Au delà des mers

Des aventuriers venus du monde entier découvrent une île peuplée d'étranges créatures. Humains, Elfes, Orques et Nains se lient pour la coloniser.
 
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 Mysitc-01-3 - Retour sur les Terres Mortelles

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Nimu
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MessageSujet: Mysitc-01-3 - Retour sur les Terres Mortelles   Mar 24 Juin - 11:51




Le royaume des cieux était réservé aux Sages ainsi qu’aux Etres Bénis, le royaume terrestre était habité par les Mortels et le royaume des ombres était gouverné par les Démons qui d’ailleurs ne se privaient pas de l’étendre, au détriment de celui des Mortels. Mais il était un lieu qui n’appartenait à aucun des trois royaumes. Un lieu inconnu dont personne n’avait pu découvrir ne serait-ce que les frontières et cet endroit, engendré par la magie, était la cité de la Déesse-Mère.

La nature faisait partie intégrante de la vie des ses habitants et chacun passait son temps à étudier ou enseigner ses lois et ses règles. De grands arbres s’élevaient entre les bâtisses qu’entouraient de splendides jardins colorés de milliers de fleures, dont les parfums se diffusaient au gré des vents. Semblant avoir été construite au sein même d’une forêt de conte de fée, la cité vivait au rythme des saisons, traversant immuablement les âges.

Dans un jardin qui bordait la Bibliothèque, une jeune fille d’une quinzaine d’année observait une fleure dont les couleurs changeaient sous la brise du vent. Ses long cheveux noirs courraient sur ses épaules et brillaient sous la lumière rougeoyante du soleil couchant. Au loin, on pouvait déjà entendre les carillons du clocher de la citadelle annoncer la naissance des étoiles, que seul un appel perturba.

- Valkhyria ! Il est l’heure de la leçon du soir !

- J’arrive tout de suite ! Répondit la jeune fille qui se mit à courir joyeusement en direction du temple où elle était attendue.

Un vieil homme affublé d’une longue robe de velours rouge sombre l’attendait à l’entrée d’une salle dans laquelle avaient déjà prit place sept jeunes gens de son âge.

- En retard, comme d’habitude ! dit le vieillard à la jeune fille lorsqu’elle arriva à sa hauteur.

Un large sourire illumina le visage de l’enfant qui salua son maître avant de regagner sa place.

Le temple n’était pas un lieu de culte comme on aurait pu le croire, mais celui de l’enseignement universel où Valkhyria ainsi que les autres jeunes venait y apprendre les secrets et la magie de la nature. Le vieil homme, qui venait partager ses connaissances, était le doyen de la cité. Son savoir était immense, si bien qu’on ne savait où en étaient les limites. Personne ne connaissait son âge réel et beaucoup se plaisaient à croire qu’il était présent lors de la formation des royaumes. Pour lui, toutes choses avaient toujours une explication. Il fallait juste laisser au temps la possibilité de l’enseigner à celui qui aurait fait preuve de patience.

Le cours de ce soir là portait sur la nomination des groupements d’étoiles qui brillaient dans le firmament et afin de mieux illustrer ses propos, le maître fit ouvrir le plafond du temple qui dévoila un spectacle stellaire d’une rare beauté. Cette nuit leur offrait son plus beau ballet d’étoiles filantes avec leurs trainées de lumière qui se reflétaient dans les yeux admiratifs des spectateurs présents.

La leçon terminée, Valkhyria quitta ses amis et le vieux maître la tête remplie d’étoile. Tout en continuant d’observer le ciel nocturne, la jeune fille arriva à sa demeure dont la fenêtre de la cuisine laissait s’échapper les fumets d’un bon repas, qui ne manquèrent pas de faire gargouiller son estomac. Elle se précipita à l’intérieur de la maison pour se mettre à table avec tout le monde où une magnifique volaille rôtie attendait posée au centre de la table, entourée d’une riche garniture de légumes en tout genre.

Elle n’était pas seule à vivre dans cette demeure qui était la plus grande de la cité, une dizaine de jeunes femmes y habitant également. Elles étaient ce qu’on appelait les filles de la Déesse-Mère, bien qu’elles ne soient pas réellement ses enfants. Ces jeunes femmes avaient atteint un haut niveau de connaissance et possédaient des pouvoirs spéciaux qui en faisaient les élèves exclusives de la Grande Déesse.

Le repas terminé, Valkhyria aida au nettoyage avant de se rendre au troisième étage, où se trouvait les appartements de la Déesse-Mère. Il était rare que cette dernière assiste aux repas avec le reste des habitantes de la maison et elle passait le plus claire de ses soirées à lire des comptes rendus qui provenait de ses éclaireurs posté dans les différents royaumes. Lorsque la demoiselle arriva à la hauteur de la porte, elle remarqua que celle-ci n’était point fermée comme à son habitude et pu entendre des voix provenir de l’intérieur de la pièce. La Déesse-Mère se trouvait en présence du vieux maître à la robe couleur rubis et discutaient de la jeune Valkhyria.


- Madame. Dit humblement le vieillard. Je pense qu’il est grand temps d’en dire plus à cet enfant sur ses origines. Elle connaît bien évidemment les grandes lignes de l’histoire de ses parents mais il vous faut à présent aller plus en profondeur. Elle ignore tout de son métissage et des conséquences que cela implique. En l’amenant ici avec vous et en ayant fait son éducations, vous l’avez enfermée dans un cocon de soie dans le quelle elle a toute protection. Mais elle n’est pas de ce monde et j’ai l’étrange pressentiment qu’un jour prochain elle devra arpenter le sien. Et pour tout vous dire, je ne pense pas qu’elle y soit préparée.

- Tu as raison mon vieil ami. J’aurais peut-être du lui dire la vérité dès le début, mais le commencement de sa vie fut si violent que je voulais lui donner un peu de répit et lui faire connaître un temps le bonheur. Répondit la Déesse-Mère.

- Je vous comprends que trop bien belle dame. Mais je sais par expérience qu’on ne peut réellement apprécier les moments de bonheur qu’en ayant connut ce qu’était la véritable souffrance et sauf votre respect, elle n’a aucun souvenir de ces jours de malheur. Rétorqua le maître.

- Je sais tout ça. Ma faute sera son châtiment, mais …

La Déesse Mère s’interrompit soudain. Un bruit provenant de l’autre côté de la porte attira son attention et sur un ton maternel elle dit alors aux petites oreilles indiscrètes qui les écoutaient.

- Entre Valkhyria.

D’un air un peu gêné, la jeune fille passa le pas de la porte et s’arrêta, le regard posé sur le sol et les mains jointes derrière son dos. La Déesse-Mère était debout devant une fenêtre, le regard perdu dans la nuit, quant au maître, il était confortablement installé dans un grand fauteuil juste à ses côtés.

- Veuillez me pardonner. Je ne voulais point vous espionner mais je n’ai pas pu m’en empêcher.

- Ce n’est rien mon enfant. Dit le vieil homme, le visage amusé. Il est tout naturel d’avoir l’ouïe tentée par des paroles qui nous concernent personnellement. La curiosité n’est pas un vilain défaut en soit, mais il faut bien prendre en considération la responsabilité qu’implique d’écouter ce qui ne devrait pas l’être.

- Oui mon maître. Répondit Valkhyria les joues teintées de rouges.

Le vieux maître regarda un instant la jeune fille avec tendresse puis dit à l’adresse de la Déesse-Mère.

- Il me faut vous laisser à présent et m’en retourner au Temple. Vous avez, je le crois, bien des choses dire. Puis, à ses mots, il quitta la pièce aussi vite que son grand âge le permettait.

- Approche s’il-te plaît. Demanda la Déesse-Mère à Valkhyria qui n’avait toujours pas relevé le visage. Allez, ce n’est rien. Tu allais de toute manière l’apprendre donc autant que ce soit maintenant. Je pense que tu es prête, bien que j’aurai voulut que jamais ce jour n’advienne.

La jeune fille prit place dans le canapé qui se trouvait devant l’âtre de la cheminée et fut bientôt rejoint par la Déesse-mère qui s’assit en lui prenant les mains.

- Ma douce enfant. Il y est des choses sur tes parents que je ne t’ai pas dites. Non pas que je les ai omises, mais je pensais qu’il valait mieux te laisser dans l’ignorance pour te préserver. Tu sais que tes parents sont morts le jour de ta naissance et qu’à partir de ce moment je me suis occupée de toi. Ce que tu ignore en revanche, c’est dans quelles conditions ton père et ta mère ont perdu la vie et je vais à présent te révéler ce que je t’ai jusque là caché.

La Déesse-Mère raconta alors à Valkhyria la rencontre, la vie ainsi que la mort de la belle Idril et du valeureux Elladan. Des larmes et des sourires naissèrent de temps à autre sur le visage de la jeune fille qui écoutait attentivement. Elle avait le sentiment d’être toute proche de ses parents et pour la première fois elle apprenait enfin à les connaître. Le récit terminé, Valkhyria s’effondra en sanglot dans les bras de la Déesse-Mère. Cette dernière décida qu’il en était assez des révélations pour ce soir et qu’une bonne nuit de repos aiderait à mieux comprendre ce qui serait dit le lendemain. C’est ainsi que la Déesse raccompagna la jeune fille à sa chambre.

Le sommeil de Valkhyria fut agité et ses rêves dérangeants. Elle marchait sur un petit sentier menant à une ferme quand tout d’un coup apparurent les silhouettes d’un homme ailé et d’une femme se tenant par la main. Ils étaient de dos et marchaient à une vingtaine de mètres devant la fillette qui reconnût là son père et sa mère. Elle se mit alors à courir à toute vitesse pour les rejoindre mais le chemin les séparant s’agrandissait de plus en plus à chaque foulée. Il lui semblait qu’un temps interminable s’était écoulé avant qu’elle ne réussisse enfin à les atteindre, mais lorsqu’ils se retournèrent pour la prendre dans leur bras ce n’était que des corps sans visages qui se penchèrent sur elle.

Valkhyria se réveilla en sursaut, dégoulinante de sueur, son cœur battant la chamade et la respiration haletante. Il lui fallait de l’air frais pour l’aider à se calmer et à reprendre ses esprits car bien qu’elle soit sortie de sa torpeur, les visions ne quittèrent point ses pensées. Elle se rendit sur le petit balcon attenant à sa chambre et respira un bon coup. C’est alors qu’un nouveau sentiment naquit en elle. Un sentiment comme elle n’en n’avait jamais connu de pareil auparavant. Elle en voulait atrocement à ceux qui avaient osé prendre la vie de ses parents, les arrachant à elle bien trop tôt pour qu’elle n’eût le temps de les connaître. Et pour la première fois de sa vie, elle voulait la mort d’êtres vivants.

Le lendemain matin, Valkhyria n’attendit pas qu’on la convie devant la Déesse-mère pour la retrouver dans son appartement. La Déesse ne fut d’ailleurs point étonnée de la voir arriver aux premières lueurs du jour alors qu’elle prenait son petit-déjeuner.


-Viens te joindre à moi mon enfant. Tu dois avoir faim après la nuit que tu viens de passer !

Valkhyria s’installa à la table de la Déesse-Mère mais ne mangea rien. On pouvait voir sur son visage qu’elle avait une question à poser sans oser le faire et le dilemme qui en résultait lui faisait faire de drôle de petites grimaces qui ne passèrent pas inaperçue.

-Si tu as quelque chose à me demander fais-le, tu risque de te rendre malade à ruminer ainsi tes pensées. Dit gentiment la Déesse-Mère en retirant la peau d’une pomme avant de la découper en quartier.

- Mère ! Commença Valkhyria qui avait prit l’habitude de l’appeler ainsi depuis qu’elle était toute petite. C’était d’ailleurs de cette manière que la nommaient les filles qui vivaient en sa demeure. Mère ! Répéta l’enfant. J’aimerai aller rendre hommage à mes parents et aller déposer des fleurs sur leurs tombes.

- Je ne crois pas que cela soit une bonne idée mon enfant. En tout cas pas pour le moment. Répondit la Déesse-mère sur un ton de regret. Les lieux sont trop dangereux pour toi. Tu es recherchée par bien des espèces des trois royaumes et tant que tu resteras dans cette cité tu seras protégée. Il te faut connaître le monde d’où tu viens avant de t’y aventurer. A présent, tu vas débuter un rude apprentissage pour te préparer à ta destinée et seulement une fois ta préparation terminée, tu pourras aller sur la tombe de tes parents.

La jeune fille ne répondit rien, mais elle prit ce refus comme une injustice et cet apprentissage apparaissait pour elle comme une punition. Malgré cela, elle se montra fort assidue dans ses études et entraînements qu’elle acheva 35 ans plus tard. 35 ans de vie d’homme bien évidemment, car le temps n’avait pas la même valeur pour les différents peuples et il en était de même pour une semi-ange. Durant toutes ces années elle reçut l’enseignement de la Déesse-mère qui lui apprit tout ce qu’elle savait à en faire quasiment son égale.


Valkhyria était arrivé à l’aube de ses vingt ans et avait achevé son apprentissage, plus décidée que jamais à retrouver la terre qui l’avait vu naître. Elle était devenue une superbe jeune femme. Vêtu d’une robe aérienne blanche, son corps était une alliance parfaite entre la beauté de sa mère et la pureté de son père.

Après une longue chevauchée dans les prairies qui entouraient la cité, elle alla voir la Déesse-Mère afin qu’elle lui donne les dernières instructions avant le grand départ.


- Je m’en vais Mère et vous promets que je n’oublierais point les enseignements que vous m’avez inculqué avec sagesse. Je suis triste de vous quitter aujourd’hui mais je suis enfin prête à faire face à la destinée qui s’offre à moi.

La Déesse déposa un baiser sur le front de la jeune femme et lui dit.
- Il y a une dernière chose que je ne t’ai pas encore dite. Pour ne pas que tu sois repérée, tu seras transformée pendant un temps en animal. Ainsi ton énergie passera inaperçue jusqu’à ce qu’elle se mêle a celle des vivants. A partir de ce moment et seulement à ce moment là, je te ferais reprendre forme humaine. Je te souhaite bonne chance jeune Valkhyria, je garderai toujours un œil sur toi.

- Au revoir chère Mère et merci pour tout.

Les deux femmes s’enlacèrent puis les yeux pleins de larmes, la Déesse-mère invoqua le vent et la brume. D’un mouvement ample elle entoura Valkhyria d’un nuage gris qui, en se dispersant, fit disparaître la jeune femme.

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MessageSujet: Re: Mysitc-01-3 - Retour sur les Terres Mortelles   Mar 24 Juin - 12:02




Lorsque Valkhyria ouvrit les yeux, elle ne vit que du blanc à perte de vue. Un vent glacial soufflait, entrainant avec lui des milliers de flocons de neiges qui virevoltaient en tout sens autour d’elle, sans pour autant qu’elle ne ressente le froid. Mais plus étrange encore, son corps était devenu tout d’un coup plus lourd et elle avait le sentiment d’être plus petite. Menant sa main à son front comme pour réfléchir, elle constata soudain que celle-ci était devenue une grosse patte toute blanche. D’ailleurs tout son corps avait subi une transformation et la voilà maintenant sous l’apparence d’un félin. Elle commença alors à comprendre. Elle était déjà sous l’emprise du sort dont la Déesse-mère lui avait parlé, cependant elle ne s’attendait pas à se retrouver ainsi à peine avait-elle foulée la terre des mortels.

Non loin de là, Valkhyria aperçût le bord d’un lac gelé et elle décida de s’en approcher pour voir à quoi elle ressemblait. Une fois arrivée au dessus de la glace, elle enleva la couche neige la recouvrant et scruta son reflet pour découvrir qu’elle avait été changée en un gros tigre blanc des montagnes. La jeune femme connaissait bien cette magie et savait comment s’en défaire, mais il lui fallait rester ainsi en attendant que la Déesse-Mère défasse elle-même le sortilège au moment propice. A présent, le plus important pour Valkhyria était de trouver un abri, le temps de décider par où commencer son périple. D’ailleurs, elle ne savait même pas où elle se trouvait en ce moment, ce qui ne la réjouissait guère.

A la recherche d’une grotte ou d’une cavité dans la roche qui soit assez grande pour qu’elle puisse s’y installer, Valkhyria voulut voir ce dont elle était capable de faire avec son nouveau corps. Elle s’était déjà transformée en animal par le passé, mais elle avait toujours privilégié les oiseaux aux animaux terrestres, car voler lui conférait un sentiment de bien être et de liberté entremêlés qui lui étaient familiers. Toute tigresse qu’elle était, elle se mit à faire des bons dans tout les sens, enfonçant son museau sous la neige et se roulant dans le grand manteau blanc pour y disparaître totalement. Elle joua ainsi pendant un moment jusqu’à ce que son estomac lui rappelle qu’elle n’avait rien mangé depuis la veille. Il lui fallait absolument se mettre en chasse, choses qu’elle n’avait jusqu’à lors jamais tenté. Elle leva son museau et se mit à humecter l’air à la recherche d’odeurs qu’elle essaya de suivre mais le vent et la neige ne lui facilitèrent pas la tâche et c’est bredouille qu’elle s’enfila dans une petite caverne qu’elle finit par découvrir en flanc de montagne.

Au dehors le vent augmenta ses lamentations, rythmées par le titillement des goutes d’eau qui tombaient contre la paroi rocheuse de la caverne avant de se perdre dans les anfractuosités. Le sol était resté sec par endroit, ce qui permit à Valkhyria de se coucher. Le sommeil lui ferait oublier sa faim qu’elle apaisa dès le lendemain venu.

Le paysage avait changé depuis la veille et soleil brillait haut dans le ciel, baignant de lumière les dunes de neige qui s’étaient formées durant la nuit. La tigresse pu alors suivre aussi bien les odeurs que les traces laissées par de petits animaux et réussi ainsi à pister un lièvre dont elle fit son déjeuner. Il était maintenant temps de prendre une décision quant à la direction à suivre. Son instinct lui conseillait d’emprunter le même chemin que la course du soleil, ce qu’elle fit jusqu’au couchant ainsi que les jours suivants.


Au bout d’un mois elle avait déjà descendu les montagnes enneigées, traversé les valons verdoyants et se trouvait maintenant dans une grande forêt dense. Les arbres se dressaient majestueusement au milieu d’un tapis de racines qui ressortaient de terre et s’entremêlaient les unes aux autres, rendant le terrain difficilement praticable pour ceux qui n’étaient pas de races animales. De l’autre côté de la forêt, des filets de fumées indiquaient qu’il y avait un village, probablement de paysans, que Valkhyria décida d’aller visiter dès la tombée de la nuit.

Les douces lumières des chaumières étaient le seul éclairage qui se diffusait entre les bâtisses. Des bruits et des voix attirèrent la tigresse aux abords de l’auberge. Avec ses pattes de velours, elle s’installa le plus discrètement possible sous une fenêtre ouverte pour entendre ce qui s’y disait. Dans un premier temps, elle ne pu percevoir qu’un brouhaha de voix, mais, à un moment, le silence se fit et le son d’une mélodie parvint aux oreilles de Valkhyria. Un barde avait prit place au centre de la taverne et s’était mit à jouer de son instrument, attirant l’attention de tous. Puis, sur les accords de sa musique il posa sa voix et chanta de la plus belle manière qui soit.



Ecoutez bien braves et bonnes gens, cette histoire qui traversa le temps
Elle raconte le funeste amour d’une demoiselle aux beaux atours
Qui vivait jadis en ces lieux avec un père qui se faisait très vieux

La vie ne leur était point facilitée par le dur labeur de chaque journées
Mais arriva soudain un homme, beau et fort de sa personne
Qui aida le vieux rongé par la maladie et tomba fou amoureux de sa fille

Cependant le destin est fort cruel en nous rappelant notre état mortel
Et une nuit la mort s’invita pour emporter le vieillard dans ses bras
Laissant place à la tristesse qui fut réconfortée avec tendresse

Durant des mois ils vécurent les deux, passant ensemble des jours heureux
Mais l’ombre s’abattit sur les terres, sous les traits de démons sanguinaires
Détruisant les villes sur leur passage et volant la vie d’êtres de tout âge

Les deux amis durent s’enfuir et quittèrent ces lieux pour ne plus y revenir
Dans l’antre d’un dragon ils se cachèrent, mais les démons les retrouvèrent
Le jeune homme prouva alors sa bravoure et partit se battre motivé par l’amour

Dans son dos poussèrent des ailes au moment où il quitta sa belle
Il affronta seul les affreuses créatures et faillit perdre la vie dans cette aventure
Mais l’amour par sa douce magie rendit à l’être Bénit toute son énergie

C’est à cet instant que naquit l’idylle, entre le bel Elladan et la jeune Idril
Cependant depuis on ne les revit plus, des terres Mortelles ils avaient disparût
Une femme ne pouvait aimer un être Bénit, et pour cette raison ils se sont enfuit

Cette l’histoire ne s’arrête pas là, au delà des montagnes leur amour perdura
De cette union un enfant serait né, qui par le mal leur aurait été enlevé
et ce serait en voulant sauver leur fille qu’Elladan et Idril perdirent la vie

Leur tombes ont été découverte, sur les terres de feu à présent désertes
On ne sait ce qui advint de l’enfant, que beaucoup recherchent depuis ce temps
Il ne reste aujourd’hui que le souvenir, de cet amour qui n’eût de cesse de grandir


Un silence de mort s’installa dans la taverne au moment où le barde eut fini sa chanson. Valkhyria connaissait l’histoire de ses parents mais c’était la première fois qu’une telle émotion l’emporta. Leur vie s’était muée en légendes qui malgré le temps passé était encore racontée.

- C’est donc dans cette contée que ma mère a vécu et qu’elle a rencontré mon père ! Pensa-t-elle sans qu’elle ne puisse réprimer ses larmes.

- T’as vu maman, le gros chat blanc il pleur ! Valkhyria eut un sursaut lorsqu’elle aperçut, sur le chemin menant à la taverne, une mère et sa fille qui rentaient probablement chez elles. Lorsque la mère remarqua le tigre blanc, elle poussa par peur un cri strident et se mit à courir, sa fille dans ses bras.

Des lumières s’allumèrent tour à tour dans les chaumières des habitants réveillés par le cri. Valkhyria, ne voulant attirer encore plus l’attention et risquer de se faire tuer, s’éloigna rapidement en direction de la forêt et s’y cacha le cœur battant. Cependant, elle garda son regard fixé sur le village qui était maintenant très agité. Il lui fallait en savoir plus sur le lieu de sépulture de ses parents et le barde pourrait certainement l’aider, mais elle ne savait comment l’aborder sans l’effrayer par sa forme actuelle.

Elle attendit ainsi plusieurs jours sans quitter sa cachette jusqu’au moment où elle vit le barde quitter le village, sans doute pour colporter les nouvelles des environs et distraire les habitants d’autres villes avec ses contes et chansons. Aussi silencieusement qui lui était permit de le faire, elle suivit ses déplacement jusqu’à arriver à une grande cité protégée par une large muraille. Valkhyria savait qu’elle ne pourrait enter en ces murs et prenant son courage à deux pattes elle se fit voir par le barde. Celui-ci ne sembla point effrayer par l’imposante créature qui lui faisait face et doucement il s’en approcha un air intrigué sur le visage.


- Je n’ai jamais vu un animal tel que toi. Tu dois sans doute venir des lointaines montagnes aux neiges éternelles.

Valkhyria acquiesça d’un signe de tête.

- Par la Grande Déesse ! Tu comprends mon langage ?

Le tigre blanc refit un signe de tête.

- Hé là ! Les animaux sauvages sont interdits ici. Faites-le fuir tout de suite ! Dit alors un garde qui passait par là.

Le barde, un peu prit au dépourvu, eut peu de temps pour réfléchir et essayant d’avoir l’air naturel il répondit.

- Mon pauvre ami, tu crois vraiment que je m’approcherai ainsi d’une telle bête si celle-ci était sauvage ? Ce gros chat que tu vois là m’appartient et est aussi doux qu’un agneau. Il me suit depuis que je suis barde et fait fort impression auprès des grandes gens qui ont loué mes services. Je suis d’ailleurs attendu chez Madame la Duchesse et tu commence à me mettre en retard.

Durant une seconde la peur pu se lire sur le visage du garde, connaissant certainement ce qu’il advenait à ceux qui mettaient en colère la Duchesse, et les laissa entrer dans la cité sans dire un mot de plus.

- Hé bien, on a eu chaud. Dit le barde une fois qu’ils furent entrés. J’espère que je ne vais pas regretter ma décision de t’emmener avec moi, mais j’ai le fort sentiment que tu n’est point dangereux. De plus, j’ai la sensation que tu ne t’ais pas présenté à moi sans raisons et ma curiosité me pousse à vouloir en découvrir davantage sur toi.

Valkhyria regarda le barde avec un air étonné qui se mua en gratitude. Le barde lui rendit son regard et lui offrit un beau sourire. Une confiance mutuelle était née entre ces deux êtres qui au premier abord n’avaient rien de commun.

Le soir venu, le barde emmena Valkhyria avec lui chez la Duchesse et la présenta comme un animal au pouvoir mystique dont la magie lui inspirait ses ballades. Le tigre fut bien accueilli et s’installa aux pieds du barde pendant que ce dernier relatait les dernières nouvelles du royaume des Mortels et chantaient ses légendes. Elle apprit ainsi que dans une contrée éloignée, une horde de phénix avait élut domicile, il y a bon nombres d’années déjà, dans des cavernes creusées jadis par les nains, grands mineurs par excellence. Jusqu’à présent ces créatures ne s’étaient point faites remarquées, mais depuis quelques temps, une agitation inquiétante régnait en leur clan. Valkhyira fit de suite la relation entre les meurtriers de ses parents et ces êtes ailés qui s’étaient exilés au plus prêt des frontières.

La soirée était bien avancée quand le barde fut remercié pour son travail par une bourse remplie de pièces d’or.


- Pas de nuit à la belle étoile ce soir pour nous. Dit le barde en soupesant la bourse dont le les pièces émirent un bruit métallique en s’entrechoquant.

Ils se dirigèrent vers la taverne la plus proche qui offrait le gîte et le couvert pour quelques piécettes. Afin ne pas s’attirer d’ennuis, le barde entra seul dans l’auberge et choisi une chambre au rez-de-chaussée dont la fenêtre donnait sur la rue. Il fit entrer discrètement le tigre dans la chambre et lui demanda de l’attendre là. Puis, il retourna à la salle commune et y commanda à manger.

Au bout de deux heures, il revint dans la chambre avec, caché dans sa serviette, quelques morceaux de viandes que Valkhyria accueilli avec enthousiasme. Une fois son repas achevé, le tigre se lova devant la cheminée où brulait un feu que le barde venait d’allumer. L’homme s’installa aux côtés de l’animal et commença à chanter les légendes de lointains pays, se laissant aller tous tranquillement à un profond sommeil.
Les rayons de lumière qui traversaient la fenêtre réveillèrent Valkhyria qui a son tour sorti le barde de sa torpeur.


- Tu es là mon ami. Je craignais que ta rencontre ne soit qu’un rêve. C’est alors qu’il remarqua que ce qu’il prenait pour un tigre était en fait une femelle.

- Pardonne mon ignorance. Jusqu’à présent t’ai parlé comme à un homme, mais c’est une dame qui me fait le plaisir de m’accompagner. Dit-il sur un ton amusé. Puis, reprenant son sérieux il demanda. Veux-tu bien faire un bout de chemin en ma compagnie, je dois me rentre dans les territoires du Sud pour y récolter des informations et pourquoi pas de nouvelles légendes qui enrichiraient mon registre. Mais je te préviens d’avance, le voyage ne sera pas une sinécure et un long périple nous attends. Nous allons devoir traverser les grandes plaines avant d’atteindre les terres calcinées pour nous diriger enfin vers les grottes dont j’ai parlé hier soir. Il faut que je sache ce que les phénix préparent, car on m’a dit qu’un drôle de ballait aérien s’y menait depuis maintenant un mois.

Valkhyria n’arrivait pas à en croire ses oreilles. Le barde allait la conduire sur la tombe de ses parents avant de l’emmener auprès de ceux qui leur avaient ôtés la vie. Pour toute réponse, elle trépigna sur place, faisant comprendre au barde que cette perspective la réjouissait. Ils partirent donc aux premières heures de l’après-midi sous un soleil de plomb.


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MessageSujet: Re: Mysitc-01-3 - Retour sur les Terres Mortelles   Mar 24 Juin - 12:08




Depuis la mort d’Idril et Elladan, une centaine d’année s’étaient écoulées et les terres qu’ils avaient foulé autre fois avaient bien changé. Alors qu’auparavant il fallait moins d’un jour de voyage pour rejoindre les Terres Calcinées, aujourd’hui cela demandait plus de trois journées de marche forcée pour y parvenir. Les plaines qu’ils arpentèrent étaient à présent traversées par de longs marais, aux moustiques sanguinaires, où se mouvoir était une véritable performance physique. Ce passage fut d’ailleurs le plus long en raison des nombreuses pauses qu’ils durent faire afin de reprendre leurs forces. Mais les longues marches n’étaient pas ce qui leur était le plus pénible. La faim qui les tenaillait quasiment en permanence avait comme le pouvoir de rallonger le temps. Les proies se faisaient de plus en plus rares au fur et à mesures de leur périple et les baies qui poussaient sur les arbres étaient de plus en plus petites et amères. Le climat n’était pas plus clément et pendant toute une journée, ils durent marcher sous une pluie battante qui ne laissait que peu d’abri sec. Le barde tomba d’ailleurs malade, mais fut rapidement soignée grâce aux plantes que lui rapportait le tigre.

- Je crois que sans toi je n’aurais jamais survécu à ce voyage, brave gardienne. Dit un soir le barde alors que sa toux s’apaisait. Demain nous devrions atteindre les terres calcinées. Je me demande bien ce qui t’as autant réjoui concernant cette aventure. Peu de gens osent approcher ces lieux emprunts de mort et de malheur.

Valkhyria se contenta de regarder le barde d’un air calme et détendu.

- Il ne te manque que la parole, ma douce compagne. Avec la parole, tu serais l’égale d’une femme. Le barde rêvait déjà à moitié, couché à côté du feu, bercé par le mouvement des étoiles et protégé par une amie qui lui serait à jamais sincère.

Le lendemain, ils partirent à l’aube pour enfin rejoindre les Terres Calcinées en milieu de journée. L’air était irrespirable tant il était chargé de poussières et de cendres qui tombèrent tel des flocons de neige. Le pelage de la tigresse fut bientôt couvert d’une épaisse couche grisâtre qui laissa ses marques sur la fourrure blanche. De plus, il était très difficile de distinguer quoi que ce soit de ce paysage apocalyptique baigné dans une brume persistante et se frayer un chemin au milieu des broussailles ardentes ne fut pas une mince affaire. Il leur fallait néanmoins traverser l’entier des Terres Calcinées pour atteindre la frontière opposée où se dressait l’immense forteresse noire qui fut il y a siècle l’antre des phénix.
La traversée fut longue et fatigante car il s’avéra impossible pour les deux compagnons de faire une halte où que ce soit, aucun abri ne s’étant jusqu’à lors présenté à eux, et s’arrêter sous cette averse de cendre se révélait des plus dangereux autant pour l’homme que pour l’animal. Cependant, ils parvinrent, non sans mal, aux frontières de ce monde de désolation et purent entrevoir enfin la perspective de se reposer, quand tout d’un coup Valkhyria aperçut deux monticules qui se dressaient non loin de la forteresse. Elle n’eût aucun doute de ce qui pouvait se cacher sous l’épaisse couche de cendre et ni une, ni deux, elle se mit à cavaler droit en leur direction, laissant derrière elle un barde des plus surprit.


- Mais où cours-tu de la sorte ? Est-ce l’envie de mourir qui te motive ? Lui cria l’homme dont la voix se faisait de plus en plus inaudible à chaque foulée.

Arrivée devant les monticules de cendre, Valkhyria se mit à creuser comme si sa vie en dépendait et fut bientôt rejointe par le barde dont la perplexité ne cessait d’augmenter.

- Si c’est un abri que tu cherche, il vaut mieux que nous attendions d’avoir quitté ce sinistre endroit où nous risquons de nous retrouver ensevelis en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.

Mais la tigresse resta sourde aux paroles de son ami et continuait de dégager ce qui se trouva être les tombes de ses parents.

- Hé bien, que nous a tu trouvé là ? Demanda alors le barde.

Voyant l’obstination dont faisait preuve l’animal, il décida de l’aider et ensemble ils mirent bientôt à jour les stèles que recouvraient encore de magnifiques fleures blanches prises aux piège par la cendre.

- Mais, ce sont les tombes d’Idril et d’Elladan ! dit l’homme d’un ton étonné. Qu’est-ce que ….

Il n’eut le temps de terminer sa phrase qu’une lumière aveuglante jaillit soudain du corps de la tigresse qui sous les yeux ébahis du barde se transforma en une magnifique jeune femme aux cheveux de jais.
Valkhyria, qui avait retrouvé apparence humaine, s’agenouilla dans la cendre et caressa de ses doigts fins les pierres sous lesquelles reposaient les corps de ses parents.


- Alors c’est toi l’enfant tant recherché ! La Déesse-Mère m’avait prévenu qu’un jour je ferais ta connaissance et que je devrai t’aider à accomplir ton destin, mais j’étais loin de m’imaginer que se serait sous la forme d’un animal que tu viendrais à moi.

La jeune femme se retourna fort étonnée par les paroles que le barde venait de prononcer.


- Ainsi vous connaissez la Déesse ? Demanda-t-elle intriguée.

- Ha ça pour sûre que je la connais. Je fais parti des éclaireurs qui ont été envoyé dans les trois royaumes. Chaque nouvelle lune, nous nous rencontrons afin que je lui fasse le compte rendu de ce qui se trame sur les terres mortels et c’est lors de notre dernière entrevue qu’elle m’a parlé de toi.

En entendant ses mots, Valkhyria comprenait enfin le sens des paroles qu’avait prononcé la Déesse-Mère au moment de la quitter. C’était donc à travers cet homme qu’elle gardait un œil sur sa protégée.

- Je pense que tu veux rester seule un moment. Je vais donc te demander de me rejoindre à la frontière, là où l’air est respirable et le sol couvert d’herbe fraîche. Mais ne tarde pas trop bel enfant, je ne voudrais pas qu’il t’arrive malheur. Sur ces mots, le barde s’éloigna et laissa la jeune femme.

Le temps semblait s’être arrêté pour Valkhyria qui resta là sans bouger jusqu’au soir couchant. Nul ne pouvait définir les sentiments qui submergèrent la jeune femme durant tout ce temps passé, mis à part la mélancolie qui pouvait se lire sur son visage. Avant de quitter les lieux, elle posa à plat ses mains sur la tombe de sa mère sur laquelle se grava par magie des runes qui signifièrent.

« En ce lieu repose Idril, fille des Terres Mortelles. Que perdure sa mémoire à travers les âges infinis afin qu’elle vive pour l’éternité »

Puis, Valkhyria fit de même sur la tombe de son père où désormais l’on pouvait lire.

« En ce lieu repose Elladan, fils du royaume Bénit. Que son souvenir parcoure le chemin temps afin que jamais il ne tombe dans l’oubli »

Valkhyria se leva doucement, posa une dernière fois les yeux sur les blocs de pierres et s’en alla, les yeux emplis de larmes.


Deux jours s’étaient écoulés depuis la traversée des terres calcinées. Le barde et la jeune femme se trouvaient à présent à l’orée d’une grande forêt qui s’étendait aux pieds d’une montagne qui fut jadis la demeure des nains. Il leur faudrait une semaine pour atteindre les cavernes où les phénix auraient, selon les dires, élu domicile, mais la fatigue et la faim les décidèrent à prendre quelques heures de repos bien mérité avant de reprendre la route. Pendant que Valkhyria s’occupait de préparer un bon feu qui leur permettrai de cuire leur nourriture et leur prodiguerait chaleur et protection durant la nuit qui ne tarderait pas à tomber, le barde était parti chasser en forêt où le gibier était plus abondant que dans les contrées traversées jusque là. Il revint après une heure, un sourire illuminant son visage, et déposa au coté de la jeune femme deux magnifiques lapins qu’il avait réussi à prendre au piège.

Après un bon repas, ils s’installèrent tout deux contre le tronc d’un arbre et se perdirent dans leurs pensées. Le barde regardait le ciel constellé d’étoiles, mais Valkhyria ne semblait pas sensible au spectacle qu’offrait la nature par cette douce soirée. Les yeux fixés sur les flammes dansantes du feu, elle semblait en proie à des démons intérieurs. L’homme se tourna vers elle et remarqua son air renfrogné.


- A quoi penses-tu ? Tu m’as l’air bien perturbée depuis ces deux derniers jours. Est-ce le fait d’avoir vu la tombe de tes parents qui te mets dans cet état ?

Valkhyria soupira mais ne répondit rien.

- Je crois savoir pourquoi tu as voulu me suivre dans mon périple et ce qui motive ton cœur à présent. Mais laisse moi te dire une chose, la vengeance ne t’apportera que rancune et souffrance et cela ne changera rien au fait que tes parents soient morts. Rien ne peut les faire revenir.

- Ils doivent payer pour leurs méfaits. Bougonna la jeune femme.

- Et ensuite c’est toi qui devras payer le prix pour tes actes. C’est un cercle vicieux dont personne ne sort indemne. Brise ce cercle avant qu’il ne soit trop tard et laisses leur la vie sauve.


Valkhyria regarda le barde avec un air d’incompréhension. Comment pouvait-il lui demander une chose pareille ? N’était-ce pas légitime que son cœur crie vengeance ?

- Si je ne fais rien, je sens que je vais sombrer dans la folie. Je souffre en mon fort intérieur et ce mal ne pourra s’estomper que lorsque s’accomplira ma volonté. Peu m’importe de perdre la vie dans ce combat.

- Crois-tu vraiment que c’est ce qu’auraient voulu tes parents pour toi ? Penses-tu que la Déesse-Mère t’a formée dans ce but ? Demanda alors le barde.

- Je n’ai que faire de vos leçons de morales ! Vous ne pouvez rien dire ou faire qui me fera changer d’avis. Ma décision est prise depuis longtemps vous m’entendez !! Cria Valkhyria sur le pauvre homme qui ne voulait que sauver son cœur.

- Je ne suis pas là pour te dire ce que doivent être tes actes ou tes pensées. Répondit le barde d’un ton calme et apaisant. Mais jute pour te faire prendre conscience des conséquences qu’une telle décision implique et j’ai le sentiment d’échouer dans ma tâche.

- Veuillez me pardonner. Je n’ai aucune raison de m’en prendre à vous ainsi, surtout que grâce à votre aide je vais pouvoir retrouver les meurtriers de mes parents.

Plus aucun mots ne fut prononcer jusqu’au lendemain. Malgré la fatigue, ni Valkhyria, ni le barde n’avait réussi à trouver le sommeil et reprendre la route fut alors difficile.

Pendant qu’ils avançaient au milieu des arbres centenaires, Valkhyria brisa le silence et demanda à l’homme qui marchait à ses côtés.


- Quel est votre nom ? Je me rends compte que je ne vous l’ai pas encore demandé.

- On m’a donné bien des noms lors de mes différents voyages, mais tu peux m’appeler Ravel.

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