, il se retourna pour se retirer au fond de la pièce et se changer lui-même. Il prit son temps pour laisser à la belle l'opportunité de se revêtir entièrement tout en se calmant, avant de lui faire nouvellement face.

Aucun son à part le crépitement du feu ne vint déchirer le silence de cette atmosphère lourde et embarrassante.
Consciente que sa réaction fut excessive, la jeune femme s’attendit à ce que le mestre l’accable légitimement de questions auxquelles elle n'aurait pas eu la bravoure de répondre immédiatement. Mais il n’en fit rien.


- Allons-y, l'office vient de commencer. murmura-t-il presque.

Précautionneusement, il s'avança vers elle et lorsqu'il fut à un pas, lui tendit la main, bien décidé à retourner sur l'épisode en un moment plus propice.

La caresse de sa voix dissipa les dernières craintes de la belle et encouragée par sa poigne chaleureuse, elle se laissa finalement guider avec docilité hors des dortoirs.

Le temps aurait été son allié, pensa Nirannor, cela il le devinait et il en était certain...
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MessageSujet: Re: Eámanë Enialis (Valkhyria)   Sam 21 Juil - 17:12

CHRONIQUES:
Chapitre 28 :
Épistolat V: La voie de la diplomatie.
Image: Jardin interne de l'Épistolat


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Un peu plus de six semaines s'étaient écoulées durant lesquelles les deux épistoliers se côtoyèrent rarement, concentrés qu'ils étaient chacun de leur coté sur leurs propres études.
Malgré la pénurie de temps passé ensemble, Nirannor ne perdit jamais occasion lorsqu'ils étaient seuls de tenter de briser la barrière physique de sa compagne, ne serait-ce qu'en lui recouvrant une main de la sienne lors de leurs conversations ou en la conduisant par la taille durant leurs déplacements jusqu'à ce que cela devienne naturel entre lui et Valkhyria.
Jamais il ne se poussa au-delà de ces simples gestes d'affection.
Ils se retrouvaient généralement aux heures des repas ou entre deux cours dans un coin retiré des jardins. Ils affrontaient uniquement des sujets de nature pédagogique, les intercalant à quelques anecdotes comiques qui ne manquaient guère entre les murs de l'Épistolat.

Arrivé au terme de sa formation, le mestre surmonta avec aisance l'épreuve des examens finals et fut promu au rang de Chapelain au sein de l'ambassade Kélidarienne.
Bien que d'un côté cela leur donnait une raison de se réjouir, de l'autre ils étaient tous deux conscients que cette promotion signait aussi le départ du néo-diplomate pour prendre pleine responsabilité de ses nouvelles fonctions.

Ne voulant se perdre de vue, les deux lames discutèrent des différentes possibilités d'engagement qui s'offraient à l'archère au sein de l'armée en accord avec ses compétences. L'amertume de leur imminente séparation fut quelque peu allégée en découvrant que l'ambassade recherchait des gardes pour escorter ses diplomates durant leurs expéditions.
Une ex lame furtive de l'ordre des Lames de la Foi telle que Valkhyria aurait été acceptée sur le champ, Nirannor n'avait aucun doute quant à cela. De plus, il n'en tenait qu'au diplomate lui-même de choisir son escorte... Il n'en fallut pas plus pour convaincre la belle à s'enrôler une fois encore entre les rangs de son Host malgré les réticences qu'elle nourrissait envers le corps militaire Kélidarien.

Les murs de l’Épistolat se firent très restrictifs pour la jeune femme après le départ du chapelain deux jours plus tard. Combien de mois manquait-il avant qu’elle puisse terminer son apprentissage et passer elle aussi son examen définitif? Beaucoup trop à son gout.

Dès son arrivée en cette prison de culture, lors de sa première entrevue avec la hiérarque, celle-ci lui conseilla de suivre le chemin de la magie. Elle commençait tout juste à se familiariser avec les premiers sorts, mais à quoi bon cette apprentissage à présent qu'elle savait d'être proie de l'enchantement le plus subtil et puissant existant au monde et dont aucune académie ne possédait la recette? Une magie inévitable, capable de laisser n’importe quel être vivant sans défenses, ni volonté propre et pour laquelle l'unique antidote, parfois inefficace, restait le temps?

Elle ne pouvait plus concevoir les jours à venir sans la présence de Nirannor à ses côtés maintenant qu’elle savait son cœur battre pour deux et en vue du rang qu'elle envisageait d'obtenir de manière à pouvoir se joindre à lui, elle opta pour l'approfondissement des idiomes.

Ce fut ainsi que les jours se transformèrent en semaines, puis en mois, passant du printemps à l'été, pour faire place à l'automne. Elle passa la plupart de son temps en bibliothèque, se perfectionnant en ancien Ithorien, en runes anciennes, en elfique et elfe antique. Elle tenta aussi d'assimiler le langage des orques, mais la prononciation était si gutturale et disgracieuse qu'elle en abandonna la découverte.

Les missives que le Chapelain et la belle s'échangèrent entre temps furent nombreuses. Elle était devenue désormais sa "douce" ou encore sa "mie" lorsque ses messages se faisaient un tantinet plus nostalgiques. A chaque fois qu'elle en recevait une, les murs de l'Épistolat semblaient se refermer un peu plus sur elle, devenant insupportablement suffocants.

Au début de Filandor, elle fut officiellement intégrée entre les Gardes d'Escorte par le vouloir et sous les ordres de Sire Kaine de Milkaor.
Trois semaines plus tard, Nirannor l'informa d'une mission de recensement en cours de préparation pour laquelle il avait expressément requit sa présence en ses nouvelles fonctions de garde. Non seulement elle allait enfin le rejoindre, mais cette nouvelle charge la mènerait sur les anciennes terres au-delà des montagnes du Nord, à Gardebois où il l'y attendrait un ou deux mois plus tard une fois la délégation officiellement approuvée.

Ce jour-là, sur un coup de tête, ou plutôt était-il plus correct de le définir un coup de cœur, elle prit une décision aussi rapide que radicale. La nuit venue, elle se jeta la besace sur les épaules et parcourut silencieusement les couloirs de l’épistolat en attente que les imposants battants de ses portes s’ouvrent, profitant de la première occasion pour se faufiler à l’extérieur de ses murs.

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MessageSujet: Re: Eámanë Enialis (Valkhyria)   Sam 21 Juil - 17:17

CHRONIQUES:
Chapitre 29 :
Épistolat V: Retour au service de son Host.
Image: Garde d'escorte: prise des fonctions


- Kalahann: du 29 Filandor au 8 Volganor du 1551ème cycle -

L'archère parcourut le chemin menant de l'Épistolat à Kalahann en prenant son temps. Elle aurait bien voulu s'arrêter une ou deux nuits à Dalarielle en cours de route, mais suite à l'agression qu'elle y avait subie lors de son dernier passage, elle jugea plus prudent de contourner la ville de loin et de l'éviter pendant quelques temps encore.

Elle parvint à destination une semaine plus tard et se présenta à l'ambassade dès son arrivée pour prendre possession de son rang. Elle y connut son Capitaine le jour même.
Kaine, qui ne devait pas avoir un âge très éloigné du sien, lui parut bien jeune pour son grade, mais il se démontra très vite digne de son titre pour les excellentes prestances martiales.

Il y avait plusieurs nouvelles recrues parmi les gardes d'escorte, pourtant son supérieur semblait nourrir un intérêt particulier quant à la formation du frêle "Aaron", revenant irrémédiablement s'entraîner avec elle dès qu'il terminait chaque leçon théorique.

La période de spécialisation aurait dû se prolonger pendant cinq mois, mais elle n'en fit que deux avant qu'une missive officielle de l'ambassade ne parvienne à Kaine pour lui ordonner l'affectation de son subordonné De Delfort. Le capitaine, contrairement à Valkhirya, fut extrêmement étonné que l'on fasse appel à un nouvel adepte alors qu'il avait tant d'hommes sous son commandement ayant une expérience bien plus longue derrière eux.
D'ailleurs, il ne manqua pas de faire part de ses considérations personnelles directement à l'intéressée, qui de son côté fit la fine mouche et se contenta simplement de lever les épaules d'un air totalement innocent.

Son supérieur lui exposa sa mission dans les moindres détails et sous prétexte d'exploiter cette occasion pour se dégourdir les jambes ankylosées par l'inactivité, il décida de l'accompagner en tant qu'observateur, ce qui ne manque pas de gâcher le restant de la journée à l'archère.

- Nous partirons pour Gardebois dans deux jours, à l'aube. En attendant, prend le temps qu'il te reste pour te distraire.

Puis fouillant dans ses poches, il en sortit quelques pièces d'or et lui lança.

- Tiens, si tu ne sais pas où aller, je te conseille de te rendre à la taverne du Lys Noir. Ils y font un excellent hydromel et tu y trouveras plus d'une donzelle fougueuse et impatiente d'adoucir chaleureusement ta nuit.

Sous la capuche et son cache-nez, les joues de la belle s'empourprèrent considérablement d'une rage subtile qu'elle dut étouffer par devoir d'obéissance envers son supérieur. De plus, tout soldat masculin se serait surement sentit adulé par cette petite récompense...

- Profites-en bien, car ensuite il te faudra supporter une longue période d'abstinence. conclut-il tout en s'éloignant, faisant retentir ses ricanements.

Valkhyria resserra le petit butin offert par Kaine avec un certain dégoût et tourna les talons en sens opposé sans le remercier. Elle sortit de la salle d'entraînement pour se rendre en centre-ville s'approvisionner. Ce ne fut que quelques heures plus tard qu'elle fit retour dans ses chambres où elle s'enferma, bien décidée à se détendre et à se reposer jusqu'au moment du départ.

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Eámanë Enialis
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MessageSujet: Re: Eámanë Enialis (Valkhyria)   Sam 21 Juil - 17:23

CHRONIQUES:
Chapitre 30 :
Traversée du grand désert.
Image: Désert du Nord-Ouest de Kalahann


- Montagnes du Nord: du 10 Volganor au 22 Logalios du 1551ème cycle -

Kaine trouva son garde déjà prêt à prendre la route lorsqu'à l'aube du jour établit il se rendit devant la porte de son logis pour l'en sortir.

Valkhyria accueillit avec un certain étonnement la décision de la part de son capitaine d'emprunter l'accès ouest de la ville pour s'en éloigner. Cela les obligerait de traverser l'immense zone désertique se trouvant entre Walldamen et Kalahann.


- La mission de recensement ne commencera qu'à la fin du mois prochain, nous aurons donc le temps d'y perfectionner ta technique et ton endurance. avait-il annoncé en toisant la silhouette un peu trop frêle de son subordonné.

N'était-il pas censé l'accompagner uniquement en tant qu'observateur, se renfrogna l'archère. Pourtant, voici qu'il décidait non seulement de son itinéraire, mais aussi de son emploi du temps.
Ce qui la dérangeait par-dessus tout dans cette situation imposée, était la conscience que cela prolongerait leur trajet d'au moins une semaine, voir plus, alors qu'elle s'était fortifiée à l'idée de rejoindre Nirannor bien plus tôt que cela. Elle prit ainsi son mal en patience, résignée à l'idée de devoir traverser la zone aride la plus vaste du royaume Ilthorien

Une zone désertique…
La jeune archère n’aimait guère arpenter ce genre de territoire, bien qu'elle ne pouvait nier la majestueuse beauté mortelle de cette immense étendue sablonneuse..
Le contraste panoramique fut choquant lorsqu'ils quittèrent la lisière des sous-bois. Son sable fin présentait une couleur d'un rare et pâle rose saumon, se détachant magnifiquement contre le bleu de la voûte céleste, intense et limpide malgré la saison. De gros rochers brisaient ci et là la monotonie des courbes sinueuses des dunes, offrant des crevasses fraîches et des zones ombragées pour s'y reposer à l'abri des impitoyables rayons solaires durant les heures les plus chaudes de la journée.

Ils se mettaient en route chaque soir dès le coucher du soleil, se laissant orienter par les étoiles dont la luminosité ne trouvait aucun voile nuageux venant les faire pâlir.
La fraicheur poignante qui accompagnait la disparition de l'astre du jour les poussait à allonger le pas, l'exercice physique étant la méthode la plus efficace de garder la chaleur du corps assez élevée pour y résister.

Était-ce l'apparence accablante d'un panorama si oppressant ou le silence tout aussi affligeant qui délaya la langue de son capitaine, l'archère n'aurait su le dire. Tout était qu'il se fit bavard et qu'elle aurait préféré de loin qu'il économise son énergie pour faire aller les muscles de ses jambes plutôt que de l'accabler de ses propos qu'elle découvrit être extrêmement sexistes.

Récemment délaissé par sa compagne, dont il était apparemment encore profondément amoureux, il s'en prit à toute la gente féminine, selon lui indigne de fiabilité et incompétente sous tous les aspects saufs ceux proprement classés comme étant "ménagers" ou "procréatifs"!

La traversée de cette gigantesque arène naturelle se termina en mi-logalios, un peu plus au-delà de Walldamen. Bref, à peine à moitié chemin entre Kalahann et l'entrée du tunnel prohibé.
Ils profitèrent d'un affluent de la Rivière des âmes pour se ravitailler en eau avant d'en longer les rives jusqu'aux montagnes du Nord-est. Heureusement, la route restante fut moins difficultueuse à parcourir, ainsi ils arrivèrent très rapidement au portail étroitement gardé des galeries souterraines séparant Ilthoria de tout contact extérieur.

Plusieurs cycles étaient passés depuis le jour où elle décida d'abandonner Mont-d’Argent en quête de dignité, ce fut donc avec un certain émoi qu'elle remit son laissez-passer diplomatique aux gardes affectés à l'entrée du passage.
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MessageSujet: Re: Eámanë Enialis (Valkhyria)   Dim 29 Juil - 15:24

CHRONIQUES:
Chapitre 31 :
Beautés dissimulées.
Image: Lac souterrain


- Montagnes du Nord: du 22 au 28 Logalios du 1551ème cycle -

Une fois au-delà du portail, Valkhyria s'émerveilla devant le nouveau spectacle qui s'offrit à ses yeux.

Ce que les Kheyldariens appelaient vulgairement le tunnel était en réalité un ensemble de superbes galeries sinueuses sur lesquelles s'ouvraient de nombreuses cavernes naturelles formant des salles aux formes et dimensions les plus variées, parsemées de guirlandes de stalactites et quelques stalagmites venant les embrasser.

Un cours d'eau souterrain alimenté par de magnifiques cascades y serpentait, faisant reluire de ses reflets ondulants les parois humides ainsi que les minéraux emprisonnés dans la roche.

Longeant ce dernier, l'archère et son supérieur arrivèrent à la hauteur d'un immense lac d'eau douce au-dessus duquel les rayons du soleil se frayaient passage au travers des fissures creusées par les infiltrations de neiges fondues. Ses magnifiques voilages luminescents attribuaient une beauté majestueuse presque surréaliste à ce panorama souterrain.

Fusse pour la beauté des lieux ou plus simplement pour l'effective résonance de sa propre voix contre les voutes, Kaine se tût enfin, laissant un peu de répit aux tympans de son subalterne.

Il s'avérait cependant imprudent de s'y attarder, car ils n'étaient pas les seuls à occuper ce passage. Plusieurs troupeaux de slaads y trouvèrent logis en transformant quelques-unes des cavernes en des zones de reproduction. Comme pour la majorité des créatures, ils défendaient leurs progénitures par l'agression et leur nombre les rendait dangereusement fatals en cas de confrontation.

Ils furent donc obligés de contourner les antres et les secteurs occupés, ce qui allongea les temps de traversée de deux jours.

Ils sortirent enfin de ces longs boyaux sous-jacents, heureux de retrouver la lumière naturelle de l'astre du jour.
La ville de Gardebois était si proche qu'ils pouvaient déjà en apercevoir les murs de ceinte depuis leur position.

Il ne manquait plus que quelques heures de route séparant l'archère du chapelain et de la fin de son calvaire auditif!
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MessageSujet: Re: Eámanë Enialis (Valkhyria)   Dim 29 Juil - 17:47

CHRONIQUES:
Chapitre 32 :
Retour aux anciennes terres.
Image: Gardebois


- Gardebois: du 28 Logalios au 11 Danurmos du 1552ème cycle -

Nirannor avait préparé au mieux la délicate mission de recensement et attendait maintenant l’arrivée de sa garde pour partir. Celle-ci ne devait plus être très loin de Gardebois, selon les dernières nouvelles reçues par le Chapelain-Mestre marchand.

Pour ne pas perdre trop de temps, il se rendit à l’entrée Ouest de la citée afin de les y attendre.
Le ciel d’un bleu profond annonçait une belle journée et Nirannor pensait déjà aux retrouvailles et à la joie de revoir Valkhyria.
Assis le long d’un mur, exposé plein sud, il mâchait une tige de réglisse…

Ce fut en fin de matinée qu’il perçut deux silhouettes armées. Se levant, il se dirigea vers elles.
Au fur et à mesure qu’elles se rapprochaient, il pouvait deviner qu’elles étaient bien celles qu’il attendait. La première, de forte carrure laissait entrevoir son harnois brillant aux armoiries de Kheyldar. La seconde, plus en retrait était bien familière aux yeux de l’ex lame.

Une fois l’un face à l’autre, les deux hommes se saluèrent amicalement. La jeune se plaça silencieusement derrière son capitaine, suivant l’étiquette et laissant celui-ci prendre parole. Un léger grommellement de proteste s’échappa involontairement de ses lèvres quand elle l’entendit exprimer la "platitude" de leur excursion!

Ce ne fut que lorsque son supérieur se fit de côté pour lui permettre de saluer Nirannor, qu’elle sentit la caresse familière de son regard l’envelopper chaleureusement. Elle avança lentement vers lui tandis que le temps sembla se figer autour d’eux et il lui fallut plusieurs secondes pour retrouver l’usage de ses cordes vocales.


- Sire… Nirannor, ravi de vous assister dans vos nouvelles fonctions fit-elle en allongeant une main peu ferme dont elle sentait déjà la peau frémir avant même qu’il ne la renferme dans sa poigne.

Les doigts chauds du chapelain qui enveloppèrent, possessifs, ceux de la belle répondirent à ce contact avec le même emportement et Valkhyria sentit un vide d’une cruelle intensité quand il fut contraint de les rétracter. La jeune femme était encore peu accoutumée aux nouvelles sensations qu’il déclenchait en elle par sa seule présence, le destin n’ayant cessé en effet de les bousculer depuis le jour de leur retrouvailles à l’Épistolat, lorsque Nirannor l’accueillit, à sa grande surprise, en réclamant pour lui les lèvres de son amie.

Son camarade d’enfance Kélyan n’avait-il pas tenté à plusieurs reprises de lui expliquer les joies et les périples de l’amour à chaque fois qu’il tomba sous le charme d’une belle donzelle pour justifier son comportement illogique, en n’obtenant d’elle qu’un regard incrédule et sceptique?
Elle se rendit compte à présent qu’elle sous estima ses propos.

Par quelle magie, le Chapelain s'y prenait-il pour qu'elle se sente à la fois effrayée et si galvanisée, ne pouvant maitriser les réactions de son corps qui, prenant une vie propre, se tournait irrémédiablement vers lui contre tout vouloir, obnubilé par la sensuelle chaleur qui l’envahissait à la seule idée qu’il ne l’effleure…

Le chapelain de son côté dut se retenir pour ne pas céder au besoin qu'il ressentait de la soulever de terre pour l'enserrer aussi étroitement que possible à lui. La sensation de sa peau le laissa sans voix pendant quelques instants mais il dût, malgré ses sentiments profonds, faire abstraction de ses pensées et aller de l'avant. Ainsi, se tournant vers le Capitaine, il expliqua la mission:


- Je dois, avec votre protection, faire le tour de l'évêché de Gardebois afin d'en faire un recensement précis. Villages, hameaux, nombre de Kheyldariens et quelques autres renseignements dont Notre église et Notre ambassade pourrait avoir besoin. Je dois reconnaître mon ignorance du terrain et ne sais sur quoi ou qui nous pourrons tomber. C'est pourquoi j'ai demandé, une protection.
Voilà en quelques mots le principal, bien entendu, nous en reparlerons pendant notre voyage. Si vous avez la moindre question, n'hésitez point.


Devant le mutisme de son escorte, il enchaina:
- Bien, dans ce cas, allons-y. J'ai déjà réservé nos chambres à l'auberge de Gardebois pour les prochaines semaines à venir.

Une demi-lune s'écoula ainsi, entre les départs en éclairage de l'escorte, les planifications des entrevues avec les maires et la mise à jour des données acquises.
Nirannor se mit souvent en des situations difficiles pour sa protection, ce qui poussa Valkhyria à le sermonner plus d'une fois. De son côté elle dut supporter le souffle constant de son capitaine sur le col!

Sachant que la belle se serait renfermée sur elle comme un oursin à chacune de ses avances, le chapelain limita volontairement les contacts entre lui et sa dulcinée à quelques chastes caresses fugitives et de nombreux regards dont l'intensité était sans équivoque quant à ses intentions.
Il fit habilement monter la tension sexuelle qui existait entre eux jusqu'à la limite de la résistance, poussant la jeune femme à le "chercher" instinctivement.

Puis un soir, avant le souper, lorsqu'il fut certain de la savoir prête à accepter son ardeur, Nirannor profita d'un de ses sermons pour la déplacer. Sur un ton qu’elle voulut réprobateur à l’égard de l’ex lame, Valkhyria qui passait à ses côtés, murmura entre ses dents pour ne pas être entendu par son supérieur:


- Nirannor, à quoi pensais-tu là-dehors, ignorant manifestement mes instructions! Il n’est pas prudent de…

Mais il ne lui accorda pas le luxe de terminer sa phrase, qui mourut sur le bout de sa langue lorsqu’elle le vit se rapprocher à un souffle d’elle et avertit l’haleine chaude du Mestre lui caresser l’oreille gauche.

- Tu auras tout le temps plus tard de corriger mon comportement. Cette nuit sera pour nous, ma douce...

Avec une aisance des plus naturelles, il venait d'anéantir en elle tout ressentiment d’une simple et savoureuse promesse qui la figea sur place, bouche bée, visiblement hébétée, alors qu’elle prenait lentement conscience de toute l’ampleur des paroles qu’il lui murmura avec une détermination telle qui n’admettait aucune retraite.
Plus audacieux que jamais, il ne se contenta pas des seuls mots et dans le but d’en renforcer le poids, il lui caressa hâtivement la main du bout de ses doigts, faisant effondrer toute résistance chez sa compagne, dont les pupilles vertes se dilatèrent d’une fièvre dont elle pouvait voir le reflet dans les yeux du Chapelain.


- Nirannor, ce n’est… ce n’est pas prudent… répéta t’elle, mais cette fois-ci sous un tout autre contexte, tout en déglutissant nerveusement sous l’intensité de l’évident désir qui hantait le regard de l'homme.

Ils furent interrompus par la voix de Kaine qui les invita à prendre place à table pour diner.

Le souper fut des plus plaisants, bien que la jeune femme resta aussi tendue que la corde de son arc et silencieuse pendant toute la durée du repas!
Puis chacun rejoignit sa propre lieu de retrait.

Nirannor ne s'endormit pas de suite, ayant attendu ce moment depuis bien trop longtemps maintenant. Il patienta que les derniers clients cessent leurs activités pour sortir de sa chambre et se diriger vers celle de Valkhyria.
Arrivé devant celle-ci, son cœur se mit à battre la chamade, sa respiration se fut plus rapide, ses jambes devinrent molle comme du coton et il y resta pensif quelques instants. Puis, sa main se referma sur elle-même et frappa trois petits coups sur sa porte.

L'ex lame, seul dans ce couloir n'avait plus qu'à attendre et espérer...
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MessageSujet: Re: Eámanë Enialis (Valkhyria)   Dim 29 Juil - 17:51

CHRONIQUES:
Chapitre 33 :
Enfin garde... du corps!
Image: Nirannor et son... garde du corps


- Gardebois: 11 Danurmos du 1552ème cycle -
(Moins de 16 ans, s'abstenir de la lecture: contenu pour lecteurs avertis pouvant heurter la sensibilité des plus jeunes.)

Une fois dans sa propre chambre, après avoir escorté le Chapelain dans la sienne sous les yeux bienveillants de son Capitaine, Valkhyria se défit enfin de son cache-nez, jouissant de cette sensation de soulagement et de délivrance qui accompagnait ce simple geste à chaque fois qu’elle s’en acquittait. Puis elle fit suivre la cape, libérant sa chevelure recueillie en une longue tresse et qu’elle dénoua avec délicatesse pour ne pas emmêler les magnifiques boucles qui s’en échappèrent au fil de la tâche.

Elle se dirigea ensuite vers un angle de la pièce où le plafond se trouvant sous toit descendait en oblique, l’obligeant à se baisser légèrement. Elle se rapprocha du récipient pour le toilettage qui s'y trouvait et qui consistait en une jolie cuvette de porcelaine blanche décorée de frises bleues, soutenue par une toute aussi jolie structure en fer forgé. Pour se rafraichir, elle y versa une petite quantité d’eau, contenue dans un bocal se trouvant entre les pieds du support. La sensation de bienêtre fut si forte et immédiate qu’elle ne résista pas à la tentation d’utiliser le reste de l’eau pour se laver les cheveux qu’elle savait poussiéreux à cause de la route, malgré la protection de sa capuche. Pour la touche finale, elle parfuma enfin sa toison encore trempée à l’eau de rose.

Les yeux clos, elle allongea le bras pour chercher à tâtons l’essuie-main plié sur l’un des rebords. Ce fut à ce moment qu'elle entendit trois faibles battements contre la porte qui la firent sursauter et lever le chef trop rapidement pour son bien. Un "boum" retentit dans la pièce suivit d’un "aoutch!" suffoqué et d’une imprécation indigne entre les lèvres d’une femme… Mauvaise habitude acquise par Aaron se dit-elle mentalement pour se justifier.

Se ressaisissant, elle se dirigea vers la porte, les cheveux encore ruisselants et tendit la main pour l’ouvrir. Mais elle eut un moment d‘hésitation et appuya l’oreille contre celle-ci en retenant son souffle pour mieux entendre, dans la crainte de se retrouver devant son supérieur.

Silence total, à part les secousses de son cœur qui semblaient faire vibrer ses tympans à chaque battement! Puis la logique prévalut. Si Kaine avait désiré une entrevue avec son garde d'escorte, vu la stature, non seulement les coups auraient été bien plus puissants, mais à cette heure-ci, impatient comme il l’était lorsqu'elle était concernée, il aurait déjà démonté l’embrassure! Cela ne pouvait être donc que…

Frissonnant à la fois d’enthousiasme et d’appréhension, elle entrebâilla lentement la porte et toisa Nirannor comme pour vouloir s’assurer qu’il était bien là, réel devant elle. Après un court instant de suspension, elle agrippa la manche de sa tunique et le tira précipitamment à l’intérieur avant que quelqu'un ne puisse les surprendre. Elle referma le battant et se retourna dos à celui-ci pour s’y adosser en guise d'appui, sentant ses jambes prêtent à se dérober sous elle alors qu’elle contemplait la figure de l’homme qui dernièrement peupla ses pensées durant les heures nocturnes.

Bien qu’elle portait toujours la mise masculine d’Aaron, ses rondeurs fragiles, la forme fine et parfaitement ovale de son visage et la beauté de sa chevelure étaient toutes féminines et offraient un troublant contraste. De plus, le chemisier continuait à absorber une bonne partie de l’eau qui perlait encore de sa chevelure. Le fin coton blanc vint se coller peu à peu à la peau de la jeune archère donnant au Chapelain le plaisir d’en apprécier la teinte délicate qui s’épandait sur les épaules et sur la partie supérieure de son buste.

La dernière vision lucide que le chapelain eut en cette froide nuit d'hiver, fut ses fines courbes, ses longs cheveux roux descendre le long de son dos, ses mains fines que convoitait son corps et ses yeux émeraude. Puis, plus rien...
Dans cette inconscience passagère, il prit d'abord sa douce dans ses bras, l'étreignant contre lui, sentant son parfum enivrant et sucré, écoutant les palpitations rapides de son cœur. Puis, leurs deux bouches se rejoignirent enfin.

Nirannor la savait encore innocente sans l’ombre d’un doute et l’image du regard terrifié qu’elle lui adressa lors de l’étrange épisode survenu entre les parois des dortoirs de l’Épistolat traversa une fois de plus ses pensées. Il ne devait absolument pas refaire l’erreur de la bousculer…

Le baiser ne fut donc qu’une simple et légère caresse, mais il suffit à déclencher un tourbillon fou de délicieux frissons chez les deux amants, qui excédés par la période de séparation, ne purent en contrôler un instant de plus l’inévitable conséquence.
Assoiffés sans réussir à s’assouvir complètement l’un de l’autre, ils continuèrent à s’embrasser à perdre haleine pendant un bon moment. Pendant combien de temps restèrent-ils ainsi adossés à la porte, Nirannor n'aurait pu le dire.

Le Chapelain avait toujours suspecté que l’impulsivité de la jeune femme cachait de la braise ardente sous les cendres de sa timidité et la fougue avec laquelle elle répondait promptement à chacun de ses assauts tout en s’agrippant à ses épaules pour chercher la stabilité qu’elle sentait désormais précaire, n’en été que la confirmation ultime.

Alors qu’elle perdait toute volonté entre ses bras, les mains de Nirannor glissèrent le long de ses flancs pour ne s’arrêter qu’à la hauteur de ses hanches qu’il agrippa avec fermeté et attira à lui, tout en relâchant une partie de son poids sur elle. Il la piégea ainsi contre la porte, épousant son corps du sien, interposant entre eux le désir presque douloureux qui l’incommodait et lui enflammait les veines.
Elle s’entendit gémir de plaisir à cette exhortation, poussant instinctivement son bassin à sa rencontre, faisant d’elle une proie si tentatrice et provocatrice qu’il dut faire appel à toute sa volonté pour ne pas la faire immédiatement sienne contre le bois froid auquel elle était adossée.

Il s’arracha momentanément des lèvres de la belle et sans laissez le temps à Valkhyria de se demander les raisons de son détachement, il lui encercla d’un bras la taille fine, l’entrainant avec lui alors qu’il pivota sur lui-même pour l’éloigner de son poste d’appui avant de reprendre avidement possession de sa bouche. Il la poussa délicatement vers l’arrière, l’obligeant à reculer progressivement vers le lit douillet qui se trouvait à l’opposé de la pièce.

Elle haleta de surprise et fut secouée par un long frisson quand elle sentit son visage s’enfouir dans son cou pour la mordiller avec délicatesse juste au-dessous de l’oreille. Il ne desserra jamais son étreinte autour d’elle tandis qu’il en guidait les pas, tout en continuant à la tourmenter subtilement, traçant avec une extrême lenteur la ligne des muscles contractés de sa gorge à son épaule.
Entretemps, il commença habilement à se libérer de ses bottes et de ses vêtements avec le bras libre, aidé de temps à autre par sa compagne quand la tâche se faisait trop ardue pour lui seul. Il les laissa tomber au sol en une trainée désordonnée qui se termina au pied du lit.
Le trajet ne lui parut jamais aussi long sous les doigts de l’archère qui exécutèrent leur première timide exploration le long de ses muscles tendus et exposés, avec une hésitation qui ne fit qu’accroire l’appétence qu’il avait d’elle!

Il écarta d’un geste rapide la couverture avant de la faire basculer sur le moelleux martelât et de la couvrir de son propre corps, désormais incapable de résister une minute de plus au besoin de sentir sa belle frémir sous lui.
Il fit disparaitre ses mains chaudes sous son chemisier, l’une sous son dos pour la soutenir et l’obliger à se courber vers lui tandis qu’il caressa de l’autre les rondeurs dont jusqu’à présent il ne s’était contenté que d’en rêver la douceur veloutée.

Il se débarrassa une fois pour toute de la chemisette qui retomba sur un des coins du lit, après qu’il ne l’ait nonchalamment lancé par-dessus son épaule, exposant le buste nu de la jeune femme aux rayons de lune et il ne fallut que quelques minutes supplémentaires sous les doigts experts du Chapelain pour que le restant de sa mise ne l’y rejoigne.

Maintenant que plus rien ne séparait leurs corps, les caresses de Nirannor se firent plus exigeantes, plus intimes, conduisant sa compagne au bord de l’extase quand, à ses mains, il fit suivre ses lèvres avant de se rétracter pour observer le désir fiévreux obscurcir ses prunelles vertes. Devenue impatiente, elle fit glisser sensuellement ses longues jambes fuselées le long des siennes avant de les emprisonner étroitement pour lui nier tout repli. Puis elle se cambra vers lui, enfin prête, soulevant ses reins, l’invitant… non, le SUPPLIANT silencieusement de ne pas en arrêter là!

Á présent tout aussi délirant que sa belle qui se cramponnait à lui comme si sa propre vie en dépendait, il enfouit son visage au creux de son épaule et perça délicatement le fin hymen qui n’opposa qu’une maigre résistance à sa pénétration. Elle se raidit lorsqu'il plongea une première fois dans la chaleur accueillante de son ventre. Ainsi, il s'immobilisa le temps qu'elle s'habitue à son invasion, se laissant envahir quelques secondes par la régale sensation de plaisir qui parcourut son corps lorsqu'il la sentit se resserrer autour de lui.
Puis il reprit à se mouvoir lentement au rythme d’une danse ancienne comme le monde qui les mena tous deux, à tour de rôle, vers l’épanouissement absolu.

Ils restèrent ensuite tendrement enlacés, en attente que leurs pulsations cardiaques ne se calment.
Quand le Chapelain sentit sa douce s’étirer paresseusement contre lui, il se souleva sur son coude et se mit à jouer avec une de ses mèches en contemplant son visage épanoui dont les paupières lourdes de sommeil se fermaient déjà malgré elle.

Jamais auparavant, il ne l’avait vu si relaxée, si vulnérable, si… dépendante. Et cela le combla d’une nouvelle émotion ainsi que d'une étrange satisfaction.

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MessageSujet: Re: Eámanë Enialis (Valkhyria)   Dim 29 Juil - 18:54

CHRONIQUES:
Chapitre 34 :
Recensement!
Image: Famille de Danton


- Gardebois et contrées: du 11 Danurmos du 1552ème cycle au 24 Rastel du 1553ème cycle -

Ce ne fut qu’après quelques heures de repos profond et réparateur que la jeune archère s’éveilla aux premières lueurs de l’aube le matin suivant. Elle se sentit tout d’abord totalement désorientée et ne pouvait pas bouger. Quelque chose… non, quelqu’un l’en empêchait.
Un sourire se dessina sur ses lèvres quand la brume de sommeil qui voilait ses pensées se dissipa complètement et fit place à la céleste sensation de bienêtre qui l’enveloppa lorsqu'elle réalisa où elle se trouvait et surtout… avec qui!
S’il existait une manière de décrire le ravissement, ce qu’elle éprouvait à présent en observant les traits relaxés du visage endormit de son compagnon en était l’avant-gout le plus proche. Il dormait sur son coté, la plaquant à lui d’un bras autour de la taille tout en l’emprisonnant jalousement d’une jambe, inconsciemment possessif d’elle durant ses moments de somme.

Elle n’osait pas bouger pour profiter tant que possible de cet instant merveilleux. Mais il semblait y avoir du mouvement dans le couloir et il était temps pour le Chapelain de reprendre ses fonctions. Elle fit donc glisser une main le long du bras qui la serrait jusqu’à son épaule, pour venir la poser en une délicate caresse sur sa joue et l’éveiller progressivement.


- Nirannor? fit elle, obtenant uniquement un froncement de ses sourcils de sa part.

- Niran... répéta-t-elle avant de se corriger.

- Chéri? lui murmura-t-elle enfin en un souffle à peine audible, lui offrant un sourire radieux lorsqu'il ouvrit ses paupières et posa son regard d’ébène sur elle, avant de se blottir contre lui à la recherche d'une ultime étreinte.

La douce chaleur du lit et la sensation de bien-être que lui procurait le corps de Valkhyria n'aidèrent pas Nirannor à s'extirper de son embrasse, voulant profiter pleinement de ces moments de bonheur, mais il y était pourtant contraint.

Le frais courant d’air qui investit la jeune archère entre les draps dès qu'il quitta ses côtés pour regagner sa chambre fut tout ce qu’il suffit pour transformer le lit douillet en une couche gelée et sans attrait. Suivant son conseil, elle se leva et se prépara le plus rapidement possible, bien qu’il lui fallut un peu plus de temps pour reprendre les semblances de Sir Aaron.

Elle était vêtue et en train de ficeler sa chevelure d’un ruban de cuir souple quand elle vit par la fenêtre son compagnon, devancé par Kaine, sortir de l’auberge pour prendre la route. Elle agrippa sa cape et tout en s’en enveloppant, se précipita dans les escaliers pour les rejoindre et se coller telle une ombre à son protégé

---------------------------------

Plus d'un cycle s'écoula.
Au fil des semaines et des mois, elle apprécia de plus en plus son rang de garde au sein de l'ambassade qui lui permit de suivre constamment le Chapelain dans chacun de ses déplacements. Bien qu'ensuite, le plaisir d'en partager aussi les nuits restaient très rare à cause de la présence de son supérieur et de l'arrivée de deux gardes supplémentaires auxquels il fit appel suite à des épisodes de plus en plus fréquents d'agressions. Une d'entre elle lui fut quasi fatale.

Ce jour-là, Valkhyria était montée de garde avec ses deux collègues aux portes de la mairie de Sainte de Sygill, alors que le Chapelain se trouvait entre ses murs pour y rejoindre son représentant.
Une précaution nécessaire car le village avait été ravagé durant la nuit par des incendies dont la nature était incontestablement délibérée et préméditée.
Le feu qui ne fut pas complètement dompté, n’avait laissé derrière lui que mort et destruction et une odeur âcre si forte qu’elle picotait encore les narines.
La petite commune avait été catapultée dans un tel chaos que la jeune archère craignait fortement pour l'intégrité physique de Nirannor.

Non loin d’elle d’un petit groupe de villageois discutaient avec animosité d’un fâcheux épisode encourut peu avant leur arrivée. Elle ne put discerner que quelques phrases de leur conversation, mais assez pour la pousser à en savoir plus.


- Pardonnez mon intrusion, mais devant reprendre la route sous peu avec mes compagnons, j’aimerai avoir plus de détails sur l’agression dont vous parliez. J’ai cru vous entendre affirmer la présence de bandits à l’Est du village?

- C’est exact, n’avez-vous pas entendu parler de ce qui s’est passé ce matin, à l’aube? Vous êtes forestier n’est-ce pas?
continua son interlocuteur quand la jeune escorte secoua la tête négativement à sa première question.

- Pauvre Danton! Sa famille était la plus prospère de notre petite municipalité, mais la voracité des flammes ne l’ont pas épargné pour autant. Lors de l’évacuation, des vauriens ont profité du désordre pour prendre en otage son épouse et leur enfant. Ils ont égorgé sa femme sous ses yeux et ont menacé d’en faire autant avec sa fille, s’il ne leur remettait pas tous Kheyldors et tous bijoux en sa possession. Une fois récupérée la richesse convoitée, ils ont tenté la fuite vers l’Est. Trois d’entre eux ont échoué, mais leur chef, celui qui s’est taché les mains de sang, a réussi à duper les gardes qui étaient à leurs trousses.
Ses traces ont disparu aux abords du fleuve, vers les montagnes et les gardes ont dû abandonner toute recherche pour venir en aide à la population. Il est donc imprudent de s’aventurer en cette direction pour le moment.


La jeune escorte pondéra un instant sur ce qu’elle venait d’apprendre après avoir remercié l’homme pour ses précieuses informations.

Nirannor avait exprimé le désir de continuer vers l’Est avant de remonter vers les montagnes Nord…
Ne voulant perturber la réunion en cours, elle ordonna à un des deux gardes de la suivre en éclairage, tandis que le second serait resté sur place pour prévenir le Chapelain et leur Capitaine de leur déplacement et des circonstances ayant engendré sa décision.

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Eámanë Enialis
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MessageSujet: Re: Eámanë Enialis (Valkhyria)   Dim 29 Juil - 18:58

CHRONIQUES:
Chapitre 35 :
À deux doigts de la mort
Image: Roublard


- Gardebois et contrées: 24 Rastel du 1553ème cycle -

Talonnée par son collègue, elle remonta vers le fleuve et en suivit le cours vers l’Est. Le panorama se fit de plus en plus rigide et ils se retrouvèrent très tôt entourés d’une dense flore parmi les montagnes et les indices indiquant le passage du bandit se firent de plus en plus difficiles à suivre. Quand désormais elle pensait en avoir perdu complètement les traces, le crépitement d’un foyer leur indiqua sa position. L’insensé avait allumé un feu convaincu d’être en sécurité loin du village. Valkhyria se prosterna au milieu de la végétation et soumit ses ordres à l’escorte qui l’accompagnait.


- Retournons au village pour avertir le Chapelain qu'il faudra remonter par le Nord peu avant de pénétrer dans la zone forestière, de manière à éviter ce secteur.

Le garde acquiesça et s'apprêta à faire demi-tour, mais il fit craquer un rameau dans la hâte de s’éloigner, révélant leur présence au malfrat. Il se leva d’un bond, hache à la main et s’élança dans leur direction dès qu’il décela leur cache.
Se trouvant entre l’assaillant et son collègue, la jeune femme n’eut pas le choix si elle voulait que le message arrive à destination.


- Détales et dis leur que je vous rejoindrai dès que possible au Nord.

Puis elle prit la direction opposée en attirant sur elle la canaille de sa voix, pour permettre la fugue à son compagnon. Elle courra aussi vite que ses jambes le lui permirent, mais cela ne suffit pas et l’homme réduisit rapidement la distance qui les séparait. Enfin à sa portée, il lança à deux mains son arme avec force en direction de sa victime.
Le sifflement rotatif de la hache, dont la lame fendait bruyamment l'air, alarma Valkhyria qui eut le mauvais instinct de ralentir pour se retourner au lieu de se jeter de côté pour en éviter la trajectoire.

Elle écarquilla deux grands yeux ronds de surprise qu'elle leva ensuite sur le visage de son agresseur avant de tomber à l'arrière sous le choc de l'impact, lorsque le tranchant vint se planter entre le sternum et son cœur.
Ses poumons se rigidifièrent brutalement, refusant de se gonfler d'oxygène.
Elle porta une main à son torse tandis que son corps atterrît lourdement sur le fertile terreau sylvestre, le tronc immobile. Comme si elle cherchait encore à fuir un destin prédestiné, ses jambes s'alternèrent en se recroquevillant et en s'étirant sous la douleur insupportable qui vint remplacer la chaleur cuisante entourant la blessure mortelle.

Son assaillant la cloua au sol sous le poids de son corps, à cheval sur son bassin.
Elle n'avait plus assez de vigueur pour se rebeller à lui lorsqu'il allongea la bras pour venir arracher l'arme de sa chaire, lui extirpant une plainte suffoquée par le gout ferreux de son propre sang qui lui monta à la gorge, puis à la bouche.
Elle hurla pourtant de toutes ses forces, mais son cri de protestation ne déchira que le silence de son esprit.

Il vint lui enserrer fermement le cou d'une main, un sourire cruel lui caressant les lèvres, tandis qu'il pré-goutait déjà l'instant de son triomphe.
Terrorisée et assommée par les pulsions cardiaques venant lui marteler la poitrine et les tempes d'effroi lorsqu'elle vit la main armée de son adversaire se lever prête à s’abatte une deuxième fois sur elle, la jeune femme voulut se débattre, mais ses muscles ne lui obéissaient plus.
Horrifiée, elle ferma les paupières en attente du coup de grâce.

Alors qu'elle était désormais résolue à perdre son âme, un rugissement guttural croissant, presque animal, saisit son opposant en plein élan, le déconcertant.
L'archère sentit la poigne du roublard la relâcher subitement, emportant avec lui la charge de sa personne dans sa fuite.
Mais elle ne se fit aucune illusion, elle ne venait dans le fond que d'échapper à une mort rapide et violente pour succomber lentement mais inexorablement.

Sa vue se troubla enfin lorsque la faiblesse s'étendit assez pour anesthésier la douleur, tandis que ses membres et son tronc gagnèrent en pesanteur.

La dernière image qu'elle crut voir avant de fermer les yeux fut celle d'une ombre imposante se penchant sur elle et venant lui bloquer les quelques rayons solaires qui filtraient encore au travers de ses cils.

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MessageSujet: Re: Eámanë Enialis (Valkhyria)   Dim 29 Juil - 19:02

CHRONIQUES:
Chapitre 36 :
Konstantine le renégat
Image: Bothari Konstantine


- Gardebois et contrées: Le 27 Rastel du 1553ème cycle -

- Comment va-t-elle?

La voix masculine était rauque et profonde et parlait une langue inconnue à la Kheyldarienne. Le ton était si autoritaire qu'on aurait pu le classifier comme étant brusque. Elle fut tout de suite suivie par une autre, féminine cette fois, frêle et qui s'exprimait avec lenteur.

- Elle s'en tirera, Sir Bothari. Un vrai miracle, si vous m'le d'mander! Pas une fois une seule ligne de fièvre, pas d'infection et sa vilaine blessure a arrêté de saigner. J'étais franchement convaincue que nous l'aurions perdue quand vous nous l'avez ram'née au village. Cette enfant r'vient d'loin!

- Oui, vous avez raison, elle revient de loin.

Plus que vous ne l'imaginer, se dit-il silencieusement.
L'homme posa son regard sur le corps de la jeune femme, inerte depuis trois jours déjà.

Devant la gravité de l'entaille qu'elle présentait lorsqu'il la secourue après avoir mis en fugue son assaillant, il avait été tenté de l'abandonner là où elle gisait, certain qu'elle n'aurait pas même survécu au transport.

L'archère gémit. Elle avait une soif terrible et sentait mal dans tous les os. Son corps refusait de lui obéir, aussi faible qu'une poupée de chiffons. Que se passait-il?
Elle entendait vaguement la conversation qui se tenait à son chevet, mais n'avait aucune force pour parler et attirer l'attention sur elle pour des secours. Puis elle sombra à nouveau dans une somnolence forcée.

- Les consignes restent les mêmes. Prévenez-moi dès qu'elle se réveille, voulez-vous?

La duègne acquiesça, puis vint reprendre sa place à côté du lit.
Elle contrôlait tantôt le front, tantôt le pansage, faisant couler régulièrement des gouttelettes d'eau fraiches le long de la commissure des lèvres de la jeune femme qu'elle écartait légèrement en faisant pression de son pouce vers le bas sur la lippe inférieur.
Souvent elle entamait des conversations interminables, parlant de tout et de rien, des fois exhortant la blessée à lutter pour sortir de son sommeil une bonne fois pour toute.

-------------------------------------------------
(Quelques heures plus tard)


- Sir Bothari, Sir Bothari, venez vite, elle est éveillée, elle est éveillée!

La Kheyldarienne reconnut immédiatement la silhouette qui se détailla dans l'embrassure de la porte. Comment aurait-il pu ne pas en être ainsi. On ne pouvait oublier une telle carrure.
Elle chercha à se relever, mais une douleur lancinante la recloua au matelas.
Lorsqu'elle rouvrit les yeux après l'inutile effort, l'homme plongea son regard dans le sien, incrédule devant la couleur si intense de ses pupilles. Il avait juste eu le temps d'en deviner la teinte avant qu'elle ne les referme sans qu'il n'ait espéré en revoir l'éclat.
Il en resta quelques secondes figé, puis s'énerva de se laisser distraire de la sorte, reprenant le ton bourru qu'elle avait discerné au travers des brumes enveloppant ses pensées.


- Ne vous forcer pas, vous êtes encore trop faible. Pensez uniquement à vous nourrir et à vous reposer pour le moment.

Ainsi il s'exprimait parfaitement en Kheyldarien, pensa l'archère en le dévisageant avec insistance.

- Je m'appelle Bothari Konstantine et avant de m'accabler de mille questions, sachez que je suis un renégat. Ainsi, remerciez votre bonne étoile Dame ...de Delfort.

Devant le regard surpris de la jeune femme, il fit un geste d'insuffisance de la main vers l'équipement de la celle-ci.

- Je me suis permis d'inspecter le contenu de votre besace et de fouiller entre vos missives pour savoir à qui j'avais à faire.

Puis d'un ton plus sévère:

- Je disais, remerciez votre étoile, j'avais l'âme samaritaine ce jour-là. Faites juste en sorte que je n'ai pas à le regretter en fourrant votre joli nez dans mes affaires et nous irons d'amour et d'accord.

Il se retournait déjà pour quitter la pièce, lorsque Valkhyria tenta de prononcer ses premières paroles.

- Où suis-je et... quel jour sommes-nous?

L'homme s'immobilisa et se retourna juste assez pour présenter son profil.

- Je vous l'ai déjà dit, pensez uniquement à vous rétablir. Nous aurons tous le temps ensuite pour parler de ce que vous voudrez.

Il n'en dit plus et s'éclipsa, laissant l'archère seule avec sa fervente imagination.

Plus tard, une ancienne, qui lui fit comprendre de s'appeler Elianaé, l'aida à se nourrir d'une soupe chaude, qu'elle apprécia tout particulièrement, avant de refermer les yeux jusqu'au lendemain.
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MessageSujet: Re: Eámanë Enialis (Valkhyria)   Dim 29 Juil - 19:13

CHRONIQUES:
Chapitre 37 :
Sous la peau de l'ours
Image: Doux... comme un agneau!


- Gardebois et contrées: du 29 Rastel au 13 Dilannel du 1553ème cycle -

Il fallut de deux à trois jours à l'archère pour réussir à se glisser en position assise. De cinq à six pour se lever et jouir un peu, façon de dire, de l'espace exigu de sa chambre pendant de courtes durées. Deux semaines environ pour quitter définitivement cet objet de torture qu'était devenu le lit sur lequel son dos et ses reins commencèrent à s'ankyloser.

Pas un ne s'écoula cependant sans que son bienfaiteur, qu'elle surnomma entre elle et elle Messire Sympathie, ne vienne lui faire visite.
Il ne restait guère longtemps. Quelques minutes, la déniant à peine d'un regard sans même la saluer. Bref, le temps suffisant de s'enquérir auprès de l'ancienne femme sur son état physique ainsi que sur son amélioration, avant de disparaître à ses occupations jusqu'au lendemain.

En rentrant un soir, il se figea d'étonnement sur le seuil d'entrée en la trouvant au rez-de-chaussée en train d'appareiller la table pour trois.

Sous l'œillade courroucée qu'il lança dans la direction de l'ancienne, Elianaé, qui se trouvait aux fourneaux dans l'angle cuisine, réagit immédiatement en sa langue maternelle, une main sur la hanche, agitant dans les airs de l'autre sa cuillère de bois.


- Au vent cet air de filou jeune homme, tu m'entends? Cela fait des années qu' j'en suis immune! Et puis c'n'est pas non plus à mon âge que j'vais m'mettre à jouer d'ma force avec qui qu'ce soit pour m'faire obéir.

L'homme se fit échapper un son guttural qui ressemblait fortement à une espèce de grognement suffoqué avant de pénétrer dans la pièce d'un air résigné. Puis il se dirigea vers la kitchenette et se débarrassa du panier empli de crudités qu'il tenait sous un bras en le plaçant sur le plan de travail.
Il fouilla entre une salade et quelques tomates et en sortit une bouteille de vin qu'il déposa au beau milieu de la table avant d'y prendre place.
Lorsque la belle vint s'asseoir à son tour, il plissa sévèrement ses yeux sur elle.


- N'est-ce pas un peu prématuré que de vous donner aux tâches ménagères?

- Bien le bonsoir à vous aussi, Sir Bothari.


Elianaé maugréât entre ses dents.

- J'l'ai pourtant élevé mieux qu'ça ce garçon!

Un second grognement fit sourire la Kheyldarienne.
Elle baissait ses yeux sur son assiette, ne voulant irriter son hôte plus qu'il ne semblait déjà l'être.

Valkhyria ne pouvait comprendre ce qui enclencha cette nouvelle réaction chez Messire sympathie, mais une chose était certaine: malgré l'âge avancé et la stature menue d'Elianaé, c'était elle qui portait le sceptre du pouvoir de cette maisonnée.
Elle avait un ascendant particulier sur cet homme aux manières d'ours. Son fils peut-être? Physiquement, ils n'avaient pourtant rien en commun.

Konstantine la dévisagea avec austérité en allongeant une main sur le pain pour s'en couper un morceau. Elianaé leur servait le souper.
Sachant d'être sous l'aile protectrice de l'ancienne, la Kheyldarienne ne se laissa pas perturbé par l'hostilité ouvertement exhibée de cet homme auquel, elle ne devait pas l'oublier, elle devait la vie.


- J'avais besoin de me dégourdir les muscles. Un peu d'air frais ne me ferait pas mal non plus, ne pensez-vous pas?

Tout en s'exprimant, elle lui emplit son gobelet du breuvage grenat avant de troquer la bouteille de vin pour le pichet d'eau et s'en servir un verre.
Elianaé qui comprenait un peu le Kheyldarien aussi, sans malheureusement en parler un mot, s'interposa.


- J'ai b'soin d'lait d'chèvre. Tu pourrais l'emm'ner avec toi chez nos voisins demain et en profiter pour lui montrer l'village.

Konstantine soupira sans répondre et attaqua son repas tout en méditant sur ce qui pour lui semblait représenter un fardeau qu'il aurait surement mieux fait de laisser là où il l'avait trouvé. Il ne prit parole que lorsque les assiettes furent vides.

- Demain, après le petit déjeuner. Tachez d'être prête, je ne vous attendrais pas!

Sans laisser le temps à la jeune femme de répondre ni de le remercier, il se leva en rejetant sa serviette sur la table, souhaita la bonne nuit de son ton habituel et disparut à l'étage pour la nuit. L'archère en fit de même un peu plus tard, après avoir aidé l'ancienne dame à débarrasser, laver et ranger la vaisselle.

Le lendemain, la journée s'annonça belle et sans nuages. Parfaite pour son premier bol d'air.

Le village s'avéra être en réalité un petit hameau paisible abritant les renégats et leurs familles. Elles s'entraidaient les unes avec les autres pour mieux survivre. Tout le monde savait de la présence d'une garde d'escorte Kheyldarienne ayant été trouvée blessée.
Ses habitants vivant de pillages et de leurs recettes, il fut convenu de ne jamais lui révéler quoi que ce soit quant au nom et à l'emplacement exact de leur petite communauté.

Les enfants, plus curieux par nature que les adultes, furent les premiers à s'enquérir sur la nouvelle arrivée et à s'approcher d'elle, suivis peu de temps après par leurs parents. Le tour fut vite fait, tout aussi rapide que les présentations.

Ils s'acheminèrent enfin vers l'habitation du fermier pour le lait, passant par la cour en partie clôturée.
Les plaintes d'un agneau vinrent fendre le cœur de la jeune femme, qui ne put résister à ces appels déchirants. La bête étant couchée dans l'herbe, elle s'accroupit devant lui puis allongea son bras pour lui gratter agréablement l'arrière d'une oreille, mettant définitivement fin à ses plaintes. Apaisé, le petit de brebis se mit à somnoler sous les caresses de sa main.

Non loin d'eux, une chèvre peu réjouie de l'intrusion de l'humaine dont elle ne semblait pas apprécier la trop grande proximité, s'élança contre elle pour la charger. Prise au dépourvu, l'archère eut à peine le temps de se relever avant d'être propulsée les jambes en l'air dans l'abreuvoir plein. Manifestement satisfaite de son coup porté, la biquette lui tourna le dos pour s'éloigner nonchalamment, l'agneau joyeusement à ses trousses.

Konstantine qui n'avait rien perdu du spectacle, éclata d'un rire franc et sonore devant l'air penaud et renfrognée de la belle, dévoilant une file de dents blanches et parfaites. Ceci, sans pour autant venir en son aide, alors qu'elle était visiblement en difficulté pour sortir de son bassin. Puis il se souvint de sa blessure et s'inquiéta. Inutilement car elle se levait déjà, sans manifester aucune souffrance. Il se relaxa donc à nouveau.

Sur pied, colérique et ruisselant de tout son long, Valkhyria le fulmina de son regard de jade pour reporter ensuite son attention sur l'animal belliqueux, tout en jurant entre ses dents. Elle repoussa nerveusement d'une main la mèche rebelle qui lui collait au visage tout en soufflant dessus, puis revint sur la silhouette de l'homme, toujours aussi diverti.


- Un proche parent à vous, j'imagine!

Konstantine rechigna immédiatement devant l'expression vaguement sournoise de la Kheyldarienne.
Elle crut l'entendre bougonner depuis la distance. Ses lèvres pleines s'étirèrent ultérieurement.


- Je ferais mieux de rentrer me changer. Vous devriez le faire plus souvent vous savez? lâcha-t-elle soudainement, ayant repris un peu de sérieux.

Le devinant visiblement interloqué, elle s'empressa de clarifier.


- Sourire. Vous devriez le faire plus souvent. répéta-t-elle avec sincérité avant de se retourner et de le planter sur place.

Il l'observa longuement pendant qu'elle s'éloignait splashi-splashant… et sourit.
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MessageSujet: Re: Eámanë Enialis (Valkhyria)   Dim 29 Juil - 19:21

CHRONIQUES:
Chapitre 38 :
L'étrange sapidité de l'amitié
Image: Joli grenat trompeur d'un bon vin


- Gardebois et contrées: du 14 Dilannel au 3 Joriamel du 1553ème cycle -

La bonne humeur du renégat perdura jusqu'au soir et se raviva au cours du dîner lorsqu'il en profita pour charrier l'archère sur sa mésaventure caprine. Il le fit dans le seul but d'égayer la fin de journée d'Elianaé, qui ne put être témoin de ce divertissant entracte.
Il accompagna la narration par des mimiques si convaincantes que cette dernière en eut les larmes aux yeux.

De son côté, la mine faussement vexée de Valkhyria ne tint pas au-delà de quelques secondes. Elle se laissa aller à son tour au fou rire, les pommettes rougissantes, heureuse de découvrir un autre aspect enfoui du caractère de son irascible sauveteur. Une particularité tout aussi agréable que son sourire. Il était doté d'un sens de l'humour inné très marqué et aussi poignant qu'un morse.
On pouvait probablement compter sur le bout des doigts le nombre de personnes qui en connaissaient la subtile qualité.

Le récit fit rapidement le tour de tous les habitants du petit hameau, prenant de l'ampleur au fur et à mesure qu'il fut passé de bouche à oreille.
Ainsi en l'espace de quelques jours, la chèvre se métamorphosa en un fier cop de basse-cour et l'abreuvoir en une malodorante fosse à purin! Seul l'agneau échappa aux nombreuses distorsions apportées.
Ceci dit, aussi étrange que cela pût paraître, cette simple anecdote fit tomber ce qu'il restait du mur de méfiance que la population avait instinctivement érigé autour d'elle dès son arrivée, en apprenant qu'il s'agissait d'une garde d'escorte Kheyldarienne.
De plus, réussir à faire rire aux éclats un bougon tel que Konstantine (le fermier en fut témoin) n'était pas donné à tous et tenait presque du miracle aux yeux de ses compagnons!

L'archère prit le temps durant les semaines suivantes de s'occuper de sa correspondance, reprenant ainsi quelques contacts avec le monde extérieur qui lui était plus familier.
Elle fit parvenir de ses nouvelles au chapelain et apprit en contrepartie qu'il venait d'achever ses enquêtes de recensement et qu'il apprêtait à reprendre la route vers la capitale pour y établir son rapport auprès de ses supérieurs.

Le brûlant soleil d'été aurait bientôt remplacé les journées printanières pour laisser ensuite place aux vents qui annonceraient l'arrivée de l'automne. Il se serait faufilé impatiemment entre les branchages des arbres, prêt à venir les dépouiller de leurs feuilles dès qu'elles se teinteraient de leurs belles couleurs chaudes et cuivrées, pour en tapisser artistiquement le sol ensuite.

Mais ce n'est pas avec les renégats qu'elle passerait ces deux saisons-ci.

Ce fut par une paisible matinée de fin de printemps, alors qu'elle apportait son aide au restockage des vivres de l'entrepôt communal que les habitants se partageaient durant l'hiver, qu'elle reçut un pli officiel de Son ambassade. Elle le fit disparaître promptement, reportant la lecture à tâche terminée, pressentant de façon prépondérante le rappel à ses fonctions.

Elle ne fut donc pas surprise de découvrir plus tard, au calme de sa chambre, qu'il lui fallait quitter le jour même la petite communauté à laquelle elle commençait tout juste à s'intégrer.

Durant le déjeuner, l'archère toucha à peine à son assiette. Elle attendit la fin du repas, restant étrangement silencieuse, cherchant les mots les plus appropriés pour annoncer à ses hôtes les raisons qui la poussaient à un départ aussi troublant qu'imprévu.
Lorsque la table fut débarrassée, sous les deux paires d'yeux qui ne cessaient de la scruter suspicieusement, elle craqua et cracha enfin le morceau.


- Il s'agit de la missive reçue ce matin... Je suis désolée, mais je suis attendue dès demain à Gardebois pour me réunir à mes compagnons et partir en renfort d'un détachement de l'armée Kheyldarienne piégé suite à une embuscade advenue dans... Bref je ne peux en dire plus, à part qu'il me faut me préparer pour quitter ce village dans l'heure qui suit.

La Kheyldarienne vit Elianaé tourner son visage tourmenté vers Konstantine, l'agitant plusieurs fois de droite à gauche en une imploration muette qu'il repoussa fermement de son regard. Résignée, elle baissa le sien et fit disparaître ses mains qu'elle superposa sur son tablier en dessous de la table.

Le renégat se leva nonchalamment de table pour se rendre dans le coin cuisine.
N'osant ni se retourner, ni briser le silence qui venait de s'appesantir, elle se contenta de se concentrer sur le bruit qui en parvenait, cherchant à deviner ce qu'il pouvait bien fabriquer dans son dos.
Il revint lui faire face quelques minutes plus tard, une bouteille et deux verres à la main.
Il anticipa toute réaction de la Kheyldarienne devant l'expression de contestation qui s'y formait déjà en la fulminant de ses yeux de glace, inclinant le goulot de la bouteille, prêt à en remplir le récipient qu'il plaça devant elle.


- Tu n'irais tout de même pas jusqu'à m'offenser en refusant de boire ce demi-verre de vin au nom de notre amitié avant de nous quitter, je l'espère?

La belle plissa sévèrement les yeux sur le sourire narquois de Konstantine avant de capituler d'un soupir en levant sa main du rebord de son verre pour lui permettent d'y verser le breuvage.
Elle le souleva ensuite pour le porter à l'encontre de celui du renégat en un harmonieux tintement de cristal.


- Un chantage auquel il me sera impossible de me soustraire, n'est-ce pas?
Soit! Mais si tu me le demandes, c'est un vrai gâchis selon moi que de m'offrir ce nectar des dieux dont je ne serais capable d'apprécier l'arôme et encore moins la saveur!


Et c'était bien là le fait sur lequel il comptait en observant la jeune femme faire disparaitre rapidement de quelques traits le contenu de sa coupe avant de grimacer ostensiblement.

Il ne fallut pas attendre longtemps pour que les effets narcotiques de l'alcaloïde que Konstantine ajouta au vin ne se manifestent.
La locution de Valkhyria se fit de plus en plus abstraite, ses gestes de moins en moins précis.
Elle eut à peine le temps de se rendre compte du stratagème et de le questionner silencieusement d'un regard surpris avant de s'écrouler sur la table.

La réaction de l'ancienne, qui jusque-là s'était mordue la langue pour ne pas trahir son fils adoptif, ne se fit pas attendre.

- Était-ce vraiment nécessaire de la droguer?

Konstantine se leva brusquement sous le regard accusateur de la femme qu'il l'éleva depuis son adolescence.
Il n'aimait pas justifier ses actions, ni que l'on mette en discussion ses propres décisions. Néanmoins, il comprenait entièrement le léger ressentiment qu'Elianaé éprouvait à son égard.


- Oui et tu le sais bien mieux que moi. Tu ne dois pas oublier que sous les traits gracieux de cette Kheyldarienne s'affutent les pensées d'une escorte de Son ambassade. Sa charge comporte des devoirs auxquels elle ne pourra se soustraire une fois de retour à ses institutions.

Il lui sera impossible de révéler des informations qu'elle ne détient pas. Je n'ai trouvé aucune autre solution tout aussi efficace pour lui permettre de quitter les lieux sans devoir me confronter au restant de la population à laquelle je dois rendre compte de mes actes, vu la délicatesse de cette situation.


La voix du renégat se fit plus douce devant l'expression avachie de l'ancienne. Il écourta les distances entre eux et l'enserra affectueusement de ses bras.

- Nous savions tous deux qu'un jour ou l'autre ce moment serait arrivé. Sa place n'est pas ici. Je regrette uniquement ce manque de préavis…

Lui-même partageait l'affliction de sa duègne, s'étant affectionné tout comme elle à la jeune femme malgré tout jugement rationnel. Ce ne fut qu'en apprenant qu'elle quitterait bientôt son toit qu'il comprit jusqu'à quel point.
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Eámanë Enialis
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MessageSujet: Re: Eámanë Enialis (Valkhyria)   Dim 29 Juil - 19:28

CHRONIQUES:
Chapitre 39 :
Le début de la fin…
Image: Corpulente figure d'un Kreven


- Gardebois et contrées: du 6 Joriamel au 2 Fagilias du 1553ème cycle -

Lorsque Valkhyria reprit partiellement conscience une ou deux heures plus tard, elle sentit dans le dos la fraicheur humide du terrain percer la légèreté de sa chemise.
Elle ouvrit ses yeux sur le visage de Konstantine, penché sur elle, alors qu'une vague sensation de déjà vu lui traversa l'esprit.
Il l'avait ramenée là où il l'avait trouvée le jour de son agression.

Elle voulut se redresser, mais sentit la tête légère là où ses membres étaient encore trop pesants.


- Inutile de t'acharner, les effets narcotiques ne cesseront que dans un petit quart d'heure.

Un fugace sourire de satisfaction vint éclairer son visage masculin avant qu'il ne reprenne un air qui parut vaguement morose.

- Je n'ai donc plus beaucoup de temps pour les salutations.

Il sortit d'une poche un document plié qu'il fit disparaitre dans la besace de la jeune femme.

- Si jamais tu venais à te retrouver en graves difficultés ou à devoir fuir les lois des institutions Kheyldariennes auxquelles tu appartiens, tu n'auras qu'à revenir ici après m'avoir envoyé quelques lignes et présenter cette lettre si jamais il m'était impossible de venir te récupérer personnellement.

Il prit la main dépourvue de forces de l'archère pour la serrer un instant entre les siennes.

- Conserves-la jalousement Valkhyria. Elle deviendra peut-être un jour ton laisser passer vers la liberté. En attendant, je te souhaite bonne chance, ainsi que de la part d'Elianaé.

Il se leva et se dirigea vers son cheval sur lequel il se hissa. Puis il tourna l'animal vers la direction désirée et le lança au galop sans se retourner, laissant derrière lui la jeune femme qui, encore trop affaiblie pour émettre son, fit écho de sa gratitude en son esprit.

En soirée, elle fut soulagée de franchir à nouveau les portes de Gardebois.
Là où certaines villes étaient stressantes, celle-ci était à son opinion tranquille et presque agréable. Un petit hameau de paix qui ne le resterait probablement pas encore pour longtemps.

Elle s'y attarda juste une nuit, le temps nécessaire pour s'y reposer et compléter la liste de provisions essentielles auxquelles elle ne pouvait renoncer pour affronter l'itinéraire qui l'attendait.
L'ambassade venait de lui confier une nouvelle fois de la garde de Nirannor qui, ayant décidé de suivre leurs anciens compagnons d'ordre, se trouvait à arpenter les galeries souterraines du Nord de la Kheyldarie.
Tous étaient en attente de renforts contre un fléau qui aurait modifié à jamais l'histoire et la cartographie de leur royaume: les Kreven.

Elle prépara son départ avec soin, animée d'un vif sentiment d'anticipation en attente de recevoir de la part de son partenaire la carte lui indiquant le lieu de rencontre et toutes les instructions à suivre pour le rejoindre au plus vite.

Ayant quelques difficultés à prendre sommeil à cause de la sieste forcée d'un côté et de l'excitation de l'autre, elle profita d'une partie de la soirée sur son équipement et sur sa tenue.
L'idée de revêtir à nouveau l’accoutrement de Sir Aaron de Delfort et de masquer son identité derrière les habituels subterfuges que cela comportait ne l'attirait guère, mais le choix n'était plus le sien depuis longtemps.

Entre un soupir et l’autre, Valkhyria ne cessa de harceler sa pauvre piomette de la même question à tout bout de champ:


- Encore aucunes nouvelles de la part de Nirannor?

Question pour laquelle elle recevait toujours la même réponse: un hochement de tête désolé.

Ce ne fut que le lendemain matin qu'elle reçut enfin les informations qu'elle attendait et qui lui permirent de prendre la route.
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MessageSujet: Re: Eámanë Enialis (Valkhyria)   Dim 29 Juil - 19:37

CHRONIQUES:
Chapitre 40 :
Un carnage sans présage
Image: Derrière les décès, le bras mortel de Kheyldar?


Gardebois et contrées: du 5 au 7 Fagilias du 1553ème cycle -


*Suivez-moi vers la terre qui nous est promise, avait dit le Roi en charge à son temps.
Nous y vivrons paisiblement sous l'aile protectrice de Kheyldar.*


Que de belles paroles!

Tel fut le verbe soi-disant 'divin' qui poussa la quasi-totalité des Ithoriens à l'exil durant la Grande Guerre. Une guerre maudite qui fut probablement source principale de l'ingénuité si démesurée et si mal placée de la part des siens envers un dieu indigne d'une telle démonstration de foi!

Des mots puissants auxquels il leur fut impossible de résister, tant le peuple avait eu besoin d'y croire à ce moment crucial de leur histoire.

L'archère comprit de suite combien la situation était désespérée dès qu'elle franchit l'entrée des souterrains alpins deux jours après son départ de Gardebois.

Elle fut prise d’une légère nausée en pénétrant plus profondément dans les couloirs humides, hébergés au creux des montagnes aux neiges éternelles. Elle y sentit l'odeur du sang, forte et acre. Elle en découvrit de nombreuses traces venant colorer différentes zones de leurs sombres entrailles, tout en priant qu’il n’appartenait pas à ses frères Kheyldariens.

Pour les rejoindre, la cartographie se révéla inutile toute somme faite. Il lui suffit de suivre et de se laisser guider par les funestes taches pourpres, par l'instinct et enfin, par le son des cris et des armes se croisant, qui retentissaient de façon de plus en plus insupportable alors qu'elle approchait.

Après un temps qui lui parut une éternité, elle arriva devant un éboulement de grosses pierres et débris qui lui barrait complètement le passage sauf pour une petite cavité d’où elle voyait filtrer une faible clarté et qui semblait juste assez grande pour qu’elle puisse s’y glisser.

Elle gravit le tas de roche jusqu’à la hauteur de la brèche. Elle y fit disparaitre tout d'abord sa besace.
Elle vida ensuite ses poumons de leur air et s’étira le plus possible pour faire passer les épaules et son torse non sans efforts.
Que dire… être de constitution frêle avait aussi ses avantages des fois!

À présent de l'autre côté, seul un cours d'eau peu profond la séparait de ses compagnons d'arme. Elle le traversa sans s'attarder outre mesure.

Au-delà de sa rive s'élevait une superbe et imposante colonnade finement ouvragée, entourant l'entrée sombre et étroite d'un antre. Elle y pénétra et en suivit le couloir à tâtons, le temps que ses yeux s'habituent à l'obscurité.
Derrière un tournant, une faible lueur en indiqua enfin l'extrémité.

Lorsqu'elle en émergea, elle se retrouva sur un plateau d'où quelques archers auxquels elle s'unit, offraient le support de leurs traits aux troupes engagées en première ligne.

Petit à petits, les krevens furent contrains à reculer. Mais le nombre de victimes Kheyldariennes augmentait rapidement tandis que les flèches diminuaient tout aussi hâtivement et tout le génie des grands stratèges militaires ne suffit plus à colmater cette pénurie défensive.
Tous priaient pour l'arrivée de nouveaux renforts qui ne devaient plus tarder.

Son carquois désormais vide et peu bâtie pour de si violents corps à corps, Valkhyria décida de rejoindre Nirannor auprès des blessés après l'avoir repéré, pour aider à leur évacuation. Ce fut probablement ce qui la sauva de l'hécatombe qui suivit...

Elle s'apprêtait en effet à faire de nouveau surface au grand jour, soutenant de son épaule un compagnon d'arme grièvement touché, lorsque les premières secousses vinrent réveiller la roche sous leurs pieds.
De denses nuages de poussières firent leur parution dans les airs, s'échappant des failles qui se formèrent sous la puissance des vibrations, les faisant toussailler en quête d'oxygène, ralentissant leur progression.

Ils étaient en train de couvrir avec difficulté les derniers mètres vers la sortie quand l'accumulation d'énergie tectonique se déclencha soudain en toute sa souveraineté, faisant craquer en profondeur la croute terrestre.
Le séisme fit perdre l'équilibre à l'archère ainsi que sa prise autour de la taille de son confrère sous la pluie de pierres qui menaçaient de les ensevelir tous deux.
Son cri de détresse se perdit dans le bruyant fracas de l'écroulement lorsqu'impuissante, elle le vit disparaitre sous ses yeux entre les décombres, alors qu'une force externe l'arracha à un destin analogue, s'emparant d'elle par le col arrière de sa cape.

Elle fut tirée vers le sol, ventre à terre, puis sentit un bras venant lui cerner les épaules en faisant pression pour l'y garder le temps que le silence ne vienne à nouveau remplacer les grondements.


- Ça va? Êtes-vous blessée mademoiselle?

Mademoiselle!?!
L'archère leva instinctivement une main vers ses cheveux pour découvrir avec effroi qu'ils s'étaient libérés de sa capuche.
Encore sous le choc en découvrant l'ampleur de la désolation les entourant, elle mit un certain temps avant de répondre non du chef. Elle accepta la main tendue de l'inconnu pour se relever et après l'avoir remercié, s'éloigna, une unique pensée martelant son esprit: Nirannor.

Avait-il réussi à s'en tirer à temps lui aussi?

Accablée par ce doute atroce, elle ne supporta pas une minute de plus l'inertie et se mit à sa recherche sans se soigner de dissimuler la longueur de ses mèches.
Dans la confusion qui régnait souveraine entre les lamentations de souffrances et les pleurs, personne ne fit attention à une jeune femme à la chevelure flamboyante se déplaçant frénétiquement parmi les survivants et les blessées dans l'espérance de retrouver son bien aimé encore vivant.
Elle progressait retournant aussi les corps sans vie jusque-là exhumés, dépouillant ceux qui ne l'avaient pas encore été de tout se qui aurait pu s'avérer utile: flèches, vivres et autres bricoles susceptibles de faire la différence entre la mort et la survie.
Elle pria et remercia silencieusement le ciel à chaque fois qu'elle n'y retrouvait pas les traits familiers de son visage.

Elle fureta longuement sans résultat le long de cette zone sinistrée bien trop vaste pour qu'elle puisse la couvrir à elle seule. Frustrée, épuisée et démoralisée, elle dut renoncer. De plus, le soleil entamait déjà se courbe vers l'horizon et il lui fallait quitter les lieux au plus vite si elle désirait rejoindre Gardebois avant la tombée la nuit.

Ses repères avaient disparu avec la chaîne montagneuse. Ainsi elle aurait dû s'orienter selon la course de l'astre du jour pour y parvenir.
Une fois arrivée en ville, elle serait passée à l'ambassade pour s'informer sur les chapelains manquant à l'appel. C'était du moins l'objectif qu'elle s'était proposé de suivre.
Elle se mit en marche pleines de bonnes résolutions. Mais son destin avait prévu un long détour de route.

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MessageSujet: Re: Eámanë Enialis (Valkhyria)   Dim 29 Juil - 19:42

CHRONIQUES:
Chapitre 41 :
Un elfe. Une voix. Un avertissement.
Image: L'embûche de Gaïaniel


- Frontière Nord de la Taurë: du 7 au 27 Fagilias du 1553ème cycle -

Les feuilles mortes craquetaient sous ses foulées rapides. Sa respiration irrégulière et entrecoupée essoufflait ses poumons qui commencèrent à se dilater douloureusement. Son cache-nez s'imprégnait de son haleine chaude, suffocant le tumulte de ses halètements.
Valkhyria se l'arracha n'en supportant plus le tissu collant aux joues et s'arrêta pivotant rapidement à plusieurs reprise sur elle-même, le regard épeuré levé vers le haut, incapable de s'orienter tant la végétation était haute et dense.

Le jour touchait à sa fin et les ramages semblaient se courber et se refermer sur elle.
Elle respira à fond, cherchant à maitriser la peur et la confusion.

Un sifflement, un mouvement fugace perçu du coin de l'œil, un bruit de branchage se fendant au-dessus d'elle.
Elle fléchit sur ses jambes, rabattant ses bras sur sa tête, se laissant échapper un gémissement aigu et reprit sa course folle, peu lui importait la direction. Fuir était son unique dessein.

Elle s'engouffra tête basse en se frayant passage entre les fourrés qu'elle écarta tant bien que mal de ses bras pour éviter le fouet des rameaux se rabattants vers son visage.
Le terrain se fit soudain si abrupt qu'elle procéda s'aidant de ses mains, tantôt plongeant de ses ongles dans la terre riche et humide, tantôt s'agrippant aux racines apparentes des arbres pour se hisser.

L'archère était presque arrivée au sommet de ce qui se révéla être une vaste colline lorsqu'un craquement soudain de planche se fit entendre sous ses pieds. Le terrain se déroba sous elle, la loi de gravité fit le reste sans qu'elle puisse s'y opposer. Son corps précipita le long d'une pente tandis qu'elle se ruait, cherchant frénétiquement à s'agripper à l'air comme si elle espérait ainsi ralentir cette glissade imprévue.

Parvenue au bout de sa chute qui fut heureusement très courte et sans graves conséquences, elle se souleva juste assez pour prendre connaissance des lieux et découvrir de se trouver dans une ancienne mine qui semblait abandonnée depuis quelques temps déjà.

La Kheyldarienne sursauta.
Des bruissements et des déplacements devant l'entrée de l'anfractuosité se firent entendre, la poussant à s'y réfugié plus profondément, prenant acte que qui ou quoi que ce soit là dehors semblait ne pas réussir à y pénétrer.

Lasse, elle se pelotonna de coté sur elle-même contre la paroi, les genoux pliés, les bras se refermant autours de ses chevilles.
Elle enserra sa cape plus étroitement contre la fraicheur qu'elle percevait jusqu'à l'os à cause de la fatigue.
Une tache de sang vint s'échouer de son front sur son poignet. Une égratignure qu'elle se procura sans même s'en rendre compte. Elle ne ressentait aucune douleur, seuls les martellements incessants de son cœur résonnant avec une puissance renouvelée dans ses oreilles.

Elle trouva finalement une source dont la douce sonorité de ses courants attira son attention. L'eau y était fraiche et potable. Elle s'y revivifia et s'en abreuva. Il lui sembla enfin de toucher un bout de ciel après de longues journées d'enfer.

Le lendemain, elle se réveilla hors du temps, allongée à même le sol, désorientée, ne sachant exactement quand elle prit sommeil.

La fuite.... Une chute...
Le désordre de ses pensées se dissipa rapidement, son esprit à nouveau vif come un chat.
La mine!

Elle se redressa, le regard instinctivement attiré vers l'extérieur où était resté son carquois, la bandoulière de ce dernier ayant cédé à la brutalité des évènements.
Elle se dirigea prudemment en direction de l'unique brèche d'air et de lumière ouverte vers la liberté.

Elle ne put suffoquer l'écho de sa surprise, ni prévenir sa perte d'équilibre lorsque l'obscurité retomba subitement sous la silhouette imposante d'une créature dont elle n'aurait su définir la race, venant bloquer les rayons du soleil de son corps en bondissant au-dessus de la cavité, dans l'espérance de mettre fin à son jeun.
Rageuse de ne pas y parvenir.

S'enfoncer dans la galerie pour en explorer les couloirs souterrains enveloppés dans les ténèbres à la recherche d'une seconde sortie était hors de question. Trop dangereux pour un objectif excessivement incertain.
Il était donc clair pour la Kheyldarienne que la traque venait de se transformer en une partie de patience et d'endurance.

Les fruits secs ne lui manquaient pas et l'eau correctement rationnée lui aurait suffi pour résister plusieurs jours.
Autant se mettre l'âme en paix et se reposer le plus possible pour éviter une perte irraisonnable de vivres, de force et d'énergie.

Ce ne fut qu'au bout de la cinquième journée d'une expérience qui mit à dure épreuve le système nerveux de la jeune femme, que le prédateur renonça enfin à son repas, fatigué d'attendre inutilement la capitulation d'une proie peu coopérative.

Après s'être assurée à plusieurs reprises de son absence, la belle fit enfin surface, profitant des quelques heures de clarté qui lui restaient encore pour s'éloigner le plus rapidement possible de son territoire après avoir récupéré ses effets.

-------------------------

Elle devait se rendre à l'évidence. Cela faisait plusieurs jours qu'elle tentait en vain de sortir de cette sylve. Elle s'était tout bonnement perdue!
Et personne ne se serait probablement posé de questions sur sa disparition. Pas après ce qui s'était passé entre les montagnes.
Elle était seule et ne pouvait compter que sur elle-même.

La dense forêt s'élevait tel un mur infranchissable, se propageant à perte de vue de tout coté.
Le jour touchant à sa fin, il était rare de voir un point d'où le soleil pouvait filtrer avec assez de force au travers des frondaisons pour toucher le sol.
Une accablante beauté végétale dont la Kheyldarienne ne suspectait pas encore les dangers tapis dans les zones les plus ombragées.

Son errance la mena jusqu'à une minuscule clairière sur laquelle s'ouvrait l'accès d'une grotte à moitié cachée par des buissons bien fournis. Le chant d'une rivière coulant en proximité en fit un emplacement idéal pour s'y arrêter et y passer la nuit.

Elle dégaina sa dague avant d'écarter les touffes vertes pour en inspecter la sécurité.
La cavité se révéla être vide et de taille très modeste, mais assez grande pour accueillir confortablement une itinérante en quête de repos.
Elle s'y installa se débarrassant du poids de son équipement et de sa besace, puis gourde à la main, elle suivit les résonances aquatiles.

Parvenue en bordure du ruisseau, la belle s'accroupit pour s'approvisionner, sa figure se reflétant sur la superficie trémmulante de l'eau, dont les vaguelettes se propagèrent rapidement pour se perdre entre les hampes des joncs poussant le long de ses rives.
Le récipient plein, elle se leva et sursauta en se figeant devant l'apparition soudaine d'une silhouette en contre-jour dont elle pouvait uniquement définir les contours à cause de l'heure tardive et d'un léger voile de condensation remontant depuis la terre.


- Vous vous trouvez en territoire elfique, si vous n'avez pas de laissez-passer, rebroussez chemin immédiatement.

Le timbre de sa voix fut chaud et profond malgré la froideur et la rigidité avec lesquelles l'elfe s'exprima.

En terres dites Saintes, l'intrusion clandestine était sévèrement punie et s'il fallait en croire les contes de son enfance, les lois de la race première ne devaient pas se montrer plus souples que celles des Ithoriens vis-à-vis des ressortissants étrangers dépourvus de dérogation.
De plus, par effet optique, la carrure de l'intrus lui sembla beaucoup plus imposante qu'elle ne l'était réellement.
Ainsi, loin d'elle l'idée de contrevenir à cet ordre. Le ton sur lequel il fut donné n'aurait laissé aucun doute même à un Kheyldarien totalement dépourvu de notions en langue elfique.

Ne sachant si se sentir soulagée ou apeurée de cette rencontre, l'archère s'apprêta à lui demander de lui indiquer la direction à prendre, lorsqu'elle entendit un bruissement. Quelqu'un se faufilant dans son dos.

Elle tourna le chef, la tension à fleur de peau, mais ne vit rien.

Lorsqu'elle reporta son regard de jade devant elle, l'elfe avait disparu aussi silencieusement qu'il était venu et l'unique son venant perturber le calme apparent de la sylve furent les battements d'une pluie tambourinant subitement le feuillage des arbres et ceux de son cœur affolé.

Elle rebroussa chemin aussi vite qu'elle le put pour aller se réfugier dans la petite caverne dont elle acheva de couvrir l'entrance de branchages.

Ce soir-là, elle prit difficilement sommeil malgré la fatigue physique et morale, l'ombre de l'inconnu s'immisçant avec prédominance dans ses pensées. Elle se retourna plusieurs fois avant de s'endormir, se disant que c'était normal. Il n'était probablement pas donné à tout le monde de se retrouver pratiquement nez à nez avec une légende en chair et en os!

Elle reprit son vagabondage le lendemain dès l'aube, suivant le ruisseau à contre-courant vers l'Est. Au bout de plusieurs jours, elle s'aperçut avec désarroi d'avoir tourné en rond, se retrouvant à nouveau au centre de la petite clairière de départ.

Les provisions touchaient à leur fin. Autant profiter une nouvelle fois de la protection offerte par la petite caverne, le temps de trouver de quoi les remplacer.

Elle n'eut jamais la chance de l'atteindre, découvrant douloureusement les ressources conservatrices dont la Taurë était munie pour se défendre.
De longues racines épineuses prirent vie sous ses pieds et vinrent s'enrouler autour d'une de ses jambes, l'incapacitant de tout mouvement, à défaut d'une pénible souffrance si elle osait bouger.

Sa dague s'avéra futile sur le bois fibreux de ce piège botanique. Elle se limita donc à faire sauter les quelques épines qu'elle put rejoindre de la pointe de sa lame, avant de s'en dissuader sous la constriction se faisant plus agressive pour toute réaction.

La réalité surpassa le pire de ses cauchemars quand le premier grognement d'un loup se déplaçant avec circonspection autour d'elle, ce fit entendre entre les fourrés.
Devant la terrible prospective de devenir son repas du soir, la belle se surprit à regretter de ne pas avoir trouver sa tombe auprès de ses compagnons.
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MessageSujet: Re: Eámanë Enialis (Valkhyria)   Dim 29 Juil - 20:05

CHRONIQUES:
Chapitre 42 :
Un nom et un visage pour une légende
Image: Enseldrir Malaevoldû, Neuna Macari Formenya


- Nord de la Taurë: le 28 Fagilias du 1553ème cycle -

De grosses gouttelettes de transpiration coulaient le long des tempes de Valkhyria, qui décochait tant bien que mal flèche après flèche pour maintenir une meute de loups affamés au loin de sa personne. Elle avait déjà abattu quelques exemplaires espérant que les autres se seraient éloignés, ou du moins se seraient tenus au large en s’acharnant sur les carcasses de leurs égaux.

Les cris des animaux blessés attirèrent l'attention d'un Neuna en ronde accompagné de sa patrouille de Macari.
Ils longeaient sans relâche le Nord de la Taurë depuis quelques jours, intensifiant les contrôles en bordure de la frontière.

Ils entendirent des flèches siffler à travers des feuillages. Des traits qui n'étaient pas elfique et faisaient tomber des créatures de Gaïaniel au sein de la Grande Forêt!

La troupe de Macari s'organisa en une tenaille discrète au signe de leur chef, qui vint ensuite s'interposer entre ce qui lui apparut comme étant un Atan muni d'un arc et un loup estropié qu'il s'apprêtait à achever. L'eldunielite se dressa, double-lame au clair, sûr de son droit et du soutien de la Sentinelle face à cette menace.


- Halte! Au nom d'Eldalië, moi, Enseldrir Malaevoldû, Macar, je vous somme de suspendre votre attaque et de me décliner votre autorisation de passage sous peine de mort!

D'un léger coup d'œil à sa gauche, il vérifia la bonne position de ses Macari camouflés.
Rassuré et ne voulant pas dévoiler la présence de ses subordonnés, il fit chanter sa double-lame en un mouvement circulaire et reprit une garde académique.

Cette voix! Ce timbre!
Ils étaient devenus irréfutables pour l'archère tant ceux-ci résonnèrent dans son esprit longtemps après en avoir entendu la sonorité quelques jours auparavant.

Pour toute réponse face à son arme, elle laissa tomber son arc au sol, exprimant par ce geste sa totale reddition. Innocuité qu'elle n'aurait su affirmer autrement ou de vive voix sans l'inconvénient d'être éventuellement équivoquée.

Si en un premier temps Valkhyria se sentit soulagée d'avoir à nouveau l'occasion de pouvoir implorer de l’aide pour se sortir de la situation critique dans laquelle elle s’était fourré par inadvertance, le ton de son interlocuteur lui n’avait pas changé depuis leur première et fugace rencontre. Quant à ses propos, ils vinrent briser tout espoir.
La Kheyldarienne réalisa aussitôt que sa situation ne s'était pas arrangée. Sa propre compréhension limitée de la langue elfique ne s’était guère améliorée entretemps. Mais d'une chose elle fut certaine. L'elfe parlait d'exécution!

Ainsi quand il fit nouvellement vibrer son arme et avança vers elle, l'archère fit instinctivement un pas de recul de sa jambe libre, perdant l’équilibre et atterrissant misérablement sur son arrière train. Son opposant profita immédiatement de la situation et raccourcit rapidement les distances entre eux alors qu’elle se contorsionnait frénétiquement, tirant de toutes ses forces sur les souches souples qui l'empêchaient de fuir et dont elle ne parvenait pas à se débarrasser.

Dans la chute, les pans de la cape de la jeune femme s’écartèrent, laissant entrevoir une jambe droite meurtrie, dont l'étoffe du pantalon avait été déchirée par les longues racines épineuses l’ayant immobilisée sur place le temps d'une nuit et un jour à la merci des loups, attirés et excités par l’odeur de sang frais. Sa rougeur contrastait fortement avec la blancheur et la fragilité d’une peau lisse, trop délicate et fine pour appartenir à une jambe masculine.

Le Macar marqua un temps de surprise en remarquant que certains aspects de l’intrus convenaient mieux à une intruse. S'il s'agissait effectivement d'une femme, la composition de sa tenue vestimentaire fut ingénieusement pensée afin de n’en rien laisser paraître.

Elle rabattit brusquement sa cape sur la jambe blessée attirant le regard de l’elfe exactement là où elle aurait préféré son désintéressement.
Ses ébats cessèrent complètement quelques secondes plus tard, lorsqu'elle se retrouva la pointe de sa double lame contre la veine artérielle de son cou sous le cache-nez lui couvrant le reste du visage, le soldat elfe retenant son geste réflexe au dernier moment.

Fallait-il être stupide pour faire un geste si brusque alors qu’on était sous la menace directe d’une arme? Ou alors… le fait de garder sa féminité secrète était-il si important qu’il en devint un automatisme?

Elle leva lentement les mains en signe de capitulation n’osant plus respirer, sachant l'elfe prêt à vibrer le coup fatal s’il le fallait.

Le Macar éprouva un bref sentiment de pitié pour l’animal traqué qu’elle semblait être, désarmée et vulnérable, blessée et éreintée par sa lutte.
Mais son attention se porta sur les racines enserrant la jambe de l’inconnue et ramena le Neuna à son obligation sacrée: la protection de la Taurë.
Nul n’ignorait que pénétrer en territoire elfique sans invitation était puni de mort et il était de son devoir d’y veiller.

Le brin d'hésitation qui traversa le regard de l'elfe ne subsista pas assez longtemps au fond de ses prunelles sombres pour permettre à Valkhyria d'y déceler une quelconque faiblesse.
Ce fut une œillade accusatrice et endurcie qui rencontra celle de l'intruse.

La maintenant sous la menace de son arme, Enseldrir fit plusieurs signes de sa main libre, code gestuel destiné à une partie de sa patrouille afin de fouiller les alentours à la recherche d'éventuels compares de l’infortunée.

Celle-ci tressaillit quand elle vit les buissons s’animer tout autour d’elle en de légers bruissements. Il n’était pas seul et à en juger la discipline avec laquelle ses compagnons réagissaient à ce langage silencieux, elle en déduit qu’elle se trouvait sous la pointe tranchante de leur leader.

Un Macar armé d’un arc prit le relais de son supérieur à la garde de l’intruse.

Les loups survivants avaient déserté les lieux abandonnant leur proie et la dépouille de leurs frères.
Enseldrir fit le tour des cadavres, vérifiant que leur souffle les avait bien quitté et adressa une prière à Gaïaniel pour chacun d’eux, rituel dont la Kheyldarienne avait entendu parler uniquement lors de son enfance.
Les contes qui avaient enrichi ses fantaisies enfantines n’étaient donc pas que de simples mythes…

Une fois terminé, le Macar revint auprès de l'inconnue.
Elle semblait ne pas comprendre l’elfique. Ainsi, se désignant le visage de la main il dit lentement:


- Enseldrir Malaevoldû

Puis la désigna à son tour.

Valkhyria n'aurait pu s'y méprendre. Devant elle se tenait bel et bien, fier et menaçant, l'elfe mystérieux auquel elle pouvait à présent donner un visage et un nom: Enseldrir.


- A… Aar... amorça-t-elle avant de froncer les sourcils et de baisser la tête en la secouant légèrement en signe de négation.

Qui pensait-elle duper!
À vouloir en croire les légendes, le peuple d'Eldalië était composé d’individus supérieurs dont les sens et les qualités s’étaient tant affinés depuis les temps des temps que les mensonges autour desquels la jeune femme construisit le bouclier protecteur de sa personnalité n’auraient jamais fait long feu.
Sa situation était déjà bien trop défavorable pour en rajouter une couche supplémentaire. De plus, il était clair que sa vie aurait perdu le peu de valeur qui lui restait aux yeux de l’elfe s’il venait à la soupçonner de toute tentative de supercherie.

La logique prédominant, elle fit écho à son geste avant de prononcer un nom qui résonna peu familier à ses propres oreilles et qui parut lui bruler la langue tant elle dut le renier en société, ne l'ayant prononcé qu'une fois seulement au cours des six derniers cycles.


- Valkhyria, Valkhyria de Delfort.

Le neuna rangea sa double lame en bandoulière pour prendre note sur son livre magique, marquant un temps d'arrêt devant l'hésitation de la prisonnière. Un faux nom à en juger par le manque d’assurance.
Mais peu lui importait, s'il n’avait pas le nom de l’intruse, il en aurait au moins la description.

Prenant garde à laisser le champ libre à l’archer de garde, il franchit rapidement la distance qui les séparait et avança sa main afin de retirer la capuche et le cache-nez de l’intruse…
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Eámanë Enialis
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MessageSujet: Re: Eámanë Enialis (Valkhyria)   Dim 29 Juil - 20:09

CHRONIQUES:
Chapitre 43 :
Un tempérament ...de feu
Image: La Grande Foret et ses entraves


- Nord de la Taurë: le 28 Fagilias du 1553ème cycle -

Devant l'expression ouvertement septique de l'elfe, Valkhyria ne put lui donner tort. Elle n’avait aucun moyen à sa disposition pour prouver son identité qui n’avait jamais été enregistrée nulle part à sa naissance.


- Val-khy-ria répéta-t-elle lentement après lui en avec sépara proprement chaque syllabe avec une légère pointe d’insolence dans la voix, pour corriger la mauvaise prononciation de son interlocuteur qu’elle pressentait être volontaire.
Pour la provoquer sans doute…

Mais toute trace de défis disparut de son regard, faisant place tout d’abord à la stupeur quand elle le vit couvrir rapidement les quelques mètres les séparant, pour se transmuter ensuite en panique quand il leva le bras pour l’allonger vers elle.
Son objectif était cristallin et cela fit perdre à l’archère son sang-froid.

Elle reprit à se débattre de plus belle agitant devant elle ses mains pour éloigner en vain le bras indiscret. Ses ébats causèrent une immédiate réaction des racines épineuses qui enceindraient sa jambe. Elle les sentit s’allonger jusqu'à la hauteur de sa cuisse et resserrer leur étreinte en pénétrant un peu plus à fond dans la chair déjà meurtrie lui faisant pousser une nouvelle plainte de souffrance tout en l’exaspérant ultérieurement.

Alors que les doigts du nêr allaient se refermer sur son cache-nez, elle-même se débarrassa du bout de tissu couvrant son visage en le jetant brusquement à terre et afféra de ses deux mains celle de l’elfe. Elle la tira avec force à sa bouche pour y refermer énergiquement ses mâchoires en une morsure douloureuse. Ceci fit immédiatement réagir le macar en conséquence, le faisant bondir hors de sa portée, inconscient jusqu’à présent du caractère rebelle de l’humaine qui le prit en contrepied.

Les traits raffinés de la jeune femme enfin à découvert ne s'accordaient point au vestiaire qu'elle portait. Et ce n’était plus son identité qu’elle s’efforçait de protéger derrière sa rébellion. La belle était clairement terrorisée.

L’archer aux côtés de son supérieur tendit la corde de son arc se préparant à décocher la flèche qu'il lui avait destiné.
Enseldrir le retint d’un geste, puis secoua une fois sa main pour en évaluer les dégâts. La blessure était plus douloureuse que grave.

L’ironie de la situation lui tira un sourire.


- Finalement, nous avons trouvé un moyen de communiquer.
Il est dommage qu’il ne soit pas à mon goût.


La remarque fit sourire l’archer et laissa la jeune femme, qui s'était psychologiquement préparée à recevoir un violent revers de main pour son insolence, bouche bée.
Jamais elle n’aurait imaginé un chef de milice capable d'ironie après avoir été mordu devant ses subalternes.

Le nêr la trônait d'assez prêt pour qu'elle puisse voir ses yeux se plisser narquoisement et ses traits se détendre en un sourire qui vint adoucir l’expression austère de son visage, lui conférant le proverbial charme elfique dont les anciens et les bardes divulguaient les ravages de leurs contes et de leurs chants.

Il souriait sans chaleur particulière.
La jeune femme l'observa plus attentivement. Il paraissait plus grand et plus "en chair" que la majorité de ses confrères. D'une beauté que l'on aurait pu définir plus sauvage. Son regard avait la couleur velouté de l'ébène sans la clarté du jour et venait illuminer son visage d'une intelligence vive.

La permanence de Valkhyria à l’Épistolat pour sa formation n’avait pas été assez longue pour lui permettre d'apprendre tous les secrets de la langue elfique, mais assez pour lui donner une bonne base de départ. Cela restait très vague mais le son du verbe ‘’communiquer’’ résonna comme une douce musique à ses oreilles.
Le nêr espérait peut être établir une forme quelconque de communication entre eux, ce qui lui garantirait un temps de vie majeur et avec un peu de chance, une occasion pour organiser une tentative de fuite.

Les Macari envoyés en éclaireur rejoignirent le petit groupe, puis s’éclipsèrent une fois de plus entre les feuillages.
Leur leader s’approcha nouvellement à elle, mais beaucoup plus lentement cette fois-ci.
Son manque d'assurance fit sourire intérieurement la jeune archère. Il savait à présent qu’elle n’aurait pas hésité à utiliser ses ongles et ses dents contre lui, si poussée à bout de nerfs.

Ceci dit, elle ne put freiner un petit geste de recul du buste lorsqu’il s’accroupit devant elle, son livre ouvert entre les mains. Il lui montra les symboles du Peuple Elfe puis se désigna. Il lui présenta ensuite la page ou figurait les royaumes d’idéo: la tour de l’Empire de Kohr, la balance et l’épée du Royaume de Kheyldar, la lune étoilée de la Confédération Arthénienne et les haches de l’Union de Havrebois, l’air interrogatif.

La jeune femme hésita à donner sa réponse.
Elle savait que leurs deux royaumes n’étaient pas en conflit, mais que néanmoins ceux-ci se ‘’supportaient’’ à contre cœur.

Un voile de profonde amertume, qui ne passa pas inaperçu au macar, vint obscurcir les yeux de jade de sa prisonnière lorsqu’elle pointa son indice sur la représentation du Royaume de Kheyldar. Mais, il n’était pas question pour elle de laisser trépasser la profondeur de son désarroi devant le nêr, ne voulant qu’il profite de ses faiblesses.

Connaissant plusieurs langues, Valkhyria fit à son tour une tentative de communication omettant volontairement d’utiliser le peu d’elfique qu’on lui avait enseigné. Cela resterait pour le moment un avantage à conserver.
Mais ses paroles vibrèrent dans le vide, sa démarche ne rencontrant aucun succès devant l'elfe qui se limita à la détailler de son air hautain sans vraiment l'écouter.

Au Sud, le cri perçant d'une créature qu'elle redoutait fendit les airs et à en juger la puissance, il se trouvait beaucoup plus proche qu'elle ne le souhaitait pour sa santé.

Dans un ultime élan d’exaspération, elle se mit à tirer à mains nues sur les liens sylvestres qui l’emprisonnaient au sol, puis s'empara d'une poignée de terre qu’elle jeta contre les jambes de l’elfe avant de reprendre à tirer sur les racines deux ou trois fois avec une vigueur renouvelée.

Le macar leva un regard furibond sur elle, se disant que l’éduction des humaines n’était pas bien folichonne. Leur race généralement impatiente, probablement dû à leur longévité si réduite. Tels des éphémères, ils parcouraient Idéo pendant quelques dizaines de cycles avant de mourir.

Furieuse, elle se montra totalement indifférente au dédain qu'il lui réservait.

Pris de pitié, son expression se radoucit, il se dirigea vers la Kheyldarienne et dégagea sa jambe des racines qui l’enserraient.
Elles se détendirent immédiatement et sans résistances aucunes sous les doigts du nêr, ce qui laissa la jeune femme un instant ébahie, ne pouvant qu'envier et admirer cette extraordinaire syntonie qui passait entre les elfes et leur environnement.

Il désigna ensuite son poignard, sa double lame, son arc puis la prisonnière d’un air interrogatif et tendit sa main, semblant attendre quelque chose en retour.
Le message ne pouvait être plus clair! Il lui demandait de lui consigner tout son armement.
Elle indiqua du doigts son propre arc à terre, se débarrassa de son carquois et leva les mains en signe de soumission avant d'en faire passer une très lentement sous sa cape. Tout en gardant l'autre dans les airs, elle s'empara de sa dague pour la lui remettre.

Elle vit l'elfe lever un sourcil comme pour vouloir lui demander si tout y était. La jeune femme pondéra la possibilité d'abandonner sa besace, mais ne sachant si elle aurait eu la possibilité de la récupérer, elle en décida autrement. Son contenu était bien trop précieux pour elle.
Elle baissa donc le regard en soupirant et fit un signe de son indice pour indiquer à l'elfe en quelle direction chercher.

La jeune archère se raidit lorsqu’elle le vit ouvrir son sac après l’avoir récupéré et serra ses poings le long de ses flancs alors que la main de l’elfe se referma sur la boite en bois vernis. Il la fit tourner pour l’examiner avant de la replacer en son fond. N'y trouvant aucune possession offensive à part quelques rations de fruits secs et des plantes séchées, il le lui tendit. Elle referma sa paume sur la bandoulière en tirant rapidement dessus et le serra de façon possessive contre son torse, le regard visiblement hostile.

Elle le vit se baisser ensuite d’un geste souple et ramasser le cache-nez dont elle en avait totalement oublié jusqu’à l’existence sous le coup de la rage, pour le lui présenter après un instant d’hésitation.


- Heri, il y a peu de regards indiscrets au sein de notre domaine, mais s’il vous sied d’être masquée, je n’y vois pas d’inconvénient.

Cette fois elle le prit de la même, infinie délicatesse avec laquelle il le lui passa, reconnaissant en ses mots l’idiome qu’elle avait appris à l’Épistolat.

Était-ce presque de la douceur qu'elle perçut en sa voix?
Elle faillit s'y laisser prendre.
Par forme de rébellion passive ainsi que par pudeur, elle fit disparaitre le cache-nez dans sa besace plutôt que d’enlever sa capuche pour pouvoir remettre le morceau de tissu à sa place.
Puis elle pâlit visiblement quand de la pointe de l’œil elle vit le garde s’intéresser un peu de trop prêt à sa dague, qu'il ne savait pas être dangereusement mortelle.

Lorsqu'elle le vit dégainer l'arme, sa réaction fut immédiate.
Cherchant à l'avertir avant qu'il ne soit trop tard, elle laissa tomber à terre son sac comme s’il n’avait plus aucune valeur pour elle et se précipita vers le garde.
Instinctivement, il fit un pas de recul en pointant sa propre lame contre elle, ce qui brisa instantanément l'élan de la belle.
Elle leva les bras devant elle, agitant les paumes pour qu’il se calme, puis elle chercha du regard un plat au sol pour pouvoir y dessiner.
Elle s’accroupit et débarrassa d’un geste abrupt le terrain des quelques feuilles mortes qui le recouvraient. Puis s'emparant d’une branchette, elle traça la silhouette de sa dague.
u bout de la lame, elle reproduit une vaguelette sinueuse verticale et ajouta deux gouttes l’une en dessous de l’autre, les entoura d’un cercle et en fit partir une flèche vers la droite.
Elle dessina ensuite ce qui ressembla tout d’abord à une assiette creuse retournée, auquel elle ajouta une croix. Une tombe…

Seulement à ce moment-là, elle fixa le garde droit dans les yeux et se fut à lui cette fois de blêmir quand elle entoura de nouveau les gouttelettes puis revint sur la tombe avant de pointer sa personne.

La Kheyldarienne pivota vers Enseldrir, le suppliant des yeux et l’indiquant du doigt avant de porter la main à ses propres lèvres et l’éloignant ensuite de sa bouche vers le garde.
Une requête mimée d'exprimer par les mots ce qu’elle ne pouvait expliquer par les siens et confirmer ainsi ce que le garde avait probablement déjà deviné.


- La Dame semble vouloir dire que sa dague est empoisonnée ou maudite. Quoiqu’il en soit elle te considère comme un Elfe maladroit. Range soigneusement cet objet afin de ne pas lui donner raison.

A cet instant, une Piomelle à la robe rouge intense vient apporter une missive à Enseldrir.
Il l’ouvrit sans perdre de temps, certain de l’identité de l’expéditeur. Il retint son souffle pendant la lecture puis se relâcha.


- Torons, nous raccompagnons l’humaine à la frontière, le Celeg Sael en a décidé ainsi. Nul doute que les Dieux sont cléments pour cette fois et nous pouvons les en remercier, il ne m’aurait pas été agréable de procéder à une exécution sommaire.

C'était du moins les ordres que le neuna reçut, sans savoir que les Valar, bien plus cléments qu'il n'aurait pu l'imaginer, en avaient déjà convenu différemment...
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MessageSujet: Re: Eámanë Enialis (Valkhyria)   Dim 29 Juil - 20:17

CHRONIQUES:
Chapitre 44 :
Impudence elfique… ou pruderie Kheyldarienne?
Image: Sous le regard indiscret d'un neuna


- Nord de la Taurë: le 28 Fagilias du 1553ème cycle -

Le nêr savait que la reconduite de l'humaine à la frontière serait pleine d’embuches, l’esprit de la Taurë veillant à entraver ses déplacements. Ainsi, il lui indiqua le chemin du Nord en la précédant et en l’invitant à le suivre, écartant les pièges que la forêt ne cessait de mettre en travers de son chemin.
Deux gardes les talonnaient pour s’assurer qu’elle ne tente la fuite, chose peu envisageable...

La lumière du soleil commençait à diminuer rapidement entre les feuillages.
La Kheyldarienne s’efforça d’avancer sans jamais broncher ou se plaindre de sa faiblesse, mais la fatigue eut raison de son courage et elle finit par lui céder.
Elle trébucha en se prenant le pied dans une souche et n'ayant plus la force de continuer, resta à terre sur mains et genoux. Les deux gardes derrière elle s’apprêtèrent à la soulever sans ménagement pour la remettre sur pied et reprendre le chemin, mais les yeux rougis qu’elle leva sur le visage de leur leader ne laissèrent aucun doute chez ce dernier quant au manque de sommeil de la jeune femme.
La forêt Elfique était pour lui un endroit des plus hospitaliers mais c’était un enfer pour les étrangers. Combien d'heures avait-elle passé immobilisée à la merci des dangers de la sylve?
L'elfe se rendit compte qu'elles furent plus longues qu’il ne l’avait imaginé. Une halte s'imposait donc.

Il s’adressa à un des Macari:


- Nous camperons dans les environs pour la nuit. Trouve-nous une place pour un campement au sol nous ne nous installeront pas dans les arbres, l’esprit de la Taurë aurait tôt fait de faire choir l’humaine.

Valkhyria observait très attentivement chacun des mouvements du nêr. Ne pouvant comprendre qu'en partie son langage verbal, elle laissa que ce soient les mouvances de son corps, les expressions s’alternant sur son visage et la lumière changeante de ses yeux à lui parler.

Il sortit une fiole soigneusement emballée de son sac. Le liquide d'une belle couleur ambrée qu'il contenait était un remède universel pour les coups de fatigue, mais son effet était très limité dans le temps et la torpeur prenait le dessus rapidement. Il s’accroupit et tendit la petite bouteille de verre à sa captive.
La belle hésita, puis allongea la main pour l'accepter. Elle la fit passer tout d’abord sous les narines pour en sentir le parfum. Son nez se frisa en une divertissante frimousse peu convaincue lorsque l’alcool vint lui picoter les sens.

Devant la méfiance justifiée de l'archère, le neuna lui dit avec douceur:


- Buvez, Valkhyria. C’est de l’hydromel.

Petit était le nombre de soldats Kheyldariens avec assez de compassion pour s'occuper d'un prisonnier tel que le faisait cet elfe.
Avant de porter le breuvage aux lèvres, elle sourit à la pensée que dans le fond leurs respectives races avaient sans doute plus de choses en commun qu’ils n’étaient prêts à l’admettre. Tel que l’hydromel justement, qui coulait souvent à flots dans les tavernes de la Kheyldarie.
Pour sa part ce n’était pas un liqueur qu’elle appréciait tout particulièrement, comme tout autre genre de boisson alcoolisée d’ailleurs. Mais étant à base de miel, elle en connaissait fort bien les propriétés nutritives. Elle obéit donc.
Elle sentit le breuvage lui bruler la gorge dès qu’il glissa lentement le long de ses parois, les caressant de cette douceur traitre qui en masquait la puissance alcoolique.


- Hanta.

Le nêr haussa un sourcil. Ainsi, elle avait quelques notions de la langue des premiers nés…Son élocution était nettement marquée d’un accent assez prononcé, mais restait suffisamment distincte.

Elle lui rendit le récipient après une seconde gorgée.
Les doigts de l'intruse frôlèrent les siens un bref instant.
La main de l’humaine était glaciale, une évidence supplémentaire de son état de fatigue plus avancé que le macar ne le pensait.
Il en apprécia néanmoins la délicatesse contrastant avec leur puissance. Enseldrir put également déceler de légers cals prouvant que la Dame semblait rompue au maniement des armes.

Le Macar revint rapidement.


- Neuna, un lieu conviendra. Il n’est pas loin et aucune trace de créature n’est visible.

Enseldrir se redressa et tendit la main à l’humaine afin de l’aider à se relever. Et lui dit sur le même ton que précédemment:

- Encore un petit effort, vous vous reposerez en sécurité. Venez.

Le macar la soutint durant le court trajet qu'il leur restait à parcourir, faisant preuve de toute la délicatesse possible.
L’emplacement sélectionné était parfait, à l’abri des vents et des bêtes sauvages, une source d’eau claire disponible à peu de distance. L’entraînement des Macari et leur connaissance du terrain faisait des merveilles.

Enseldrir guida Valkhyria jusqu'à une place à peu près plate et dégagée des branches cinglantes. D'un geste ample in indiqua le sol et déclara d'un ton toujours aussi doux et mesuré:


- Installez-vous ici.

Elle fit glisser paresseusement sa besace de son épaule et la laissa tomber au sol à l'emplacement indiqué, laissant agir la force de gravité sans même chercher à la retenir. Puis elle s’assit à son tour sur la terrain qui, pour la première fois, lui parut d’un moelleux sans pair tant elle était prête à s’abandonner aux bras d’Orphée.

le nêr fouilla dans son sac et lui tendit un petit paquet. L’emballage était réalisé avec soin: une feuille était pliée d’une façon assez complexe, un lien de chanvre entourant délicatement le tout.


- Mangez, puis reposez-vous.

La jeune femme libéra avec délicatesse l'enveloppe végétale de sa ligature à l’aide de ses ongles et y découvrit ce qui à ses yeux ressemblait à une part de galette croustillante et brune à l’extérieur, dorée et moelleuse en son centre, ainsi que quelques fruits secs pour rassasier sa faim.
Portant le pain à la bouche, elle y discerna une fois de plus du miel et se délecta cette nouvelle saveur lorsqu'elle fit fondre sur la langue la bouchée de pain qu'elle découvrit être d'une extrême légèreté.

Les paupières lourdes, c’est à peine si elle toucha aux fruits secs avant de s’étendre sur un côté et se laisser vaincre par la torpeur. Bercée par le chant harmonieux de la source, elle sombra dans une profonde léthargie tout en se promettant de s'y rafraichir dès qu’elle en aurait eu la force.

Le neuna prit lui-même le temps d'apprécier son propre repas avant de renouveler l’eau de sa gourde et d'organiser les tours de garde dont il prit le premier quart.

Il enleva ses bottes puis les éléments de son armure elfique et entreprit de la réparer et de l’entretenir. Depuis que l’intendance lui avait confié, il en avait toujours pris grand soin. Elle avait servi dans les guerres de frontières depuis des dizaines de cycles et de prestigieux Macari l’avait porté avant lui.
Une fois l’entretien effectué, il entreprit d’assouvir sa curiosité en étudiant le curieux arc qui constituait une partie de l’équipement de Valkhyria.
Il était de facture humaine. Sa constitution était robuste et de nombreuses décorations le couvraient totalement. L’ensemble était soigné mais loin de la technique elfe même si l’efficacité était probablement d’un haut niveau: La corde était en effet de bonne qualité et la tension convenable. Il en déduit que la jeune femme était une archère accomplie. C’était une arme bonne aussi bien pour la chasse comme pour la guerre.

Son curios apaisé, il reposa l’arme et regagna sa place.
Le soleil était maintenant couché, un quartier de lune faisait luire les feuillages d’un voile argenté. Les bruits familiers de la Taurë nocturne s'intensifiaient alors qu'une brise légère venant de l’est se mit à faire chanter les branches de la canopée.

En ce décor pour lui familier, il se mit à étudier les traits de l’humaine endormie, se demandant ce qui avait pu la pousser à braver les dangers du Domaine Sacré.
Quels périls fuyait-elle? Son amertume lorsqu’elle désigna les armes du Royaume de Kheyldar pour identifier son origine n'avait pas échappé au nêr et ajoutait au mystère: était-elle bannie?
Son visage maintenant apaisé et détendu par le sommeil laissait paraître sa beauté sous les rayons séléniens qui en soulignaient les creux et les courbes.
Elle était... si belle pour n'être qu'une humaine.

Enseldrir se détourna agacé par ses propres pensées, ses sens revenant à son devoir de veilleur.
Au loin, une meute de loup chantait l’appel à Isil. La voix de leurs frères disparus leur manquait certainement.
Le macar chuchota une prière à Gaïaniel et à Shadaliel. Puis, il remercia la Sentinelle, gardienne du domaine pour son soutien lors de la journée passée.

Alerté par de lointains bruits de combat étouffés par l’épaisseur de la forêt, Enseldrir réveilla un Macar afin qu’il prit sa garde plus tôt. Il se ré équipa rapidement puis fila au sud, dans la direction estimée de l’escarmouche.
Il fût de retour quelques temps plus tard, légèrement blessé, prêt à s'octroyer un repos bien mérité.

L’archère, encore peu habituée aux sons de la forêt elfique, fut brusquement tirée de son sommeil par le vagissement d’une créature nocturne.
Elle redressa le buste et donna un coup d’œil à ses accompagnateurs qui dormaient tous paisiblement sauf un, qu'elle imaginait probablement de garde non loin.
Elle se rasséréna immédiatement. Si les elfes ne s’étaient mis en alerte, c’est qu’il n’y avait donc pas de quoi se préoccuper .

Quand sa vue mit enfin à feu les alentours, elle constata, sous la lumière reflétée d’une quasi pleine lune, qu’Enseldrir lui faisait face à une distance de deux ou trois pas. Sa respiration régulière témoignait de son état d’assoupissement.
Il avait quitté son armure et ses bottes, et une déchirure multiple dans le tissus de sa chemise au niveau de son flanc fit froncer les sourcils de la jeune femme.
Que s’était-il passé durant, ce qui apparemment se révéla être une profonde catalepsie!

Toute curiosité s'évapora aux sons des doux clapotis de la rivière. Quelle femme dans son état aurait pu résister à une telle tentation...

Elle chercha du regard la sentinelle qu’elle vit adossée à un arbre scrutant les sous-bois plutôt que le campement d’où il ne s’attendait bien sur aucune surprise. Profitant de cela, elle s’empara de sa besace et en sorti lentement quelques plantes pour traiter les plaies encore vives de sa jambe, ainsi qu'un baume à base d’huile végétale pour ses cheveux.
Ne voulant évidemment réveiller personne, elle ôta ses bottes qu’elle laissa sur place et s’enroulant dans les pans de sa cape, elle s'éloigna sur la pointe de ses pieds.
Arrivée au bord de l'eau, elle longea la rive et ne s'arrêta que lorsqu'elle estima avoir mis assez de distance entre elle et le campement, bien consciente des sens fortement développés des elfes.

Enseldrir fût tiré de son sommeil quelques minutes plus tard par le Macar de garde qui l'informa que l’humaine avait discrètement quitté le campement pour se diriger vers la source. Il en suivit les traces, ne prenant avec lui que sa double-lame. Il ne craignait pas de coups-fourrés mais il était risqué de s’éloigner ainsi.

Lorsqu'il arriva sur les lieux, le neuna se tapit entre les fourrés pour guetter le plus petits de ses gestes.
Sous son regard insoupçonné, elle se défit avec bonheur de sa cape et libera sa longue chevelure de feu qu’elle détressa et démêla avec soin en faisant passer les doigts entre les épaisses mèches tendrement ondulées, mais ternies par la poussière des derniers jours.
Surprit par la chevelure ainsi révélée, le nêr retint son souffle un instant.

Il la vit s’empara ensuite de ses plantes, les plonger dans le ruisseau pour les gorger d'eau et en faire une espèce de bouillie crémeuse à l'aide d'un cailloux contre le plat d'une roche. Elle mit le tout à macérer, le temps de prendre son bain.
Il se doutait que l’humaine devrait se soigner, sa race étant sensible aux maladies et aux infections.

Se trouvant en terres étrangères, la belle se défit de tous ses vêtements à l'exception de sa large chemise masculine, qui retombait jusqu'à mi-cuisses.
Passant une main par le col qui, aussi large que le reste, paraissait profondément évasé autour de son cou, elle libera l’extrémité de la bande qu’elle enroulait autour de son torse pour aplatir ses formes féminines. Puis en tirant par le haut, elle s’en débarrassa progressivement au fur et à mesure qu'elle se desserrait.
Enfin dégagée de cette cage textile, elle prit le temps d’inspirer profondément l’air pour remplir à fond ses poumons, à présent libres de s’épandre à leur guise.

Enseldrir haussa un sourcil lorsqu’elle retira sa bande. Ainsi, elle était blessée? Puis il comprit que cet ustensile faisait partie de son déguisement, les formes d’une femelle humaine étant plus… explicites que celles d’une nis.

Valkhyria avança lentement dans les eaux du ruisselet, creusant le ventre en retenant son souffle quand elle sentit bruler les plaies de sa jambe sous l’impact de sa fraicheur. L’effet antiseptique des vaguelettes fit rapidement place à de la torpeur autour de la zone meurtrie, la soulageant rapidement. La jeune femme disparut ensuite sous la surface, savourant les caresses réfrigérantes de ces eaux douces glissant le long de son corps.

Elle fit quelques brassées utilisant jusqu’à la dernière once d’air qu’il lui restait dans les poumons. Elle avait toutes les intentions de ce monde de profiter à fond de chaque seconde de cette liberté retrouvée. Elle savait parfaitement que toute bonne chose avait sa fin trop proche et qu’une telle occasion ne se serait représentée de sitôt.
Elle émergea offrant un visage radieux à la lune qui, haut perchée dans le ciel, faisait reluire de mille feux argentés la surface de l’eau en un extraordinaire spectacle de lumières et de reflets. Elle se mit sur pieds, dos à la rive tout en lissant de ses deux mains ses cheveux vers l’arrière pour qu’ils cessent de ruisseler le long de son front et de ses joues, lui permettant ainsi d’ouvrir les yeux.
Les ondines superficielles tournoyaient joyeusement autours de ses hanches dont les douces rondeurs mirent en valeur une taille des plus fines. Le coton blanc du chemisier trempé quant à lui, s’était moulu au formes sinueuses de son corps suivant le retrait des eaux et ne cachait pratiquement plus aucun recoin de sa peau sous sa transparence.

Ce fut lorsqu'elle entra dans l’eau que le macar choisit de sortir sans discrétion aucune du bosquet. Il s’arrêta au bord de la rive, posa sa double-lame et enleva sa propre chemise d’un geste naturel. Il utilisa un linge nettoya un peu les contours de sa plaie et sans regarder l’humaine, déclara :

Vous ne devriez pas vous éloigner du campement sans surveillance. La Taurë est dangereuse pour ce qui lui est étranger. Ces eaux regorgent de serpents.

Comme il fallait s'y attendre, la Kheyldarienne sursauta et se laissa échappé une exclamation de stupeur au son de la voix posée d’Enseldrir. Elle se retourna vers la source sonore par réflexe inconditionné, avant de disparaitre à nouveau dans l’eau jusqu’au cou.
Elle tenait les bras rigidement étirés dans l’eau vers le bas, retenant pudiquement les bords de son chemisier entre ses cuisses, de peur qu’il ne remonte vers la surface suivant les courants. N’ayant nullement soupçonné sa présence, elle sentit ses joues s’empourprer terriblement en se demandant depuis combien de temps l'elfe était là.

Elle ne comprit pas le verbe utilisé, ni la parole qui s’en suivi, ce qui lui fit hocher négativement le chef avant de tenter de répéter en elfique le dernier mot prononcé:


- Ser… Serp…

Il fit un geste ondulant avec le bras plus explicite que toute évocation verbale tout en l'observant d'un air amusé alors qu'il répétait:

- Attention, serpent.

l'archère écarquilla deux yeux ronds de frayeur et bondit comme un chevreau, faisant retentir un petit cri sec à moitié étouffé.
Lui donnant nouvellement le dos, elle examina frénétiquement d'un regard apeuré l’étendue paisible d’eau à la recherche d’une évidence concrète. Elle ne vit rien, mais… les serpents aquatiques était tout aussi habiles en superficie que dans les fonds.

Elle lui fit alors face, cachant de ses bras ce qu’elle pouvait des transparences tout en scrutant le visage du nêr, cherchant à lire dans ses prunelles d'ébène s’il était sincère ou s'il prenait tout simplement un fou plaisir à s’amuser à ses dépens dans la tentative de la pousser à sortir de l'eau.

La Kheyldarienne sentit sa peau bruler sous le regard d'Enseldrir qui ne perdit pas une miette du spectacle. Quel mal y avait-il à apprécier la plastique de l’humaine? L’harmonie des courbes du corps de la belle faisait échos aux vaguelettes quelle créait en se déplaçant dans l’eau. Il en resta un instant fasciné.
Puis il leva un sourcil interrogatif, surprit de ne pas la voir se précipiter en sa direction en quête toute naturelle de protection.
Lui préférait-elle donc la compagnie de dangereux et visqueux reptiles?

Elle allongea droit devant elle le bras recouvrant sa poitrine et fit tourner son indice en cercle vers le sol lui indiquant d'en faire autant, le tirant de sa rêverie.
Puis elle rétracta rapidement le membre à son emplacement d'origine: l'avant-cœur.

L'elfe savait que les humains étaient des êtres pudiques, encore une différence fondamentale avec sa propre race. Il haussa les épaules, rinça rapidement le linge dans l’eau, lança sa chemise par-dessus l'une d'elle, ramassa sa double-lame puis, d’un geste presque martial fit demi-tour. Il croisa ensuite les bras négligemment en veillant à ce qu’une des lames de son arme puisse lui servir de miroir.
Aussi au cas où un bruit suspect surviendrait derrière-lui…

La jeune femme resta sur place quelques secondes de plus, prête à se rejeter à l’eau s’il s’hasardait de tourner, ne serait-ce que d’un quart de tour, le visage. Puis l’écho des vaguelettes indiquèrent au nêr que la belle se fit enfin raisonnable.
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