Au delà des mers

Des aventuriers venus du monde entier découvrent une île peuplée d'étranges créatures. Humains, Elfes, Orques et Nains se lient pour la coloniser.
 
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 Mystic-01-2 - La naissance d'un ange

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Nimu
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MessageSujet: Mystic-01-2 - La naissance d'un ange   Mar 11 Mar - 18:06




Le vent soufflant dans la brume transportait le parfum des roses dans le soir naissant. Le chant des oiseaux se faisait plus discret et au loin on pouvait entendre le grondement sourd et immortel d’une cascade déversant inlassablement les flots d’une eau pure et cristalline. Le soleil baignait de ses derniers rayons chauds et doux les murs de la cité qui se préparait lentement au sommeil.

Les lumières commençaient à poindre à quelques fenêtres, éclairant les rues d’un faisceau lumineux que traversaient, tels des fantômes, les habitants rentrant chez eux dans le calme et la sérénité que cet endroit engendrait.

Dans une petite demeure aux fenêtres décorées de fleurs, une femme préparait le repas. Ses déplacements se trouvaient quelque peu gênés par son ventre aux formes généreuses qui laissaient prévoir l’arrivée imminente d’un petit être créé par un amour interdit. Les fumets s’échappant de la marmite embaumait toute la maison, mélangeant les senteurs épicées des ingrédients savamment dosées, ce qui ne manqua pas taquiner le nez d’un fin connaisseur des mets préparés par sa douce. Occupé à couper du bois, Elladan s’arrêta dans son labeur, ramassa quelques buches pour alimenter le foyer et rentra rejoindre Idril. Il déposa son fardeau près de l’antre de la cheminée et s’approcha de sa tendre compagne pour lui déposer un baiser sur le front avant de caresser tendrement son ventre. Il senti alors les mouvements de l’enfant comme si il répondait à son geste et un sourire se dessina sur le visage du futur père. Idril lui rendit son sourire. Elle rayonnait de bonheur ce qui ne la rendait que plus belle aux yeux d’Elladan.

La vie était calme et douce et aucune inquiétude ne venait perturber l’esprit des amoureux. Pourtant, dans l’ombre, un être engendré par le feu et les cendres mettait en place un plan afin de s’emparer du nouveau né qui n’allait pas tarder à venir au monde. La naissance de l’enfant n’était un secret pour personne mais aucun de ceux qui le cherchaient ne savait où le trouver. De plus, nul n’ignorait que la jeune femme était protégée par la magie de la Déesse Mère, quelque soit son monde.


Des rayons de lumière sortirent Idril de son sommeil. Elle se leva et se dirigea en direction de la porte d’entrée d’un pas endormi. Chaque matin, elle avait l’habitude d’aller se rafraichir à la fontaine qui se trouvait dans le jardin. C’était pour la jeune femme une manière de se débarbouiller de ses cauchemars de la nuit, cauchemars qui ne la quittaient pas depuis le moment où elle fermait ses yeux jusqu’au moment de les ouvrir à nouveau. Ils avaient commencés peu après leur arrivée dans la cité, mais elle n’en avait jamais parlé à Elladan de peur de l’inquiéter pour rien. Il était assez courent en effet que les femmes qui attendent un enfant fassent des rêves étranges liés à leur état, mais ils s’évanouissent avec la naissance et s’oublient avec le temps. En passant l’eau fraiche sur son visage Idril tentait chaque matin en vain d’effacer de sa mémoire les images d’horreur qui hantaient son sommeil, comme la vision de son ange aux ailes arrachées, baignant dans les flammes du mal ou encore celle de serres extirpant avec cruauté son bébé du corps, la laissant agonisée dans les larmes et le sang. Chaque nuit les cauchemars revenaient et chaque matin c’était le même rituel qui l’aidait à sortir du monde des songes pour revenir dans le réel où elle se sentait désormais plus en sécurité.

Mais ce matin là quelque chose était différent et Idril le ressentait. Pensant que c’était là une nouvelle facétie de son état, elle n’y fit pas attention et ouvrit la porte nonchalamment. A cet instant, la jeune femme remarqua avec stupeur que le jour n’était pas encore levé. La seule lumière qui baignait les lieux était celle de la lune et des étoiles, imperturbables dans le firmament. Idril se dit alors qu’elle avait du rêver de la chaleur du soleil et de ses rayons, sûrement pour échapper à ses visions nocturnes. Elle se dirigea alors vers la fontaine, mais s’arrêta soudain. Un halo de lumière pareille à celle de l’astre diurne se diffusait des branchages d’un arbre. Le spectacle intrigua Idril qui se dirigea comme envoutée vers la source de lumière pour bientôt apercevoir un oiseau magnifique aux couleurs de feu posé sur la branche d’un chêne qui bordait le petit jardin. L’animal aux traits fiers et majestueux regarda Idril dans les yeux et lui dit sans même émettre un son.

- Suis-moi ! Suis ma lumière ! Laisse-moi te guider jusqu'à ma Maîtresse, elle meurt d'impatience de te rencontrer.

Idril ne répondit rien et cela ne fut pas nécessaire. Elle était déjà dans un état second à peine avait-elle posé ses yeux sur le phénix qui n'eut aucune peine à la faire sortir du village dans l'ignorance et le silence le plus total alors que le soleil commençait à poindre à l'horizon.

Posant un pied devant l'autre machinalement, la jeune femme avançait telle une marionnette maintenue par une main malhabile. Ses mouvements n'avaient à certains moments plus rien de naturels, mais aucune peine ne s'emblait l'empêcher de suivre à bon rythme la lueur émise par l'oiseau qui volait gracieusement devant la malheureuse. Jusqu'à présent, ils n'avaient encore rencontré personne sur leur route, mais au loin l'on pouvait apercevoir le contour de silhouettes se dessiner petit à petit. Les paysan rejoignaient leurs champs accompagnés de leur bête de somme et se préparaient à une longue journée de labeur sous la morsure du soleil.


La scène de l'oiseau suivit d'une femme désarticulée avait de quoi effrayer. Sur leur passage, les paysannes se cachaient les yeux à l'aide de leurs mains, de peur d’attraper un mauvais sort, alors que les hommes lançaient des regards sombres à leur adresse, mais leurs visages ne pouvaient cacher la peur ressentie.


Le phénix et Idril avaient déjà parcouru quelques dizaine de lieues lorsqu’Elladan se réveilla. Ne pas voir sa douce à ses côtés ne l’étonna guère car il connaissait ses petites habitudes journalièrs et se dit qu’il allait la retrouvé affairée dans la cuisine ou au bord de la fontaine pour un brin de toilette. Cependant, il était seul en sa demeure et s’en redit vite compte lorsqu’il ne reçu aucune réponse à ses appels. L’inquiétude le gagna rapidement et il se mit à arpenter les rues de la cité, demandant à tous les passants et marchands si ils n’avaient pas vu sa femme, mais elle s’emblait s’être comme volatilisée.

Le pauvre ange était désespéré. Il ne savait de quel côté chercher, quelle était la bonne route à prendre ni depuis combien de temps elle était partie, tout ce qu’il savait c’est qu’il voulait la retrouver saine et sauve. Il déploya alors ses grandes ailes et quitta la terre pour regagner le ciel. De là-haut sa vision était dégagée sur des miles, mais après avoir scruté les environs il du se rendre à l’évidence qu’Idril avait bel et bien disparût. La seule chose qui lui attira le regard un instant fut une lueur à peine perceptible qui se déplaçait à l’horizon. Il s’était d’ailleurs demandé qui pouvait bien marcher avec une torche allumée alors que le soleil était levé, mais n’y fit pas plus attention. Ses pensées perturbées et n’étaient tournées que vers Idril et il était loin de se douter que cette lueur ne provenait pas d’une torche ni que celle-ci était suivi par sa chère et tendre. Il retourna tout dépité à la cité pour demander l’aide de forts et fiers guerriers pour partir à la recherche de sa femme et n’eut aucune peine à recruter une dizaine d’hommes qui partirent dans l’heure, chargé de différentes armes ainsi que de quelques provisions, dans le cas ou le voyage se ferait long.


Le sol se fit plus chaud et plus doux sous les pieds d’Idril, cependant cette dernière ne s’en redit même pas compte vu l’état dans lequel elle se trouvait. Toujours sous l’emprise de l’oiseau de feu, elle avançait sans que son visage n’exprime la moindre émotion alors que de légers flocons gris frôlaient ses joues, laissant à leurs passages de petites traces de suie. L’oiseau et la jeune femme venaient de pénétré dans les Terres Calcinées. Cette contrée, autrefois riche et verdoyante, fut consumée par les flammes immortelles d’un dragon lors d’une grande bataille qui opposa le feu au sang. Le brasier jamais ne s’éteint et c’est une pluie éternelle de cendre qui tombe sur les malheureux qui s’égarent en ces lieux et qui finit par les ensevelir pour finalement les consumer sous la braise.

Le phénix et sa suivante traversèrent les plaines enflammées pour arriver aux pieds d’un immense château construit en pierre de feu. Ces murailles rougeoyaient comme des rubis et dégageaient une chaleur telle qu’un être de chaire et de sang ne pourrait y poser les yeux sans que ceux-ci ne soient irrémédiablement brûlés. Mais Idril ne semblait pas être en proie à cette fournaise et entra dans le château à la suite de l’oiseau. Le hall d’entrée était vaste et sombre, tout juste éclairé par quelques chandeliers pendus à un plafond d’une hauteur indéterminable. Une lourde porte entrouverte se trouvait sur la droite, d’où parvenait les accords d’une musique qui en ce lieu paraissait irréelle. Les sons mélodieux d’une harpe dont les cordes étaient pincées avec douceur envahissaient l’endroit, rendant pour un instant les lieux plus accueillants. L’animal s’engouffra dans l’ouverture de la porte suivi de peu par Idril.


- Mais qui est-ce que je vois là ? Par mes yeux je peux constater que pour une fois tu n’as pas failli à ta mission !

La musique cessa soudain. Au fond de la pièce se trouvait les vestiges d’un arbre pétrifié dans la lave sur lequel était perché un phénix géant au plumage étincelant comme il n’en existait que dans les plus anciennes légendes. Déployant ses ailes, la Prêtresse du feu dévoila son impressionnante envergure et se laissa gracieusement planer du haut de son perchoir pour se poser à quelques mètres des nouveaux arrivants. Elle toisa du regard la jeune femme qui se tenait devant elle et remarqua soudain qu’elle était sous l’emprise d’un maléfice. De rage, elle s’attaqua d’un coup au phénix qui lui avait amené Idril et déversa toute sa colère sur la pauvre créature qui ne pu se défendre de quelque manière que se soit.

- Pauvre idiot ! Je t’avais pourtant demandé de n’user d’aucun sort pour la faire venir en mon palais au risque de toucher l’enfant qu’elle porte en elle. Tu paieras de ta vie pour n’avoir pas suivi mes instructions une fois de plus. Tu as commis là ta dernière erreur.

A peine avait-elle prononcé ces mots, que la Prêtresse assaini de grands coups de serres à son subordonné qui s’effondra à terre, le corps lacéré de longues entailles. Aussitôt, deux gardes arrivèrent et emportèrent le corps sans vie du phénix par la lourde porte qu’il avait emprunté quelques minutes plus-tôt.


Le soleil était déjà haut dans le ciel et tapait dur sur la peau des hommes qui accompagnaient Elladan. Il avait décidé de suivre la direction de la lueur aperçue plus tôt car c’était là le seul semblant de piste qu’il avait, mais le chemin qu’ils empruntèrent ne traversait aucune forêt qui aurait pu leur apporter un peu d’ombre par son feuillage et ne croisait aucun ruisseau qui aurait pu les rafraichir de son eau claire. Cela faisait déjà quelques heures qu’ils marchaient et la fatigue commençait à se faire ressentir, mais le groupe ne ralenti pas la cadence pour autant. Les hommes qui suivaient l’ange étaient de valeureux combattants et avaient l’habitude des durs labeurs, comme pouvait en témoigner les marques laissées par des lames ennemies sur leurs corps sculptés dans le roc.

Le groupe arriva enfin aux abords des Terres Calcinées lorsque l’astre diurne commença à rougir et c’est à ce moment qu’Elladan eu enfin confirmation qu’il avait prit la bonne route. De fines empruntes de pieds à peine recouvertes de cendres menaient tout droit en direction d’un sinistre château. L’ange décida qu’il était temps de faire halte pour reprendre des forces et mettre en place un plan de sauvetage tout en ignorant le genre d’ennemi qu’ils auraient à combattre. Cependant, l’un des hommes qui les accompagnait connaissait certaines légendes nées de cette région et en particulier celle de la grande bataille contre le dragon qui ravagea toute la contrée. Il expliqua que la terre était depuis lors rongée par un brasier immortel que nul pluie ne pouvait éteindre et que le ciel était constamment assombri par de gros nuages de suie. L’air était devenu irrespirable tant il était chargé de cendres qui, lorsqu’on les inhalait, brûlaient le nez et la gorge, menaçant à tout instant d’étouffer celui qui tente par stupidité de respirer sans protection aucune.





Dernière édition par Nimu le Ven 20 Juin - 9:50, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Mystic-01-2 - La naissance d'un ange   Mar 24 Juin - 12:09




- Il y a certainement des êtres qui vivent en ce château que l’on distingue au loin, il serait étonnant qu’il ne soit pas habités ou est-ce les fantômes des guerriers morts au combat qui en ont fait leur demeure ? Demanda Elladan.

- Il est dit que de bien étranges créatures sont venues s’installer dans cette forteresse. Toutes de flammes vêtues, volant dans les airs comme des oiseaux de proies, elles fondent sur tous ceux qui approchent de trop près le château et les emportent haut dans les cieux avant de les laisser tomber au sol afin de rompre les os et attendrir les chairs. Répondit l’homme d’un ton peu rassurant. Mais ce sont des contes que l’on me racontait lorsque j’étais enfant et je ne puis certifier que se soit la vérité. Ce qui est sûre en revanche c’est que ces terres sont hostiles et qu’il ne fait pas bon y rester trop longtemps.

L’ange regarda les visages effrayés qui se tenaient autour de lui et ne pu que compatir à leur peur, mais il ne pouvait laisser sa bien-aimée aux prises d’êtres sans nuls doutes sournois, à en juger par ce qui se racontait, et même si il ne s’agissait que de légendes, Elladan savait qu’il y avait toujours un fond de vérité dans tout fait rapporté.

- Mes amis ! Dit-il soudain. Ne nous laissons pas envahir par un sentiment qui ne nous ferait que reculer. Je comprendrai fort bien que certain d’entre vous ne veuillent pas risquer leur vie pour une femme qui n’est pas la leur et je ne vous en tiendrai pas rigueur. Je vous demande simplement de regarder au fond de votre cœur de mari et de père et d’y déceler ce que vous feriez si c’était votre compagne qui se retrouvait prisonnière. Je ne veux en aucun cas influer sur votre décision, mais je sais que je ne pourrai parvenir à libéré ma tendre Idril sans votre aide.

- N’ai aucune crainte, nous te suivrons dans ton périple et mettrons à mort ceux qui ont osé s’en prendre à l’un des habitants de notre cité. Nous ne pouvons permettre qu’une telle chose se reproduise dans le futur et pour cela il nous faudra donner une lourde leçon à ces êtres, quels qu’ils soient, pour que plus jamais ils ne s’avisent de recommencer. Répondit le plus vieux des compagnons.


Pendant ce temps, dans le sombre château, la Prêtresse s’était rapprochée d’Idril, qui reprenait petit à petit ses esprits, et l’enveloppa de son aile. La jeune femme eut alors un air paniqué lorsque la brume en ses yeux se dissipa et que sa vue se posa pour la première fois sur le lieu où elle s’était retrouvée malgré elle, mais se calma rapidement lorsque l’oiseau flamboyant lui murmura à l’oreille.

- Si tu tiens à la vie et à celle de ton enfant, je te conseil de rester tranquille et de faire tout ce que je te dirais. Dans le cas contraire, tu connaîtras milles tourments et finiras par me supplier de t’achever. Idril fit un léger signe te tête pour montrer qu’elle avait bien compris avant de s’effondrer en sanglot.

Le grand phénix l’emmena alors sur l’un des grands balcons du château et lança un sifflement strident qui se répandit sur toutes les Terres Calcinées, pour informer l’ensemble de ses sujets que l’enfant tant recherché avait enfin été trouvé, mais elle ignorait que dans le même temps elle avait attiré l’attention d’un groupe d’homme se trouvant non loin de là et Elladan, de son regard perçants, pu constater qu‘Idril se trouvait bien en ces lieux et qu’elle était toujours vivante. Cependant, il ne s’en trouva pas soulager pour autant.

- Il va falloir nous faire discrets pour atteindre le château sans nous faire remarquer, il n’y a que par l’effet de surprise que nous aurons une chance d’en ressortir vivant. Dit Elladan aux hommes autour de lui d’une voix à peine audible. Une fois arrivés dans le donjon, vous vous occuperez des gardes en faction pendant que je m’attaquerai à leur chef. Il ne faut en aucun cas leur laisser le temps d’appeler des renforts car il en serait fini de nous. Pour parvenir à notre but il nous faudra nous fondre dans le paysage et ramper dans la cendre, tels des serpents.

Un hurlement tira soudain les hommes de leur concentration. Idril se tenait maintenant le ventre et s’était accroupie sous la douleur des contractions. Le travail était commencé et la souffrance ressentie arrachait des cris à la jeune femme alors qu’un sourire sadique apparaissait sur le visage de la Prêtresse du feu qui attendait ce moment depuis bien longtemps. L’enfant à naître était à ses yeux un véritable trésor bien que la mère n’avait aucune valeur. Seul comptait le semi-ange qui par ses origines possédait des pouvoirs sans nul autre pareil et celui qui aurait cet enfant à ses côtés deviendrait le maître incontesté de toutes les terres.


Mais il était un père qui ne l’entendait pas de cette oreille et les hurlements de sa douce lui était insupportable. Oubliant tout danger, il s’envola à grands coups d’aile et se précipita en direction du château sous le regard ébahit de ses compagnons dont il avait signé l'arrêts de mort. Le Phénix ne mit pas longtemps avant de l’apercevoir et ramena immédiatement Idril à l’intérieur avant de donner l’alerte. Une nuée ardente apparue soudain comme sorti des entrailles de la forteresse et s’abattit sur le groupe de guerrier qui eurent à peine le temps de décocher quelques flèches. Plusieurs phénix tombèrent lourdement sur le sol mais leur nombre semblait infini et les hommes se retrouvèrent vite encerclés. Dans le même temps, les gardes du château avaient pris leurs envols et vinrent à l’encontre de l’ange dont le visage n’avait plus rien de doux. Son cœur criait vengeance et rien ne semblait pouvoir l’arrêter. C’est ainsi qu’il mit à bat tout ceux qui se trouvèrent sur son chemin, les balayant tel une tornade. Il arriva donc sans mal sur le balcon d’où avait disparût Idril et constata qu’il y était attendu. L’être qui se trouvait devant lui n’avait rien d’un phénix et les armes qu’il possédait ne laissaient aucun doute planer sur ses origines. Un orc d’une toise et demie se tenait menaçant devant l’entrée de la pièce où se trouvait la jeune femme, à en juger par les cris qui en sortait.

- A ce que je vois tu ne déroge pas à la réputation qui a été faite de ceux de ta race, villes créatures ne s’alliant qu’aux seigneurs les plus sombres. Dit calmement Elladan. Cependant, tu semble ignorer qui se trouve en face de toi ainsi que l’étendue de mes pouvoirs. Je n’ai jamais craint les tiens même durant ma vie d’homme et je sais d’ailleurs que mon nom ne t’ai pas inconnu ni celui de ma compagne de combat.

Ces mots donnèrent du courage à Elladan et l’assurance dont il fit preuve à cet instant déstabilisa quelque peu l’orc. Mais cela n’était rien comparé au sentiment de crainte que l’hideuse bête ressentie au plus profond d’elle même lorsque l’ange tira son épée de son fourreau. Cette lame avait tué plus de ses congénères que toutes les guerres et son histoire avait traversé les âges, raconté par les pères à leur fils lors des veillées nocturnes.

- Est-ce bien là de la peur que je peux lire sur ton visage ? Tu ne te laisserais tout de même pas intimider par d’anciennes croyances sans avoir tester leurs véracités ?

L’orc n’émit qu’un grondement sourd en guise de réponse, le regard toujours capté par la lame qui lui renvoyait une part de son image. Puis une force nouvelle paraissait s’êtres emparée de lui et avant qu’Elladan ai pu comprendre ce qui arrivait une lourde masse s’abattit sur lui. D’un mouvement ample, l’ange réussi à éviter l’attaque de justesse, mais ne vit pas la deuxième frappe arriver et le coup de hache qu’il reçu lui laissa une profonde entaille dans le flanc droit. Cependant sa blessure ne sembla lui apporter aucune souffrance et avec une force hors du commun il leva son épée et pourfendit son ennemi qui s’écroula sur le sol rocheux du balcon, laissant échapper de son corps meurtri un flot de sang épais d’un rouge profond.

Le regard noir et le cœur battant, Elladan entra dans la pièce où Idril était retenue prisonnière, allongée sur un lit, les mains attachées pour ne pas qu’elle prenne la fuite. Elle semblait seule dans cette chambre éclairée que de quelques chandelles mais ce n’était qu’illusion car dans un coin de la pièce se tenait une ombre menaçante qui gardait ses yeux rouges sur la jeune femme convulsant de douleur. L’ange ne se laissa pas prendre et senti immédiatement cette présence dont l’énergie malfaisante emplissait l’atmosphère. Il s’approcha de son amour et lui déposa un doux baiser sur la joue afin de l’apaiser et de la rassurer avant de se retourner, menaçant de sa lame la Prêtresse du feu.

- Jeun impudent. Dit-elle d’un ton suraigu. Tu aurais mieux fait de rester chez toi et de pleurer la perte de celle que tu aimes au lieu de venir ici pour la délivrer, car même si mon gardien ne t’as opposé que peu de résistance il n’en sera pas de même pour moi.

Elladan ne lui laissa pas le temps de prononcer une parole de plus et s’élança sur le phénix qui prit son envol pour sorti de la pièce par la grande fenêtre, suivi de près par son assaillant. Un combat sans merci débuta alors dans les cieux entre l’oiseau de feu et l’ange qui se bâtèrent dans les airs tels deux dragons légendaires. La puissance des coups donnés produisait des gerbes de lumière semblables à des éclairs qui illuminèrent le ciel noirci par les nuages de cendre.

Dans la chambre, Idril hurlait sa douleur. L’enfant qui était en elle était sur le point de voir le jour et il parraissait que personne ne semblait vouloir lui porter assistance jusqu’à ce que la porte de la pièce s’ouvrit avec fracas et que trois phénix entrèrent et s’activèrent autour d’elle. Le premier lui appliqua une serviette humide sur son front couvert de perles de sueur, pendant que les deux autres se tenaient devant elle en piaillant de manière fort étrange. Après quoi, l’un d’entre eux se déplaça sur le côté et déposa ses ailes sur le ventre de la malheureuse afin de produire une pression suffisante pour aider le petit être à sortir. Quand au troisième animal, il grimpa sur le lit et, une fois la tête de l’enfant visible, commença à l'extirper avec précaution du corps de sa mère à l’aide de l’une de ses serres. L’accouchement se passa rapidement mais non sans souffrance pour Idril dont la peur accentuait la douleur.

- Ne me prenez pas mon enfant, ne me prenez pas mon enfant. Répétait-elle inlassablement.

Elle voyait en cet instant ses cauchemars se réaliser et savait que son enfant ne lui serait pas rendu. Lorsque celui-ci poussa son premier cris, les trois phénix se hâtèrent de l’emballer dans un tissu et l’emportèrent hors de la chambre avec une rapidité extrême.

La jeune femme toujours attachée sur son lit n’avait droit à aucun soin et perdait son sang en grande quantité. Elle sentait petit à petit ses forces l’abandonner et savait sa dernière heure arrivée. Ses yeux se fermèrent d’eux-mêmes et avant que son souffle ne se tarisse elle murmura une dernière prière.

- Toi Déesse des anciennes croyances, vient au secours de mon enfant. Je t’en supplie, ne le laisse pas aux mains de ces êtres infâmes afin de lui éviter une destinée aussi macabre que la mienne. Pitié, prends soin de mon sang, prends soin de ma Valkhyria.

La vie d’Idril quitta son corps, le détendant complètement. A cet instant, Elladan ressenti une déchirure en son cœur et compris que sa femme n’était plus. La rage qui naquit soudain en son fort intérieur lui hotta toute raison et il préféra se laisser mourir sous les coups de son adversaire plutôt que de vivre sans les êtres qui comptaient le plus pour lui, pensant que son enfant avait été tué avec sa mère. La Prêtresse du feu profita de son dépit et l’enserra de ses griffes d’une telle force que les os de l’ange se broyèrent dans un craquement horrible. Puis elle lui arracha les ailes avant de desserrer sa prise et de le laisser tomber sur le tapis de cendre qui recouvrait les Terres Calcinées. Le phénix finit par fondre sur lui et le transperça de son bec pour lui arracher le cœur.

C’est alors qu’un grondement se fit entendre au fin fond des cieux et qu’apparu une lumière aveuglante. Une femme d’une beauté éblouissante entourée d’un halot argenté se laissa lentement descendre jusqu’au corps sans vie d’Elladan, pendant que sa meurtrière prenait la fuite. Cette dernière connaissait la radieuse apparition et craignit alors pour ses plumes, car elle savait que la vengeance de la Déesse-mère signifiait le trépas pour elle et son peuple. Il lui fallait donc trouver rapidement un endroit à l’abri de son courroux afin d’élever le semi-ange sans risque et de s’emparer de sa puissance. La Prêtresse émit un long sifflement pour réunir tous ses sujets à sa suite, mais la Déesse-mère repéra rapidement l’oiseau de feu qui portait l’enfant et d’un simple geste de la main créa une entrave qui empêcha la créature de suivre ses compagnons, la maintenant sur place.

Se retournant à nouveau sur l’ange, la Déesse approcha son visage de celui d’Elladan, ferma de sa douce main ses yeux sans vie, essuya les traces de sang qui souillaient ses joues et murmura à son oreille.

- Mon pauvre ami, ton désespoir t’as fait rencontrer un bien sombre destin et te voilà gisant devant moi. Ton sacrifice ainsi que celui de ta douce ne seront pas vains, je m’occuperais de ton enfant comme si il était mien et lui enseignerait les anciennes croyances comme le souhait sa mère. Repose en paix bel ange.

La Déesse se redressa et fit un nouveau geste de la main. La terre s’ouvrit alors sous le corps d’Elladan pour se refermer sur lui, ne laissant à sa surface qu’une plume blanche au milieu des cendres qui marquerait à jamais la tombe de l’être céleste. La Déesse-mère se dirigea ensuite vers le phénix qui se débattait de toute sa hargne pour se libérer de ce lien invisible qui le gardait prisonnier. Celui-ci ne cessa ses gesticulations qu’au moment où ses yeux croisèrent ceux de la belle dame qui n’eut à cet instant aucune pitié. Elle récupéra l’enfant qu’elle serra contre elle et d’un mouvement lent elle retira de sa ceinture un fin poignard avec lequel elle décapita d’un coup net l’animal qui tomba à terre dans un bruit sourd, soulevant dans sa chute un nuage de cendres chaudes.

L’enfant contre son sein, la Déesse essuya sa lame sur la dépouille du phénix avant de s’envoler auprès de la pauvre Idril qu’elle ramena aux côtés de son bien aimé pour lui offrir à elle aussi une digne sépulture. Lorsque la terre recouvrit le corps de la jeune femme, de magnifiques pensées fleurirent en un instant, tapissant entièrement sa tombe d’un blanc lumineux et contrastant avec les sombres flocons qui tapissaient les Terres Calcinées. Des larmes prirent naissance dans les yeux de la Déesse-mère qui quitta les lieux le cœur triste en emmenant dans les cieux une petite fille qu’elle serrait fort dans ses bras et toutes deux disparurent au milieu des nuages non sans avoir donné un dernier regard aux tombes d’Idril et d’Elladan.

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